Dans la conjonction des crises actuelles (économique, écologique, géopolitique, anthropologique) aucune des solutions du passé ne peut plus convenir, toutes ayant échoué d'une façon ou d'une autre, leur échec étant à chaque fois un échec de la liberté. La dialectique de l'histoire nous force donc à innover non seulement pour sauvegarder nos libertés menacées mais en conquérir de nouvelles.
Cette nécessité historique nourrit le retour de toutes sortes d'utopies constituant autant d'obstacles aux luttes concrètes et à la construction d'une véritable alternative. Un idéalisme exacerbé s'imagine qu'il suffirait de faire appel à l'amour et la fraternité plutôt qu'à une solidarité construite, comme si on avait tout oublié de la psychologie des foules. Ce supplément d'âme exprime un volontarisme sans contenu ni projet nous éloignant des enjeux matériels en même temps qu'il accentue paradoxalement la dispersion et le repliement sur soi. La résurgence de ces discours émotionnels, et de l'irrationnel qui va avec, rappelle des années sombres et ne présage rien de bon.
Il apparaît clairement qu'une bonne part de ces égarements qu'on croyait dépassés pourrait être imputée à un certain oubli de la psychanalyse, au refoulement de ce qu'elle a rendu manifeste pourtant aux yeux de tous. Après son éclipse de ces dernières années, il semble bien qu'il y aurait urgence désormais à réintroduire les leçons de la psychanalyse dans la politique comme dans la philosophie.
En effet, les discours réactionnaires nous le font savoir avec insistance, venant dorénavant de l'ancienne extrême-gauche (!), le mouvement d'émancipation ne doit pas faire face seulement à l'échec d'un socialisme libérateur aussi bien que du libéralisme de marché, il y a aussi le relatif échec de la libération sexuelle au regard des espoirs qu'elle avait pu susciter. Cette libération sexuelle qui a été au moins la libération de la femme pourtant n'aurait sans doute pas été possible sans la psychanalyse dont les conséquences politiques n'ont pas été bien mesurées et dont on ne pourra se passer pour éviter tout retour en arrière répressif.
Il ne s'agit pas de vouloir convaincre quiconque de ce que la psychanalyse pourrait nous assigner comme un pouvoir désirable, il ne s'agit pas d'un enseignement positif et prescriptif qui serait de l'ordre d'un souhait sans aucune effectivité, mais seulement de ce que la psychanalyse rend impossible, de son enseignement négatif et de sa dénonciation de l'hypnose collective, avec l'indispensable analyse du transfert. J'ai toujours trouvé de peu d'intérêt ce qui s'écrivait sur "psychanalyse et politique", qui était pourtant le nom d'un groupe de féministes dont le rôle a été décisif. J'avais tenté d'aller un peu plus loin avec le concept d'analyse révolutionnaire comme expression du négatif, mais, depuis tout ce temps, j'évitais le plus souvent de mêler des considérations psychanalytiques aux textes politiques s'adressant à tous. C'est sans doute ce qui n'est plus tenable quand il faut réfuter les appels aux bonnes volontés comme aux valeurs traditionnelles et revenir à la politique au lieu de s'égarer dans la morale, la religion ou l'utopie.
Il n'est certes pas facile de revendiquer une psychanalyse qui s'est largement déconsidérée pour de multiples raisons que ce soit par rapport à des pratiques concurrentes (antidépresseurs, neurologie, cognitivisme) ou bien à cause de la pratique des analystes eux-mêmes qui est souvent la meilleure réfutation de leurs prétentions. Il faut dire que son savoir est contradictoire et résiste à la transmission, le psychanalyste incarnant cette résistance même dans la jouissance du transfert et son organisation en réseaux transférentiels. L'inconscient a cette propriété de se refermer, plus lourdement encore, une fois ses manigances dévoilées. Il est certain que la psychanalyse en a rabattu de sa superbe et qu'elle n'est plus (heureusement) aussi dominante qu'elle a pu l'être, faisant l'objet plutôt d'un sourd mépris de nos jours, comme d'un amour déçu. Que ce mépris ne soit pas sans justifications n'empêche pas qu'il a tous les caractères d'un refoulement dès lors qu'il ne peut faire que ce que la psychanalyse a mis au jour ne soit devenu manifeste aux yeux de tous et continue à produire ses effets.
Même si les causes matérielles sont déterminantes, liées au salariat des femmes notamment, il est difficile d'imaginer sans la psychanalyse une libération sexuelle que l'extension du marché ne suffit pas à expliquer. La libération de la femme d'un patriarcat archaïque lui doit beaucoup aussi, bien que dans des rapports conflictuels. Cela n'a pas empêché une vieille méfiance envers une psychanalyse accusée de normalisation, notamment parce que des psychanalystes avaient pris des positions normalisatrice (contre "l'univers contestationnaire" ou l'homosexualité) en s'appuyant sur l'Oedipe, positions reprises par la droite à l'époque (notamment Pompidou). C'est dire que la psychanalyse touche l'ensemble de la société ! En tout cas, dans l'après-Mai68, pas mal de révolutionnaires se sont retrouvés sur le divan pour se guérir de leurs illusions, la psychanalyse exposant effectivement le projet révolutionnaire à sa critique impitoyable...
Il s'agit de revenir à une sorte de freudo-marxisme bien que sous une forme inversée à la version initiale où les deux termes renforçaient le caractère utopique d'une libération du désir de toute contrainte alors que les deux termes devraient plutôt se limiter l'un l'autre dans leurs prétentions pour avoir une chance de se vérifier dans la pratique. Il est sûr que si l'on croit, comme il est raisonnable au premier abord, que tout le malheur vient du fait que la domination de quelques malfaisants nous contraint insupportablement et empêche de s'épanouir nos instincts naturels, les choses sont fort simples : il suffit de se débarrasser des oppresseurs et l'avenir radieux ouvre immédiatement ses portes sur une fin de l'histoire immuable et parfaite. C'est un peu plus compliqué si on doit constater que le pouvoir ne fait que changer de mains et qu'il est relayé par toute une chaîne de micro-pouvoirs assurant le fonctionnement du système, sa productivité et sa reproduction. C'est un peu plus compliqué encore s'il ne s'agit pas d'instinct mais d'un désir de désir bien plus fuyant et d'un surmoi jamais rassasié, si on ne peut plus se fier enfin aux bonnes intentions ni aux déclarations d'amour...
Du point de vue de Wilhelm Reich (ou même de Marcuse) tout était simple, la répression de l'énergie sexuelle étant au principe de l'agressivité et de la guerre comme de l'exploitation et de la production de valeur, on se libérait à la fois du capitalisme et de toute domination en revenant à une sexualité débridée. Cela paraissait assez convaincant à l'époque pour avoir constitué l'arrière-fond idéologique de toute une génération mais l'expérience des communautés est loin d'avoir été concluante sur la durée et si cette vision se réclamait du freudisme, c'était de sa toute première version, vite dépassée par Freud lui-même quand il a dû admettre que le traumatisme était le plus souvent entièrement construit et pur fantasme. Ce qu'il faudra reconnaître ensuite, avec l'Oedipe et la seconde topique, c'est à quel point le désir est exacerbé par l'interdit plus qu'il ne le réprime, et que la sexualité se manifeste essentiellement par ses ratés. On est donc dans une toute autre configuration, très loin du biologisme des instincts sexuels comme de la neurologie, dans ce qui noue le désir à la vérité pour l'être parlant.
Si j'ai parlé d'ennui, voire de morosité, à propos de l'abord "divin" de l'amour, comment méconnaître que ces deux affects se dénoncent - de propos, voire d'actes - chez les jeunes qui se vouent à des rapports sans répression -, le plus fort étant que les analystes dont ainsi ils se motivent leur opposent bouche pincée.
Même si les souvenirs de la répression familiale n'étaient pas vrais, il faudrait les inventer, et on n'y manque pas. Le mythe c'est ça, la tentative de donner forme épique à ce qui s'opère de la structure.
L'impasse sexuelle sécrète les fictions qui rationalisent l'impossible dont elle provient. (Lacan, Télévision, p50-51)
La vérité romanesque s'oppose bien au mensonge romantique mais, contrairement à René Girard, le désir de désir va déjà bien au-delà de la pure jalousie chez Hegel où il est désir de reconnaissance. Chez Lacan la dimension du langage y ajoute un enjeu de vérité incompatible avec tous les moralismes et promesses d'amour impossibles à tenir. Si le désir nait de la demande adressée à l'Autre qui nous rend dépendants de son désir, aucun moyen d'en apaiser l'angoisse ni d'assurer l'harmonie des désirs, même en l'absence de rival, encore moins si le désir se renforce de l'interdit comme de l'impossible, en tant que désir de l'Autre. Bien sûr le tiers est essentiel dans l'Oedipe mais c'est le langage qui lui donne sa dimension propre. Avec Lacan, la psychanalyse quitte le biologisme instinctuel pour analyser l'énonciation elle-même, dans ce qu'elle dit sans le savoir. La sexualité n'y est plus satisfaction biologique mais expérience du ratage et de la jouissance qu'il ne faudrait pas... Plus rien à voir avec le stade génital ni la fusion des corps dans l'absence d'un véritable rapport à l'autre où la maladresse de chacun n'a rapport qu'à son propre fantasme même si cela n'empêche pas d'être attentif à l'autre ni de jouer son rôle à la perfection. C'est la moindre des politesses, mais pour l'authenticité, pas la peine d'en rajouter, la lucidité promise par l'analyse étant plus proche du détachement, ou même de l'état dépressif, que de l'exaltation du moi et de la jouissance enfin trouvée.
Rappeler quelques uns de ses apports les plus incontournables, n'est pas dire qu'on ne puisse reprocher toutes sortes de choses à Lacan, encore plus à ses épigones, en premier lieu de ne pas faire assez de place au corps en croyant comme Dolto que "tout est langage", ce qui est effectivement un acte de foi légèrement exagéré même s'il n'y a pas de doute que tout peut faire sens, un peu comme la sorcellerie interprétant le monde en terme d'intentions plus ou moins mauvaises. Il faut redonner toute leur place aux effets biologiques comme aux causes matérielles, ce qui n'est pas amoindrir les effets purement symboliques ni le poids de la dette ou le désir qui nous ronge. Ce totalitarisme du signifiant n'est pas le seul délire des lacaniens qui n'en ont pas été avares à l'époque du structuralisme triomphant mais tout cela n'enlève rien à la pertinence de l'interprétation du désir à partir du sujet de l'énonciation, de celui qui parle, comme sujet divisé, et du discours où il prend place, ce qui permet de ne pas prendre son contenu manifeste pour argent comptant en interrogeant d'où l'on parle et à qui on s'adresse. On peut en déduire au moins qu'il ne peut y avoir de sujet entièrement réconcilié, ni de transparence à soi car il y a du refoulement, toujours. Le plus embêtant, politiquement, c'est que les revendications légitimes sont contaminées par l'idée d'une béatitude qui nous exile du monde réel à vouloir l'impossible. Or, non seulement il ne peut y avoir d'être parlant sans désir, sinon à se taire peut-être, mais si le manque vient à manquer c'est encore pire ! De quoi changer radicalement nos perspectives par rapport à un humanisme trop naïf au service des besoins. De quoi, pouvoir rendre compte enfin de l'aliénation redoublées d'une autonomie subie.
L'inconscient et la folie sont bien des questions politiques posées à la démocratie dès lors que le citoyen est devenu détenteur de la raison et de la volonté générale. On doit se rendre à l'évidence que non seulement notre rationalité est limitée par notre savoir, notre expérience, notre âge, nos appartenances, nos préjugés, notre dogmatisme mais qu'elle est aussi perturbée par nos désirs, nos fantasmes, nos folies et toutes sortes de symptômes de notre inadéquation à l'universel, comme disait Hegel. Revenir à Hegel et sa dialectique n'aurait bien sûr aucun sens si ce n'était pour le dépasser, notamment grâce à Lacan et Marx, entre autres, pour intégrer les leçons de l'histoire. S'il faut revenir à Hegel, c'est aussi pour retrouver Lacan et toute une dimension de l'existence qu'on voudrait refouler comme la droite a voulu réfuter la sociologie au nom de la supposée liberté de l'individu. C'est un peu plus difficile avec la psychanalyse qui imprègne toute la littérature mais le principal obstacle à une prise en compte effective de la psychanalyse dans la politique est sans doute constitué par les psychanalystes eux-mêmes (ce qu'ils ont prouvé dans leurs récentes offensives politiques tournées vers leurs petits intérêts, tout comme dans leur vie de groupes). On ne pourra plus se passer pourtant de la psychanalyse et de la part d'ombre qu'elle révèle sans retomber dans des utopies délirantes ou des moralismes autoritaires.
Il faut distinguer la prise en compte de la psychanalyse de sa pratique, de même qu'on n'a pas besoin d'être astronome pour tenir compte de la révolution copernicienne. Le témoignage des analysants suffit à nous en dire beaucoup sur l'âme humaine, qui n'est certes pas ce dont on rêverait d'une simplicité des coeurs, la révolution freudienne achevant notre décentrement après Copernic et Darwin, au grand dam de notre narcissisme. On peut dire que la psychanalyse redouble la philosophie à rendre toute sagesse impossible, ce n'est donc pas la fin de la philo-sophie qu'elle prononce mais de la prétention du philosophe à jouer au sage et nous délivrer du désir, limite donnée à la conscience de soi comme à l'autodétermination d'un désir surdéterminé et transgressif.
Il est bien évident pourtant que la division ne se trouve pas entre psychanalystes et non-psychanalystes mais dans la psychanalyse elle-même, où la plupart restent attachés à la guérison, l'accès au "stage génital" et finalement au refoulement de l'inconscient comme fait de structure et de langage, ramené au réalisme du trauma. Chacune des psychothérapies qui s'inventent tour à tour semblent partir d'une mauvaise interprétation de la psychanalyse dont il est si difficile de maintenir le tranchant sans retomber dans la normalisation. La division se retrouve tout autant à l'intérieur de la philosophie bien sûr. Si la philosophie doit désormais tenir compte de la psychanalyse, ce n'est certainement pas dans ses tendance éducatives et normatives mais dans sa portée révolutionnaire et subversive de tous les discours avec leurs bonnes intentions affichées.
Ce sont les faits qui nous y ramènent, leurs ratés. On peut dire que Lacan vient à point nommé pour rendre compte du relatif échec de la libération sexuelle, de ce qu'elle a manifesté des difficultés de désirs désaccordés. Il ne faut pas y voir seulement "l'extension du domaine de la lutte" qu'on pourrait imputer au libéralisme triomphant, la question est plus grave puisqu'elle met en cause la liberté elle-même dans ce qu'elle a de contradictoire et "malaise dans la civilisation", la "pulsion de mort" nous assurant que les choses ne se passeront jamais très bien... Cela commence avec l'association libre qui mène immanquablement au transfert et au fantasme des origines ; ça peut aller jusqu'à la théorie de l'engagement où la liberté est utilisée explicitement pour asservir. Ce sont ces échecs de la liberté, que ce soit avec le marché, les démocraties ou la sexualité, que toutes les utopies veulent ignorer avec leur nostalgie d'un temps idéalisé qui n'a jamais existé. Il faut certes rectifier immédiatement que, pour être bien réel, cet échec n'en reste pas moins très relatif. C'est une limite mise à nos libertés mais pas du tout l'annulation de tous leurs bienfaits, notamment de la libération sexuelle, pas plus que la libération de l'esclavage ne pouvait être remise en cause par le triste sort souvent des esclaves libérés car c'était quand même pire avant. Ce n'est donc pas pour en tirer la conclusion qu'il faudrait réduire nos libertés comme s'y précipitent les néo-cons, si bien nommés (!), mais pour y introduire des régulations, des médiations, des formes de réflexivité. Il y a une interprétation de droite qui renie la liberté comme trompeuse et une interprétation de gauche qui tire parti des échecs pour faire progresser nos libertés effectives et reprendre le flambeau de l'émancipation.
L'objet de réflexion de la post-modernité ne peut se limiter au caractère contradictoire du progrès et de l'artificialisation du monde, quand on doit faire face plus généralement à l'échec de la liberté à nous sortir de l'égarement et pouvoir assurer notre simple reproduction. Il est important de souligner malgré tout qu'il ne saurait être question pour autant de confondre les niveaux individuels et collectifs, psychanalyse et politique devant garder leurs sphères et logiques propres. Pour ne pas perdre nos libertés chèrement acquises, la première chose à faire est certainement de bien séparer les dimensions politiques et individuelles des luttes de libération, car si la liberté ni le bonheur ne peuvent constituer des objectifs pour l'individu puisque l'une les précède et l'autre les suit, la liberté et le bonheur du peuple n'en restent pas moins des objectifs politiques prioritaires. Il est essentiel de bien saisir l'opposition entre ces différents niveaux pour ne pas mener dans des impasses et ne pas promettre plus qu'on ne pourrait tenir.
Pour l'instant, on tirera de ce premier repérage, le constat qu'une révolution peut être nécessaire mais qui ne porte nul espoir métaphysique ni d'une meilleure jouissance, seulement de meilleures institutions ! La psychanalyse elle-même, tellement pillée par la publicité, devra avouer que ce n'est pas là du tout un objectif assez sexy pour les foules sentimentales. Seulement, l'existence même de la psychanalyse, si ce n'est l'expérience du spectateur, rendra de plus en plus difficile les stratégies de séduction qu'elle dévoile. A l'évidence, ça marche encore un peu mais il est plus que probable qu'on ne pourra plus éternellement faire appel à l'amour du maître pas plus qu'au chantage affectif de Big Mother. Sauf à courir à l'échec, il faudra bien tenir compte de la psychanalyse à l'avenir, en tout cas pour une émancipation qui ne soit pas du semblant...
Entrer dans le 21ème siècle avec la pensée d’André Gorz, CitéPhilo.
Je ne suis pas un homme de parole, je crois que je l'ai prouvé de nouveau à Lille, le 28 novembre, où j'étais invité à parler d'André Gorz ! Si nous étions trop nombreux et le temps imparti trop court, l'intérêt de ces rendez-vous manqués, c'est de se poser la question de ce qu'on aurait à dire à un public qu'on imagine philosophique.
Il m'est apparu indispensable de ne pas réduire la dimension philosophique d'André Gorz au seul ouvrage qui en relève explicitement, "Fondements pour une morale" qui n'est pas sans faiblesses, et d'insister plutôt sur sa dimension politique de reprise du projet de "réaliser la philosophie" après le terrible échec du communisme.
Il est tout aussi impossible de se couper d'une histoire de l'émancipation que de faire comme si le collectivisme bureaucratique n'avait pas échoué partout. L'indigence de ce qui reste des théoriciens marxistes devrait inciter à refaire ce parcours qui va du marxisme à l'écologie politique, en passant du collectivisme à l'autogestion puis à la réduction du temps de travail avant de se focaliser sur le travail autonome et la sortie du salariat grâce au revenu garanti et l'économie de l'immatériel. Il ne s'agit en aucun cas de revenir en arrière mais bien de continuer l'histoire, et dans l'état de confusion actuelle, une clarification des enjeux semble on ne peut plus nécessaire !
Je ne cherche pas tant à rendre compte fidèlement de la position d'André Gorz lui-même que d'en tirer les conséquences qui me semblent cruciales pour le mouvement d'émancipation et le dépassement du marxisme au 21ème siècle. Il n'y a rien là de personnel, c'est l'époque qui pose ces questions. En effet, la situation est critique puisque nous devons faire face à la fois à la conversion des anciens pays socialistes à l'économie de marché, au moment où elle s'écroule, en même temps qu'à une rupture de civilisation avec notre entrée dans l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain qui nous oblige à reconsidérer nos anciennes certitudes et actuels modes de vie.
Ne pas pouvoir garder les illusions du passé ni se murer dans un dogmatisme imperturbable, c'est passer inévitablement pour un traître aux yeux des gardiens de l'orthodoxie. C'est ce dont Gorz sera accusé, au moins depuis ses "Adieux au prolétariat", lui qui avait publié son roman de formation, sorte d'auto-analyse impitoyable, sous ce titre "Le traître" qui l'exile de toute appartenance ! Contrairement à beaucoup d'autres, il ne passera pas à l'ennemi pourtant, ce dont toute son oeuvre ultérieure témoignera, toujours attaché au sort des travailleurs. C'est la voie qu'il nous faut suivre, en sachant qu'on risque nous aussi d'être traités de traîtres à refuser de refaire les mêmes erreurs totalitaires, sans abandonner les luttes d'émancipation pour autant. La chute du communisme est un événement philosophique considérable qu'il faut intégrer comme tel à reconsidérer ce qui se présentait comme réalisation de la philosophie et n'aboutit finalement qu'au règne de l'idéologie et du mensonge institutionnalisé où le vrai n'est plus qu'un moment du faux. C'est là où nous en sommes, dans la double exigence de refuser à la fois déni et renoncement.
On pressent justement dans ces périodes de rupture qu'il ne peut y avoir de "Fondements pour une morale" complètement anhistorique, sinon le langage lui-même peut-être ou plutôt l'énonciation, pas plus qu'il ne peut y avoir de self made man ni de reconstruction du monde par nos propres moyens, ces contes pour enfants ne sont que des robinsonnades purement fictives. On le constate continuellement, l'éthique dépend du discours et de quel côté de la barrière on est, par exemple de ce que Boltanski appelle des "cités" (inspirée, domestique, civique, marchande, industrielle, de renom, par projet) aux justifications très différenciées. Le seul fondement, c'est le processus dans lequel on est engagé, c'est l'histoire qu'il faut à la fois corriger et continuer. C'est d'ailleurs ce qui fait tout l'intérêt de Gorz : son parcours, plus que son point de départ, c'est ce qui en fait un passeur plus qu'un penseur, ayant fait la preuve d'une pensée capable de ne pas en rester là mais d'évoluer en même temps que son temps et dont la conduite peut être qualifiée d'exemplaire pour les générations futures d'intellectuels.
C'est bien parce qu'on se situe dans la tradition révolutionnaire et l'histoire de l'émancipation avec tous ses ratés que nous devons lutter encore pour nos libertés et réorienter l'économie vers le développement humain, entendu comme développement de l'autonomie, mais c'est une question politique plus que morale. Vouloir partir de notre liberté pour fonder le désir de liberté comme une exigence morale mène à toutes sortes d'absurdités au niveau individuel, désir aussi insatiable et abstrait que le désir d'argent. Ni la liberté, ni le bonheur ne peuvent être des objectifs en soi quand l'une précède l'objectif et l'autre le suit. S'il vaut d'insister sur la réfutation de ce sophisme, ce n'est pas tant pour critiquer les tentatives métaphysiques de Gorz d'une conscience qui se fonderait sur elle-même, conceptions qu'il dépassera ensuite en approfondissant l'opposition de l'autonomie à l'hétéronomie. S'il faut y revenir, c'est parce que ces impasses concernent des tendances encore bien actuelles de la lutte contre l'aliénation. En effet, ces raisonnements métaphysiques qui se mordent la queue, véritables cercles vicieux, mènent facilement à l'obsession d'une libération sans fin qui retombe lourdement dans le moralisme le plus insupportable. On se retrouve du coup dans la pure hypocrisie d'une critique de l'aliénation devenue elle-même aliénante, instrument de domination avec son jargon de l'authenticité. Répétons-le, alors que c'est un objectif primordial au niveau politique, au niveau individuel l'autonomie ne peut constituer un but en soi, ne servant le plus souvent qu'à choisir ses dépendances de même que, si l'on a besoin d'un travail autonome, c'est pour faire ce qui est nécessaire et non se livrer aux caprices les plus arbitraires (ce sur quoi Gorz était d'ailleurs entièrement d'accord!).
Il est intéressant de porter la critique également sur une distinction qu'il fait dans son livre fondateur, et qu'on peut trouver très opportune, la distinction entre progrès absolu et relatif, l'action libératrice constituant un progrès absolu sur notre passivité (le sujet se pose en s'opposant, affirmation de soi comme liberté et acteur de l'histoire) alors que l'autonomie conquise n'est jamais qu'un progrès relatif. En arrière-plan de cette distinction il y a une identification du mal à la passivité (l'inexistence) qu'on retrouve aussi bien chez Lukács que chez Debord, mais qu'on peut juger bien critiquable en ce qu'elle peut déboucher sur un activisme stérile. En effet, il ne suffit pas d'être actif, il faudrait savoir quoi faire ! Le mal ne se réduit pas du tout au laisser-faire. La plupart du temps, c'est prétendument pour notre bien qu'on nous fait les pires saloperies, comme c'est au nom de Dieu ou de l'amour qu'on massacre sans remords. Le plus souvent, la cause du Mal c'est le Bien et l'enfer des bonnes intentions, pas seulement la passivité et la soumission, ce qui serait un peu trop simple comme s'il suffisait de choisir le bon camp (dans la réduction à l'affrontement entre amis et ennemis) ou de s'éveiller d'un mauvais rêve pour accéder à une réalité harmonieuse et transparente. Contrairement à ce que s'imagine une philosophie de la conscience un peu trop naïve, il n'y a pas que la mauvaise foi, il y a aussi la bêtise, l'ignorance, le dogmatisme, le narcissisme, le refoulement...
Ainsi l’esprit s’oppose à lui-même en soi ; il est pour lui-même le véritable obstacle hostile qu’il doit vaincre ; l’évolution, calme production dans la nature, constitue pour l’esprit une lutte dure, infinie contre lui-même. Ce que l’esprit veut, c’est atteindre son propre concept ; mais lui-même se le cache et dans cette aliénation de soi-même, il se sent fier et plein de joie. (Hegel, Philosophie de l’histoire, p51)
De façon plus générale, je me suis trouvé plusieurs fois en opposition avec une certaine critique de l'aliénation, du côté marxiste plutôt que du côté existentialiste, car il y a chez lui comme chez Sartre cette tension entre les deux approches où l'idéalisme n'est pas du côté que l'on croit, l'existentialisme ne pouvant admettre de faire coïncider le pour soi et l'en soi, la conscience et son objet. Par contre, les marxistes n'ont pas assez dénoncé l'idéalisme du communisme de Marx, idéalisme qu'on impute à tort à son hégélianisme car, malgré Kojève qui a essayé de le faire endosser à Hegel, on n'en trouve nulle trace chez lui : pas de fin des classes sociales ni bien sûr de fin de l'Etat, encore moins de la famille ni de la division du travail. Au contraire d'une dialectique hégélienne qui conserve le savoir antérieur dans un progrès des sciences qui avance pas à pas, on peut dire que le matérialisme a d'abord surestimé le pouvoir de la matière sur l'esprit, comme si la plasticité n'avait pas de limite d'un homme réduit à ses conditionnements sociaux, comme si ces rapports sociaux pouvaient être changés selon notre bon vouloir et sans tenir compte des constantes sociologiques ni des leçons de l'histoire avec ce mythe insensé de la table rase !
Ce délire messianique annonçant un homme nouveau doit bien plus au socialisme utopique ainsi qu'à l'industrialisation formant une nouvelle race de travailleurs salariés qu'à la philosophie hégélienne. C'est ce que Marx doit au mouvement communiste qu'il avait rejoint, la dimension utopique et religieuse du marxisme qu'il faudrait absolument dépasser pourtant : si on a effectivement besoin d'une révolution, c'est pour réduire les inégalités et changer les institutions, pas pour instaurer le règne de Dieu sur la terre ! Il est vital de ne plus se monter la tête pour ne pas se réduire à l'impuissance. Le plus incroyable, c'est le nombre de grands esprits qui ont pu cautionner cette féérie d'une grande réconciliation finale où tous les coeurs s'étreignent dans la transparence des âmes et des choses. Comme tous ceux de ma génération, je n'y ai pas échappé non plus, jusqu'assez récemment où le caractère d'enfantillage de ces croyances m'est devenu plus manifeste, relevant à l'évidence de la psychanalyse et de la religion plus que de raisons, mais ayant surtout un effet négatif sur le réalisme des solutions et le découragement général qui s'en suit. Si André Gorz a été l'un des premiers à revenir au réel, toujours en avance sur nous, il n'en a pas moins gardé une nostalgie de l'utopie jusqu'à la fin, ne se résignant pas à en perdre la promesse (ne dit-il pas qu'à vouloir l'impossible, on affirme sa liberté de sujet ?). C'est un luxe qu'on ne peut plus du tout se permettre pourtant, la bulle spéculative actuelle nous préparant des lendemains qui déchantent alors qu'il y a des luttes à mener, des injustices à combattre, des libertés à conquérir.
La réalisation de la philosophie ne peut se réduire à des whisful thinking ni à de simples idées, comme si elle n'avait rien à voir avec la dure réalité. Il faut certes viser une conscience de soi réflexive mais qui intègre nos limites et la part du négatif avant de pouvoir passer de l'histoire subie à l'histoire conçue. Il faut revendiquer l'émancipation universelle et la reconnaissance des individus dans leur autonomie mais à travers toute une dialectique historique concrète et non pas dans l'immédiateté d'une décision volontariste imperméable aux démentis du réel. On ne peut faire comme si on savait tout très bien alors qu'il est si difficile d'établir la vérité (du réchauffement climatique, si ce n'est de notre humanité!). De même que la justice tempère le jugement par la confrontation du procureur et de l'avocat plutôt que se fier à la clairvoyance immédiate du juge, de même la philosophie devrait nous rappeler l'étendue de notre ignorance afin de nous ramener au principe de précaution et nous prémunir contre ces sornettes mystico-politico-débiles avec lesquelles ont mène les foules jusqu'à l'inévitable désastre finale !
Cette dimension religieuse du marxisme libérateur, pourtant bien incompatible avec son matérialisme supposé, se concentre, y compris pour Gorz (ou chez moi, il y a peu), dans la critique de la valeur et du fétichisme qu'il suffit d'agiter pour faire surgir des arrières mondes fantastiques et miroiter l'accès à un réel occulté, frayant la voie aux pires dérives. Heureusement, celui qui a été à l'origine de cette focalisation sur le fétichisme (Georg Lukács en 1923 dans "Histoire et conscience de classe") aura été celui qui en a fait la meilleure critique dans son dernier livre "Prolégomènes à l'ontologie de l'être social", l'année de sa mort en 1971. Il y montre de façon lumineuse comme la critique d'un rapport entre choses qui se substituerait aux rapports humains (cf. Louis Dumont) est en fait une critique réactionnaire à laquelle il oppose une critique de gauche, d'une réalité en construction, où ce n'est plus le fétichisme mais la réification qui est l'objet de la critique, l'image ou la chosification occultant le processus derrière les objets ou les individus qu'il produit (héros ou marchandises). Il ne s'agit plus d'un retour à un état naturel ou antérieur mais de l'intervention d'une liberté dans un processus, permettant sa réappropriation et sa réorientation. S'il s'agit bien de ne pas subir passivement, on n'est plus dans l'idéalisme ni le mysticisme mais dans un matérialisme du possible et une dialectique qui n'est plus simple négation de l'existant. Lukács insiste sur le fait que l'idéologie n'est pas de l'ordre du mensonge, de l'erreur, ni même de l'ordre de la catégorie recouvrant la chose en soi comme chez Kant, mais le résultat d'une dialectique entre sujet et objet comme Hegel l'a soutenu, ainsi que l'expression d'une position sociale, comme Marx l'a bien montré. L'opposition de Hegel à Kant est présentée comme cruciale entre dialectique historique et pur idéalisme. Si la dérive du criticisme existe, ce n'est donc pas sans raisons ni conséquences pratiques. Il ne s'agit pas simplement d'une erreur à corriger mais le plus embêtant dans ces critiques du fétichisme et de la valeur, c'est qu'elles introduisent la confusion entre sortie du salariat et fin du travail. On retrouve cette confusion jusque chez Gorz, qui utilise presque tout le temps "travail" à la place de "salariat", même s'il justifie cette confusion qui reste chez lui sur un mode mineur (c'est bien le "travail emploi" qu'il vise, donc le salariat). L'important, c'est que ces ambiguïtés de vocabulaire ne l'empêchaient nullement de s'occuper de la production et des conditions de travail, contrairement à bien d'autres. En effet, il ne saurait être question de défendre un revenu garanti pour consommer les marchandises produites par le système capitaliste alors qu'il s'agit de sortir du salariat et de construire une production relocalisée basée sur le travail autonome. Plutôt que de rêver à une fin du travail enchantée, il s'agit de changer le travail pour changer la vie.
Il y a encore bien d'autres critiques que je pourrais faire à André Gorz, comme sa valorisation excessive de l'autoproduction ou son aspiration à une disparition future de l'argent, sans parler de la confusion de différentes temporalités et différentes crises dans son dernier texte sur la sortie du capitalisme, mon rapport à lui comme aux autres ayant toujours été d'un critique agaçant et sans doute outrancier, plus que d'un disciple. Cependant, et malgré tout cela, son apport est complètement décisif, ce pourquoi EcoRev' a été mis sous son parrainage et que le premier numéro débutait par son texte inaugural "leur écologie et la nôtre". En effet, non seulement cette politisation de l'écologie est absolument essentielle, avec l'exigence de se situer dans la continuité de l'histoire de notre émancipation, mais son analyse du capitalisme comme productivisme reste toute aussi déterminante ainsi que sa défense de l'autonomie dans le travail, on ne peut plus actuelle. La critique de l'aliénation touche juste quand elle est critique de l'aliénation salariale, libération de l'esclavage plus que retour à une nature originaire. Enfin, malgré la nostalgie d'un paradis socialiste auquel on a tous cru à un moment ou un autre, son apport le plus précieux aura été de définir l'aliénation par rapport aux potentialités effectives d'une situation historique et de mesurer les misères du présent à la richesse du possible, jusqu'à se préoccuper de dispositifs concrets, qu'il n'a certes pas inventés, rassemblant des pratiques effectives (déjà largement défendues par le GRIT notamment), mais qu'il ne trouvait pas trop prosaïques ni indignes de réflexion, y voyant au contraire la véritable "réalisation" de la philosophie en acte. Comme d'habitude, l'important n'est pas l'idée supposée géniale, ni même originale, c'est le geste de rupture qui rassemble ce qui est déjà là et rompt avec les préjugés de l'époque en reconnaissant les faits, c'est la constatation de l'échec du collectivisme puis des limites de l'autogestion qui ne changent rien à l'aliénation salariale, c'est le passage ensuite de la réduction du temps de travail au travail autonome et au revenu garanti qu'il rejetait avant, c'est l'affirmation enfin qu'il n'y a que des alternatives locales à la globalisation marchande et que nous avons changé d'ère avec l'immatériel et la gratuité numérique.
Je n'ai guère fait plus que reprendre tout cela, ajoutant seulement la coopérative municipale (inspirée de Murray Bookchin) mais en insistant surtout sur la nécessité de constituer l'alternative en système (production, distribution, circulation) dans une économie plurielle (Jacques Robin). Il fallait que ces propositions (Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales) aient été défendues préalablement par Gorz pour que j'ose défendre ouvertement ce qui n'a pourtant aucune chance de convaincre personne tant ces notions paraissent exotiques et presque hors sujet ! Ajoutez à cela l'insistance sur la nécessité de tenir compte de notre entrée dans l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain et vous pouvez être sûr d'être à peu près inaudible. Autant se taire, donc. La seule chose qu'on peut remarquer, c'est que ces propositions loin de tomber dans l'oubli comme on nous le promettait, insistent de plus en plus au contraire et gagnent plutôt en crédit avec les années. Ainsi, comme presque tout le monde, Gorz était contre le revenu garanti avant d'admettre qu'il s'imposait désormais dans l'économie immatérielle et pour le travail autonome (à condition d'être "suffisant"). J'ai l'habitude de dire que tout le monde est contre le revenu garanti, considéré comme impossible, sauf ceux qui ont étudié la question de près ! Les monnaies locales n'ont pas beaucoup de succès non plus, cela n'empêche pas qu'elles se multiplient malgré tout de par toute la Terre et qu'elles pourraient s'avérer fort utiles en cas de désordres monétaires...
Quand on est tellement à l'avant-garde d'une société en retard sur son temps, rien ne permet de se distinguer de toutes les utopies les plus farfelues, ce qui rend à peu près inutile de vouloir s'adresser au public. On n'est plus au temps des utopies pourtant mais de l'urgence d'une écologie précautionneuse où il ne s'agit pas de rêver à des rapports humains harmonieux mais de tenter de les améliorer en tenant compte des contraintes matérielles, écologiques, tout comme des impasses du désir de désir et d'un réel qui n'est pas transparent. La promesse de bonheur est celle de la marchandise elle-même (du travailleur/consommateur), sa "métaphysique critique" publicitaire déconnectée des réalités les plus basiques comme celles de l'amour qui n'a rien à voir avec la fable qu'on nous raconte. La psychanalyse (trop absente de la pensée de Gorz) devrait nous guérir des naïvetés des philosophies de la conscience et d'un monde idéalisé dépourvu de toute contradiction. Tout cela n'empêche pas de vouloir réaliser la philosophie comme démocratie cognitive, développement humain et production de l'autonomie, ni de vouloir sortir du capitalisme et de la société salariale !
Inutile cependant d'entretenir l'illusion qu'on pourrait se débarrasser d'un seul coup du capitalisme par une révolution soudaine. Certes, ce qu'on voudrait entendre, c'est qu'il suffit de se lever pour que tous les problèmes soient réglés, les complots déjoués, les méchants vaincus, mais la vérité, c'est que la sortie du capitalisme sera inévitablement progressive avec d'une part la gratuité numérique qui s'impose pour des raisons techniques, d'autre part des secteurs protégés soustraits à la concurrence, enfin des alternatives locales dans une économie plurielle. Non seulement on n'en a pas fini avec l'industrie mais le capitalisme vert va sans doute trouver dans les énergies renouvelables un facteur de croissance pour les 30 ans à venir. On peut toujours gloser sur l'automatisation mais, avant qu'elle soit achevée et qu'il n'y ait plus que des usines sans ouvriers, il passera encore beaucoup d'eau sous les ponts, l'emploi industriel trouvant là un répit même s'il est amené à diminuer inexorablement, comme dans l'agriculture. Il ne faut pas confondre crise économique, écologique, technologique aux temporalités fort différentes. Si la crise n'est pas finie et qu'elle pourrait même s'aggraver rapidement, il n'y a pas d'effondrement du capitalisme à en attendre mais seulement un retour des Etats et du global dont les effets commencent seulement à se faire sentir. Nous ne pouvons faire plus que hâter notre exil de la société salariale en forgeant les institutions du travail autonome et de la relocalisation.
Les enjeux écologiques et l'économie plurielle nous engagent à une stratégie plurielle et progressive qu'on pourrait prendre pour un réformisme mou alors que c'est la construction d'une alternative radicale. Par ailleurs, qu'on ne puisse attendre de miracles d'un soulèvement populaire n'empêche pas que des révolutions restent nécessaires périodiquement, au moins dans notre pays, mais pour de toutes autres raisons que de renverser le capitalisme et d'accéder à une société idéale. C'est tout simplement parce qu'il est impossible de changer les règles du jeu sans arrêter le jeu, de même que les profiteurs n'abandonneront jamais leurs privilèges sans la pression populaire. La situation actuelle ne peut plus durer, les inégalités ont atteint un seuil intolérable qu'il faut ramener à des niveaux plus raisonnables. Il faut rétablir la vérité en mettant un terme aux dérives oligarchiques d'une démocratie de marché. Seulement, il vaudrait mieux pour cela éviter tout romantisme révolutionnaire comme de vouloir faire de la révolution la fin de l'histoire ouvrant sur un avenir radieux, ni même la fin du capitalisme et du marché nous enfermant dans une économie dirigée. Rétablir une égalité démocratique bafouée et réaffirmer nos solidarités, tout comme adapter les structures aux transformations déjà effectives dans la production, devrait constituer des raisons suffisantes pour renverser une classe dominante devenue inutile et purement prédatrice. Une révolution est à l'évidence devenue nécessaire contre ce régime ploutocratique sans qu'on ait besoin pour cela de croire au Père Noël !
Ce n'est pas dire que ce soit sans dangers. C'est bien connu, les foules sentimentales veulent un maître, trop sensibles aux prophètes de malheur comme aux beaux discours. On entend de drôles de choses ces temps-ci, des rêves d'un Etat fort qui déterminerait nos besoins, limiterait nos consommations et donnerait un travail forcé à tous ! Il y en a beaucoup qui regrettent les grandes croyances collectives (sans leur cortège d'horreurs...). On peut penser tout au contraire qu'on a bien de la chance de vivre après les expériences, communistes, fascistes, libérales et qu'il nous est donné de continuer l'histoire débarrassés de ces illusions, d'inventer une écologie-politique émancipatrice enfin, de nous libérer des anciennes dominations et de conquérir de nouveaux droits. Assurément, André Gorz est un bon guide pour nous préserver des tendances autoritaires ou catastrophistes de l'écologie et faire de l'écologie-politique une éthique de libération qui cherche à se réaliser concrètement, avec un sujet qui est toujours un mauvais sujet, rebelle à toute normalisation. C'est tout l'enjeu de s'inscrire dans son sillage.
Ce n'est pas gagné, loin de là, mais il faudrait se rendre compte à quel point nous vivons malgré tout une époque formidable où l'alphabétisation et la numérisation sont des éléments essentiels de la réalisation de la philosophie et de la constitution d'une intelligence collective qui, certes, se cherche encore (notamment autour du climat). Même si nous vivons dans l'incertitude et dans l'angoisse du lendemain, même si la confusion est à son comble et les idéologies obsolètes, il y a eu bien peu de moments dans l'histoire où l'humanité vivait une telle rupture, où les enjeux étaient aussi grands, où notre clairvoyance et nos actions pouvaient être plus décisives pour l'avenir. Ce n'est pas la fin de l'histoire, non, mais le passage à un stade supérieur de notre conscience et de notre liberté. Raison d'un certain optimisme, celui d'une volonté prudente et interrogatrice mais attentive à la richesse du possible comme à l'expression du négatif, ne faisant que suivre en cela le précieux exemple qu'André Gorz nous a donné, d'abandonner les grandes abstractions et les visions d'apocalypse au profit des dispositifs concrets et de la simple réalité du travail comme de la vie.
La polémique sur les mails du GIEC manifeste la difficulté d'une démocratie cognitive dont l'action climatique relève, la recherche de la vérité n'étant jamais pure ni facile. Le facteur humain est le maillon faible alors qu'avec le progrès des énergies renouvelables on aurait les moyens d'éviter une catastrophe, certes pas complètement certaine, c'est tout le problème ! Le temps d'adaptation pourrait pourtant être bien plus court que prévu de même que le prix de l'énergie ne devrait pas augmenter tellement, ce qui serait une bonne surprise. En tout cas, la science oblige en permanence à rectifier nos croyances, notamment, ce mois-ci, sur Néandertal plus proche de nous qu'on ne le disait il y a peu encore, mais ce sont les trous noirs qui sont remis en cause aussi par la gravitation semi-quantique qui leur substitue des "étoiles noires" beaucoup moins paradoxales. Sinon, les nanoparticules pourraient être plus dangereuses qu'on ne croyait, du moins si elles devaient s'accumuler très au-delà des seuils actuels, ce qu'il faudrait éviter à tout prix. Le LHC redémarre mais devrait normalement s'arrêter pendant l'hiver ? C'était en tout cas son contrat de ne pas ponctionner la puissance électrique pendant les grands froids. De toutes façons, il ne faut pas attendre des résultats avant le printemps au moins. Il est par contre complètement bluffant qu'on puisse arriver à reconstituer les images d'un film qu'on regarde en analysant notre cerveau ! Je dois dire, enfin, que j'ai hâte qu'on puisse faire des conférences 3D à distance tellement je trouve absurde de traverser toute la France pour parler 20mn !
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Pour la Science no 386, Les Néandertaliens
- Les quartiers durables en Europe, p18
L'expérience de Stockholm a montré que les changements de modes de vie ont plus d'impacts écologiques que les économies dues aux dispositifs techniques.
Ainsi, l'urbanisme durable se construit dans un champ de tensions entre réponses politiques (mieux partager les ressources de la terre), culturelles (changer de modes de vie), et techniques (utiliser des ressources moins polluantes). Ces trois registres d'action sont déséquilibrés, car l'économie favorise avant tout l'innovation technique et beaucoup moins l'innovation sociale.
- Peut-on se faire des cheveux blancs en une nuit ?, p20
Le blanchissement du cheveu est progressif. Mais alors, comment une chevelure peut-elle blanchir en une nuit ? Ce syndrome, nommé « canitie subite », est aujourd'hui interprété comme une réaction auto-immune : le système immunitaire de l'organisme semble faire une réaction de rejet brutal du système pigmentaire des follicules pileux. Si cette attaque se produit sur une chevelure poivre et sel, contenant à la fois des cheveux pigmentés et d'autres déjà blancs, seuls les pigmentés seront « rejetés », et donc perdus, tandis que les cheveux blancs seront épargnés. Le blanchissement « en une nuit » résulterait d'un rejet sélectif des cheveux pigmentés.
- Les nanomatériaux : quels risques pour l'environnement et la santé ?, p24
Lorsque leur taille est inférieure à 20 nanomètres, de nombreuses nanoparticules présentent des capacités accrues de synthétiser, à leur surface, des radicaux libres, espèces chimiques oxydantes très réactives. Ces radicaux libres provoquent un stress oxydatif et endommagent les membranes cellulaires et les chromosomes.
Les nanotubes de carbone, matériaux formés par l'enroulement de feuillets de graphite, seraient également néfastes pour des truites et des amphibiens (Xenopus laevis), car elles bloqueraient l'activité respiratoire et la digestion. Ainsi, aujourd'hui, une majorité de recherches montrent que les nanoparticules ont des effets cytotoxiques sur les organismes vivants étudiés, mais seulement lorsque les concentrations des nanoparticules dans le milieu dépassent celles que l'on atteindrait vraisemblablement dans les écosystèmes.
Dans le domaine de la santé, les interrogations sur le danger potentiel des nanomatériaux viennent du fait que les nanoparticules se rapprochent, par leurs dimensions, des particules atmosphériques ultrafines, des particules de diamètre inférieur à 0,1 micromètre émises par la combustion des énergies fossiles (automobiles, chauffage, activités industrielles). On sait qu'elles provoquent des pathologies respiratoires et cardio-vasculaires et plusieurs dizaines de milliers de décès chaque année dans le monde. Les nanotubes de carbone ont été aussi rapprochés de l'amiante, cause avérée de plusieurs dizaines de milliers de cancers de la plèvre.
En revanche, les résultats obtenus jusqu'à présent suggèrent que les nanoparticules ne franchissent pas la barrière hémato-encéphalique, vers le cerveau, ni la barrière placentaire, surface d'échange entre la mère et le fœtus. Toutefois, les nanoparticules pourraient pénétrer dans le cerveau par le système olfactif. D'après des expériences réalisées en 1970 chez le singe, des nanoparticules d'or instillées dans les fosses nasales peuvent être transportées par les neurones vers le bulbe olfactif, situé à courte distance du tissu nasopharyngé. Dès lors, la question d'un tel transfert se pose pour les nanoparticules industrielles.
Il est avéré que les particules ultrafines déclenchent, dans les organes où elles s'accumulent, une réponse inflammatoire résultant de la production de radicaux libres. L'inflammation, mécanisme physiologique normal de défense à une agression (microbienne, physique, chimique), peut entraîner diverses pathologies quand elle n'est plus contrôlée : bronchite chronique, fibrose, voire cancer du poumon, maladies cardio-vasculaires, neurodégénérescences.
Voir aussi Effet indirect des nanoparticules sur l'ADN.
- Le crépuscule de l'homme de Néandertal, p 28
Plus que le froid, ces changements incessants de leur environnement ont pu pousser les populations néandertaliennes au-delà du point de non-retour.
Certains parvenaient à s'adapter à ces bouleversements, ce qu'indique l'évolution des outils et des proies ; d'autres succombaient, de sorte que la population néandertalienne globale se fragmentait de plus en plus.
Les travaux publiés en avril dernier par Virginie Fabre et ses collègues, de l'Université de la Méditerranée à Marseille, confortent cette idée. Leur analyse comparative de l'adn mitochondrial des Néandertaliens suggère que la taille de la population néandertalienne oscillait, et que cette population était probablement divisée en au moins trois sous-groupes pendant l'ois-3, l'un dans l'Ouest européen, l'autre dans le Sud, et le troisième en Asie occidentale.
L'homme moderne n'aurait pas exterminé directement l'homme de Neandertal, mais serait entré en compétition avec lui pour les mêmes ressources puisqu'il vivait dans le même milieu. Dans cette concurrence, les Néandertaliens auraient peu à peu perdu du terrain.
Toutefois, la nature exacte de l'avantage compétitif qu'aurait eu l'homme moderne est très débattue. L'une des possibilités serait que l'alimentation des hommes modernes ait été plus diversifiée.
En septembre 2008, Ch. Stringer et ses collègues ont publié des indices montrant que les Néandertaliens des grottes voisines de Gorham et de Vangard chassaient le dauphin et le phoque et qu'ils ramassaient des coquillages. Dans une autre étude en voie de publication, ces chercheurs montrent qu'ils mangeaient aussi des oiseaux et des lapins. Ces découvertes et d'autres, similaires, sur plusieurs autres sites, mettent fin à l'idée reçue suivant laquelle seuls les hommes modernes étaient capables d'exploiter ressources marines.
Longtemps, on a aussi affirmé que l'homme de Neandertal n'avait pas de langage articulé. Cela semble plus qu'improbable aujourd'hui. Tout d'abord, dès 1983, un os hyoïde néandertalien très semblable à celui de l'homme moderne a été découvert à Kébara, en Israël. L'os hyoïde, rappelons-le, est un petit os qui maintient la base de la langue, ce qui le rend indispensable à l'élocution. Plus récemment, en 2007, l'équipe de Johannes Krause, de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste à Leipzig, a montré que ces hominidés portaient la même version du gène foxp2 que les hommes modernes. Or ce gène est associé à l'apparition du langage. Ces indices de l'existence d'un langage articulé néandertalien sont doublés par d'autres qui prouvent que les Néandertaliens pratiquaient des langages symboliques. Ainsi, on sait que certains décoraient leur corps de bijoux et à l'aide de pigments. Pareil comportement implique l'usage de symboles compris par les autres. C'est pourquoi ils sont considérés comme des marqueurs de l'existence d'un langage.
Aujourd'hui, les chercheurs admettent que, pour l‘essentiel, les Néandertaliens et les hommes modernes se comportaient à l'identique. Ils se mettent donc à rechercher l'origine de la disparition des Néandertaliens dans des différences culturelles et biologiques de plus en plus subtiles.
Les aiguilles que les hommes modernes ont laissées derrière eux suggèrent par exemple qu'ils disposaient de meilleurs vêtements et de tentes efficaces pour résister au froid. Les Néandertaliens n'ont pas laissé d'indices qu'ils savaient coudre, de sorte que leurs habits et abris auraient été plus sommaires.
Steven Kuhn et Mary Stiner, de l'Université d'Arizona, ont émis l'hypothèse que l'alimentation variée des premiers Européens modernes aurait favorisé une division du travail dans laquelle les hommes chassaient le gros gibier, tandis que les femmes cueillaient et préparaient les fruits à coque, les graines et les baies. Amateurs de gros gibier, les Néandertaliens auraient au contraire mobilisé pendant la chasse l'ensemble du groupe, donc les femmes et les enfants aussi, pour rabattre les animaux vers les chasseurs aux aguets. En créant à la fois un approvisionnement en nourriture plus fiable et un environnement plus sûr pour élever des enfants, la division du travail aurait permis aux hommes modernes de se multiplier aux dépens des Néandertaliens.
Plusieurs études visant à estimer le taux métabolique de l'homme de Néandertal ont conclu que ces hominidés archaïques avaient besoin de plus de calories quotidiennes que leurs rivaux.
Une autre différence entre les Néandertaliens et les hommes modernes mérite d'être mentionnée. Les recherches menées par Rachel Caspari, de l'Université du Michigan, ont montré que vers 30 000 ans avant le présent, le nombre d'hommes modernes vivant assez longtemps pour devenir grands-parents est monté en flèche. La nature exacte de ce qui a provoqué cette augmentation de la longévité n'est pas claire, mais ce changement a eu deux conséquences importantes : il a augmenté le nombre d'années disponibles pour la reproduction, et donc la fertilité ; ensuite, il a permis aux individus d'accumuler plus de connaissances utiles à la survie.
Il est clair que la façon dont le climat, la concurrence avec les hommes modernes ou les différences physiologiques ont contribué au déclin de l'homme de Neandertal a varié d'un groupe à l'autre et d'une époque à l'autre. Certains groupes ont pu disparaître par maladie, d'autres par croisement. « Chaque vallée raconte probablement sa propre histoire », souligne C. Finlayson.
Quant aux derniers Néandertaliens connus, ceux qui, il y a 28 000 ans, vivaient dans les grottes littorales de Gibraltar, ils n'étaient pas en concurrence avec les hommes modernes, qui ne sont arrivés dans la région que plusieurs milliers d'années après leur disparition.
- Les messages cachés dans les gènes de Neandertal, p34
L'étude des gènes des Néandertaliens a livré quatre informations : l'homme de Neandertal était distant génétiquement de nos ancêtres ; sa lignée est ancienne ; il n'a pas contribué à notre patrimoine génétique ; peu nombreux, ils ont occupé un vaste territoire.
D'après leur adn mitochondrial, les hommes de Neandertal se ressemblaient beaucoup, mais étaient très différents de l'homme moderne, tout en étant bien plus proches de ce dernier que du chimpanzé.
Selon l'horloge génétique mitochondriale, Homo sapiens et Homo neanderthalensis auraient divergé il y a plus de 400 000 ans.
Depuis 2007, les séquences codantes de seulement quatre gènes nucléaires bien identifiés ont été obtenues. Le premier est le gène foxp2, impliqué chez l'homme moderne dans la parole et le langage. Chez les Néandertaliens, ce gène code une protéine identique à celle existant chez l'homme moderne.
Par ailleurs, grâce aux séquences d'adn mitochondrial, on estime que le plus récent ancêtre commun de tous les Néandertaliens a vécu il y a quelque 250 000 ans. L'évolution des Néandertaliens s'est donc déroulée sur une très longue période. Elle peut être retracée par l'identification de caractères néandertaliens typiques déjà présents sur le crâne de l'ancêtre des Néandertaliens Homo heidelbergensis (450 000 ans), puis par leur accumulation progressive au cours du temps sur celui d'Homo neanderthalensis. L'évolution de cette population a donc été progressive et, à son « âge d'or » (vers 120 000 ans), elle est très différente de ses ancêtres et de l'homme moderne.
Comme l'adn mitochondrial ne se transmet que par les femmes, son absence totale dans les cellules humaines actuelles ne peut s'expliquer que de deux façons : par le fait qu'aucune femme néandertalienne n'a eu d'enfants d'hommes modernes, ou que les gènes de ceux qu'elles ont eus ne nous sont pas parvenus.
Dans ce cas, l'explication la plus simple est que ces éventuels enfants métissés n'ont pas eu de descendance. Une autre possibilité serait que leurs gènes et ceux d'éventuels enfants que des Néandertaliens auraient eus avec des femmes anatomiquement modernes ont disparu. Plusieurs mécanismes génétiques pourraient l'expliquer : il y a d'abord la dérive génétique, c'est-à-dire la diminution due au hasard de la fréquence de certains gènes, qui a pour effet de raréfier ces gènes dans une population isolée ; ensuite, l'apport incessant d'adn moderne dû à un afflux continu d'hommes modernes en Europe a pu « diluer » les gènes néandertaliens. Dès lors, plusieurs paléoanthropologues ont proposé une faible contribution des Néandertaliens au réservoir génétique moderne, qui aurait été effacée avec le temps.
Le faible ensoleillement de l'Europe aurait porté à la sélection chez les Néandertaliens et dans la lignée humaine des mutations distinctes, mais ayant les mêmes effets : une peau claire et des cheveux roux.
- Les trous noirs détrônés par les étoiles noires, p60
Personne n'a encore vu un trou noir, et pour cause, ce qui doit inciter à ne pas prendre leur théorie pour argent comptant. Il y a certes des objets supermassifs qui piègent la lumière mais il n'est pas raisonnable de penser qu'il y aurait un effondrement jusqu'à une "singularité" qui n'a aucun sens physique. C'est ce que devrait éliminer une gravité quantique donnant une limite à cet effondrement mais, du coup, ce ne serait plus un "trou" noir mais plutôt une étoile noire. Cet article reste encore très hypothétique mais il a l'intérêt d'ouvrir la piste des effets quantiques sur la gravitation et des alternatives aux trous noirs, comme les singularités nues qu'on avait vues au mois de Mai.
Selon certains théoriciens, des effets quantiques peuvent ralentir et stopper l'effondrement gravitationnel d'un astre massif. En lieu et place d'un trou noir se formerait alors un objet ultracompact qualifié d'étoile noire.
De très nombreuses observations astrophysiques indiquent qu'il existe effectivement dans l'Univers des objets extrêmement denses qui n'émettent aucun rayonnement propre. Bien que la masse de ces objets varie de quelques masses solaires à plusieurs dizaines de millions, leur diamètre va de quelques kilomètres seulement à quelques millions de kilomètres respectivement, une taille en accord avec les prédictions de la relativité générale pour des trous noirs de telles masses.
Pour autant, ces objets sombres et compacts sont-ils vraiment les trous noirs prédits par la théorie de la relativité générale ? Les observations concordent certes très bien avec la théorie, mais la théorie elle-même n'est pas entièrement satisfaisante. En particulier, l'existence d'une singularité au centre des trous noirs est en soi un échec de la relativité à décrire ce lieu, comme c'est le cas dès qu'une théorie physique accouche d'une quantité infinie. La relativité générale est sans doute mise en défaut parce qu'elle ne prend pas en compte les effets quantiques à l'échelle microscopique.
Nous proposons dans cet article l'un de ces scénarios, où des effets liés à l'énergie du vide quantique pourraient empêcher la formation d'un horizon, et donc d'un trou noir, lors de l'effondrement gravitationnel d'une étoile. À la place, un objet que nous avons nommé étoile noire pourrait voir le jour.
Vue de l'extérieur, une étoile noire ressemblerait beaucoup à un trou noir, à la différence qu'elle ne serait pas dissimulée derrière un horizon des événements, ce qui supprimerait bien des aspects paradoxaux des trous noirs.
La théorie quantique des champs considère chaque type de particule fondamentale (électrons, photons, quarks, etc.) comme un champ qui remplit l'espace, à la manière du champ électromagnétique. Les équations de la théorie quantique des champs sont généralement établies dans un espace-temps sans courbure, c'est-à-dire en l'absence de gravité. La gravitation semi-classique formule au contraire la théorie quantique des champs dans un espace courbe. En termes généraux, l'idée de la gravitation semi-classique est de combiner l'influence des champs quantiques à celle de la matière sur la courbure de l'espace-temps.
Cependant, cette approche se trouve immédiatement confrontée à un problème de taille : le calcul direct de l'énergie du vide des champs quantiques (l'énergie minimale, lorsque l'espace est vide de toute particule, encore appelée énergie au « point zéro ») donne un résultat infini.
En fait, ce problème se manifeste aussi en théorie quantique des champs ordinaire (c'est-à-dire dans un espace sans courbure). Heureusement, en l'absence de gravité, seules les différences d'énergies entre les états des particules importent, et la valeur de 'énergie du vide ne joue aucun rôle. Des techniques dites de renormalisation règlent le problème des infinis.
Mais lorsque la gravité entre en scène, on ne peut plus négliger l'énergie du vide.
La gravité semi-classique n'essaie pas de répondre à cette question. On se contente de supposer que, quelle que soit la réponse, la contribution de l'énergie du vide à la densité d'énergie dans un espace-temps plat est exactement compensée de façon à être nulle. Cette hypothèse donne un vide semi-classique autocohérent : la densité d'énergie du vide vaut zéro partout, auquel cas la relativité générale prédit un espace-temps plat.
Les calculs habituels induisent un effondrement très rapide, de l'ordre du temps de chute libre du matériau de la surface de l'étoile jusqu'à son centre. Nous avons découvert que si on suppose un effondrement plus lent – où les particules formant l'étoile, plutôt que de tomber en chute libre, seraient fortement déviées –, les effets quantiques peuvent conduire à la création d'un nouveau type d'objet ultracompact dépourvu d'horizon des événements.
Mais nous savons qu'en réalité, les grands nuages de matière quasi homogènes qui ont émergé du Big Bang ne se sont pas effondrés en chute libre pour former des trous noirs : ils se sont effondrés en structures successives de plus en plus compactes.
Ainsi, grâce aux lois de la mécanique quantique, la matière semble toujours trouver de nouveaux moyens pour retarder l'effondrement gravitationnel. Bien que chacune des configurations stables puisse toujours être rendue instable en ajoutant suffisamment de matière, chaque processus qui retarde l'effondrement offre du temps pour que le tenseur énergie-impulsion renormalisé du vide quantique devienne significatif. Celui-ci pourrait prendre le relais de la matière pour contrebalancer l'attraction gravitationnelle, et du fait que sa force répulsive peut augmenter sans limite, il pourrait mettre un terme définitif à l'effondrement de la matière en un trou noir.
Étant donné qu'elle n'a pas d'horizon, une étoile noire ne peut pas piéger de l'information. Au lieu de cela, les particules émises et tout ce qui reste de matière dans l'étoile noire portent toute l'information initiale. La théorie quantique actuelle suffirait à décrire le processus de formation et d'évaporation de ces objets.
- Energies renouvelables, p68
C'est le plan B de Lester R. Brown qui semble devoir se réaliser...
D'ici 20 ans, en combinant les énergies éolienne, hydraulique et solaire, on pourrait remplacer les énergies fossiles qui s'épuisent et produisent des gaz à effet de serre. On couvrirait ainsi la totalité des besoins énergétiques de la planète.
Les meilleures solutions sont les énergies éolienne, solaire, géothermique, marine et hydraulique. L'énergie nucléaire, le charbon avec recapture et stockage du dioxyde de carbone émis, et l'éthanol apparaissaient comme des solutions moins intéressantes, de même que le pétrole et le gaz naturel.
L'énergie nucléaire produit 25 pour cent de gaz à effet de serre de plus que l'énergie éolienne, si l'on tient compte de la construction des réacteurs, de l'enrichissement et du transport de l'uranium.
Notre plan prévoit des millions de turbines actionnées par le vent et par l'eau et des dizaines de milliers d'installations solaires. Bien que ces nombres paraissent gigantesques, ils ne sont pas hors d'atteinte.
Aujourd'hui, la puissance électrique maximale consommée dans le monde à n'importe quel moment (puissance instantanée) est d'environ 12,5 milliards de kilowatts (12,5 térawatts).
Même si la demande croissait jusqu'à 16,9 térawatts, les sources eau-vent-soleil fourniraient bien plus d'énergie. Les études que nous avons réalisées et celles d'autres chercheurs indiquent que l'énergie potentielle du vent, à l'échelle mondiale, représente à elle seule 1 700 térawatts, et l'énergie solaire 6 500 térawatts.
À l'évidence, il existe suffisamment d'énergies renouvelables disponibles pour couvrir les besoins de la planète. Mais comment fournir les 11,5 térawatts dont le monde aura besoin en 2030 ? Notre scénario propose d'allier les techniques, en insistant sur l'éolien et le solaire et en supposant que neuf pour cent de la demande pourraient être couverts par l'eau. Le vent apporterait 51 pour cent de la demande, au moyen de 3,8 millions d'éoliennes de cinq mégawatts chacune. Bien que ce nombre puisse paraître considérable, il faut rappeler que l'industrie automobile fabrique 73 millions de véhicules chaque année. L'énergie photovoltaïque et les centrales solaires fourniraient 40 pour cent des besoins mondiaux : 30 pour cent du photovoltaïque proviendraient de panneaux solaires installés sur les toits des maisons, des immeubles et des locaux d'entreprises. Quelque 89 000 unités solaires de 300 mégawatts en moyenne chacune seraient également nécessaires. À cela s'ajoutent 900 stations hydroélectriques, dont 70 pour cent sont déjà en place.
Le prix de la construction globale d'un système eau-vent-soleil serait de l'ordre de 70 000 milliards d'euros sur 20 ans.
Sur le même sujet, voir plus bas, La Recherche.
- Libre arbitre et mécanique quantique, p96
Il y a un délire mathématique qui va bien au-delà des modèles financiers. Ici, c'est la réfutation d'une possible fonction de tout l'univers, réfutation déjà initiée par les théories du Chaos (voir ci-après), qui prétend fonder un libre-arbitre absurde qui n'a rien à voir avec notre liberté qui dépend de notre savoir et de notre ignorance. Le véritable intérêt de l'article est de montrer que l'indétermination quantique ne tient pas aux probabilités mais au contexte (c'est un peu la même chose que de passer de statistiques économiques à l'organisation sociale sous-jacente).
Selon J. Conway et S. Kochen, une entité dispose de libre arbitre à l'instant t si son état ne peut pas être décrit comme résultat de l'application d'une fonction, au sens mathématique, portant sur l'état de l'Univers avant l'instant t. Ce libre arbitre, qui n'a rien à voir avec les probabilités puisqu'il affirme juste la non-existence d'une certaine fonction, est un indéterminisme logique (ou si l'on veut préciser, fonctionnel).
Cet indéterminisme est l'impossibilité logique qu'il existe certaines fonctions reliant les états de l'Univers, impossibilité qui signifie que d'instant en instant l'Univers n'est pas contraint par son passé, mais libre de son évolution.
L'utilisation du concept de libre arbitre peut choquer, mais nous verrons qu'en prenant le terme libre arbitre dans le sens donné par J. Conway et S. Kochen, l'expression est bien choisie : elle force à repenser l'indéterminisme de la mécanique quantique sans l'associer à des probabilités, ce qui en éclaircit le sens et la portée.
Le type de liberté des particules jumelles, et plus généralement l'intrication quantique, montrent que quelque chose de très différent de l'aléatoire classique des probabilités joue ici. (...) Dans l'état actuel des connaissances, il est certainement au-delà de nos capacités de compréhension d'établir un lien entre les décisions libres des particules et celles des humains, mais l'aléatoire de la théorie de probabilités ne rend compte ni du libre arbitre des humains ni de celui des particules. »
L'indéterminisme de la mécanique quantique est bien plus subtil et profond que celui décrit par les probabilités et c'est ce que le théorème du libre arbitre montre de manière flagrante, changeant sans doute profondément les analyses qu'on fera à partir de maintenant de la mécanique quantique.
La Recherche no 436, Energies renouvelables
- Le monde quantique est soumis au chaos, p14
Voilà qui confirme l'impossibilité d'une équation de l'univers, même si cela n'a rien à voir avec le "libre-arbitre" comme le prétend J. Conway (voir plus haut). Le caractère non-linéaire des phénomènes chaotiques sensibles aux conditions initiales n'est guère compatible avec l'équation de Schrödinger qui est complètement linéaire et ne s'applique telle quelle qu'à des interactions simples sans doute, son caractère probabiliste pouvant découler justement de l'impossibilité de prendre en compte ses composantes chaotiques. Il semble bien pourtant qu'on supposait déjà un régime chaotique à l'échelle de Planck où les fluctuations du vide sont les plus importantes, inversement proportionnelles à la durée, la stabilité n'apparaissant qu'à l'échelle nanométrique. Dans cet article relativement anodin, c'est le spin d'atomes de césium qui entre dans un régime chaotique après leur collision, prouvant que le monde quantique connaît bien des phénomènes chaotiques non pris en charge par la fonction d'onde.
A noter aussi que lorsqu'un anneau métallique est inférieur au micromètre, un courant électrique s'y propage indéfiniment (ce qui pourrait déboucher sur d'autres types de supraconducteurs?).
- Les promesses des énergies renouvelables, p39
Il n’y a plus de doute, les énergies renouvelables sont enfin entrées dans l’ère industrielle. Mais elles ne répondront pas, à elles seules, à tous les problèmes.
Depuis 2005, le marché du photovoltaïque croît de façon exponentielle : de 40% à 50% chaque année. Et la puissance photovoltaïque installée dans le monde a plus que doublé en 2008 par rapport à l'année précédente, passant de 2,65 milliards à 5,8 milliards de watts-crête.
On nous promet que d'ici 6 ou 7 ans, les coûts de l'électricité photovoltaïque seront concurrentiels avec les énergies actuelles. La fin du pétrole n'est donc même pas le temps de l'énergie chère sauf une courte transition.
- L'énergie éolienne est-elle vraiment "verte" ?, p45
Le problème de l'éolien, c'est la variabilité de la production d'électricité et son stockage qui obligent la plupart du temps à se coupler avec des centrales utilisant des hydrocarbures mais l'interconnexion des réseaux au niveau européen réduirait largement cette variabilité, le stockage sur le réseau étant le plus écologique par rapports aux systèmes actuels (tant qu'on ne dispose pas des supercondensateurs annoncés pour bientôt).
La variabilité de la production d'électricité d'origine éolienne est donc bien moindre à l'échelle nationale, et encore plus faible au niveau européen. De plus, on peut actuellement prévoir cette production avec précision 24 heures à l'avance.
En fin de compte, la solution la plus prometteuse pour "verdir" les éoliennes reste l'adaptation des réseaux à une proportion importante de production électrique variable. De toute façon, elle sera nécessaire pour affronter l'accroissement de la part des énergies renouvelables dans la production électrique.
Dans l'interview d'après, Arthouros Zervos suggère de se servir à l'avenir des voitures électriques pour le stockage de l'électricité :
A terme, si un parc de plusieurs millions de voitures électrique voyait le jour, il pourrait être utilisé comme un moyen de stockage décentralisé par un réseau intelligent. C'est une perspective encore lointaine, mais qui mérite réflexion.
Voir aussi le développement des réseaux intelligents.
- Le monde va trop vite pour l'enfant autiste, p56
Article étonnant qui prétend que l'autisme serait dû à la perception d'une trop grande rapidité du monde pour le décoder, ce qui semble étrange étant donné la rapidité de calcul de certains autistes "Asperger" mais que plusieurs signes corroborent comme la focalisation sur les détails et la mémoire spatiale accrue.
Un autiste a raconté qu'il lui était difficile de regarder les yeux de quelqu'un parce qu'ils n'étaient jamais immobiles.
Le changement perpétuel qu'il fallait affronter partout ne me donnait jamais le temps de me préparer (...) L'un des procédés qui me permettait de ralentir le monde consistait soit à cligner des yeux, soit encore à éteindre et à allumer alternativement la lumière rapidement...
En fait, un tel trouble du traitement du flux verbal et son amélioration par un ralentissement de la parole ont déjà été démontrés il y a 30 ans chez certains enfants dysphasiques et dyslexiques. or les troubles du langage des jeunes autistes présentent de nombreux points communs avec ceux de ces enfants.
Les personnes autistes intègreraient difficilement et de manière atypique ces informations dans leur propre corps. incapables d'accorder leur rythme à celui d'un environnement perpétuellement changeant, elles y répondraient souvent avec un temps de latence (...) Pour s'adapter à u monde dans lequel les changements sont trop rapides pour elle, la personne autiste aura logiquement tendance à vouloir le ralentir, voire l'arrêter, ou le fragmenter spatialement en de multiples détails plus faciles à percevoir et à intégrer.
A prendre avec précaution, ne serait-ce que parce qu'on regroupe sous la catégorie d'autisme des tableaux cliniques très différents.
cosmologie, astronomie, physique quantique
La lumière superfluide, selon la prédiction faite par Carusotto et Ciuti dès 2004, serait en mesure de traverser tous ces matériaux sans la moindre difficulté: les photons qui la composent auraient des interactions tellement fortes que la lumière elle-même commencerait à se comporter comme un vrai fluide. Un état similaire à celui d'autres "super" comme l'hélium superfluide, qui de liquide normal -comme l'eau- se transforme en un superfluide capable de s'écouler sans aucun frottement.
Une lumière capable de traverser un matériel, sans être altérée, peut apporter d'énormes bénéfices dans le développement des fibres optiques (qui ont valu à leur inventeur, Charles Kao, le prix Nobel de Physique 2009). Elle pourrait permettre non seulement le transport d'information, comme c'est déjà le cas, mais aussi son élaboration: d'énormes quantités de données pourraient être traitées par voie optique par des puces opto-électroniques, à une vitesse impossible à atteindre pour l'électronique actuelle. De nouvelles puces hyper rapides, mais aussi capables d'économiser beaucoup d'énergie par rapport à aujourd'hui.
- Epais de quelques atomes, un film de cuprate reste supraconducteur
Si une seule des couches est dopée avec du zinc, le phénomène de supraconductivité se manifeste toujours à l’interface, sauf que la température de transition de phase passe de 32 à 18 K. Pour les chercheurs, c’est la preuve qu’une seule couche monoatomique de cuprate est suffisante. Cela devrait aider les théoriciens travaillant sur la supraconductivité à haute température critique. En effet, il est plus facile de résoudre des équations quand elles décrivent un phénomène physique que l’on peut ramener à deux dimensions que lorsqu’il faut impérativement considérer le problème à trois dimensions.
Un autre sous-produit de ces expériences est qu’il devient probable que l’on puisse contrôler au moins en partie l’état supraconducteur d’un cuprate à l’aide de champs électriques. On pourrait donc imaginer dans l’avenir l’existence de composants supraconducteurs modulables aux applications imprévues.
- L'ordinateur quantique hybride
Il y a encore quelques années, l'ordinateur quantique me semblait impossible, comme à la plupart des physiciens, au-delà de la manipulation de quelques qubits, avec de nombreux arguments. Cependant, en combinant des approches différentes pour le stockage et les calculs, le passage à la vitesse supérieure semble désormais à portée de main dès lors qu'on peut convertir leurs états les uns dans les autres.
- Explosion d’un astéroïde en Indonésie
L’explosion d’un astéroïde d’une dizaine de mètres au-dessus de l’Indonésie est là pour nous rappeler que les si les gouvernements des pays riches n’investissent pas plus dans la surveillance du ciel et le recensement de ces objets, la Terre risque d’être frappée par surprise avec toutes les conséquences que cela peut avoir pour l’homme et son écosystème.
Cette explosion est survenue le 8 octobre dans la haute atmosphère à une altitude de 15 à 20 kilomètres. Elle n’a provoqué aucun dégât au sol malgré une puissance équivalente à 3 fois la bombe nucléaire qui avait dévasté Hiroshima en 1945 (environ 50.000 tonnes de TNT).
Aucun télescope terrestre ou spatial n’avait repéré cet astéroïde avant qu’il ne percute l’atmosphère. Or, ce type d’objet est censé entrer en collision avec la Terre une fois par décennie !
A ce jour, très peu d’objets ont été recensés. La NASA estime qu'il y a environ 20.000 astéroïdes et comètes dans notre Système Solaire qui représentent une menace potentielle. Seuls 6000 de ces géocroiseurs au diamètre supérieur à 150 m ont été caractérisés.
Quant aux astéroïdes plus petits, ceux de 10 à moins de 100 mètres de diamètre, leur détection est pour ainsi dire impossible avec les programmes de surveillance actuels. Très peu d’objets de 100 mètres sont catalogués.
Malgré la bonne volonté des agences spatiales, sans un effort financier important évalué à plusieurs milliards de dollars, il n’est pas raisonnable de penser que l’on soit capable de recenser tous les objets de 20 m potentiellement dangereux.
Un autre astéroïde de 7m a "frôlé" la Terre !
- Mars Direct 1 : première station humaine sur Mars en 2020
Inscrit dans la continuité du projet européen, Euro-Mars, Mars Direct 1 pourrait être envoyée vers la planète rouge en 2020.
Chaque partie gonflable correspond à :
- Un sas par lequel les spationautes communiquent avec l'extérieur
- Une serre pour procéder à des expériences
- Un laboratoire où les scientifiques pourront réaliser directement les premières analyses des échantillons récoltés sur place
Un garage est également prévu dans ce projet Mars Direct 1. Des quads serviront à la mobilité des spationautes sur Mars.
ClimatClimat, écologie, énergies
Alors que les incertitudes sont si grandes et que certains croient bon de nier le réchauffement, voire prétendent qu'on va vers une glaciation, nous serions partis pour un réchauffement de 6°C à la fin du siècle, ce qui est au-delà des scénarios les plus catastrophistes et signifierait plus de 10°C à notre latitude ! Bien sûr, cela ne serait pas l'extinction de l'espèce humaine puisqu'il y a déjà eu 6°C de plus en Antarctique il y a 128000 ans, mais quand même, il est vraiment irresponsable d'en minimiser les conséquences, d'autant qu'on aurait les moyens techniques de passer rapidement aux renouvelables et que le peak oil n'est plus très loin.
- Polémique sur la courbe en cross de hockey
On le sait depuis longtemps, la fameuse courbe en cross de kockey est fausse (je l'ai souligné plus d'une fois et répété en octobre). Il est incompréhensible que le GIEC la reproduise encore avec un retour de bâton considérable sur la réalité d'un réchauffement pourtant indubitable même s'il y a de très nombreuses incertitudes. En tout cas la certitude qu'il n'y aurait pas de réchauffement est encore plus fautive et complètement irresponsable étant donnés les risques. Aucune autre solution que de continuer les recherches...
Voir une présentation détaillée des mails.
- Une éruption volcanique inconnue responsable du refroidissement de 1809
En appliquant une nouvelle technique analytique très originale sur les retombées de sulfate d'origine volcanique dans les précipitations de neige en Antarctique et au Groenland, une équipe franco-américaine vient de démontrer que les basses températures de la décennie la plus froide des derniers 500 ans (1810-1819) résultaient de la succession, à quelques années d'intervalle, de deux éruptions volcaniques majeures.
Une partie de ce refroidissement a été attribué à l'énorme éruption du volcan Tambora en Indonésie, en 1815. De telles éruptions cataclysmiques refroidissent en effet la planète car elles déversent d'importantes quantités de poussières et surtout de dioxyde de soufre dans la stratosphère (au-dessus de 15 km d'altitude).
Cependant, si ce mécanisme permettait de justifier le coup de froid entre 1815 et 1819 par l'éruption du Tambora, il restait à expliquer le refroidissement terrestre observé à partir de 1810.
Au sein des couches de glace datant de 1809-1810, ils ont observé une anomalie particulière dans les rapports de concentration entre ces isotopes. Or cette forme d'anomalie isotopique sur le soufre du sulfate ne peut résulter que de réactions chimiques se produisant au sein de la stratosphère après une éruption volcanique. Ils ont ainsi pu démontrer qu'une éruption volcanique cataclysmique, inconnue à ce jour, s'est produite au début de l'année 1809, probablement au niveau des Tropiques, et qu'elle a affecté le climat de manière globale.
- Le dernier âge glaciaire est arrivé en 6 mois seulement !
Il y a 13 000 ans, il n'aurait fallu que quelques mois pour que l'Europe se couvre de glace !
- Une centrale osmotique ouvre en Norvège
Le premier prototype de centrale osmotique a été inauguré le 24 novembre 2009 en Norvège. Il exploitera le principe de la pression osmotique pour produire une énergie sans carbone et renouvelable en mélangeant de l’eau douce et de l’eau de mer.
En gros, l’osmose permet de « pomper » l’eau sans énergie pour remplir un barrage hydroélectrique.
La compagnie Statkraft a investi 100 millions de couronnes norvégiennes (120 millions d’euros) et construit ce prototype de centrale à Tofte, au sud-ouest d’Oslo.
Le prototype, d’une puissance de 10 kilowatts, testera la technologie et aidera à développer des membranes plus performantes pour produire une énergie propre et renouvelable compétitive. Les membranes actuelles ont un rendement inférieur à 1 watt / m² mais elles seront remplacées par d’autres au rendement de 2 à 3 W. L’objectif est d’aboutir à un rendement de 5 W. En 2015, une centrale opérationnelle de 25 MW devrait être construite. Pour chaque mégawatt, elle consommera un mètre cube d’eau douce et deux mètres cubes d’eau salée par seconde.
- Se servir du CO2 pour la géothermie
La centrale géothermique de Soultz-sous-Forêts en Alsace, en France, utilise des pompes à eau dans la roche fracturée pour extraire la chaleur et donc générer de l'électricité. Les ingénieurs cherchent à prouver que de telles centrales géothermiques pourraient générer 50 pour cent plus de chaleur par injection de dioxyde de carbone sous terre à la place.
Voir aussi Futura-Sciences.
On parle souvent de la pollution des voitures, mais moins de celles des grands navires. Les statistiques montrent pourtant que seulement 16 des plus grands navires dans le monde dégagent la même pollution au souffre que la totalité des voitures dans le monde ! La raison qui justifie cette statistique est l'utilisation par les moteurs de ces navires de fioul lourd. Ce carburant est très épais et visqueux car peu raffiné. Les plus grands de ces vaisseaux peuvent libérer 5000 tonnes de souffre par an.
On estime que 100 000 navires marchands sont en circulation dans les océans et cette part s'accroît chaque année avec les échanges mondiaux. Ce que dégage la combustion de ce carburant est très toxique pour la santé. Un expert de l'université de Delaware estime que cela provoque 64 000 morts (87 000 en 2012) par an dont 27 000 en Europe.
- L'uranium aussi pourrait venir à manquer...
Ce n'est pas nouveau, on sait que le nucléaire ne peut pas être la solution.
- Les Russes prêts au stockage sur orbite des déchets nucléaires
La Russie possède les technologies nécessaires au stockage sur orbite des matières irradiées et des déchets nucléaires, a estimé lundi dans un entretien à RIA Novosti Igor Khamits, chef du secteur projets du Groupe russe de constructions spatiales RKK Energia.
"Il n'y a là aucun problème technologique. On peut mettre ces matières sur orbite pour une centaine d'année, c'est faisable mais cela coûte cher", a indiqué l'expert.
Selon lui, "on peut choisir une orbite et l'utiliser exclusivement à cette fin".
Cela paraît bien fou...
Biologieévolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie
- De l'ARN formé spontanément dans l'eau à l'origine de la vie terrestre ?
L'adénosine monophosphate cyclique (3,5-cAMP) et la guanosine monophosphate cyclique (3,5-cGMP) sont des nucléotides cycliques très similaires à deux des quatre molécules portant l'information dans l’ADN et l’ARN, et qui sont elles aussi des nucléotides. Les chercheurs italiens ont chauffé un simple mélange de 3,5-cAMP et 3,5-cGMP dans de l’eau à des températures comprises entre 40°C et 90°C pour voir ce qui pouvait se passer.
Dans ces conditions de température rappelant celles qui régnaient peut-être dans les océans primitifs de l’archéen, ils ont alors vu apparaître au bout d’une durée de 200 heures environ des molécules d’ARN composées de 100 nucléotides ! Cette longueur est faible en comparaison d'un ARN messager actuel et les molécules ainsi formées ne portent que deux des quatre lettres que nous connaissons (le A de adénosine et le G de guanine). Il manque donc le C de cytosine et le U de uracile (remplacé par la thymine dans l'ADN).
On a eu confirmation aussi que les bases de l'ARN peuvent venir de l'espace. Par ailleurs, il semble de plus en plus probable que les traces controversées d'une météorite venant de Mars seraient d'origine biologique, et donc qu'il y aurait (eu?) de la vie sur Mars !
- Vidéo d'une protéine en action
C'est la protéine Rho des bactéries E. Coli qui produit des protéines à partir de l'ARN qu'elle "lit".
- La plus simple des bactéries étonnement complexe
La bactérie Mycoplasma pneumoniae n'a que 689 gènes mais avec seulement 8 gènes "switches'' elle fait preuve d'une étonnante adaptabilité.
Si en filtrant l’eau de mer, ils peuvent consommer des larves de méduse, jamais il n’avait été imaginé qu’ils puissent s’attaquer à une méduse adulte. Jusque-là, seuls les poissons, les tortues marines et les oiseaux de mer étaient connus pour se nourrir à l’occasion de méduses.
- Un parasite à la place de la langue d'un poisson
Ce parasite quasiment unique en son genre a une tactique des plus repoussantes. Il n'affecte cependant que les poissons.
Il s'agit d'un petit crustacé qui s'attaque à un poisson nommé Vivaneau Rose en passant par les branchies. Il se fixe ensuite à la base de la langue du poisson et va boire le sang de sa proie. Sa langue va alors s'atrophier progressivement, tomber mais le parasite va rester. Il va définitivement prendre la place de la langue en se nourrissant du mucus du poisson.
La petite chèvre Myotragus balearicus a vécu sur les îles Baléares, en Méditerranée, jusqu’à l’arrivée d’Homo sapiens. Ce modeste caprin présente une caractéristique unique chez les mammifères : du sang froid !
Longtemps, les scientifiques se sont demandés comment un mammifère, au métabolisme gourmand en énergie, avait pu survivre sur des îles aussi pauvres que celles des Baléares. Certes, pour réduire ses dépenses énergétiques la taille de Myotragus balearicus s’était réduite (45 cm de haut chez l’adulte), ainsi que celle de ses yeux (un tiers de leur taille initiale) et même celle de leur cerveau, qui n’avait que la moitié de la taille de celui des espèces de dimensions équivalentes.
Myotragus balearicus est allé plus loin en adoptant le métabolisme des reptiles, plus flexible et plus adapté aux milieux pauvres en énergie. Tandis que chez les endothermes (à sang chaud), l’organisme a besoin d’un minimum d’énergie en continu, chez les organismes à sang froid, les ectothermes, la croissance et le métabolisme s’adaptent à la disponibilité des ressources énergétique (chaleur, nourriture). En conséquence, la croissance des os alterne entre des phases d’accroissement et des pauses qui se traduisent par des stries de croissance parallèles dans les os.
Selon eux et d’après les caractéristiques squelettiques, Myotragus balearicus ne pouvait pas sauter, devait se déplacer lentement et prendre régulièrement des bains de soleil.
Ce mode de vie indolent fut possible pour cette chèvre naine car elle n’a eu aucun prédateur pendant les cinq millions d’années qu’elle a passées sur ces îles. Puis, l’homme a débarqué il y a 3.000 ans…
- La disparition des mammouths ne serait pas due à l'homme ?
Ils ont découvert que les populations de ces bêtes énormes, désignées par le nom de mégafaune, ont commencé à décliner plus de mille ans avant l'émergence du peuplement Clovis, du nom d’un célèbre site archéologique dans lequel ont été retrouvés des outils préhistoriques vieux d'environ 11 500–13 500 ans. Et 1000 également avant les changements à grande échelle observés dans la flore et l'augmentation des incendies.
Ainsi, ce ne sont pas les chasseurs du peuplement Clovis ou des changements de l'environnement qui ont conduit au déclin de la mégafaune en Amérique du Nord comme on le pensait auparavant, mais c’est au contraire la lente extinction de cette mégafaune entre 14 800 et 13 700 ans qui aurait entrainé les modifications de la végétation. Avec leur disparition les feuillus ont pu prospérer, n’étant plus goulument ingurgités. Peu après, l'accumulation de débris de bois a entraîné une augmentation spectaculaire de la prévalence des incendies de forêt.
On ne peut exclure cependant que l'arrivée des hommes ait accéléré leur disparition la chasse par le feu précipitant les animaux des falaises étant attestée ainsi que la disparition des grands animaux partout où l'homme s'est implanté.
- La Révolution Russe à cause de la reine Victoria ?
C'est juste pour rire mais la chaîne de causes est amusante que vient de révéler une étude génétique de l'héritier des Romanov qui était porteur d'une mutation responsable de son hémophilie et qui viendrait de la reine Victoria par sa petite-fille. Or, c'est à cause de cette hémophilie que Raspoutine a été appelé, participant à déconsidérer le pouvoir autocratique...
Comme on le soupçonnait déjà, toutes ces données confirment la version selon laquelle la mutation d'un gène - en l'occurrence, le F9 - s'est produite chez la souveraine britannique Victoria. Au sein de sa descendance, les hommes peuvent souffrir d'hémophilie, les femmes n'étant que les "conductrices" de cette affection récessive. Dans le cas des Romanov, la "conductrice" de cette maladie a été l'épouse du dernier tsar, Alix de Hesse-Darmstadt, petite-fille de la reine Victoria.
Rappelons que c'est pour combattre le mal dont souffrait son fils que la tsarine (devenue impératrice sous le nom d'Alexandra Fiodorovna Romanova) avait fait appel au "guérisseur" Raspoutine, dont les agissements avaient largement contribué à discréditer l'idée de la monarchie en Russie.
Santégénétique, traitements, nutrition, hygiène
- Effet indirect des nanoparticules sur l'ADN
Charles Case et ses collègues ont mesuré l'effet de particules à base de cobalt et de chrome sur des cellules cibles (humaines), protégées par une membrane biologique constituée d'autres cellules. Cette barrière empêche le passage des particules de tailles nano ou micro (mille fois plus gros). Elle est censée modéliser, in vitro, des barrières naturelles comme celle du placenta ou la barrière sang/cerveau. Pourtant, malgré cette protection, les chercheurs ont bien identifié des lésions sur l'ADN à l'intérieur des cellules cibles.
Les chercheurs n'ont pas complètement déterminé le mécanisme mais ont identifié des cascades de réactions liées à ce phénomène. Le stress subit par les premières cellules de la barrière se répercute aux voisines jusqu'à l'émission d'une molécule, l'ATP, le carburant des cellules. C'est cet ATP, d'habitude bénéfique, qui en pénétrant dans les cellules pourtant protégées causerait des lésions sur l'ADN.
Un tel effet indirect est nouveau dans le domaine des nanotechnologies. Il est cependant connu pour décrire l'action de rayonnements ionisants qui affecte des cellules sans que celles-ci soit directement irradiées.
Les chercheurs eux-mêmes se gardent bien de toute extrapolation. Un effet biologique in vitro ne garantit pas son observation in vivo. Les cellules en situation réelle peuvent développer des modes de régulation qui annihilent cet effet. "Il est aujourd'hui purement spéculatif d'extrapoler ces observations au vivant. Comme ils le précisent, les auteurs ne prétendent pas que ce modèle représente une réplique du placenta humain".
Voir aussi Futura-Sciences.
- Les cellules souches peuvent être nuisibles
L'utilisation de cellules souche dans le domaine de la médecine régénérative n'est pas toujours bénéfique pour la santé humaine, et peut même s'avérer préjudiciable, d'après ce qu'a démontré un travail réalisé dans les universités de Grenade et de León. Les scientifiques ont démontré que la greffe de cellules mononucléaires humaines tirées du sang du cordon ombilical a un effet nocif sur les rats présentant une cirrhose hépatique.
Des résultats précédents, et d'autres en cours de publication, suggèrent que les deux premières protéines (la clusterine et CR1) interviennent, avec l'apoE, dans l'élimination du peptide bêta-amyloïde (PICALM est quant à elle impliquée dans le fonctionnement des synapses, les connexions entre neurones). Or, selon l'explication la plus commune de la maladie, l'accumulation du peptide bêta-amyloïde provoque l'une des lésions cérébrales caractéristiques : les plaques séniles. La forme tardive d'Alzheimer serait ainsi associée à une élimination insuffisante de cette molécule du cerveau, tandis que les formes héréditaires, plus précoces, seraient liées à sa surproduction.
- Les vertus anti-inflammatoires de l'huile de poisson
Des chercheurs de Boston, Londres et Los Angeles ont élucidé un mécanisme par lequel l'organisme combat les inflammations.
L'un des protagonistes de ce mécanisme est une molécule lipidique, la résolvine D2, que le corps synthétise à partir d'un acide gras oméga-3 dont les huiles de poisson sont particulièrement riches. Les résolvines et des molécules apparentées, les lipoxines, constituent une nouvelle famille de molécules impliquées dans la résorption de l'inflammation.
D'autre part, injectée dans une souris chez qui on a induit une septicémie bactérienne, la résolvine D2 diminue le nombre de bactéries présentes dans l'organisme en stimulant leur phagocytose par les macrophages, et réduit de façon spectaculaire la présence des médiateurs de l'inflammation.
Aujourd'hui, les traitements anti-inflammatoires présentent parfois certains effets indésirables car s'ils résorbent l'inflammation, ils affaiblissent en même temps le système immunitaire. La résolvine D2 fournira peut-être une alternative préservant les défenses immunitaires.
- Les allergies luttent contre certains cancers
Une publication qui conclut un long travail d'investigations sur de précédentes études vient de donner des nouveaux éléments de preuves comme quoi les allergies auraient un rôle protecteur contre certains types de cancers.
Les symptômes allergiques seraient en effet là pour repousser certaines particules potentiellement cancérigènes pour nos organismes. Il n'est donc pas évident de vouloir supprimer ces manifestations par des médicaments spécifiques. Seul l'asthme ne semble pas avoir d'effet protecteur.
On s'en doutait déjà, on ne peut avoir toutes les maladies à la fois, il y a des options qui s'excluent. On avait vu aussi que les rhumes pouvaient protéger des cancers en s'attaquant en priorité aux celules cancéreuses (tout comme la rougeole ou l'herpès?). Par ailleurs, et de façon plus classique, il se confirme que les rhumes protégeraient (relativement) de la grippe.
- Attaquer le cancer avec le système immunitaire
Il y a différentes stratégies "vaccinales" pour que le système immunitaire attaque les cellules cancéreuses. Cette fois, il s'agit d'implanter un disque en polymère imprégné de cytokines et qui mime l'ADN bactérien, ce qui a produit la régression de tumeurs chez des souris.
- La grossesse contre le cancer du sein
Les hormones produites pendant la grossesse induisent la synthèse d’une protéine qui pourrait bloquer le développement tumoral chez les femmes porteuses d’un cancer du sein. Grossesse et allaitement sont connus pour réduire le risque de ce cancer. Serait-ce là une explication ?
La protéine en question – l’alpha-foeto protéine ou AFP – est produite sous l’impulsion des hormones de la grossesse : œstrogènes, progestérone, gonadotrophines. L’équipe du Pr Herbert Jacobson, à Albany dans l’Etat de New York, a traité des rats – préalablement exposés à des substances carcinogènes – avec ces hormones. Œstrogènes et progestérone, œstrogènes seuls ou gonadotrophines seules ont permis d’obtenir une réduction de 30% à 50% de l’incidence des cancers du sein.
Des chercheurs de l'Université de Grenade ont découvert un gène suicide, dénommé 'gène E', qui induit la mort des cellules tumorales dérivées du cancer du sein, du poumon et du côlon, et en empêche la croissance. L’utilisation de ce nouveau gène pourrait permettre de réduire les puissants médicaments employés actuellement.
Les scientifiques de l'UGR ont utilisé le gène suicide dénommé E du bactériophage phiX174 pour induire la mort des cellules tumorales. Les chercheurs ont étudié diverses techniques dans le but de comprendre le mécanisme d'action du gène E. Leurs résultats indiquent que le gène E induit dans les cellules un phénomène d'apoptose (mort cellulaire programmée), probablement par lésion mitochondriale.
Ils suggèrent également la possibilité de réduire les concentrations d'agents chimiothérapiques utilisés actuellement. Ainsi, dans le cas cancer du poumon, les chercheurs ont obtenu un peu plus de 14% d'inhibition de croissance tumorale et une réduction de cent fois la dose de l'agent Paclitaxel (chimiothérapie) une fois le traitement combiné avec le gène E. Dans le cas du cancer du côlon, les résultats obtenus ont été similaires. Cependant, la donnée la plus importante concerne le cancer du sein, où la dose de l'agent chimiothérapique, la Doxorubicine, a pu être réduite cent fois, obtenant presque 21% d'inhibition de la prolifération tumorale.
- Le gène anti-cancer du rat-taupe
Alors que, à titre de comparaison, une souris ne vit pas plus de quatre ans, Heterocephalus glaber peut frôler la trentaine ! Comme si nous pouvions vivre jusqu'à 600 ans ! Non seulement, l'animal ne montre pas de signes de sénescence mais il est imperméable au cancer !
Le secret de cette résistance réside dans l'hypersensibilité d'un phénomène bien connu des biologistes cellulaires : l'« inhibition de contact ».
Ce mécanisme stoppe la prolifération cellulaire lorsque leur densité devient trop importante, permettant ainsi de réduire l'apparition de cellules cancéreuses au sein d'une masse cellulaire compacte trop stressée. Si elle est connue chez l'homme et la souris, l'inhibition de contact se révèle avoir une acuité sans égal chez le rat-taupe nu. A peine les cellules se touchent-elles que leurs divisions s'arrêtent, ont montré les chercheurs. En allant un peu plus loin, ils ont mis la main sur les deux protéines responsables de cette sensibilité extrême : p27kip1 et p16Ink4a. Selon Andrei Seluanov et ses collaborateurs, leur action combinée confère aux cellules du rat-taupe une inhibition de contact en deux temps largement plus efficace que celles de la souris ou de l'homme qui ne s'appuient que sur p27kip1.
- 7 voies étonnantes de recherche contre le cancer
1- Explosion au Laser
2- Laser sur cible dorée
3- Patch de diamant
4- Le nanorobot détecteur de tumeurs
5- Un agent secret nommé bactérie
6- Prévention génétique
7- Un venin de scorpion radioactif
- Diagnostic minute avec une goutte de sang
L'intérêt de cette puce d'IBM, c'est qu'elle ne comporte aucune partie mécanique fonctionnant uniquement par capillarité dans un microfluide. En déposant une goutte de sang on obtient un diagostic en 15 mn.
- Un vaccin contre la nicotine
GSK (GlaxoSmithKline) vient d'acheter à Nabi Pharmaceuticals le vaccin contre la nicotine qu'ils ont développé (NicVAX). L'efficacité serait de 90% !
- Des transistors biodégradables dans le corps humain
Des chercheurs de l'université de Standford ont mis au point des systèmes électroniques aptes à fonctionner dans une forte humidité... et biodégradables. La découverte ouvre de nombreuses perspectives thérapeutiques, notamment en médecine.
A terme, ce type de système permettrait d'effectuer des décharges programmées de médicaments ou de déclencher une capsule par le biais d'ondes pour délivrer une molécule thérapeutique. Une aide qui pourrait être précieuse dans le cadre de la chirurgie.
- Pendant 23 ans, on le croyait dans le coma, il était en fait paralysé
Après un grave accident de voiture en 1983, Rom Houbens est considéré par les médecins comme «un cas sans espoir». Pendant 23 ans, ce Belge âgé aujourd’hui de 46 ans était, pour son entourage, dans un coma profond.
En 2006, une nouvelle méthode permet des analyses plus poussées. On découvre alors que Rom Houbens était conscient depuis le début, seul son corps était paralysé. «J’ai crié mais on ne pouvait pas m’entendre».
Grâce à un ordinateur, il peut désormais communiquer avec son entourage, même s’il ne quittera probablement jamais l’hôpital. «Je n’oublierai jamais le jour où ils l’ont découvert, ma deuxième naissance», confie l’homme.
Le plus extraordinaire, c'est que cet homme a passé son temps à rêver à une vie meilleure et ne considère pas qu'il vaudrait mieux mourir dans son état !
- L'humanitude pour nos vieux !
Depuis trente ans, la « philosophie de l’Humanitude » montre son efficacité dans l'accompagnement de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Elle repose sur un ensemble de pratiques, de gestes, d'habitudes, de paroles...
Ce qui est effarant, c'est qu'on ait besoin d'en faire une théorie, mais c'est un progrès qu'on se préoccupe des rapports humains dans les rapports de soins, comme Dolto avait changé le rapport aux nourrissons ! C'est un progrès aussi qu'on ne parle pas "d'amour" mais de paroles, de gestes, de respect.
Technologiebiotechnologies, énergie, nanotechnologies, robotique, informatique
Une étape importante pour l'utilisation de nanotubes comme filins et comme fils électriques, avec sans doute moins de danger pour la santé ?
- Des transistors à base de nanotubes en production de masse
Une technique de fabrication simple permet de produire de façon efficace et rentable des transistors à base de nanotubes de carbone opérationnels au moins pour les écrans.
Voir dossier nanotechnologies.
- Solaire imprimé, efficacité 10% mais 1$/Watt
Les cellules solaires (en haut) ont été imprimés par des rouleaux avec de l'encre contenant des nanocristaux semi-conducteurs inorganiques (en bas). Les cellules ont été imprimées sur une feuille métallique souple qui sera recouverte d'une plaque de verre.
- Des cellules photovoltaïques en 3D
Des cellules photovoltaïques à base de sphères (ou de gouttes) permettent de mieux capter la lumière sans avoir à changer l'orientation des capteurs.
Il ne suffisait pas d'y penser. Au fil de la journée ou des mouvements de son support, une surface courbe récupère mieux l'énergie solaire qu'un plan. Encore faut-il trouver un moyen de créer des structures de petites tailles aux formes idéales. Une équipe américaine vient de le réussir en s'aidant... de gouttes d'eau.
Le circuit (un semi-conducteur avec une partie dopée positivement, p+, et une partie dopée négativement, n+) est gravé sur une galette de silicium (SOI wafer), par les techniques classiques de lithogravure, avec ses contacts électriques (Cr/Au, chrome et or). Très fin (ici 2 microns), le composant obtenu est dégagé par une attaque chimique (Etch undercuts), un procédé classique lui aussi, et on dépose une goutte d'eau. L'origami se referme alors comme prévu, en une sphère. En bas, le résultat. Des électrodes sont soudées et les courbes montrent l'intensité obtenue (mAmpères/cm2) en fonction de la tension (voltage). Le résultat est amélioré par la présence d'un réflecteur, sorte de cuvette réfléchissante dans laquelle on dépose cette sphère.
- Produire du carburant avec du soleil, du CO2 et de l'eau
On avait déjà parlé de cette piste qui prend forme même s'il y a encore des progrès à faire.
Ce prototype, connu sous le nom de "CR5", a été conçu par des chercheurs de Sandia afin de convertir le dioxyde de carbone en monoxyde de carbone, ou l'eau en hydrogène, en utilisant l'énergie solaire concentrée. Le monoxyde de carbone et l'hydrogène peuvent être combinées ensuite pour produire du syngas qu'on peut transformer en carburant. Le premier prototype, illustré ci-dessus, a démontré que le processus fonctionne, mais des efforts sont en cours pour le rendre plus efficace.
L'immense avion, réalisé par Bertrand Piccard et son équipe, qui, un jour, devrait réaliser le tour du monde avec zéro carburant, est sorti de son hangar.
Voir vidéo.
Beaucoup de trains électriques sont équipés de systèmes de freinage dynamique. Ce sont des dispositifs qui utilisent les moteurs comme des générateurs afin de ralentir le véhicule. Mitsubishi Denki a développé un système qui permet de stocker l'énergie ainsi libérée, à la fois à bord du train mais également dans des batteries disposées le long de la voie ferrée dont l'alimentation se fait via les caténaires.
Les batteries situées à terre peuvent restituer l'électricité via les caténaires ; celles embarquées à bord du train sont destinées au fonctionnement de celui-ci lorsqu'il circule sur des voies non électrifiées.
Mitsubishi et la compagnie JR East testent actuellement un train électrique, le NE (New Energy) Train, qui peut circuler indifféremment sur des lignes électrifiées ou non. Il est équipé de neuf batteries Li-ion de 600 V et 163 kWh chacune. Sa vitesse maximale est de 100 km/h et son autonomie de 50 km (distance calculée sans compter l'électricité consommée pendant l'arrêt en gare).
JR East étudie également un système qui permettrait de recharger les batteries en gare, même dans les zones où les lignes ne sont pas électrifiées.
Cela évoque les récents bus électriques qui se rechargent aux stations grâce à des supercondensateurs.
- De l'électricité à partir de la chaleur et de la résonance
Cela ressemble aux "cheminées solaires" tirant de l'énergie d'une colonne d'air chaud.
Ce dispositif provient de la recherche actuelle des chercheurs sur de petits réfrigérateurs thermoacoustiques.
Lorsque le dispositif reçoit de la chaleur depuis l'environnement, la chaleur s'accumule jusqu'à un certain « palier ». Ensuite, l'air se déplace dans le dispositif sous l'effet de la chaleur (phénomène de convection).
Cette convection d'air chaud dans le tube excite la fréquence de résonance (voir notre dossier sur la résonance ) de ce dernier et le fait littéralement « chanter » comme une sorte de flute.
Ces ondes sonores vont alors être dirigées vers un dispositif piezo-électrique qui transforme ces ondes de pression (une onde de sonore est une onde de pression) en électricité.
Pour les chercheurs, les dispositifs pourraient être utilisées d'ici deux ans comme alternative aux cellules photovoltaïques afin de convertir l'énergie du soleil en électricité.
Ce dispositif pourrait aussi être employé au refroidissement des ordinateurs portables et autres ordinateurs au fur et à mesure que la puissance croissante de leurs composants fait qu'ils chauffent de plus en plus.
- Nec invente la télécommande sans pile !
Grâce à l'effet piézoélectrique, pas besoin de piles pour cette télécommande, l'électricité étant fournie par les boutons eux-mêmes !
- Baisse de participation pour Wikipédia
Moins de membres actifs. Sur les trois premiers mois de 2009, la version anglaise de Wikipédia a perdu environ 49 000 contributeurs, contre 4 900 sur la même période l'an dernier. Le développement de l'encyclopédie a, semble-t-il, atteint une certain point de maturité : dans les langues les plus répandues, la plupart des sujets potentiels disposent déjà d'une page, ce qui pourrait expliquer le départ d'utilisateurs.
Moins de nouveaux utilisateurs. S'il y a moins de membres actifs, c'est aussi et surtout parce que le nombre de nouveaux éditeurs s'inscrivant sur le site diminue, et les nouveaux inscrits ont tendance à abandonner plus rapidement qu'auparavant. D'après une étude citée par le Wall Street Journal, cela s'explique en partie par la complexité des règles qui régissent aujourd'hui l'encyclopédie : les "nouveaux" enfreignent souvent des règles sans le savoir, et voient ainsi leur travail effacé.
L'encyclopédie évolue moins vite aujourd'hui qu'il y a trois ans, mais la croissance de son audience se poursuit à un rythme soutenu. D'après l'institut Comscore, l'ensemble des sites de la Fondation Wikipédia ont attiré en mars dernier 327 millions de visiteurs uniques, contre 301 millions le mois précédent et 272 millions six mois avant.
Je confirme que depuis sa normalisation, participer à Wikipédia devient bien plus difficile, confronté à l'absurdité de règles contradictoires et stérilisantes (voir la discussion sur la page Hegel).
- Google Chrome OS : la consécration des netbooks
C'est une véritable révolution et la consécration du modèle Google qui déporte programmes et données sur le réseau. Du coup, le démarrage ne prend que 11 secondes (avec l'authentification) mais l'essentiel est bien que le netbook devient un simple terminal, n'ayant besoin que d'une puissance restreinte (et donc accessible aux pays pauvres) en même temps que nos données deviennent accessibles de partout (on peut changer facilement de terminal, téléphone ou pc). Il est amusant de voir le modèle terminal-mainframe qu'on croyait dépassé par le micro-ordinateur revenir sous la forme certes très modifiée du cloud-computing où "l'ordinateur central" est éclaté entre une multitude de serveurs mais où tout se fait à travers le navigateur. Il faudra sans doute que ce nouveau système réintègre les potentialités du stockage et du traitement local mais il pourrait bien y avoir d'ici peu un véritable raz de marée qui signe la fin du modèle Microsoft. Ce n'est en rien une surprise puisque c'est l'aboutissement d'une stratégie commencée depuis longtemps de mise à disposition progressive de tous les outils nécessaires à un simple terminal de réseau et dont toute la puissance ne va se manifester que maintenant, ou plutôt dans 1 an car on n'en est pas encore à l'offre commerciale bien que des sites "pirates" permettent de le télécharger en toute légalité puisqu'il est open source...
Consulter ses courriels, éditer des textes et des tableurs, jouer, écouter de la musique, communiquer via sa messagerie instantanées, stocker des médias… Chrome OS centralise ces applications au sein du navigateur, cœur du système. Le tout est soutenu par la pléthore de services Google déployés ces dernières années en termes de cloud computing. En effet avec l’avènement de Chrome OS, de Google Documents à Google Wave, en passant par Google Agenda et GMail, tous ces services deviennent cohérents.
- Un nouveau protocole pour accélérer internet
Google aimerait accélérer le web avec une méthode plus efficace, et propose à cette fin le protocole SPDY (Speedy!).
L'idée principale est qu'au lieu d'ouvrir quelques connexions pour télécharger un par un les dizaines de fichiers (html, images, css, javascript, ...) qui constituent une page web, on ouvre un unique canal SSL ou tout est transféré sous forme compressée. On gagne ainsi le temps qu'il faudrait pour ouvrir chaque connexion, et les en-têtes sont limités au strict minimum afin que le transfert soit aussi léger que possible. On pourrait ainsi faire baisser le temps de téléchargement des pages jusqu'à 50%.
Par ailleurs, la nouvelle version, un peu plus performante, de Google (Caffeine) arrive ainsi que la traduction sous forme de synthèse vocale mais avec l'acquisition d'Admob et de Teracent, Google promet d'inonder nos téléphones de publicités ! Cette façon d'occuper tout le territoire fait penser au jeu de Go. C'est en tout cas un capitalisme très différent du capitalisme industriel où l'investissement vise à fidéliser l'utilisateur en le rendant dépendant par des services gratuits tout en empêchant des concurrents d'émerger, la concentration du capital servant à élever au maximum la barrière d'entrée, ce qui pourrait avoir un effet désastreux si aucune faute n'était commise laissant sa chance à un challenger improbable.
Payer les sites pour les indexer, ou payer pour qu'ils se retirent d'un moteur de recherche concurrent. La stratégie explosive de Microsoft et News Corp est une attaque directe contre le cœur du modèle économique de Google.
En rémunérant les éditeurs, Microsoft pourrait en effet inciter Google à se montrer lui aussi plus généreux envers les sites d'info. Or, la rentabilité de Google dépend en grande partie du "coût d'acquisition du trafic", c'est-à-dire du pourcentage des recettes publicitaires qu'il reverse aux sites web partenaires.
Inciter Google, en plus de ce partage des recettes, à rémunérer les sites pour les référencer, c'est détruire le modèle qui a fait la réussite du géant. L'efficacité de la stratégie de Microsoft dépendra du nombre d'éditeurs qui suivront l'exemple de News Corp… et du nombre d'internaute qui migreront vers Bing. Deux -très- grosses inconnues qui conditionneront le déclenchement de la guerre du référencement entre les deux moteurs de recherche.
La différence entre brouillage et cryptage est que le premier consiste à brouiller les données selon le principe de l'entropie de Shannon. L'entropie désigne l'incertitude sur les données transmises. Plus l'émetteur inclut de bruits parasites, ici des bits ajoutés, plus l'entropie est grande. Inversement, plus le récepteur reçoit des données plus il est à même de minorer cette entropie pour s'approcher des données originelles. La différence est qu'une donnée brouillée est indiscernable et illisible en temps réel mais pas inviolable une fois isolée, tandis qu'une donnée chiffrée est facilement repérable sur le réseau, mais demande des ressources colossales pour le décodage.
Ce n'est pas un véritable hologramme mais une image virtuelle projetée sur un film plastique avec un angle de 45° par rapport à la salle, pouvant être utilisé pour des conférences à distance, à condition que les prix baissent...
- Une nouvelle interface magnétique
Grâce à la détection des modifications de champs magnétiques on peut détecter de nouvelles actions (écraser, étirer, rouler, frotter, etc.), ce qui pourrait servir à sculpter des objets mais l'intérêt reste sujet à caution...
Dans le même genre douteux, il y a une commande par le souffle...
- Un kit de lecture pour les aveugles
Pour accomplir sa tâche, le système comprend un appareil photo numérique à 5 mégapixels autorisant une distance de 10 à 100 centimètres pour la prise de clichés, un disque dur SSD de 4 gigaoctets dont 2 alloués au stockage des données de l'utilisateur. En théorie, l'Intel Reader est capable de stocker 500.000 pages de texte pur pour une autonomie annoncée de 4 heures en restitution audio du texte.
Il s'annonce vraiment mobile avec ses 16,5 x 13,6 x 3,3 centimètres pour un poids de 650 grammes.
Une plateforme, la Intel Portable Capture Station (station d'aide à la capture des contenus), est prévue pour assister les déficients visuels dans la numérisation de leurs supports papiers.
L'Intel Reader vise en premier lieu l'aide aux personnes handicapées. Ainsi un étudiant dyslexique pourra numériser un document pour mieux le décortiquer en mot à mot ou vocalement. Un aveugle pourra consulter les pages de son journal fraîchement reçu. De la même manière, il n'aura plus à attendre la sortie d'un roman en Braille pour pouvoir en profiter.
- La traduction assistée par les lunettes
Ce système prend la forme d'une paire de lunettes surmontée d'un curieux appendice sur le côté droit. Lequel contient un système de micro-miroirs mobiles qui sont mus par des Mems qui s'occupent de balayer la rétine de l'utilisateur. Un boîtier relié aux lunettes génère l'image par fragments et la transmet par fibre optique.
L'utilisateur a l'impression de voir les images affichées à un mètre de distance sur une surface virtuelle de 41 cm². L'avantage du dispositif par rapport à des lunettes écran de type Vuzix est qu'il n'interfère pas avec l'environnement de l'utilisateur, puisque le tout est translucide.
C'est précisément au niveau de l'infrastructure de traitement et de la génération des applications et données que Nec intervient. Son projet TeleScouter complète les lunettes RID de Brother par des minis systèmes d'acquisition d'image et de son. Les données obtenues sont transmises au boîtier optique des lunettes, lui-même relié sans fil à un serveur de traitement. Ainsi le micro et les caméras sont les yeux et les oreilles de cet ordinateur central. En plus du RID, des écouteurs sont ajoutés aux lunettes.
Au-delà des commandes vocales, le micro peut permettre à une application du serveur de restituer une conversation sous la forme d'un texte, qui une fois traduit peut être affiché sur les lunettes RID.
Voir aussi Numerama.
- Reconstitution d'un film à partir de l'activité du cerveau
Des candidats regardaient d'abord diverses vidéos diffusées sur un écran. Les cerveaux de ces patients étaient analysés au moyen d'une visualisation par scanner IRM. Un programme informatique a ensuite relié les zones du cortex visuel qui s'activaient aux formes, couleurs et mouvements des vidéos qui passaient en même temps et en a tiré des schémas.
Ensuite, les patients regardaient un film et le programme tentait alors de reproduire ce qui se passait sur l'écran rien qu'à partir des zones du cerveau qui s'activaient! L'ordinateur est bien arrivé à reproduire le film même si les images restaient floues et sans détail ; par exemple, on ne pouvait pas reconnaître le visage d'une personne vue dans le film, mais on pouvait distinguer les formes du corps.
- Un panneau numérique adaptable
Ce n'est qu'une ébauche encore d'environnement matériel configurable.
Dans les placards à vêtements, on aura bientôt le choix entre une cravate qui ne se salit jamais, des chaussettes antibactériennes ou un T-shirt qui affiche un message lumineux. Et pour aller skier, ne pas oublier la veste naturellement réchauffante.
Il y a aussi des tissus électroniques et même des combinaisons antifatigue, antichoc, etc.
- Recyclage de l'eau et douche à "phyto-épuration" !
- Un robot pour jouer au ping pong
Comme on le voit sur la vidéo, il est loin d'être au point...
Le numéro 33 d'EcoRev', "Penser l'après capitalisme avec André Gorz" vient de sortir avec Changer de système de production et des articles originaux de René Passet, Yann Moulier-Boutang, Bernard Maris, etc. (cliquer sur l'image pour la présentation).
Pour commander le numéro : http://ecorev.org ou http://www.difpop.com
Sommairep. 2 - éditorial
p. 4 - Classique : Les limites de l’adaptabilité du capitalisme
Ernest Mendel
p. 8 - La sortie du capitalisme a bien commencé
p. 12 - Transformation/révolution/transition revisitées au tranchant de l’écologie politique
Yann Moulier-Boutang
p. 15 - La crise de l'immatériel, la production entre pairs (P2P) et l'économie éthique à venir
Michel Bauwens
p. 20 - Pour une science écologique
Marc Robert
p. 24 - L’après consumérisme
Emmanuel Dessendier & Anita Rozenholc
p. 32 - Autoproduction et numérique
Daniel KapLan/Rémi Sussan
p. 36 - De la transformation des modes de vie. Quartiers populaires et écologie
Elise Lowy
44 - Changer de système de production
Jean Zin
p. 52 - Quelle transformation écologique de l'économie ?
Jérôme Gleizes
p. 58 - Quelques principes d’organisation pour une gouvernance bioéconomique
René Passet
p. 62 - Pensez la question des outils avec André Gorz
Françoise Gollain
p. 68 - Les vraies causes de la récession et les raisons qui la convertiront en dépression
Yves Cochet
p. 72 - Peut-on penser un au-delà du capitalisme ?
Bernard Maris
p. 77 - L’au-delà de la crise financière
Géneviève Azam
p. 82 - André Gorz, "dérangeur" ou constructeur d’une nouvelle utopie éco-socialiste ?
Arno Münster
Un débat sera organisé autour du numéro, sûrement au mois de janvier.
L'atmosphère de fin du monde qui se répand depuis quelque temps (et qui fait la une de Sciences et Avenir) est assez pertinente dans notre situation actuelle, on ne peut plus instable. C'est sûrement la fin d'un monde à laquelle on assiste, avec la reconstruction d'un autre monde, on peut l'espérer, mais un autre scénario catastrophe se dessine pour 2012 (ou 2013) d'une éruption dévastatrice du soleil comme celle du 1er septembre 1859 (il y a tout juste 150 ans) ou celle, encore plus importante sans doute, qui vient de se produire, heureusement pas dans notre direction cette fois... C'est le genre d'événement qu'il n'y a aucun sens à inclure dans une statistique. Selon les statistiques, nous ne devrions pas exister car 4 milliards d'années d'évolution sans catastrophe cosmique est hautement improbable ! Sinon, les nouvelles se concentrent sur le climat qui devient envahissant (malgré ou à cause des incertitudes), tout comme les progrès des énergies renouvelables, donnant le sentiment qu'on vient bien de changer d'ère. Que le soleil refroidisse ou non, nous sommes entré dans l'anthropocène et la géoingénierie désormais, ce qui n'empêche pas la faim dans le monde d'augmenter à nouveau ! (La prochaine revue sera sans doute un peu en retard car je dois participer à CitéPhilo les 28 et 29 novembre).
Pour la Science no 385, Hasard et incertitude
Le hasard est à la mode, ce numéro spécial venant après celui de La Recherche du mois dernier, mais je l'ai trouvé bien décevant alors que le caractère probabiliste de l'univers comme de la vie ou de la pensée analogique est effectivement absolument fondamental (voir l'improbable miracle d'exister). Il est amusant de constater que même les biologistes qui reconnaissent la part de l'aléatoire ont du mal à comprendre que dans le vivant il n'y a pas programmation mécanique du résultat par une succession de causes internes mais orientation à partir du résultat et du milieu, par l'information génétique mémorisée et le renforcement de ce qui marche.
- Du hasard dans l'expression des gènes, p80
Thomas Heams
De nombreux travaux de recherche laissent penser que le génome n'est pas tant le support d'un programme qu'une « boîte à outils ». Face aux contraintes de l'environnement, la cellule y pioche pour « inventer » de nouvelles solutions. L'expression aléatoire des gènes confère alors un avantage : les cellules dont l'expression des gènes est stochastique survivent mieux aux changements des conditions environnementales ; certaines d'entre elles trouveront une solution adaptée au bout d'un certain nombre de cycles d'expression aléatoire, alors que les cellules qui expriment toutes les mêmes gènes risquent d'être condamnées. Ce comportement exploratoire suivi d'une stabilisation est une forme de sélection naturelle cellulaire.
Il me semble que l'expression aléatoire des gènes devrait être couplée à une auto-inhibition au-delà d'une certaine concentration, ce qui permet de produire les éléments les plus utilisés ?
- L'ADN entre hasard et contraintes, p88
Jean-Jacques Kupiec
Loin d'être un programme génétique gouvernant l'organisme, l'adn est un générateur aléatoire de protéines soumis à des contraintes sélectives imposées par son environnement.
Ainsi, dans notre modèle, le fonctionnement de l'adn ne relève ni d'un programme génétique déterministe ni d'un mécanisme d'auto-organisation spontanée de la chromatine. Par sa structure, l'adn est le résultat de l'histoire de l'organisme qui influence son développement immédiat. Il agit comme un générateur aléatoire de protéines, dont la structure détermine les caractéristiques de l'embryogenèse. L'adn est en outre contraint par les « signaux » que la cellule reçoit de son micro-environnement, qui opèrent une sélection, tout comme l'environnement participe à la sélection naturelle des espèces. En d'autres termes, l'expression des gènes est à la fois intrinsèquement probabiliste et soumise à des contraintes sélectives.
Le darwinisme cellulaire ouvre la voie à une nouvelle théorie de l'organisation biologique. En particulier, il éclaire d'un jour nouveau deux processus fondamentaux du vivant : l'évolution des espèces et le développement de l'individu. Bien qu'imbriqués, ces deux processus n'avaient jusqu'alors été expliqués que par des théories distinctes – la sélection naturelle et le programme génétique. Le darwinisme cellulaire considère que ces deux processus ne font plus qu'un. Il consiste à appliquer le darwinisme à l'intérieur des organismes, non plus au niveau de l'adn uniquement, mais aussi à celui du fonctionnement de la cellule.
- Comment prévoir l'imprévisible ?, p124
Christian Gollier
Les économistes élaborent des modèles qui anticipent les conséquences de cataclysmes potentiels et proposent des mesures pour prévenir les conséquences dramatiques de ces événements rares. Aujourd'hui, leurs modèles tiennent compte de la psychologie des citoyens auxquels s'adressent ces modèles. Un progrès notable.
Voilà un article qui se prétend mathématique mais qui est chargé d'idéologie et sujet à la même illusion que les mathématiques financières de croire pouvoir prédire l'avenir y compris les événements exceptionnels et les phénomènes non-linéaires. Il ne suffit pas de critiquer les statistiques trop grossières et de raffiner en tenant mieux compte des écart-types et de la distribution des valeurs ou même des biais subjectifs supposés. Ces modélisations sont sans réelle valeur dés lors qu'elles reposent sur un individualisme méthodologique et l'indépendance de variables qui sont en fait corrélées (De la statistique à l'organisation sociale) mais surtout plus l'évènement est rare et plus la probabilité perd tout sens puisqu'elle ne peut s'appliquer qu'à la loi des grands nombres. Il est impossible de prévoir les cygnes noirs ! Il ne sert à rien de faire semblant car une approche assurantielle n'est pas possible pour un phénomène qui touche tout le monde en même temps ou trop durement, ce que la crise actuelle démontre. Les mathématiques donnent ici une fausse illusion d'intégrer l'inconnu en réduisant le qualitatif au quantitatif.
On pourrait dire que c'est un progrès de prendre en compte l'évaluation subjective des risques s'il n'était pas encore plus stupide de psychologiser ce qui relève d'un phénomène collectif éliminant systématiquement ceux qui ne participent pas à la folie ambiante. La psychologie est ici sélectionnée par le système et ne doit rien aux faiblesses individuelles comme l'aversion au risque ou la peur des regrets. C'est un peu pareil que les anticipations rationnelles qui donnent aux économistes l'impression d'être plus intelligents que tout le monde alors qu'il faut voir là aussi des dispositifs, des processus derrière le fétichisme de l'individu comme du bouc émissaire.
Il ne vaut de relever ces grossières erreurs que parce qu'elles sont communes, de même que l'argument mille fois entendu que l'argent qu'on ne consacrerait pas à la lutte contre le réchauffement pourrait être consacré à autre chose qu'on voudrait être la lutte contre la misère plutôt que le réarmement général ! Cela ne fait que témoigner de l'ignorance de la spécificité des conférences sur le climat et d'une position de surplomb qui est bien celle du mathématicien perdu dans ses abstractions et qui réglerait tous les problèmes du monde par quelques équations bien senties, comme s'il y avait un budget mondial à gérer par un gouvernement mondial, avec une information et une bonne volonté parfaite. L'incertitude sur le climat ne se mesure pas en probabilité alors que c'est simplement qu'on est devenu responsables du climat, qu'il se réchauffe ou se refroidisse, tout comme de nombreuses ressources qu'il faut réguler mondialement tant bien que mal.
Il est tout aussi impossible de se fier à des évaluations coûts-bénéfices, de ce point de vue, étant donnée les incertitudes, il y aura toujours plus urgent que de s'occuper de ce qui arrivera dans 100 ans ! La question n'est pas là mais d'inscrire son action sur une trajectoire. C'est aussi ce qui justifie de favoriser des technologies vertes peu rentables encore afin d'accélérer leur développement.
On voit que le rêve de tout mathématiser est aussi totalitaire que celui des économistes libéraux et nous mène dans les mêmes impasses. On pourrait se demander si ce sont les mathématiques ou l'économie qui sont responsables de cette quantification qui est une déqualification mais c'est bien l'économie qui lui donne ses moyens et nourrit cette normalisation. Les mathématiques, ça sert à n'importe quoi...
Il existe des actions simples qui réduisent les émissions et sont profitables, par exemple le fait de mettre son ordinateur en veille, ou d’éteindre la lumière dans une pièce inoccupée. Au contraire, les énergies éolienne et photovoltaïque coûtent collectivement respectivement autour de 60euros et 1200 euros la tonne de dioxyde de carbone évitée, très loin des 17 euros annoncés en septembre par le président de la République ! La défense de cette politique environnementale au nom du principe de précaution est affligeante. Cet argent pourrait être mieux utilisé ailleurs, par exemple dans la lutte contre le paludisme ou la malnutrition des jeunes enfants en Afrique tropicale. Ces technologies nécessitent encore plusieurs années de recherche et de développement avant d’atteindre la maturité. Tout n’est pas possible. Investir massivement dans la lutte contre l’effet de serre réduit nécessairement les moyens disponibles pour le financement d’autres efforts de prévention et pour la satisfaction des aspirations multiples de nos concitoyens. En reconnaissant nos peurs envers les risques les plus méconnus, le principe de précaution biaise cette hiérarchie en faveur de la prévention de ces derniers au détriment de la prévention des risques les plus faciles à quantifier. Il reste à vérifier que cette adaptation du calcul socioéconomique est compatible avec l’intérêt commun tel qu’il transparaît des nombreuses études expérimentales et des données comportementales disponibles et relatives à l’attitude des individus face au risque et à l’incertain.
- Escroquerie ou jeu risqué ?, p136
Jean-Paul Delahaye
Dans cet article sur la pyramide de Ponzi, Jean-Paul Delahaye montre qu'il n'est pas simple de calculer le montant des pertes de l'escroquerie de Madoff mais donne stupidement crédit à l'assimilation des retraites par répartition à une pyramide de Ponzi alors que ce serait plutôt les retraites par capitalisation qui sont de l'arnaque car impossibles à garantir à si longue échéance ! Cela n'empêche pas qu'il y a un vrai problème de financement des retraites mais qui pourrait se régler facilement si le travail devenait plus épanouissant, conformément à ce que permet le numérique, montrant la supériorité d'un système par répartition qui tient compte des réalités du présent au lieu de placements à long terme qui prétendent décider de l'avenir.
Dans le cas de Madoff, quand on parle de 65 milliards de dollars, il s'agit de l'argent rêvé. L'argent vraiment perdu est bien inférieur. D'après certaines évaluations mentionnées lors de son procès, il serait de l'ordre de 10 milliards de dollars.
Se pose alors la question : n'y a-t-il pas des circonstances particulières où entrer sciemment dans une pyramide de Ponzi est rationnel ? La question a été analysée plusieurs fois, à propos des systèmes d'assurance sociale et des caisses de retraites qu'on a comparés à des pyramides de Ponzi. La comparaison est assez juste, mais n'est pas très grave car la croissance de la population est aussi exponentielle : la pyramide ne s'effondrera pas tant que la croissance de la population se maintiendra.
cosmologie, astronomie, physique quantique
- Modification de la relativité générale
Lorsque le champ de gravitation n’est pas trop important, la courbure de l’espace-temps peut se réduire à l’existence de deux potentiels de gravitation. L’un concerne le temps (il affecte le rythme de l’écoulement du temps mesuré par des horloges) et l’autre l'espace (il définit la forme des règles utilisées pour mesurer des distances).
On peut en tirer une quantité liée au rapport de ces deux courbures, celle de l'espace et celle du temps. La relativité générale prédit un rapport de 1.
En étudiant des effets dits de lentille gravitationnelle faible à l’échelle des amas de galaxies, l’astronome a trouvé que la valeur de ce rapport qui collait le mieux aux observations ne devait pas du tout être égal à un !
L'ajustement de l'inverse du paramètre êta en relation avec les observations effectuées grâce à l'effet de lentille gravitationnelle n'est pas favorable à la valeur 1 de la relativité générale (GR sur ce graphique). La valeur la plus probable est plutôt de 3,5.
La déformation de l'espace ne serait donc pas égale à la déformation du temps. De quoi peut-être se passer d'énergie noire et de matière noire ?
Une apparemment fausse interprétation d'un retard de photons gamma avait fait penser que les rayons gamma très énergétiques pouvaient être ralentis par les fluctuations du vide. C'était une théorie qui me semblait très éclairante mais qui s'avère donc fausse... Le vide est vraiment vide et les ondes se propagent à la même vitesse dans le vide quelque soit leur énergie. Si l'éther est une hypothèse qui revient sans arrêt, c'est qu'une onde dans le vide on ne sait pas ce que c'est (pourquoi onduler au lieu d'aller tout droit ?). Les champs quantiques sont une forme d'éther à constituer l'étoffe de l'univers, sa géométrie, mais leurs propriétés ne sont pas celles de l'éther tel qu'on l'imagine et dont le boson de Higgs semble une nouvelle version.
En 1924, le très influent mathématicien allemand David Hilbert a publié un article intitulé «Les fondements de la physique» dans lequel il décrit un effet secondaire extraordinaire de la théorie d'Einstein sur la relativité.
Hilbert étudiait les interactions d'une particule relativiste se rapprochant ou s'éloignant d'une masse stationnaire. Sa conclusion était que si les particules relativistes avaient une vitesse supérieure à environ la moitié de la vitesse de la lumière, une masse stationnaire devrait les repousser. Au moins, c'est ainsi que cela apparaîtrait à un observateur "inertiel" lointain.
- Lecture non destructrice de qubits
En fait on ne lit pas le qubit mais son effet sur des micro-ondes permettant de le reconstituer. Plutôt que vouloir sauvegarder les qubits, ce qui est très difficile, on ne sauvegarderait que leur trace.
"Le nouveau dispositif de lecture que nous avons mis au point est basé sur un oscillateur micro-ondes supraconducteur entourant le qubit, expliquent les chercheurs de l’Iramis. Une impulsion micro-ondes est envoyée à l'oscillateur, qui adopte alors un état d'oscillation dont la phase est déterminée par l'état 0 ou 1 du qubit en début de mesure. L’oscillation se maintient ensuite avec la même phase, même si le qubit "relaxe" de l'état 1 vers l'état 0. La mesure ultérieure de cette phase permet donc de déterminer correctement l'état initial du qubit."
- Des courants quasiment perpétuels sans supraconducteur !
On pensait généralement qu’il fallait qu’un métal devienne supraconducteur pour qu’un courant puisse s’écouler sans résistance et donc sans dissiper d’énergie, pourvu que dure l’effet supraconducteur. Comme il faut en général atteindre des températures d’une dizaine de kelvins, sauf pour les supraconducteurs à hautes températures critiques, en pratique, aucun anneau siège de courants éternels ne pouvait exister.
Cette conclusion a été en partie battue en brèche en 1983 par les physiciens Markus Büttiker, Yoseph Imry et Rolf Landauer. Ces chercheurs prédisent que dans des anneaux en or ou en aluminium de taille micrométrique, des courants presque perpétuels peuvent s’y déplacer sans résistance, à l’instar des électrons autour du noyau d’un atome. A nouveau, ce phénomène s’explique par la magie de la mécanique quantique.
ClimatClimat, écologie, énergies
- Eruption solaire inquiétante
Le Soleil vient de rejeter dans l'espace une gigantesque protubérance - un phénomène rare qui pourrait être annonciateur de son véritable réveil, après une longue accalmie.
Les astronomes russes qui ont constaté à la fin septembre ce phénomène soulignent qu'il s'est déclenché d'une manière soudaine, alors même que le 11e cycle solaire a débuté très calmement. Cet épisode est d'autant plus remarquable que de telles éruptions solaires ne se produisent qu'une fois en plusieurs décennies. Le plasma est en effet comme "gelé" dans le champ magnétique du Soleil, et pour s'en échapper, il lui faut en quelque sorte "déchirer" les lignes magnétiques dans lesquelles il est retenu.
Que s'est-il passé? Une très puissante explosion s'est produite, après quoi, dans la partie septentrionale du Soleil, l'excédent d'énergie a été rejeté sous la forme d'une gigantesque protubérance, haute d'un million de kilomètres. Plusieurs dizaines de milliards de tonnes de plasma incandescent sont partis dans l'espace cosmique.
Les amas de plasma se déplacent dans l'espace à une grande vitesse - jusqu'à 1.000 km/s. Ils peuvent effectuer en deux jours le trajet Terre-Soleil, soit 150 millions de kilomètres. Ils peuvent causer de gros dommages, et même entraîner des catastrophes sur notre planète, préviennent les scientifiques. Si une telle protubérance venait à "visiter" notre globe, nous verrions dans un premier temps une sorte d'aurore boréale dans le ciel. Puis elle commencerait à détruire les systèmes énergétiques, avec toutes les conséquences en découlant pour les sites industriels, les particuliers, etc. Ce ne sera pas le cas, en l'occurrence : l'énorme protubérance a pris une direction opposée à celle de la Terre.
Les scientifiques sont préoccupés par ce phénomène. Si une telle quantité de plasma a pu être arrachée du Soleil, cela dénote une faiblesse de la part de ce dernier, qui pourrait se rééditer. Les astronomes rappellent que la Terre a déjà été victime, il y a 150 ans, de ce que l'on avait appelé la "tempête" (ou embrasement) de Carrington - une très puissante tempête magnétique, qui avait suivi une série d'éruptions solaires. Les nuages avaient atteint la Terre en 17 heures. Il faisait clair la nuit comme en plein jour. Mais l'industrie n'en était alors qu'à ses débuts, et l'on n'avait assisté à aucune catastrophe technologique majeure. Il pourrait en aller différemment de nos jours. Des spécialistes de la NASA disent s'attendre à une telle tempête en 2012.
Un autre scénario de fin du monde pour 2012...
- Il y a 15 millions d'années, à niveau de CO2 comparable : +6°C !
Une nouvelle méthode d’analyse des sédiments a permis de reconstituer les niveaux de CO2 durant les derniers 20 millions d’années. Il faut remonter 15 millions d’années en arrière pour trouver un niveau de CO2 proche des 387 ppm actuels. A cette époque, durant le Miocene, l’athmosphère contenait 400 ppm de CO2. Les températures étaient alors supérieures de 3 à 6°C par rapport à aujourd’hui, et le niveau des mers de 25 à 40 mètres. Selon ses auteurs, cette nouvelle étude apporte la preuve du très fort couplage entre niveau de CO2 et climat.
C'est bien sûr une évidence, sauf pour Allègre et Courtillot sous prétexte que le réchauffement solaire précède normalement le dégagement de CO2, sans comprendre ce qu'est une boucle de rétroaction positive, le CO2 jouant comme un accumulateur de chaleur. A inverser l'ordre des causes, l'homme n'en participe pas moins à l'emballement climatique. Cependant, la mer n'a pu monter de 40 mètres qu'en quelques milliers d'années sans doute alors que le réchauffement devrait devenir intenable d'ici moins de 50 ans.
Les niveaux de dioxyde de carbone ont varié entre 180 et 300 ppm au cours des 800 000 dernières années - jusqu’à ces dernières décennies, rappelle M. Tripati, qui est également membre de l’Institut de géophysique et de l’UCLA. On savait que les niveaux actuels de CO2 sont sans précédent au cours des 800 000 dernières années, mais la constatation qu’ils n’avaient pas été atteints depuis 15 derniers millions d’années est nouvelle.
- La fin de la dernière glaciation, il y a 141000 ans
La plupart des paléoclimatologues pense que la fin des âges glaciaires est systématiquement causée par la précession des équinoxes, ce lent changement de direction de l'axe terrestre qui décrit un cône (une révolution en 26 000 ans environ) comme une toupie en rotation et qui est dû à la rotation de la Terre sur elle-même. Ce mouvement fait que la Terre est plus près du soleil tantôt durant l'été de l'hémisphère nord (hiver de l'hémisphère sud) et pendant cette période l'hémisphère nord reçoit plus d'énergie solaire, tantôt durant l'été de l'hémisphère sud (hiver de l'hémisphère nord) et c'est l'hémisphère sud qui reçoit alors plus d'énergie solaire. Cette théorie stipule que c'est lorsque l'hémisphère nord est le plus fortement insolée que les déglaciations se produisent.
Cependant, une théorie alternative propose comme cause la plus probable de ces déglaciations le changement de l'angle d'inclinaison de l'axe de la Terre, ou obliquité. En effet, une augmentation de l'obliquité se traduit par un accroissement de l'énergie solaire annuelle moyenne reçue par les hautes latitudes des deux hémisphères, où les calottes polaires sont localisées.
L'analyse des variations du contenu en uranium et du rapport isotopique de l'oxygène enregistrées au cours des siècles par les stalagmites italiennes a permis respectivement de dater très précisément à - 141 000 ans le début de l'avant-dernière déglaciation et d'obtenir un enregistrement temporel très précis des variations de la quantité de précipitations dans le nord-ouest de l'Italie. Compte tenu du fait qu'actuellement, en Italie comme en Espagne, les précipitations dépendent directement du système dépressionnaire de l'Atlantique Nord et qu'il a été trouvé une synchronicité dans le passé entre température océanique et précipitations dans la région ibérique, les chercheurs ont comparé les variations de précipitations enregistrées et bien datées en Italie avec les variations de températures océaniques de la marge ibérique. Et cette comparaison montre qu'en effet elles sont corrélées de façon remarquable.
Cette bonne corrélation a alors permis de donner une chronologie précise aux événements climatique enregistrés dans les carottes, notamment aux variations de volume des glaces polaires, et ainsi de révéler que la sortie de l'avant-dernière période glaciaire coïncide non pas avec la précession des équinoxes, mais avec les variations de l'obliquité, et qu'elle met donc en jeu les deux hémisphères.
- 10% de l’océan Arctique sera corrosif pour la vie marine avant dix ans
On savait que l’acidification des océans due à l’absorption du CO2 est plus forte dans les eaux froides des pôles. Mais de nouvelles études scientifiques montrent qu’en Arctique elle est bien plus importante que prévue et mettra rapidement en danger les mollusques qui vivent dans ces mers. Si la tendance actuelle se poursuit, 10% des eaux de l’Arctique seront corrosives en 2018, et 50% en 2050. « Sur toute la planète, il y aura un triplement de l’acidité moyenne des océans, ce qui est sans précédent au cours des 20 derniers millions d’années. Ce niveau d’acidification provoquera d’immenses dommages à l’écosystème et la chaîne alimentaire, en particulier dans l’Arctique ».
- Carte des effets d'un réchauffement de 4°C
Je trouve ces projections très aléatoires, surtout dans la localisation, mais c'est juste pour donner une idée de ce qui nous attend.
- Géo-ingénierie, l’ultime recours ? (1/3)
Face à l’urgence de résoudre le problème climatique, une solution “taboue” commence à avoir de nouveau droit de cité : la géo-ingénierie.
On en parle désormais tous les mois...
- Des nuages acides au secours du climat ?
Les nuages acides saupoudrent les océans de fer et, ainsi, les fertilisent, ce qui augmente l’absorption du CO2 atmosphérique dans les océans. Les chercheurs de l’Université de Leeds ont découvert que ces nuages transforment le fer des poussières aériennes en nanoparticules de fer extrêmement solubles et donc biodisponibles.
Le fer est un élément limitant de la production organique dans les océans. Sans fer, le phytoplancton ne peut croître et se multiplier, et donc n’a pas besoin d’absorber de carbone pour produire sa matière organique et ses coquilles calcaires (qui sont composées de calcium et de carbone). Avec, en revanche, il se développe, fixe le carbone et alimente tout l’écosystème car le phytoplancton est à la base de la chaîne alimentaire océanique. Les déchets produits par les organismes et leur cadavre, notamment leur squelette ou leur coquille, tombent sur le fond des océans et sédimentent. A l’échelle des temps géologiques et des océans, cette pluie continuelle représente de gigantesques quantités de carbone qui sont ainsi piégées.
« Les pollutions anthropiques rejettent des composés acides dans l’atmosphère et pourraient ainsi favoriser la formation de nanoparticules de fer » énonce le Docteur Zongbo Shi de l’Ecole de la Terre et de l’Environnement de l’Université de Leeds. Quel paradoxe, les pollutions des industries lourdes de pays comme la Chine pourraient, en créant les nuages acides, favoriser la lutte contre le changement climatique !
Pourtant le rejet de fer à la mer semblait inefficace pour augmenter la biomasse. De quoi peut-être comprendre pourquoi ?
- Le peak oil arrivera bien trop tôt
Quoiqu’il arrive, il y a de très fortes probabilités que le pic pétrolier soit atteint avant 2030. La recherche ne s’intéresse qu’encore peu aux risques et conséquences d’une pénurie, préférant se focaliser sur la question de la sécurité des approvisionnements. Cependant, le délai pour s’adapter à cette future pénurie de pétrole est très court, au regard des actions à mettre en place. Passer à l’après-pétrole risque d’être un véritable challenge pour les politiques publiques.
- L'hydrogène renouvelable à partir de biomasse
- Découverte de Gaz naturel dans les schistes à l'est des Etats-Unis
Ce seraient les plus grandes réserves de gaz naturel qui auraient été découvertes dans les vastes gisements de schistes noirs qui s'étendent sur des dizaines de millions d'hectares de la Pennsylvanie occidentale et septentrionale à certaines parties de l'Ohio, la Virginie Occidentale, le Maryland, et le Kentucky. Les USA étaient jusqu'ici à peu près dépourvus de gaz naturel, en tout cas très déficitaires. La place du méthane va donc être réévalué.
- Le premier navire chinois d'exploration de "glace combustible"
Le premier navire chinois d'exploration pour la reconnaissance d'hydrates de méthane a été livré dans la province du Guangdong (sud).
Connu aussi sous le nom de "glace combustible", il s'agit d'un composé glacé inflammable dans lequel est piégé du méthane issu de matières organiques plus récentes que celles à l'origine du pétrole ou du gaz naturel.
La Chine exploite déjà la "glace combustible" qu'elle extrait du permafrost. Cela pourrait bien être une solution d'extraire les hydrates de méthane avant qu'ils ne nous pètent à la figure, le danger étant de les déstabiliser et d'accélérer leur dégagement ou de multiplier les fuites en plus d'augmenter la consommation d'hydrocarbures.
- Explosion de la faim dans le monde
Après l’ancien pic historique de la fin des années soixante, la faim a reculé progressivement durant une trentaine d’années, mais les crises alimentaires et économiques qui se sont succédé, de la fin du siècle passé jusqu’à aujourd’hui, ont vu la courbe s’inverser pour perdre quasiment trois fois plus vite le terrain gagné précédemment… Simultanément à ces crises, la baisse des aides publiques au développement de l’agriculture a achevé de dégrader la situation. Mais, comme la courbe de la faim le montre (cf. ci-contre), la crise économique actuelle s’avère sans commune mesure encore plus dévastatrice pour les ménages pauvres des pays en développement. Dans leur rapport, la FAO et le PAM justifient ce constat par le fait que la crise actuelle :
- touche simultanément de vastes régions, réduisant d’autant les actions possibles ;
- intensifie les effets de la dernière crise alimentaire. Après avoir été confrontées à la flambée des prix alimentaires, les populations les plus démunies n’ont plus de marge de manœuvre pour 'répondre' à la baisse de leurs revenus, voire à la perte de leurs emplois ;
- intervient alors que les pays en voie de développement ont un niveau d’intégration financier et commercial de plus en plus grand dans l’économie mondiale, ce qui les rend plus vulnérables à ces soubresauts. A titre d’exemple, les 17 économies les plus importantes d’Amérique latine ont bénéficié de 184 milliards de dollars de flux financiers en 2007, quand en 2009 ils devront vraisemblablement se contenter de 43 milliards. Une chute qui hypothèque singulièrement leur possibilité d’action.
Des chercheurs ont comparé l'empreinte écologique de nos animaux domestiques à celles d'autres objets de consommation courante. Ainsi, un grand chien est comparable à un gros véhicule 4x4 qui ferait 10.000km/an, les chats se comparent à une Golf de Wolkswagen, un hamster est l'équivalent d'un téléviseur à plasma, et un poisson rouge correspond à deux téléphones cellulaires.
Les auteurs de l'étude, qui publient un livre intitulé « Time to Eat the Dog: The real guide to sustainable living », encouragent les gens à remplacer les animaux de compagnie par des animaux d'élevage, comme des lapins ou des poulets, qu'ils pourront manger par la suite.
- Les consommateurs détiennent les clefs du changement climatique
Le constat est simple : si les consommateurs des pays développés sont responsables de 75% des émissions de carbone, ils peuvent devenir un levier majeur de la réduction de ces émissions, pour peu qu’on leur en donne les moyens. En suivant les objectifs fixés par leurs gouvernements, ils peuvent diminuer les rejets de 50% d’ici 2050.
Cette approche est possible si les consommateurs ont la possibilité de choisir une voie plus verte. Cela impose d’une part de rendre disponibles les produits et services sobres en carbone et l’information sur ceux-ci transparente et, d’autre part, de soutenir et promouvoir ces choix verts en mettant en place des processus économiques et des infrastructures adaptés.
En mettant en place un éventail de mesures comme des taxes incitatives, des politiques d’achats publiques responsables et du marketing ciblé accouplés à une transparence de l’information sur le contenu en carbone, une demande « verte » peut être induite. Cette demande incitera à son tour les multinationales à se positionner sur ce marché durable et à innover.
Voir aussi actu-environnement et le rapport en pdf.
- 17 mesures simples contre l'effet de serre
Plus de 7% des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis pourraient être réduites par l’application globale de mesures simples dans la vie quotidienne, ont calculé des chercheurs.
L’application de 17 mesures simples par l’ensemble des citoyens américains permettrait d’éviter les rejets de 123 millions de tonnes de carbone par an, soit 20% des émissions totales liées à l’habitat et 7,4% des émissions globales des États-Unis.
La liste des mesures retenues par les chercheurs ne remet pas en cause le confort des ménages. Parmi les actions proposées : améliorer l’isolation de l’habitat, installer des équipements de chauffage, de ventilation ou de climatisation moins consommateurs d’énergie, en changer les filtres régulièrement ; faire sécher le linge sur des fils dès que possible, mieux adapter la température de lavage du lave-linge. Au niveau des déplacements : utiliser un véhicule économe en carburant, pratiquer le covoiturage pour aller travailler ou respecter les limitations de vitesse.
L’impact de l’action citoyenne pourrait aller encore plus loin : les 17 mesures retenues pour cette étude ne concernent pas l’alimentation (consommation de viande, de produits importés) ou le fait de prendre l’avion pour ses loisirs, par exemple.
On le sait les gisements d'économie d'énergie sont considérables mais il est illusoire de s'en remettre aux comportements individuels, sans compter l'effet rebond. La hausse du coût de l'énergie sera hélas plus déterminante.
- Les TIC pour montrer la voie sur le climat et l'énergie
La Commission souhaite que le secteur des TIC montre la voie en matière de climat et d’énergie. Elle a ainsi appelé le 9 octobre 2009 le secteur européen des technologies de l’information et de la communication (TIC) à définir d’ici à 2011 les mesures pratiques qu’il compte prendre pour améliorer de 20 % son efficacité énergétique à l'horizon 2015. La consommation d'énergie des équipements et services TIC représente environ 8 % de l'électricité consommée dans l'UE et 2 % des émissions de carbone. Une utilisation rationnelle des TIC permettrait toutefois de réduire d’ici à 2020 la consommation d’énergie dans les secteurs énergivores tels que les bâtiments, le transport et la logistique, ce qui équivaudrait à une diminution de 15% des émissions totales de carbone.
Ainsi, si les entreprises européennes remplaçaient seulement 20 % des voyages d'affaires par des vidéoconférences, on pourrait économiser plus de 22 millions de tonnes d'émissions de CO 2 par an. En outre, le déploiement des réseaux à large bande facilitant une utilisation accrue des services et applications publics en ligne permettrait d’économiser au moins de 1 à 2 % de la consommation mondiale d’énergie d’ici à 2020.
Entièrement conçu pour réduire son empreinte carbone et atteindre une haute qualité environnementale, ce nouvel immeuble profite de la lumière naturelle à travers de vastes espaces et des parois transparentes. Sa conception cylindrique dotée de façades ajustables lui permet de bénéficier du soleil tout au long de sa course quotidienne, mais aussi de s’en abriter lorsqu’il fait trop chaud. Les ouvertures sont alors masquées automatiquement. A lui seul, le design architectural est responsable de 75% des réductions des besoins énergétiques.
- Des villes souterraines pour survivre à la sécheresse
Le sud-ouest des Etats-Unis abrite des millions de personnes venus s’installer avec la confiance d’être abreuvés par le puissant fleuve Colorado. Mais les sécheresses de plus en plus fréquentes ont détruit cet espoir et forcé les villes à construire des réserves d’eau souterraines.
Le projet Sietch Nevada est un prototype d’urbanisme conditionné par la collecte, le stockage et l’utilisation d’une eau devenue rare. Cette eau deviendrait la première condition de la forme et de la performance de ces villes.
- Restaurer les forêts tropicales abîmées, c'est facile et rentable
Les forêts tropicales dégradées par l’exploitation peuvent récupérer en 15 ans seulement leur capacité à absorber le carbone et leur biodiversité.
- La fin des Mayas à cause de la déforestation
La déforestation a provoqué une élévation de 2 à 3°C de la température et une baisse de 20 à 30% des précipitations, ce qui aurait provoqué l'effondrement de la civilisation Maya.
- Pavlopetri, l'Atlantide retrouvée ?
Cette ville engloutie près des côtes grecques (Laconie) vient de voir sa datation reculée à -3000 voire -4000 ans, ce qui en fait une des premières villes connues, très étonnante à cet endroit, sûrement sous domination de la Crète, permettant d'éclairer la proto-histoire grecque et donc l'époque homérique. Son engloutissement est sûrement contemporain du dernier déluge (dit de Deucalion) dont on trouve trace aussi en mésopotamie et la littérature sumérienne.
C'est une ville avec ses rues, son port, ses bâtiments, et même ses tombes que des archéologues-plongeurs explorent au large des côtes du Péloponnèse, en Grèce. Pavlopetri est la plus ancienne cité submergée connue à ce jour, selon l’archéologue britannique Nic Flemming , du Centre océanographique national. L’ensemble de cette ville engloutie s’étendrait sur 100.000 mètres carrés, dont la moitié a été pour l’instant cartographiée.
Avec la découverte de poteries datant du néolithique dans les ruines submergées, les archéologues ont revu la datation de Pavlopetri : la cité aurait en fait 5.000 à 6.000 ans. Les vestiges de navires et de cargaisons attestent de l’activité portuaire et commerciale de cette cité méditerranéenne.
- Fin des dinosaures, la deuxième météorite
La première frappe, celle du golfe du Mexique était trop ancienne et pas assez forte pour provoquer l'extinction des dinosaures mais un impact plus important se serait bien produit au moment de l'extinction, du côté de l'Inde cette fois.
Le brillant paléontologue d’origine indienne Sankar Chatterjee soutient effectivement depuis plus de 10 ans la thèse qu’une série d’impacts multiples doit être à l’origine de la disparition des dinosaures. De plus, selon lui, il existe au fond de l’océan Indien les traces d’un cratère d’impact de 500 km de diamètre dont une partie se trouve sur le plateau continental indien en bordure des trapps des Deccan.
Le cratère Shiva, comme il l’appelle, se serait bien formé il y a 65 millions d’années des suites de l’impact d’un astéroïde de 40 kilomètres de diamètre qui, aurait non seulement amplifié le volcanisme des Deccan, mais aussi séparé les Seychelles de l’Inde et modifié la dérive du sous-continent indien.
Chatterjee et ses collègues viennent de présenter de nouveaux arguments dans une communication lors du colloque annuel de la Geological Society of America (GSA).
Biologieévolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie
- L'origine de la vie dans des roches poreuses
En partant de ce qui est commun aux bactéries et archéobactéries, Peter Mitchell met en évidence que leur énergie viendrait des pompes à protons, présentes partout, alors que ni les membranes, ni la réplication d'ADN n'est identique. L'ancêtre de la vie n'aurait donc pas eu de membrane et serait apparu dans les petits trous des cheminées hydrothermaneles alcalines formées par la réaction des laves avec l'eau de mer (volcanisme et tectonique des plaques étant donc des éléments nécessaires à la vie). Les réactions devaient produire de l'hydrogène et les cheminées contenir de l'ammoniac, élément des protéines, et des phosphates qui auraient pu produire l'ARN par catalyse dans les pores des cheminées. l'énergie serait venue de la réaction de l'hydrogène avec le CO2 dissout dans une mer acide qui pourrait avoir produit du phosphate acétyle puis du pyrophosphate à partir de sulfure de méthyle, jusqu'à produire l'enzyme favorisant cette production la pyrophosphatase.
Le tableau peint par Russell et Martin est assez frappant. LUCA (The last universal common ancestor) le dernier ancêtre commun de toute vie n'était pas du tout une cellule vivant en liberté, mais une roche poreuse criblée de membranes en bulle de sulfure de fer catalysant les réactions biochimiques primordiales. Fonctionnant à l'hydrogène et par des pompes à protons, ce réacteur naturel rempli de produits chimiques organiques, a permis l'émergence d'une proto-vie qui a fini par sortir de son trou pour former les premières cellules vivantes - non pas une fois mais deux fois, donnant lieu à des bactéries et des archéobactéries.
Les chercheurs pensent que les molécules d'ADN à l'intérieur du noyau de la cellule sont emballées dans une boule compacte, ce qui les rendraient faciles à ranger et à décompresser.
Alioramus altai ne pèse que 369 kilos, d’après la reconstitution opérée par les paléontologues. Le crâne de ce carnivore est fin, peu puissant. Curiosité : son museau est orné de huit petites cornes d’une dizaine de centimètres, ce qui n’avait encore jamais été vu chez un tyrannosaure. Pourtant plusieurs caractéristiques comme les gros bulbes olfactifs ou la petite oreille interne attestent de l’appartenance de ce dinosaure au groupe des tyrannosaures, selon les chercheurs.
Il faut quand même se méfier, paraît-il, car les différences morphologiques entre jeunes et adultes auraient induit les paléontologues en erreur les amenant à multiplier faussement les espèces de dinosaures.
- L'archéoptéryx : plus un dinosaure qu'un oiseau ?
L'archéoptéryx n'aurait pas été un animal à sang chaud, ce qui le rapprocherait plus des dinosaures que des oiseaux, la survie des oiseaux pouvant être due à cette régulation thermique acquise autant qu'à leur capacité à voler ?
Dans le cas d’un animal à sang chaud, les os sont fortement vascularisés et montrent d’autres caractéristiques d’une croissance rapide. Dans le cas d’un animal à sang froid on observe au contraire une faible vascularisation et des os denses. C’est précisément une structure proche de ce dernier cas qui a été découverte par les chercheurs.
Les conclusions de l’étude sont multiples. D’abord l’archéoptéryx était plus proche des dinosaures primitifs qu’on ne le pensait. Ensuite, il n’était probablement pas nécessaire d’avoir un métabolisme d’oiseau pour effectuer un vol battu ; celui d’un dinosaure était suffisant. Enfin, le passage à un métabolisme d’oiseau a dû s’effectuer des millions d’années après l’époque à laquelle vivait l’archéoptéryx, il y a environ 150 millions d’années.
- Les effets contradictoires des phéromones
Jean-Christophe Billeter, Joel Levine et leurs collègues ont modifié génétiquement des mouches (Drosophila melanogaster) afin qu’elles ne produisent plus les phéromones qui parfument leur cuticule. Ces substances étant soupçonnées de déclencher la parade nuptiale, on aurait pu s’attendre à voir ces mouches sans odeur délaissées.
Or c’est tout le contraire qui s’est passé : les femelles sans phéromones sont devenues irrésistibles. A tel point que même des mouches mâles d’autres espèces ont tenté de les courtiser. Quant aux mâles privés de phéromones, ils sont eux devenus des objets de désir, y compris pour les mâles.
Mieux, les chercheurs de Toronto révèlent qu’une seule phéromone suffit à rétablir la barrière des espèces et à calmer les ardeurs des mâles. Il s’agit d’une phéromone considérée comme un aphrodisiaque chez la drosophile. Or, lorsque cette substance (7, 11-HD) était ajoutée aux mouches dépourvues de phéromones, leur ‘sex appeal’ diminuait et les mâles des autres espèces cessaient de courtiser les femelles.
- Une mère macaque qui fait des bisous à son petit
Qui en aurait douté ? C'est un comportement de mammifère !
- Des chimpanzés qui chassent avec des lances
Ce n'est pas vraiment nouveau mais il est impressionnant de constater que des chimpanzés peuvent utiliser des lances pour chasser d'autres petits singes.
Après 17 ans de recherches, la description complète de l’Ardipithecus ramidus est publiée. Cet hominidé vieux de 4 à 5 millions d’années, découvert dans l’Afar éthiopien, nous fait remonter un peu plus loin dans l’histoire de l’homme, vers l’ancêtre commun avec le chimpanzé et les débuts de la bipédie.
Première évidence : Ardi, 50 kilos pour 1,20 mètre, est un être plus primitif que Lucy (3,2 millions d’années) et ses congénères australopithèques. Ardipithecus ramidus est capable de marcher sur ses deux pieds mais il passe plus de temps dans les arbres.
Le portrait d’Ardi, qui ne ressemble pas plus à un humain qu’à un chimpanzé.
Globalement, Ardipithecus ramidus est moins agile que les grands singes actuels dans les arbres, il ne se balance pas de branche en branche au bout de ses mains. Au sol il est capable de se déplacer sur deux jambes mais pas de parcourir de longues distances ou de courir (il lui manque une voûte plantaire arquée).
Le volume de sa boîte crânienne est de 300 à 350 cm3, taille comparable à celle d’un chimpanzé ou d’un bonobo, plus petite que celle d’un australopithèque (400 à 550 cm3, contre 1500 cm3 pour l’Homo sapiens actuel).
En fait, ce n'est pas notre ancêtre mais il doit ressembler quand même un peu au "chaînon manquant" entre singes et autralopithèques ! L'homo florensis a une capacité crânienne comparable (350 cm3) mais une taille inférieure et beaucoup plus tardif.
- Comment l'humanité a perdu sa diversité
Les êtres humains sont extrêmement semblables, au moins génétiquement, en comparaison avec tous les autres primates. Les scientifiques ont montré que l’humanité avait perdu sa variabilité génétique au cours de ses migrations. C’était en quittant l’Afrique, il y a 50 à 60.000 ans. Jusqu’à récemment, les chercheurs s’étaient peu penchés sur cet événement. Ce n’est plus le cas.
Résultat : l’humanité a subi deux goulots d’étranglement, l’un entre 50 et 60.000 ans en passant de l’Afrique au Moyen-Orient, l’autre en traversant le détroit de Béring pour coloniser l’Amérique. Quels furent les raisons de ces étranglements ? Amos pense que les obstacles naturels (montagnes, mers) ont stoppé les migrants, seule une poignée les ayant franchis. Les changements climatiques peuvent aussi avoir joué, en ouvrant et fermant des passages.
- Le plus ancien sanctuaire d’Arabie
L’archéologie de la péninsule arabique a révélé très peu de données sur les croyances et les pratiques rituelles antérieures à l’Islam. Dans la péninsule omanaise (sultanat d’Oman et Emirats arabes unis), aucun sanctuaire n’est connu à l’âge du Bronze (3100-1500 av. notre ère) et il faut attendre l’âge du Fer pour discerner des pratiques cultuelles (Ier millénaire av. notre ère). Situé aux Emirats arabes unis, sous le détroit d’Ormuz, le sanctuaire d’Akab daté de 3500 av. notre ère, apporte aujourd’hui les premiers éléments sur les rituels des sociétés côtières préhistoriques du Golfe.
Déserte de nos jours, l’île d’Akab se trouve à 50 km au nord de Dubaï, dans la grande lagune d’Umm al-Quwain (Emirats Arabes Unis). Au Ve millénaire, il y a plus de 6 500 ans, Akab est un campement de pêcheurs, dont les habitations circulaires ont été retrouvées. La pêche, activité principale des occupants du lieu est pratiquée au filet ou à la ligne munie de hameçons en nacre d’huître perlière. Si toutes les ressources de la lagune et de la mangrove avoisinante semblent exploitées, les pêcheurs d’Akab ont, dès cette époque, pêché le thon, activité qui nécessitait des expéditions en mer sur des embarcations.
Le dugong, un sirénien vivant sur le littoral de l’Océan indien et dans l’océan Pacifique occidental, est bien attesté de nos jours dans le Golfe. À l’âge adulte, il mesure jusqu’à 4 m de long et son poids peut atteindre 400 kg. Aujourd’hui protégé aux E.A.U., sa chair, son huile et son cuir ont été longtemps exploités.
Santégénétique, traitements, nutrition, hygiène
- Augmenter la durée de vie par génothérapie
Il suffirait de désactiver un gène, codant la protéine TOR (target of rapamycin) ou la protéine S6 kinase 1 (S6K1) qui y est reliée, pour bénéficier de la longévité associée aux restrictions caloriques (bienfaits attribués aussi au resveratrol du vin). L'effet aurait été surtout notable pour les souris femelles, aussi bien sur la santé que la longévité, mais tout de même pas autant qu'une véritable restriction calorique (augmentation de 20% au lieu de 50% du temps de vie). La rapamycine pourrait avoir la même action sauf qu'elle a un effet immunosupresseur trop important. Une autre protéine peut être ciblée (AMPK), déjà activée par la metformine (Avandamet®) indiquée pour le diabète de type 2 (mais qui augmente l'acide lactique).
La protéine TOR agit comme une sorte de jauge de carburant, détectant la disponibilité des nutriments afin d'y répondre efficacement en modifiant le mode de production des protéines. Par exemple, lorsque la nourriture est rare, la voie TOR provoque une réduction de la synthèse des protéines.
- Succès d'un essai préclinique en thérapie génique dans la maladie de Parkinson
Les chercheurs ont d’abord étudié l’innocuité et l’efficacité d’un vecteur viral (développé à partir de l’equine infectious anemia virus, EIAV) codant pour les trois gènes essentiels à la biosynthèse de la dopamine (AADC, TH, et CH1). Ils ont établi la preuve du principe du transfert de ces gènes dans le striatum, partie du cerveau en manque de dopamine, et observé la synthèse de dopamine in vivo de façon locale et continue.
Ils ont ensuite démontré, sur le long terme (44 mois de suivi) l’efficacité thérapeutique de ce vecteur viral sur le même modèle primate de maladie de Parkinson, et ceci sans les complications habituellement associées à la prise orale du traitement dopaminergique (fluctuations motrices et dyskinésies).
Les chercheurs ont lancé un essai clinique de phase I/II. Celui-ci a pour objectif de montrer l'innocuité et l’efficacité de cette approche chez des patients atteints de la forme évoluée de la maladie de Parkinson. Les premiers patients traités à ce jour montrent des résultats encourageants d’amélioration de la motricité et de la qualité de vie jusqu’à un an après l’injection du gène médicament. De plus, le traitement s’avère bien toléré, sans effets indésirables sévères.
- Découverte d'un gène clé impliqué dans les cancers du sein
Une anomalie du gène NRG1 serait retrouvée dans un cancer du sein sur deux.
En comparant des cellules provenant de cancers du sein (prélevées chez 63 femmes) à des cellules mammaires normales, le Pr Paul Edwards et son équipe ont mis en évidence un taux très faible, voire nul, de l'expression d'un gène, baptisé NRG1 (neuréguline 1), dans les cellules tumorales. Les tissus non cancéreux, eux, expriment ce gène situé sur le chromosome 8. Conclusion des chercheurs : normalement, le NRG1 est un puissant gène suppresseur de tumeur, protégeant l'organisme de la prolifération de cellules anormales. Inversement, un défaut du fonctionnement ou une absence totale de ce gardien de l'intégrité du génome, acquise au cours de la vie, augmente singulièrement la survenue de cancers.
- Le curcuma efficace contre le cancer de l'oesophage
Une étude montre que la curcumine, un composé du curcuma - cette épice qui donne la couleur jaune-orangé des currys et à la paella - provoque la mort de cellules cancéreuses de l'oesophage dans les 24 h. Cela ouvre la voie à de nouveaux traitements contre ce cancer de plus en plus commun en occident.
On sait que le simple fait de consommer cette épice a un effet protecteur. Les Indiens, qui en consomment 1,5 à 2 g par jour, sont beaucoup plus rarement atteints de cancer du poumon, du côlon, du sein, des ovaires ou de la prostate que les Occidentaux.
L'assimilation de la curcumine est grandement favorisée en présence de pipérine, un composant du poivre noir.
Ce n'est pas nouveau, il y a longtemps que je mets du curcuma dans mon pain, mais c'est une confirmation de son action anticancer qui n'est que l'une de ses étonnantes propriétés et la raison pour laquelle les Indiens consomment beaucoup de curry.
- Les dangers du vaccin contre la cancer du col de l'utérus
L'une des principales chercheuses mêlées aux essais cliniques du Gardasil et du Cevarix, les vaccins contre le cancer du col de l'utérus, a dénoncé publiquement leur innocuité et efficacité.
Elle a même conclu que le vaccin est lui-même plus dangereux que le cancer du col de l’utérus qu’il est sensé prévenir !
- Un rétrovirus associé à un syndrome de fatigue chronique ?
Jusqu'à deux tiers des patients atteints d'un syndrome de fatigue chronique examinés lors d'une récente étude ont un rétrovirus infectieux dans le sang bien que sa responsabilité dans ce syndrome ne soit pas encore claire.
Le virus, qui a aussi été récemment identifié dans certains cas de tumeur de la prostate chez l'homme, pourrait être présent dans une part non négligeable de la population. Malgré cette prévalence, la responsabilité du XMRV dans la maladie reste à confirmer.
- La citrouille contre les candidoses
Des études précédentes et l’utilisation de la citrouille dans la médecine traditionnelle avaient suggéré un possible effet médical de ce cucurbitacé. Kyung-Soo Hahm, Yoonkyung Park et leurs collègues ont extrait des protéines de l’écorce de ce fruit pour tester leurs effets sur des cultures cellulaires.
Ils ont ainsi découvert qu’une protéine (Pr-2) inhibe la croissance de plusieurs microbes, dont Candida albicans, une levure responsable d’infections fongiques au niveau des muqueuses digestives et vaginales.
Cette protéine de citrouille agit aussi sur plusieurs moisissures qui agressent les cultures. Elle pourrait donc servir à la fois à soigner des patients et à créer un nouveau fongicide pour l’agriculture.
Technologiebiotechnologies, énergie, nanotechnologies, robotique, informatique
- Des nanotubes de carbone pour faire pousser vos plantes ?
La biologiste Mariya Khodakovskaya et le nanotechnologiste Alexandru Biris ont incorporé des nanotubes de carbone dans le substrat de germination de plants de tomates. La germination et la croissance de ces plants furent plus rapides que celles des plants témoins.
Si cette observation avait déjà été faite, jusque-là, aucune explication n’avait été apportée. Cette fois, les chercheurs ont remarqué que les nanotubes avaient pénétré dans les graines, ce qui devrait accélérer leur absorption d’eau.
- Les promesses tenues des nanos
Il y a tout juste quatre ans, Le journal du CNRS consacrait sa une à l'essor fulgurant des nanosciences et des nanotechnologies qui, cela ne faisait guère de doute, allaient révolutionner de nombreux domaines dont la médecine et l'électronique. Alors qu'en est-il aujourd'hui ? Les applications sont-elles au rendez-vous ? Pour le lancement ce mois-ci du grand débat sur les nanotechnologies organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP), nous avons voulu dresser un bilan d'étape. Verdict : les nanos semblent bel et bien tenir leurs promesses…
Je m'intéresse peu aux nanotechnologies qui me semblent trop disparates et les débats à leur sujet très confusionnels. Le débat public qui vient d'être lancé ne peut avoir pour objet que de faire accepter ces nouvelles technologies en dissipant les peurs qu'elles suscitent. De toutes façons, "la nanotechnologie" n'existe pas et n'existera pas avant longtemps d'une reconstruction atome par atome. Cela n'empêche pas que la miniaturisation des procédés arrive bien en-dessous du micromètre, ce qui peut poser de réels problèmes dans certains cas (comme l'amiante) mais ne suffit pas à tout mettre dans le même sac, pas plus que "les produits chimiques" en général. Toutes les molécules sont nanométriques, celles des gaz en particulier dont on ne peut dire qu'elles ne seraient pas très dangereuses comme on l'a bien vu avec la guerre de 14-18, donnant raison à Eugène Huzar dans "La fin du monde par la science" :
"En voyant ces atomes infiniment petits, produits par la science ; ces fluides invisibles, impondérables ; ces gaz intangibles, produire des effets si terribles, si inattendus ; nous nous sommes demandé si l’homme, étendant sans cesse sa domination sur les énergies de la nature, n’amènerait pas fatalement, et malgré lui, une de ces catastrophes dernières qui sont le dernier jour du monde".
- Un champignon qui mange la pollution
Après quelques décennies d'agriculture intensive, les recherches pour purger nos sols des nombreuses substances d'origine industrielle vont bon train. Une solution prometteuse nous vient aujourd'hui… d'un banal champignon filamenteux, Podospora anserina. Fruit d'une collaboration entre trois laboratoires1 associés au CNRS, une étude publiée en mai2 prouve que Podospora anserina est en effet capable de « digérer » des molécules polluantes en les modifiant chimiquement grâce à une de ses enzymes. Résultat : là où une autre espèce vivante aurait succombé, le champignon assimile le polluant et le transforme en un autre composé non nocif. Et le milieu s'en trouve assaini.
- Voir à travers les murs grâce aux ondes radio
Les variations du signal peuvent permettre de détecter des mouvements de l'autre côté d'une cloison. Cela reste quand même très grossier.
Pour expérimenter le procédé les universitaires ont placé 34 émetteurs-récepteurs en réseau autour d'un volume constitué de quatre murs. Trois d'entre eux sont extérieurs tandis que le dernier, constitué de briques, se situe dans la maison. Pour s'approcher au mieux d'un environnement naturel, des éléments tels qu'une moustiquaire en métal ont été installés. Chaque émetteur-récepteur possède un identifiant propre et est placé à une hauteur s'approchant de celle d'un torse humain. Le protocole radio utilisé est l'IEEE 802.15.4 à une fréquence de 2,4 GHz. Un ordre de transmission est défini pour chacun des 34 appareils.
Quand l'un d'entre eux transmet, les autres écoutent et ceux qui reçoivent le signal examinent l'identifiant de l'envoyeur puis vérifient si c'est à leur tour d'émettre. Sinon ou si l'envoi est corrompu ils attendent la prochaine transmission. Ainsi se forme un cycle d'analyse dont les données sont communiquées à un ordinateur portable..
Son principe est celui de l'imagerie médicale par tomographie, où de multiples rayons X balaient le corps humain.
En développant un modèle physique de la propagation de ces ondes au sein du réseau, les chercheurs ont montré que lorsque la personne se déplace, la puissance des signaux reçus par les radio-émetteurs varie, en fonction de la localisation du mouvement par rapport à la position des radio-émetteurs. Les chercheurs ont ensuite conçu un programme informatique pour transformer les données brutes de variations de puissance en une image montrant une tache (la personne) se déplaçant dans la zone couverte.
Le VRTI possède un avantage de taille face à la technique classique du sonar : son prix. Grâce à l'emploi de simples émetteurs-récepteurs radio, le coût de fabrication du dispositif s'annonce dérisoire face à des systèmes issus du génie militaire plus lourds et onéreux.
Voir aussi Pour la Science.
- Le Wi-Fi Direct lancé en 2010
Grâce au Wi-Fi Direct, il sera possible d'établir des connexions multiples entre plusieurs terminaux qui pourront par exemple échanger des données entre eux où accéder ensemble au même périphérique. Le tout sans passer par un point d'accès (hotspot) ou un routeur. Un fonctionnement très proche du Bluetooth qui pourrait bien signer l'arrêt de mort de cette norme.
- L'alimentation sans fil de téléviseurs
Le groupe japonais Sony a mis en œuvre une technologie capable de transmettre de l’énergie électrique à un téléviseur LCD dénué de toute liaison câblée.
Ce système, encore à l’état d’expérimentation et à base de résonnance magnétique, permet d’envoyer un total de 60 watts d’électricité à une distance de 55 cm. Le groupe est parvenu à alimenter un téléviseur LCD de 22 pouces de diagonale. La technologie pourrait être à l’avenir utilisée pour recharger des ordinateurs portables dans de simples lieux publics.
- Une route qui recharge les voitures électriques !
Pour améliorer la viabilité des voitures électriques certains proposent de charger les voitures en roulant grâce à un champ magnétique généré sous la chaussée... Autant se servir de ce courant d'induction directement pour faire tourner le moteur ?
Leur projet est d'enterrer l'émetteur sous la forme de conducteurs sous une voie de circulation ou une place de parking par exemple. Le récepteur, quant à lui, serait le plancher de la voiture qui par la technologie employée n'aurait bien sûr pas besoin d'être en contact avec le sol. Notons que les modélisations et simulations en laboratoire sont pour l'instant positives.
L'alimentation n'est pas la seule application possible, ainsi ce réseau de conducteurs pourrait servir à transmettre des données aux véhicules pour mettre en place une sorte de rail virtuel qui prendrait le relais du conducteur.
Le responsable du département technologique de l'IAV Wilfried Nietschke insiste sur le fait que l'induction proposée n'est pas dépendante des conditions météorologiques ni de l'usure d'un dispositif mécanique. L'énorme problème technique posé est sans nul doute l'ampleur et le coût des travaux pour transformer notre cher asphalte en chargeur de batteries...
- Des supercondensateurs pour les bus
On avait envisagé le mois dernier cette utilisation de supercondensateurs qui se rechargent aux stations, c'est fait à Shanghaï.
- Bientôt les supercondensateurs en nanotubes de carbone ?
Cela fait un moment que je suis persuadé que c'est la seule bonne solution pour le stockage de l'électricité. Une start-up se lance... Par contre, on n'entend plus parler de EEStor qui devait justement sortir ce type de supercondensateur ?
- Des batteries liquides pour se recharger plus vite
Si l'électrolyte d'une batterie était liquide, il serait possible de la recharger rapidement. Ce procédé existe : ce sont les batteries à flux redox, une solution envisagée en Allemagne pour les voitures électriques.
« Ces batteries sont basées sur des électrolytes liquides. Ils peuvent donc être rechargés à la station-service en quelques minutes : l'électrolyte déchargé est simplement pompé hors du réservoir et remplacé avec un liquide chargé, affirme Jens Noack, ingénieur à l'ICT. L'électrolyte pompé peut être rechargé en station-service, par exemple, grâce à une éolienne ou à une structure solaire. »
Le principe de batteries à flux redox n'est pas nouveau. Ces batteries stockent l'électricité et la génèrent par une réaction d'oxydoréduction. Deux électrolytes liquides contiennent des ions métalliques dissous qui traversent un feutre de graphite poreux où se trouvent les électrodes. Une membrane sépare les électrolytes et les électrodes mais permet l'échange de protons. Cet échange génère un courant qui, capté par les électrodes, peut être utilisé par une batterie pour faire fonctionner un dispositif.
Notons que Toshiba annonce la création d’une nouvelle usine pour produire en masse des batteries à charge rapide SCiB (Super Charge ion Battery) dont on avait parlé au mois de janvier .
- Des batteries zinc-air rechargeables
Ces batteries ReVolt 3 fois plus puissantes que les batteries lithium-ion et plus sûres n'étaient pas rechargeables jusqu'à maintenant et pourraient se substituer avantageusement aux batteries actuelles.
- Eole Water: l'éolienne génératrice d'eau potable
Son fonctionnement n'a rien de révolutionnaire, mais personne n'avait encore eu l'idée de l'intégrer à une éolienne: celle-ci transforme simplement l'humidité contenue dans l'air en eau potable. L'éolienne capte d'abord l'humidité naturellement présente dans l'air. Après condensation, l'humidité est transformée en eau grâce à une unité frigorifique située dans la nacelle. Cette eau condensée coule ensuite à travers un filtre à particules puis est stockée dans le mat.
Le prototype permet aujourd’hui de récolter entre 70 et 200 litres d’eau par jour, mais l'équipe travaille à la mise au point d’un prototype plus grand (prévu pour 2010), qui sera capable de récolter jusqu'à 1000 litres d'eau potable par jour (de quoi assurer les besoins vitaux en eau de 25 personnes). Cette éolienne représente un double avantage: non seulement elle produit de l'eau potable, mais elle crée également de l'électricité (25% d'eléctricité de plus que ce dont elle a besoin pour son fonctionnement). Ainsi, si l’air est sec le jour et humide la nuit, l’éolienne alterne entre production d’électricité et d’eau. En cas d’absence de vent, un petit modèle (avec tout de même une capacité de 800 litres par jour) peut être couplé à des panneaux photovoltaïques, à un générateur ou à des lignes électriques. Un modèle transportable a été créé pour être utilisé en cas de catastrophe naturelle par exemple. L'éolienne pourra donc fournir aux populations sinistrées à la fois de l'eau et de l’électricité.
- Un toit en verre pour se chauffer (Suédois)
Les tuyaux sous les tuiles en verre sont chauffés par le soleil.
- La maison à énergie positive (dossier)
Le bâtiment, résidentiel et tertiaire confondus, est responsable à plus de 46 % de l’énergie consommée en France. Dans une perspective de développement durable, il devient urgent d’améliorer ce triste bilan énergétique. Pour le bâtiment ancien, la solution la plus réaliste (sur les plans technique et financier) consiste à réduire la consommation d’énergie en améliorant l’isolation thermique et le chauffage.
Dans le neuf, les possibilités sont tout autres et l’on voit se multiplier des maisons biologiques, bioclimatiques, passives. Ces dernières représentent actuellement le must en matière d’économie d’énergie : 75 % de consommation en moins que le bâti conventionnel, 90 % de moins que l’ancien.
- Une centrale électrique au gaz dans votre cave
Des millions de générateurs installés dans les foyers : l’Allemagne expérimente l'énergie du futur, renouvelable, et gérée par le consommateur. Une révolution qui passe par Internet au détriment des grands fournisseurs actuels.
De vastes parcs éoliens en mer et de gigantesques champs de panneaux solaires dans le désert devraient bientôt couvrir l'essentiel de nos besoins en électricité. Les entreprises et les particuliers se mettent également à la production d'électricité avec l'installation de mini-centrales dans leur sous-sol ou de panneaux solaires sur leur toit. Les maisons sont équipées d'appareils intelligents: la machine à laver, la sécheuse et le réfrigérateur communiquent entre eux afin de laver, sécher ou refroidir pendant les heures creuses. En Allemagne, dans six régions, cette révolution est une déjà une réalité : des technologies d'avenir développées dans le cadre du projet E-Energy sont actuellement à l'essai dans plusieurs villes. Selon les estimations, une meilleure gestion de la consommation d'électricité permettrait d'économiser près de 10 térawattheures par an, soit la consommation annuelle de 2,5 millions de ménages.
Le constructeur automobile Volkswagen et le fournisseur d'énergie, Lichtblick, ont lancé début septembre une première grande offensive pour la mise en place d'un réseau de centrales électriques domestiques. A partir de 2010, les deux entreprises vont installer jusqu'à 100 000 générateurs d'électricité dans des foyers ordinaires. Ces unités fonctionneront au gaz naturel et si possible, à terme, au biogaz renouvelable.
« L’idée de séquestrer le CO2 ne m’intéresse pas. Ça n’apporte pas de valeur ajoutée, c’est plutôt contraignant, et à long terme, cela crée ce que l’on trouve aujourd’hui avec les hydrates de méthane : des bombes en puissance. » « Avec les chercheurs de Bio3D, nous partagions la même vision qui consiste à trouver des techniques permettant de créer de la valeur ajoutée avec le CO2. »
Aujourd’hui, il faut attendre 1 an avant de couper en planches les billes de chêne vert, puis 1 mois pour les sécher à 8%. Et encore, si 70% de la charge est correcte, 30% est abîmée, le bois est tordu, fissuré, collapsé. Avec Bio3D, ce délai est ramené à 24 heures. « Avec notre procédé, on coupe tout de suite le chêne en planches, et on les sèche sous CO2 dans la foulée ».
Quand la phase anhydride est atteinte, le procédé de stabilisation sous CO2 caloporteur de Bio3D empêche l’eau de se lier à la matière. Tous les organismes xylophages ne peuvent plus “nider”, et consommer la biomasse. Le bois conserve toutes ses propriétés mécaniques, et surtout est imputrescible. Ce procédé se réalise à des températures comprises entre 160 et 200°C à cœur.
Aujourd’hui, Bio3D achète le CO2 sur son installation prototype. Le but à terme est d’utiliser le CO2 en sortie de cheminée, chez les sucriers ou les fabricants d’ammoniac, qui produisent 300 000 tonnes de CO2.
- Sharp annonce des cellules photovoltaïques d'un rendement exceptionnel
Alors que les panneaux photovoltaïques actuels atteignent les 15% de rendement énergétique, la firme Sharp prétend parvenir à 35,8% !
La technologie employée par Sharp provient de la recherche spatiale. Ces cellules, utilisées depuis des années pour l'alimentation des satellites, sont qualifiées de multi-jonction. Elles intègrent trois semi-conducteurs cristallins en couches superposées, le germanium, l'arséniure de gallium et le gallium-indium-phosphore. Ces matériaux sont sensibles à des portions distinctes du spectre solaire, ce qui accroît bien sûr la capacité d'absorption de photons.
En fait le coût élevé et l'utilisation d'indium limitent l'intérêt. Sinon, il y a de plus en plus d'annonces sur le solaire, comme ces fibres optiques couvertes de nanotubes d'oxyde de zinc.
- Une pile nucléaire de la taille d'une pièce de 5 centimes !
L'université du Missouri présente une forme de stockage d'énergie, délivrant six fois plus de puissance qu'une batterie chimique traditionnelle, dont la taille ne dépasserait pas les 20 millimètres d'une pièce de 5 centimes d'euros.
Jae Kwon, assistant-professeur en ingenierie électrique et informatique, et J. David Robertson, professeur de chimie, ont adopté le principe du générateur thermoélectrique à radioisotope (ou RTG, pour Radioisotope Thermoelectric Generator). Déjà connu, ce procédé ne permet cependant pas une miniaturisation extrême à cause de l'effet dégradant des radioisotopes sur les semi-conducteurs solides classiques.
Les deux compères ont trouvé la parade en utilisant un semi-conducteur liquide qui devrait selon eux empêcher toute attaque de la part des matériaux radioactifs. Le prototype présenté se base sur le soufre 35 et, chose surprenante, possède une surface et une épaisseur proches d'une pièce de 5 centimes.
- Alimenter des Mems grâce à des nanopoils !
Des chercheurs de l'Université de Californie espèrent produire de l'électricté à l'aide de nanofils... en imitant les cils de notre oreille interne.
Les scientifiques se sont inspirés des stéréocils, présents notamment dans notre oreille interne, qui vibrent sous l'effet des ondes sonores pour créer un signal nerveux.
Pour imiter les cils, Zhong Lin Wang, professeur de science et génie des matériaux, a eu recours à l'oxyde de zinc pour réaliser un fil de 25 nanomètres de diamètre maintenu par une base en or, elle-même maintenue dans un polymère. Les propriétés semi-conductrices du zinc font de ce minuscule fil un transistor à effet de champ ou FET (Field-Effect Transistor) qui sous l'effet d'un mouvement génère du courant électrique, de très faible intensité, mais suffisant dans le cadre de la micro-électronique et des nanomachines.
- Les LEDs pas assez performantes pour l'éclairage public
L'Association française de l'éclairage (AFE) dénonce le trop grand engouement pour les diodes électroluminescentes (LED ou DEL) et estime que leurs performances en matière d'éclairage public fonctionnel ne sont pas suffisantes.
En ce qui concerne la consommation énergétique, « on constate que les watts par lux et par mètre carré en LED sont supérieurs de 18 à 67% à ceux obtenus avec les lampes sodium haute pression et cosmowhite ».
- 4,6 milliards d’abonnés à la téléphonie mobile dans le monde d’ici à la fin 2009
Ce ne serait donc pas la moitié, comme on l'avait annoncé, mais le quart de la population mondiale qui serait déjà équipée ? Cela paraît certes plus raisonnable, le nombre d'abonnements n'étant pas égal au nombre d'abonnés.
Plus d’un quart de la population mondiale est désormais connectée et utilise l’Internet, démontrant qu’il existe un immense marché potentiel des dispositifs de convergence, à un moment où les marchés de la téléphonie mobile, de la télévision et de l’Internet tendent à s’interpénétrer.
L'accès aux technologies mobiles connait une croissance importante dans les pays en développement, même si les taux de pénétration du mobile haut-débit demeurent peu élevés dans de nombreux pays africains et dans d'autres pays en développement.
Ce smartbook compact (23,5 x 16,5 x 2,8 cm) et léger (700 g) est animé par un processeur ARM, le VIA VT8500. Ce processeur, cadencé ici à 300 MHz, comprend un cœur ARM926EJ-S et un puissant DSP (processeur dédié au traitement des signaux) qui accélérera le décodage des vidéos. La machine est livrée avec 128 Mo de mémoire vive et 1 Go d’espace de stockage. Elle dispose d’un écran d’une diagonale de 7 pouces (résolution de 800 x 480 points) et d’un module sans-fil. Le tout fonctionne sous Windows CE.
Il est fort probable que ce produit ne sera jamais distribué en France, mais il augure de bonnes choses pour le marché des smartbooks. Grâce à Sungworld, nous savons maintenant que de tels produits auront des tarifs de base en dessous des 100 euros TTC.
Notez que la compagnie n’en est pas à son coup d’essai. Son catalogue propose une machine aux caractéristiques presque similaires, l’E70006F1 (elle est équipée d’un cœur ARM926EJ-S cadencé à 250 MHz et d’un DSP cadencé à 200 MHz).
- IBM se lance dans le monde libre avec Ubuntu !
Basée sur le principe du cloud computing, l'offre consiste à remplacer le système d'exploitation par un service en ligne, qui pourra être utilisé sur des ordinateurs légers.
Le modèle économique ne consiste plus à vendre le droit d'utiliser une distribution, mais à facturer mensuellement un service, à l'image des services d'hébergement ou de téléphonie. La contrepartie financière mensuelle s'élève à 13 dollars, service mail inclus.
- Mozilla lance son Raindrop à l'assault de Google Wave
Les créateurs de Mozilla Thunderbird ont eu une idée simple. Au lieu de créer un nouveau service, les programmeurs de la célèbre fondation veulent exploiter l'existant. Puisque le principal problème des services dispersés réside dans leur accessibilité, assujettie à plusieurs identifications et ouvertures de pages, une centralisation des contenus permettrait une lecture immédiate des données.
Raindrop propose de mémoriser les différents identifiants et mots de passe des services auxquels on est inscrit, puis de trier et mettre en valeur ces services d'une manière intelligible.
Après la vague déferlante Android, la révolution annoncée Google Wave et la polémique Google Books, c'est au tour des réseaux sociaux et de la musique de se trouver dans le collimateur du géant de l'indexation des contenus du Net. Sur le plan logiciel, Google s'attaque à la téléphonie avec Google Voice et au GPS gratuit via son système Android.
Le plus novateur est sans nul doute la création d'un GPS libre, Google Maps Navigation, pour son système libre et open-source Android. Destiné aux plates-formes mobiles telles que les smartphones et les MID (Mobile Internet Device, systèmes portatifs permettant d'accéder à Internet), le système s'implante avec des téléphones mobiles déjà commercialisés
Templar Publishing a publié au Royaume-Uni le premier livre bénéficiant de la réalité augmentée. En utilisant une webcam avec le programme fourni, les propriétaires de ce livre consacré aux Dragons pourront accéder à des fonctionnalités supplémentaires en tenant certaines pages devant la webcam de l'ordinateur. Le logiciel utilise alors des marqueurs sur la page comme points de référence spatiale, ce qui lui permet de dessiner le modèle 3-D d'un dragon au-dessus de l'image du livre à l'écran. Les utilisateurs peuvent pivoter le livre pour afficher le dragon sous des angles différents, voir comment il bouge et rugit.
Voir la vidéo.
La performance, réservée jusqu'alors aux effets visuels des films de science-fiction, consistait à projeter 4.800 images par seconde, générées par ordinateur, sur un miroir dont la rotation était synchronisée avec un logiciel qui corrigeait la déformation de l'image en temps réel pour permettre un affichage parfait sous tous les angles.
L'écran mesure 27 centimètres de haut pour 13 de diamètre. Sa technologie d'affichage repose sur des LED qui offrent une résolution de 96 x 128 pixels pour un codage des couleurs de 24 bits.
Dans le cas de l'écran cylindrique de Sony, sa précision, sa gamme de couleur et plus généralement le rapport entre la qualité d'affichage et la résolution annoncée impressionnent. Quant aux applications, le constructeur évoque la vente par correspondance, la signalisation numérique, les démonstrations et conférences, la visualisation de l'imagerie médicale en trois dimensions, les animaux virtuels, la visualisation d'oeuvres d'art, les cadres photos holographiques, la télévision et les téléphones portables holographiques.
- La caméra pour enregistrer sa vie
A l'origine pour les malades Alzheimer, cette caméra se porte autour du cou et enregistre tout !
Détecteur de caméras !
Il y a aussi un détecteur de mensonge !, etc.
- Une veste pour ressentir les coups
On connaissait la veste pneumatique de TN Game qui permettait de ressentir les impacts dans un jeu vidéo. Phillips fait plus fort avec son Emotions Jacket, littéralement la veste à émotions, et propose d'encaisser les coups de vos idoles du petit et grand écran.
Les ingénieurs de Philips ont fait appel à un procédé présent dans la plupart des téléphones portables et des manettes de jeu, en l'occurrence le vibreur. Ces servomoteurs, dont le nombre n'est pas communiqué, sont disposés en divers endroits de la veste. Chacun possède son propre actionneur, lui-même contrôlé par un logiciel.
- Dépasser les limites de son corps par les technologies
Passage en revue un peu hétéroclite et d'intérêt très inégal de projets en cours : exosquelettes, lentille électronique, prothèses décuplant les performances, muscles fabriqués, main bionique, régénération cellulaire, canon laser à moustique (!), puces RFID, robot brancardier, maîtriser les allergies, détecteurs de sons pour sourds, prothèses pour iPod, canne pour aveugle, montre anti-ronflement, etc.
- Mieux qu'un GPS, un robot copilote !
Il regarde son maître conduire, note les endroits où il aime s'arrêter, évalue les consommations. Il peut ensuite aider, suggérer, guider ou conseiller. Cet assistant existe. Des chercheurs du MIT et de Volkswagen l'ont fait...
Aida se présente sous les traits d'un robot naïf embarqué dans le tableau de bord. Relié aux capteurs embarqués d'un modèle haut de gamme contemporain, il scrute toutes les données mises à sa disposition et les stocke. Au fil des trajets, des informations sur les habitudes du conducteur telles que les lieux visités, le type de conduite, la consommation d'essence ou la température idéale permettent à Aida de mieux cerner la personne. A mesure que les jours, les semaines et les mois passent, le système est de plus en plus apte à effectuer des corrélations pertinentes. Ainsi ce copilote de métal peut proposer diverses solutions pour simplifier la vie et les trajets du conducteur.
Pour communiquer avec le pilote, le robot emploie une interface lumineuse basique capable d'afficher un sourire, un clin d'œil ou bien encore des sigles d'avertissement. Ici, l'affectif est le point clé de la relation à établir entre l'homme et la machine.
Force est de constater que la première décennie du millénaire n’aura pas été marquée par une arrivée massive du robot dans les foyers, et encore moins d’humanoïdes.
Il faut faire avec : c’est un aspirateur en forme de frisbee, le Roomba, qui est devenu le premier robot à avoir droit de cité à la maison.
Les robots domestiques pourraient être assez facilement détournés pour nous nuire !
- Vidéo d'un robot qui marche sur ses 2 jambes
<- Revue des sciences précédente | Revue des sciences suivante ->On voudrait en finir avec le capitalisme comme on a cru en avoir fini avec le communisme. Rompre avec son passé, quel rêve ! Effacer ses traces sur internet ou brûler les livres autrefois adorés. Ainsi, la révolution culturelle voulait faire table rase de l'héritage confucéen, tout comme en 1989 les bibliothèques se sont vidées des oeuvres de Marx...
Ce que notre époque post-moderne devrait apprendre pourtant, c'est tout au contraire que rien ne se perd. Le passé ne disparait jamais complètement et laisse ses traces, ineffaçables. Nous sommes plutôt condamnés à l'éternel retour du même, aux résurgences de souvenirs oubliés, comme la religion orthodoxe en Russie !
Il faut se persuader en effet que toute négation étant partielle ne peut jamais faire que ce qui a été n'ait été et ne reste d'une certaine façon notre présent. On ne fait jamais qu'ajouter de nouvelles possibilités aux anciennes. Peindre notre avenir aux couleurs de nos rêves est aussi absurde que les visions cauchemardesques et si des révolutions sont encore bien nécessaires ce n'est pas pour achever l'histoire par la victoire contre le mal et la réconciliation des coeurs. Non, le futur ne sera pas homogène, ce sera un futur pluriel aussi bien pour les systèmes de production que pour les modes de vie, les idéologies ou les religions.
Reconnaître la division de la société tout comme la division du sujet semble bien notre tâche historique, tâche qui peut avoir l'air insurmontable mais qui est pourtant un préalable indispensable, on le voit bien, à sortir la gauche de l'impuissance et de l'éclatement, écartelée entre un idéalisme débridé et un simple réalisme gestionnaire à courte vue. Il faut revenir encore une fois à Hegel pour critiquer ce que la fin de l'histoire marxiste pouvait avoir gardé de religieux.
"Nous n'avons donc affaire, quand nous parcourons le passé quelqu'en soit l'étendue qu'à de l'actuel; car la philosophie en tant que se préoccupant du vrai, n'a affaire qu'à de l'éternellement actuel. Pour elle rien n'est perdu dans le passé, car l'Idée est présente, l'Esprit immortel, c'est-à-dire qu'il n'est pas passé et qu'il n'est pas inexistant encore, mais il est maintenant essentiellement. C'est dire que la forme actuelle de l'esprit comprend en soi tous les degrés antérieurs". (Hegel Ph Histoire 66)
"C'est seulement après avoir abandonné l'espérance de supprimer l'être-étranger d'une façon extérieure que cette conscience se consacre à soi-même. Elle se consacre à son propre monde et à la présence, elle découvre le monde comme sa propriété et a fait ainsi le premier pas pour descendre du monde intellectuel". p306
"En elle et au sein de son immédiateté, l'esprit doit recommencer depuis le début aussi naïvement, extraire de cette figure sa propre grandeur comme si tout ce qui précède était perdu pour lui, et comme s'il n'avait rien appris de l'expérience des esprits précédents ; mais la récollection du souvenir les a conservés. Si donc cet esprit recommence depuis le début sa culture en paraissant partir seulement de soi, c'est cependant à un degré plus élevé qu'il commence". p312 Hegel, Phénoménologie de l'Esprit, Aubier
On peut tirer d'importantes conséquences de ces quelques indications de la fin de la Phénoménologie. D'abord, le fait que le savoir absolu et la fin de l'histoire, à l'opposé de l'accès à un homme nouveau libéré de toute aliénation, serait plutôt le renoncement à l'illusion de pouvoir faire table rase du passé et d'extirper le mal en nous. Les leçons de l'histoire devraient nous amener en effet à reconnaître la réalité de ce que nous sommes, non seulement la part lumineuse et l'aspiration à la justice mais aussi la part du négatif et nos propres fautes envers l'esprit qui devraient nous faire abandonner un jugement trop sévère envers les autres au profit du pardon réciproque et de la plus grande des tolérances. La "fin de l'histoire" ici, c'est la fin de l'illusion que l'histoire pourrait basculer dans une toute autre direction et nous dévoiler une vérité toute autre, c'est la fin des religions de la révélation historique comme de la conversion individuelle, tout simplement par le constat qu'on en sait déjà beaucoup sur nous, et ceci bien qu'on soit loin de tout savoir ! La fin de l'histoire, c'est finalement de comprendre l'histoire comme processus infini d'apprentissage et d'évolution. On pourrait dire que la fin de l'histoire c'est comprendre que l'histoire n'a pas de fin, de même que le savoir absolu, c'est de savoir que tout savoir est limité d'être savoir d'un sujet situé historiquement.
S'il y a paradoxe, à l'évidence, c'est seulement parce que le savoir s'égarait à se croire divin, passant d'une certitude à la certitude contraire, et que la dénégation de l'histoire nourrissait des visions prophétiques de solutions finales avec l'illusion qu'on pourrait devenir tout autre que nous sommes par l'achèvement des temps nous restituant notre nature perdue. Au fond les 2 siècles qui ont suivi la Révolution française auront expérimenté avec l'affrontement des idéologies exactement le contraire de ce que Hegel croyait pouvoir conclure de notre historicité enfin reconnue et de l'expérience de la Terreur qu'on n'a pu que répéter à ne pas vouloir en tirer les leçons. Il est effectivement paradoxal que Marx ait pu nourrir une nouvelle eschatologie dont la Révolution Culturelle s'est voulue la réalisation, catastrophique, notamment par erreur sur la prétendue culture bourgeoise qu'il faudrait rejeter comme si elle était dépourvue de toute dialectique et historicité de même qu'une culture prolétarienne supposée pouvoir être immédiate et infaillible.
Tout cela était déjà relativement connu mais on n'a pas porté assez d'attention jusqu'ici à l'indication que chacun doit refaire à chaque fois le chemin et que, donc, chacun y occupe une place différente où se rejouent les figures successives de l'esprit. Autrement dit, nous ne sommes pas contemporains mais chacun réglé sur sa propre horloge, chacun à une étape différente de la réflexion, toutes les positions morales étant occupées en même temps. On voit que la conscience de soi, d'être forcément individuelle puisque c'est l'homme qui pense, n'est pas la conscience de tous où s'arrêterait l'histoire dans une révélation définitive et immobile (on a un peu la même opposition qu'entre Thomas d'Aquin et les Averroistes). Cela montre à quel point la fin de l'histoire n'est pas vraiment un concept hégélien, ce n'est que l'interprétation qu'en a donné Kojève d'un dimanche de la vie plus proche de la fin de l'histoire marxiste, de même que "l'Etat universel et homogène" abolissant les classes sociales alors qu'il ne devrait sans doute pas être si homogène que ça, malgré l'unification marchande, puisque devant conserver tout le passé d'une part et devenant d'autre part de plus en plus individualisant. On oublie trop facilement à quel point la lecture que fait Kojève de Hegel est une lecture marxisante (et même stalinienne).
Il est extrêmement difficile de ne pas imaginer une humanité future entièrement bâtie sur le même moule, mais la vérité, c'est qu'on n'en a pas fini avec les diverses religions, ni avec les communistes, ni avec les fascistes, ni avec les libéraux, sans compter les écologistes qui vont prendre de plus en plus d'importance ! On ne peut croire qu'en 1945 De Gaulle aurait réussi à transformer tous les Français en résistants, ni que le déclin du Parti Communiste puisse suffire à faire disparaître tous ses petits apparatchiks. Conclusion : les staliniens sont toujours parmi nous, tout comme les collabos ou les petits nazillons, la démocratie sera toujours aussi difficile mais les justes ne disparaîtront pas non plus, ni les quelques résistants au prix de leur vie souvent, de leur carrière presque toujours. S'il y a bien diversification des parcours individuels, ce qui change, c'est uniquement la structuration en blocs et en territoires qui tend à s'estomper pour retrouver une diversité équivalente un peu partout. En ce sens, il y a bien homogénéisation au niveau mondial, mais pas sans un accroissement de la diversification interne (l'entropie égalise jusqu'au désordre maximum et non jusqu'à l'uniformité totale).
Même s'il ne faut pas l'exagérer, la tendance à l'homogénéisation ne fait pas de doute et notamment des modes de vie (surtout pour la génération du numérique). Il y a aussi le totalitarisme indéniable d'un capitalisme dont la force irrésistible est de proposer des marchandises moins chères et des salaires plus élevés. Croire pour autant que cette homogénéisation serait totale et qu'elle se ferait sans différenciations serait fort peu dialectique, on le voit au moins dans l'exacerbation des différences de richesses mais les luttes minoritaires revendiquent explicitement ce nouveau droit à la différence au nom de la défense de son identité ! Il n'y a pas que l'Un, il y a l'Autre aussi ! Ce à quoi on assiste est donc bien à la fois une homogénéisation globale, avec les mêmes aéroports et marchandises partout, en même temps qu'une différenciation interne irréversible et le relâchement des normes sociales. Cependant, comme pour tous les empires, il faut s'attendre à leur dislocation après une expansion qui paraît sans limites, avec notamment l'approfondissement de différences significatives entre les différents capitalismes (Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe, Asie, Pays Arabes, Afrique), tout comme entre les alternatives sans doute qui ne pourront être les mêmes en Europe et en Amérique latine. Il ne suffit pas de prolonger les courbes jusqu'à l'infini sans tenir compte des points de retournement et des oppositions temporelles ou spatiales.
L'altermondialisme qui défend la diversité des territoires ne peut prétendre à l'uniformisation interne (l'unité du peuple contre le reste du monde). Il faut en finir avec la passion de l'unanimisme, passion mortifère et liberticide. La liberté c'est la diversité et beaucoup trop de mouvements de résistance semblent vouloir s'opposer à nos libertés. Il est bien sûr indispensable que les antilibéraux réagissent aux excès de liberté des riches qui retirent toute liberté aux pauvres, mais c'est bien la liberté effective qu'il faut défendre et dont on ne peut se passer, La conclusion qu'on devrait tirer de cette incontournable diversification des individus et de leurs valeurs, c'est surtout la nécessité d'une économie plurielle (un seul monde, plusieurs systèmes), de la pluralité des discours et, donc, d'une limite à l'économie marchande. Ce n'est pas une question nouvelle puisqu'elle motivait déjà la réforme de Solon ainsi que "la grande transformation" des années 1930 analysée par Karl Polanyi. Rien d'impossible, même s'il ne s'agit pas d'en rester là, ce qui veut dire qu'il nous faudrait viser non pas la fin du capitalisme dans un grand enfermement mais à la fois sa domestication et des alternatives locales à la globalisation marchande permettant de sortir progressivement de la société salariale en construisant une économie du développement humain et du travail autonome (à l'ère de l'information et de l'écologie).
Evidemment tout cela pourrait sembler fort peu révolutionnaire, et même prononcer la fin de toute révolution possible dès lors que le savoir absolu pourrait se résumer par le constat inévitable d'un réveil brutal : Dream is over ! On comprend la contestation "unanime" contre ce verdict d'une fin de l'histoire qui nous priverait de toute prise sur notre destin, mais, c'est un fait, le verdict de l'époque condamne avec insistance toute révolution qui prétendrait nous apporter le paradis, et tous les efforts pour se pincer afin de se persuader qu'on rêve encore n'y changeront rien. Aucune chance, donc, qu'une révolution ne soit jamais possible si l'on désignait ainsi le bouleversement de tout l'univers et l'harmonie retrouvée. Cela ne signifie pas pour autant qu'on n'aurait plus aucun besoin de révolutions, non seulement pour changer les institutions mais surtout pour réaffirmer le lien social et les fondements de la république. C'est ce qu'on peut appeler le moment Castoriadis d'unité sociale et de refondation auquel succède inévitablement le moment Lefort moins drôle et beaucoup plus long de la division sociale et du débat démocratique.
Rien à voir avec le romantisme révolutionnaire, d'autant que pour reconstituer un rapport de force suffisant on a besoin de thèmes fédérateurs bien éloignés des tous les extrémismes. Les groupuscules carnavalesques qui se prétendent révolutionnaires ne sont guère plus que les symptômes d'une situation instable et d'une jeunesse qui ne manque certes pas de raisons de se révolter et de réclamer sa part de l'héritage commun. Ce qui effraie dans ces violences, au-delà de leur caractère intimidant, c'est la prétention de parler pour tous. Lorsque Lacan disait aux étudiants de Vincennes, qu'en tant que révolutionnaires ils cherchaient un maître, je trouvais que c'était bien trop caricatural et pourtant, de fait, une contradiction de ces activistes, c'est bien qu'ils valorisent les forts contre les faibles (les plus révolutionnaires contre les timorés), reproduisant inévitablement les mécanismes de domination en leur sein, ce qui est occulté par la croyance à une sorte d'unanimité dont le dirigeant ne serait que le porte parole. La diversité est justement ce que ces petits groupes ne peuvent supporter même, et d'autant plus, à prétendre le contraire en croyant favoriser l'expression des différents pour en faire de soi-disant "désaccords féconds". Le moment Lefort, celui de la démocratie pluraliste, exige de tenir compte notamment de la division de la société entre gauche et droite, d'oppositions irréversibles entre lesquelles il faut composer, de séparations entre les différents discours, de conflits d'intérêts et de valeurs, de pluralité des fins légitimes enfin.
Les révolutions ne viennent pas de l'exaltation de la jeunesse, même si elle y occupe souvent le premier rôle, mais de raisons matérielles profondes et de l'implication d'une partie significative de la population dans sa pluralité y compris politique, y compris une partie de la classe dirigeante (voir les phénomènes révolutionnaires). Même si les extrémistes qui s'expriment sur internet le font parce qu'ils s'imaginent qu'ils sont majoritaires, il devrait pourtant être impossible désormais de nourrir le mythe d'une volonté générale dès lors que la population a de plus en plus la parole sans qu'on en soit beaucoup plus avancé pour autant. Il n'y a pas de sujet de la révolution, c'est un sujet qui se constitue dans la révolution elle-même, en acte, révolution qui ne peut être permanente (cyclique plutôt) et doit déboucher sur son institutionnalisation, de nouvelles institutions pour augmenter nos libertés et nos pluralités de choix, jusqu'à devoir de nouveau réaffirmer notre unité. Le véritable sujet de la révolution, c'est sa nécessité matérielle qui se traduit souvent par une menace vitale. Cependant, si les révolutions doivent revenir périodiquement, elles ne peuvent plus constituer un point terminal, seulement une nouvelle phase de notre aventure collective, avec ses contradictions et ses errements. Plus besoin pour cela d'exiger que tout le monde soit pareil et conforme à notre idéal ! On voit tous les malentendus qu'il faudrait lever sur les causes et l'objet d'une révolution dont il n'y a encore aucune prémice pour l'instant mais que l'aggravation de la situation pourrait précipiter à condition que des réponses soient disponibles d'avoir été largement élaborées avant, plutôt que s'imaginer que tout se réglera tout seul dans le feu de l'action.
Tout est dans l'alternative qu'on propose et l'on peut bien s'énerver qu'on nous oppose qu'il n'y a pas d'alternative, c'est à nous de prouver le contraire sans attendre qu'un miracle se produise par je ne sais quelle émergence de l'intelligence des foules qui ont plutôt fait la preuve de leur folie constitutive. On ne peut dire qu'il ne pourrait rien naître de la pure destruction, ça c'est déjà vu pas mal de fois dans l'histoire mais en général ce qui suivait était plutôt pire. Bien sûr, tout le monde comprend l'envie de tout foutre en l'air, colère biologique ou négation purement verbale mais cette pathologie du langage est bien trompeuse car, répétons-le, toute négation est toujours partielle, c'est le secret de la dialectique et de l'évolution. La raison la plus fondamentale pour laquelle il ne peut pas y avoir une révolution qui change tout, c'est parce que nous devons construire sur les révolutions du passé pour essayer d'aller un peu plus loin. Il ne s'agit pas de revenir à une simplicité première, une nature originaire, mais il s'agit, au contraire, d'une complexification et, pour cela, on ne peut se permettre de tout envoyer promener alors qu'il faut construire sur l'existant. Le pas suivant s'appuie sur le pas précédent. Il s'agit plutôt d'ajouter de nouvelles possibilités que d'en supprimer, et donc, ce qui compte, c'est le projet qu'on défend plus que la force avec laquelle on le défend ou qu'on oppose à l'ordre établi.
Evidemment, on peut dire que les crises prouvent le contraire avec leurs "destructions créatrices" (Schumpeter), et si on n'abat pas l'ancien système, on peut être accusé de le soutenir, voire d'en reculer la fin (ce qui est très optimiste!) mais le jeu n'est pas si unilatéral. Certes, la contestation du système le renforce de le perfectionner (tout comme les crises) mais c'est la même chose pour la droite qui institutionnalise et consolide les revendications de gauche qu'elle veut contenir. De toutes façons, on n'a pas le choix car il n'y a aucun moyen d'abattre un système qui n'est pas centralisé mais qui est basé sur des acteurs autonomes (ce n'est pas un état naturel mais plus proche d'un état de guerre). Comment fera-t-on ? En supprimant l'argent ? et l'or ? Impossible, surtout au niveau mondial ! La seule solution est de se retirer du jeu, de se fermer au marché et de se couper du monde, ce qui peut vouloir dire ne plus pouvoir sortir de son trou, et cela sans empêcher le capitalisme de prospérer partout ailleurs. En fait, des monnaies locales permettent de se soustraire à la pression du marché sans ces inconvénients mais cela implique d'accepter de rester une société ouverte dans une planète limitée, ce qui comporte d'autres inconvénients qu'il faudra traiter car avouer qu'on ne supprimera pas le capitalisme de la surface de la terre pose de très nombreux problèmes, tout comme les menaces bien réelles de technologies devenues trop puissantes. Ne plus rêver de s'en débarrasser nous oblige à nous en préoccuper réellement. Aucun assaut contre le vieux monde, aucun raisonnement aussi hardi soit-il, ne supprimera la menace nucléaire ni la menace biologique. Quel pouvoir souverain pourrait bannir une technologie de par toute la terre jusque dans les grottes de pays inaccessibles ou dans les cuisines de biologistes fous ? Il vaut mieux le savoir pour s'en défendre comme on peut.
Tout cela n'a absolument rien d'optimiste ! Pas de bonne nouvelle pour les foules béates, encore moins de lutte finale, juste le besoin d'un sursaut citoyen et de nouvelles institutions, d'une refondation démocratique et d'alternatives locales, mais à ce pluriel du futur, il faudra appliquer une stratégie plurielle de convergence des luttes puisqu'on a besoin à la fois de réduire les inégalités, d'améliorer les protections sociales, de réguler le capitalisme, d'écologiser ses produits et de construire des alternatives locales. Il faudrait apprendre à s'ajouter plutôt que se diviser, c'est vital. On doit s'attendre au pire, en effet, avec les chocs successifs économique, monétaire, écologique, géopolitique, technologique, démographique, il faudra se battre sur tous les fronts à la fois. Bien normal que chacun cherche à y répondre par une solution unique (opposée avec mépris à d'autres solutions uniques) mais c'est ce qui ne se peut. On ne peut ni convertir le monde entier à nos croyances ou nos chimères, ni passer immédiatement à un nouveau système de production parfaitement ajusté. Malgré son productivisme insoutenable, non seulement le capitalisme ne va pas disparaître mais, paradoxalement, c'est l'écologie qui risque sans doute de le relancer avec le passage aux énergies renouvelables ou les économies d'énergie, ce qui rend d'autant plus indispensable sa régulation. Refuser aussi bien la régulation du capitalisme que le capitalisme vert est irresponsable mais surtout complètement vain ! Ce n'est pas une raison pour ne pas défendre une autre conception de l'écologie ni pour se soumettre à la loi du profit mais savoir qu'il faudra cohabiter et composer avec, au moins pour quelques décennies...
Il y aurait besoin d'un changement complet d'attitude avec l'époque précédente et les habitudes présentes, mais admettre que le futur puisse être pluriel est un véritable changement de paradigme, impossible à beaucoup et qui demandera du temps. L'alternative ne peut se réduire pourtant aux petits cercles de militants fanatisés mais doit s'ouvrir à tous et à la pluralité des modes de vie ou des religions, ce pourquoi le niveau communal semble le plus approprié même si ce n'est pas le seul, pour une écologie municipale et une démocratie de face à face avec tous les problèmes que cela pose. C'est dans ce cadre pluriel qu'il faudra préserver son habitation du territoire, améliorer nos conditions de vie et organiser à tous les niveaux, par tous les moyens à notre disposition, la décroissance des consommations matérielles et l'abandon des hydrocarbures. C'est dans ce cadre du passage de l'ère de l'énergie à l'ère de l'information qu'il faudra construire des alternatives locales avec toutes les institutions du développement humain et du travail autonome, permettant de sortir du salariat en abolissant la séparation du travail et de la vie comme de la production et de la consommation. Il y a différentes temporalités qu'il ne faut pas confondre, celle d'une révolution démocratique pour réaffirmer nos solidarités sociales, s'adapter aux nouvelles forces productives et permettre la sortie du productivisme, et puis celle de la construction de l'alternative qui prendra beaucoup plus de temps. En tout cas, même si rien ne l'annonce encore vraiment et que cela ne correspond guère aux rêves des révolutionnaires, une révolution de nos institutions reste absolument nécessaire qui ne se fera pas toute seule face aux profiteurs du système et devra pouvoir réussir pratiquement, en se prouvant véritablement durable.
Anselm Jappe, Les aventures de la marchandise, pour une nouvelle critique de la valeur
C'est pour répondre à de multiples demandes que j'ai fini par me résoudre à reprendre la critique de la critique lorsqu'elle s'égare sur le terrain des valeurs et prétend nous découvrir le secret du monde dans la tromperie de la marchandise. J'ai déjà eu l'occasion de dénoncer les propensions de notre époque à l'idéalisme qui s'insinue jusque chez les derniers marxistes s'imaginant encore que ce sont les idées qui mènent le monde !
Il faut bien dire qu'il peut être très difficile de sortir de certaines fourchettes mentales, fasciné par des déductions trop logiques. Ici, on se monte la tête avec un Marx ésotérique, bien caché en effet puisque c'est celui du premier chapitre du Capital (!), et qui n'aurait d'autre souci que de nous guérir de notre fétichisme ! Il est tout de même étrange que les analyses de Marx soient interprétées de façon si peu matérialiste et qu'une critique métaphysique de la valeur prétende nous sauver alors que c'est très matériellement que la valeur-travail est attaquée par les nouvelles forces productives immatérielles.
Il y a une grande étrangeté à pouvoir être d'accord avec une grande partie de ce livre, sur l'abstraction de la valeur et des rapports sociaux dans un système de production devenu autonome, en particulier sur la nécessité de sortir du salariat mais sans que cela puisse signifier une quelconque "fin du travail" ou de tout "système" de production, seulement passer du travail forcé au travail choisi et du salariat au travail autonome ! Il est effectivement très inquiétant de constater qu'on puisse être si proche de la vérité et la rater complètement pourtant, en inversant simplement l'ordre des causalités. Car ce qui est déterminant, qu'on le veuille ou non, c'est bien la production matérielle et "le bon marché des marchandises qui est la grosse artillerie renversant toutes les murailles de Chine" (K.Marx, Manifeste) !
A en croire certains idéologues allemands, l'Allemagne aurait été, dans ces dernières années, le théâtre d'un bouleversement sans précédent. Le processus de décomposition du système abouti à une fermentation universelle où sont entraînées toutes les «puissances du passé». Dans ce chaos universel, des empires puissants se sont formés pour sombrer tout aussi vite, des héros éphémères ont surgi pour être rejetés à leur tour dans les ténèbres par des rivaux plus hardis et plus puissants.
Apprenons aux hommes à échanger leurs illusions contre des pensées correspondant à l'essence de l'homme, dit l'un, à avoir envers elles une attitude critique, dit l'autre, à se les sortir du crâne, dit le troisième et la réalité actuelle s'effondrera.
Ces rêves innocents et puérils forment le noyau de la philosophie actuelle des Jeunes Hégéliens, qui, en Allemagne, n'est pas seulement accueillie par le public avec un respect mêlé d'effroi, mais est présentée par les héros philosophiques eux mêmes avec la conviction solennelle que ces idées d'une virulence criminelle constituent pour le monde un danger révolutionnaire. (Marx, L'idéologie allemande)
Un certain nombre de critiques doivent s'adresser directement à Marx lui-même car il ne fait aucun doute qu'il était victime de pas mal d'illusions, illusions que nous ne pouvons plus conserver du fait de l'expérience historique, que ce soit la propriété collective des moyens de production qui ne change rien à la subordination salariale, ou la prétendue abolition des classes, ou même l'effondrement du capitalisme tant attendu, cela sur le plan économique. De même, il est indéniable que son projet philosophique (hégélien) était celui d'une société consciente d'elle-même qui ne se dresserait plus face à l'individu comme une réalité étrangère. La suite a montré la faiblesse de sa pensée sur cette dimension politique dont les contradictions ne se limitent pas aux contradictions économiques même si elles y sont prégnantes. Lénine tentera d'y suppléer en cumulant les stratégies incompatibles de l'avant-garde bakouninienne groupusculaire et de la "dictature du prolétariat" marxiste, sans parti séparé. Le XXème siècle, qui a été celui d'une nouvelle sorte de guerre des religions et de la confrontation catastrophique des idéologies à l'histoire, nous a appris qu'il faut en rabattre sur la prétention de plier le réel à nos volontés ou d'une maîtrise totale de notre existence collective. L'échec du marxisme, mais plus généralement de la démocratie, c'est l'échec à récupérer cette puissance sociale pour en faire une production rationnelle dépourvue de tout fétichisme, dans la transparence à soi, et transformer ainsi l'histoire subie en histoire conçue. Cet échec est aussi celui d'un homme total et d'une fin de l'histoire qui serait à la fois fin des classes sociales, de la division du travail, de l'argent, de la famille et de l'Etat ! On voit bien que, même si on va dans ce sens, on est dans la précipitation au moins, sinon dans le délire le plus total, dans l'emballement simplificateur qui se heurte violemment au réel, quelque soit l'acharnement de la terreur révolutionnaire pour en imposer l'existence par la négation de l'existant.
C'est cet échec que les néolibéraux comme Hayek ont théorisé par notre rationalité limitée et par l'imperfection de l'information, scepticisme justifiant pour eux un laisser faire irresponsable qui n'est pas, bien sûr, le dernier mot de l'histoire, ce nouveau totalitarisme de marché nous menant directement dans le mur, on le voit bien. Toute bonne philosophie rejette à la fois le scepticisme et le dogmatisme, mais s'enrichit de l'expérience historique. Si l'échec des totalitarismes a donné raison aux libéraux, leur échec ne doit pas nous ramener au totalitarisme mais intégrer le pluralisme dans une écologie de la diversité et une économie plurielle. En tout cas, ce n'est pas aussi simple qu'on le rêvait et ce sont les surprises de l'histoire, ce qui fait qu'il y a histoire et que la fin n'est pas connue d'avance. On pourrait renvoyer au dernier Lukàcs, à l'origine des critiques du fétichisme (dans "Histoire et conscience de classe") et décisif sur tous les points étudiés ici, intégrant notamment cette diversité évolutive et cette indétermination de l'histoire. L'histoire est toujours celle de nos illusions perdues dans la confrontation à la dure réalité. C'est la leçon de la dialectique comme de toute expérience de nous condamner aux démentis du réel, ce qui ne doit pas nous décourager et nous arrêter net ! Aucun échec ne peut annuler l'intention première ni une construction cumulative qui doit trouver simplement d'autres voies plus praticables. Il faut toujours se souvenir que toute négation est partielle. Il ne s'agit à chaque fois que d'intégrer l'objection pour la dépasser, non pas passer à l'ennemi mais seulement corriger le tir et reconnaître ses erreurs. On ne peut renoncer pour autant à se projeter dans le futur mais sous une forme inévitablement plus modeste, celle de l'écologie qui se réduit à la préservation de nos conditions vitales, plutôt que de vouloir modeler le futur à notre volonté ou même à nos valeurs.
Malgré ses inévitables limitations historiques qui font qu'on ne peut plus être marxiste, Marx reste un point de départ indispensable pour la réalisation de la philosophie et une dialectique matérialiste, pour l'analyse du système de production capitaliste et l'interprétation sociologique de l'idéologie. Même s'il faut en rabattre sur la résolution finale de toutes les contradictions, on ne peut nier le fondement métaphysique dans la lutte et le travail d'un homme qui se définit par ce qu'il fait mais en premier lieu de transformer ses propres conditions de vie, ce qui en fait la spécificité, auto-référentielle peut-on dire, à devenir en quelque sorte cause de soi, liberté qui se développe et prend chair dans l'évolution technique et l'artificialisation de la nature prolongeant l'évolution génétique par l'histoire humaine mais restant entièrement dépendante de ses bases matérielles. L'essentiel, c'est que ce ne sont pas vraiment les idées qui mènent le monde mais les forces matérielles et les capacités (re)productives même si les idées y ont leur part.
C'est ce qui rend vaine la critique lorsqu'elle ne s'appuie pas sur des dynamiques effectives. La critique de l'aliénation n'y échappe pas, de sorte qu'une critique de l'aliénation qui n'avoue pas ses origines sociales ou dans la sphère productive et ne débouche pas sur des mesures concrètes ne peut être qu'ineffective dans sa généralité trompeuse. Il n'y a pas de révélation qui déchirerait le voile du réel et nous rendrait à une liberté originelle. Il y a seulement des injustices à réparer, des mensonges à dénoncer, des libertés à conquérir et s'il ne faut absolument pas abandonner la critique de l'aliénation, on ne passera pas soudain de l'ombre à lumière mais seulement de l'ombre à une ombre un peu plus claire. On ne passe pas de l'aliénation à l'authenticité mais, par exemple de l'esclavage (qui n'était pas toujours l'enfer) au salariat (qui n'est pas le paradis). De même le passage du salariat au travail autonome et à la valorisation de la personne ne sera sûrement pas un chemin de roses. Echapper au "travail abstrait" et à la marchandisation ne rend pas le travail plus facile ! De plus, on peut penser, à la suite de Rancières, qu'on surestime beaucoup l'aliénation marchande mais qu'on sous-estime le caractère aliénant d'une critique de l'aliénation qui reste fondamentalement moraliste ou élitiste voire franchement réactionnaire. L'homme nouveau promis par les révolutionnaires est sans doute effectivement l'homme modernisé, adapté au monde industriel, mais c'est aussi un homme désindividualisé au nom d'un moralisme culpabilisant (n'oublions pas que l'autocritique communiste a précédé l'autoévaluation néolibérale) conséquence d'une survalorisation des liens sociaux (elle-même due à leur délitement). Qui veut faire l'ange, fait la bête : on en viendrait à nous faire croire que la société féodale était plus humaine !
C'est une erreur de croire que la féodalité ne relevait pas d'un système contraignant avec son fétichisme, tout comme le système capitalisme, où l'homme s'efface derrière la fonction. Il y a tout au plus progrès dans l'abstraction et encore, l'inflation due à l'afflux d'or des Amériques touchait tous ceux qui n'avaient aucun lien pourtant avec ces pays lointains (c'est l'origine de l'économie-politique). Quoiqu'il en soit, on ne peut être en dehors de tout système, toujours inscrits dans un discours, pris dans une structure qui nous contraint et dans la circulation de la dette. La différence a été bien mieux définie par Louis Dumont (cité seulement en note p253) opposant les société hiérarchiques, basées sur les castes et les rapports entre personnes, aux sociétés égalitaires (démocratiques) basées sur le marché et les rapports entre choses. On échange ainsi une dépendance des personnes qui donne une certaine indépendance des choses, par l'appartenance à une mafia par exemple, avec une indépendance des personnes qui se paye d'une totale dépendance des choses. Pourtant, le bilan n'est pas si noir pour les sociétés de marché en terme de liberté individuelle ou d'universalité, condition de la mobilité (c'est grâce à sa ceinture d'or que Rimbaud pouvait sillonner l'Afrique). Même si l'argent est bien "aliénation de la communauté", si l'on veut, ce n'est pas si grave dès lors que la communauté n'est pas si désirable qu'on le dit, qu'on a besoin de s'en détacher autant qu'on a besoin de rester solidaires, que l'aliénation dans l'autre est inévitable enfin, moment de l'objectivation d'une liberté qui n'aurait sans cela aucune consistance. On peut définir l'argent plutôt comme l'incarnation de la totalité, la présence du général dans le particulier si incompréhensible au réductionnisme individualiste qui ne voit que les corps et non pas les liens entre les corps. La question est plutôt de savoir quoi en faire, elle est stratégique et mieux vaudrait sans aucun doute se réapproprier la monnaie comme monnaie locale plutôt que de rêver s'en passer. Il n'y a pas que le négatif, il y a le positif aussi en bonne dialectique, ce qui ne veut pas dire qu'on serait condamné à un système unique alors qu'il y a toujours pluralité de systèmes. Capitalisme ou pas, la société comme totalité et système de production se dressera toujours inévitablement face à l'individu, ce qui ne veut pas dire que tout se vaut et qu'il n'y aurait aucun progrès possible, mais plutôt qu'on ne peut juger un système qu'à partir d'un autre système et que l'action transformatrice ne prend sens qu'à partir de l'alternative qu'elle construit et non de déductions abstraites ni en rivalisant d'extrémisme purement verbal.
Ainsi, il est certainement nécessaire et désirable de sortir du salariat au profit du travail autonome mais il est très confusionnel de parler d'abolir le "travail" à la place du "salariat", même si Marx le fait dans l'Idéologie Allemande, ce qui est simplement escamoter la question de la production, et même si, effectivement, la séparation du travail et de la vie tend à s'estomper et que la catégorie indifférenciée de travail est bien liée à l'évidence au salariat. Pour autant,il n'a pas fallu attendre le capitalisme pour faire du travailleur un des piliers de la tripartition indo-européenne ni pour parler de "gagner sa vie à la sueur de son front" et le travail de l'esclave n'a pas attendu non plus la loi de la valeur, les descriptions de l'économie pré-capitaliste étant un peu trop idéalisées, malgré les dénégations de l'auteur, ce qui est en effet indispensable si l'on veut pouvoir revenir à un état supposé originaire, une authenticité perdue... Passons sur la fausse étymologie du mot travail, reprise ici comme partout. On est aussi ravi de découvrir que le problème n'est pas la lutte des classes entre travail et capital mais entre valeur d'usage et valeur d'échange ! Ce n'est même pas faux, juste ridicule. Comme toujours, c'est la vérité qui égare, pouvant provoquer toutes sortes d'exaltations plus ou moins déplacées, comme aveuglé par une révélation trop éblouissante.
Il y a de nombreuses absurdités comme le fait de s'imaginer que le capitalisme aurait dû mourir en 1929 et qu'il est depuis en sursis alors qu'il n'a jamais été aussi triomphant ! Il y a une conception orthodoxe mais très étroite du travail productif comme créateur de plus-value assez éloigné des réalités, rappelant les physiocrates dont se moquait Voltaire dans "l'homme aux quarante écus". Le démon de la généralité personnifiant le capitalisme et lui prêtant des intentions amène la conclusion inévitable de son effondrement prochain qu'on attend encore malgré les coups qu'il subit, car le capitalisme et le bon marché des marchandises ne sont pas des pouvoirs qu'on peut abattre, pas plus que la gratuité numérique, mais qui renaissent toujours de leurs cendres ! Il ne suffit pas qu'un effondrement semble logique, notamment à cause de la baisse tendancielle du taux de profit, pour qu'il ait lieu mais surtout on méconnait ainsi ses capacités à rebondir, les ressources de reconstitution du taux de profit dans les crises justement (Schumpeter). De même, on va un peu vite en besogne à se voir arrivé à une automatisation généralisée alors que l'industrie a encore de beaux jours devant elle, en particulier grâce au capitalisme vert ! En fait, c'est au moment où l'on obtient les gains de productivité les plus forts avec l'augmentation des consommations qui en découle qu'on prétend qu'on ne pourrait plus créer de plus-value ! Quant à prétendre que les pays en développement ne peuvent pas se payer d'infrastructure alors même qu'ils nous prouvent le contraire... Le plus absurde, c'est une histoire de l'humanité réduite à une histoire de la marchandise et de son abstraction, faisant effectivement abstraction de tout le reste (par exemple l'invention des voyelles par les Grecs démocratisant l'écriture mais surtout les dimensions politiques et militaires). On est là dans le dogmatisme le plus plat et une reconstitution bien maladroite des grands récits (aussi faux et simplificateur que "L'origine de la famille, de la propriété et de l'Etat" d'Engels), façon de réécrire l'histoire à partir du présent, comme s'il n'y avait pas d'histoire justement et que tout était toujours pareil, sans grande spécificité du capitalisme poussant seulement la logique de la marchandise à son paroxysme. C'est comme toujours une série d'erreurs de détail et d'omissions qui permettent ces grandes fresques tellement séduisantes dans leur simplicité même, simplicité qui peut paraître si éclairante et si satisfaisante pour l'esprit, sans être dérangée par aucune dialectique trop perturbante !
Malgré tout cela, je répète que je suis d'accord avec à peu près tout, avec le fait que le marxisme a été un proudhonisme (en même temps qu'un blanquisme) et que le syndicalisme a été intégré au capitalisme (fordiste) et à sa modernisation. Avec le fait que les coopératives n'échappent pas à la loi du marché (sauf si elles sont municipales!) et qu'il ne suffit pas de combattre le néolibéralisme alors qu'il faut sortir du capitalisme. D'accord, évidemment, avec le caractère systémique de la crise liée à la séparation de l'offre et de la demande ainsi qu'à une production guidée par le profit (sauf que la cause dernière est bien l'efficacité matérielle). Le capitalisme est bien un système, dont le fonctionnement ne dépend pas de ses éléments mais qui a son autonomie dont les économistes essaient, difficilement, de faire science. Ce sont bien les rapports entre choses qui déterminent les rapports entre les hommes et le travail abstrait comme réalité statistique organisant les rapports sociaux par l'échange de marchandises grâce à la mesure du travail par le temps qui unifie toutes sortes d'activités déqualifiées. Nous vivons bien dans une abstraction réellement existante et qu'on peut même qualifier de matérielle. Ce n'est pas une raison pour en rajouter pour autant et prétendre que cette abstraction serait "fausse" et nous cacherait la vérité, vérité supposée accessible immédiatement sinon. Je dois bien avouer que j'ai moi-même défendu ce genre de bêtises ! C'est de là que je viens, c'est ma famille, ayant repris les thèmes de l'aliénation comme un certain nombre de mes contemporains, jusqu'à ce que les outrances de Tiqqun avec qui j'avais fricoté au tout début me fassent comprendre le caractère aliénant et fallacieux de la plupart des critiques de l'aliénation s'égarant dans l'idéalisme le plus débridé et même le mépris des pauvres aliénés souvent. J'exige désormais des alternatives concrètes et un peu plus d'honnêteté envers nos limites et nos contradictions, une vérité moins complaisante envers soi-même enfin.
Rejeter l'idéalisme des critiques de la valeur, ce n'est pas remettre en cause le caractère idéel de la marchandise, sa "métaphysique critique" bien trop réelle qui nous enveloppe de signes trompeurs, ni l'abstraction de la valeur et de l'argent nous écrasant sous le poids de la dette (tout comme l'ancienne vendetta), c'est contester à la fois qu'on en soit tout-à-fait dupe et qu'on puisse avoir un accès direct au réel sans la médiation du social comme totalité, c'est y réintroduire la dialectique enfin avec la matérialité de la production et des contraintes systémiques. En effet, ce que Marx a réellement découvert, c'est que nous sommes toujours dépendants d'un système de production, pas seulement le capitalisme où les contraintes systémiques sont plus apparentes de ne pas passer par la contrainte physique, mais bien tout système, préfigurant la notion d'écosystème ainsi que la théorie des systèmes beaucoup plus tardive. Son erreur a été de croire que les contradictions menaient un système à sa perte alors qu'elles peuvent constituer sa dynamique au contraire (Braudel : "La dynamique du capitalisme"), même à devoir passer par des crises cycliques où il se renouvelle à chaque fois. C'est donc pur idéalisme de croire pouvoir échapper au fétichisme comme aux structures sociales ou aux représentations culturelles, c'est pur idéalisme de croire qu'il suffirait d'en faire la critique, mais c'est surtout pur idéalisme de ne pas tenir compte de l'efficacité productive ni de la dialectique entre le concept et le réel, restant dans le domaine de l'abstraction sans prise en compte de la diversité des éléments concrets et de leur évolution historique. C'est vraiment du délire de prétendre que le fétichisme de la marchandise ou de l'argent relèverait d'une projection imaginaire comme d'une magie noire alors que leur valeur est bien réelle même à être fluctuante, la valeur-travail étant une valeur de reproduction plus que la coagulation du travail incorporé. On voit bien d'ailleurs, au détour d'une note (note 32, p179-180), que derrière cette conception du fétichisme, il y a en fait un point de vue kantien dépourvu de dialectique entre la chose-en-soi et la représentation trompeuses de nos catégories plaquées sur elle et qui nous la cacherait complètement alors que les représentations s'élaborent en fait dans l'expérience de l'interaction avec l'objet, dans un processus historique d'ajustement et de transformation où se cherchent notamment de nouveaux rapports de production plus adaptées aux nouvelles forces productives, et non pas de façon intemporelle dans une fin de l'histoire où la théorie de Marx serait indépassable et hors d'atteinte des expériences historiques effectives.
Le règne de l'argent ne date pas d'hier et devance largement le capitalisme mais il y a quelque chose des premiers chrétiens détruisant les idoles dans cet acharnement contre le fétichisme destiné à nous confronter au réel dans sa transparence. On pourrait apprendre pourtant de la querelle iconoclaste que, si on ne peut se passer de signes, on peut les réduire à ce qu'ils sont : non pas la chose même, seulement sa représentation. C'est pareil pour les signes monétaires et, répétons-le, plutôt que de contester l'argent on ferait mieux de créer des monnaies locales. Refuser l'univers des signes, ce serait refuser le langage et les règles de la société à laquelle nous appartenons par la culture ainsi que le poids de la dette. Cela ne doit pas empêcher de critiquer les promesses publicitaires en particulier, sans se croire obligé de devoir promettre la vraie vie pour autant ! On a eu la chance que Lukàcs, qui a été à l'origine de la critique du fétichisme, corrige son erreur première en substituant au fétichisme des rapports humains, qu'on ne peut rêver de dépasser hors d'un cercle restreint, la critique de la réification et de la passivité du spectateur escamotant notre marge de manoeuvre dans un processus qui n'est pas figé. Dans ce cadre le fétichisme du héros révolutionnaire (ou du bouc émissaire) est dénoncé comme détaché du processus dans lequel il s'inscrit et qui l'a produit. Ce n'est pas une simple subtilité d'interprétation car il faut souligner qu'il y a une totale opposition entre la critique du fétichisme comme retour à des rapports sociaux préexistants, voire "naturels", et la critique de la réification comme processus actif en devenir. C'est la version réactionnaire, de droite, contre la version progressiste, de gauche. Reste que l'action n'est pas toute puissante et même strictement limitée à ce que le système permet, ou qu'un autre système exige. Comprendre que la loi de la valeur est au principe de l'autonomie de l'économie et de la croissance capitaliste, ne veut pas dire qu'on peut récupérer la maîtrise de l'économie mais au contraire, qu'il faut tenir compte pour l'action de la nécessité d'une boucle de rétroaction positive pour que ça marche, ni la morale, ni la contrainte n'y feront rien.
Le succès des théories de l'aliénation dans les classes intellectuelles n'a rien d'étonnant à notre époque qui n'est plus celle du capitalisme industriel justement. En effet, à mesure que le travail devient autonome, qu'on quitte les sociétés de discipline et le travail forcé, c'est l'aliénation qui devient manifeste, l'intériorisation des normes, ce que Boltanski réfère au réalisme du rôle social. L'entrée dans l'ère du numérique a changé toutes les données et modifié profondément le sens des questions posées par le salariat. Ce travail qui n'est plus travail de force ni travail forcé, n'est plus linéaire et ne peut donc plus se mesurer par le temps de machine. C'est ce qui mine la valeur-travail bien plus que la critique radicale mais loin de signifier la fin du travail, c'est seulement la fin du travail payé au temps salarié, remplacé par les contrats de projet et le paiement du produit, produit sur lequel il n'y a peut-être plus de plus-value (ce qui est douteux dès lors que beaucoup de produits ou services font gagner du temps), mais sur lesquels il peut y avoir du profit marchand, notamment avec l'aide du marketing. Même les logiciels libres qui préfigurent pourtant bien une production échappant à la loi de la valeur peuvent être utilisés pour générer des profits marchands. Ce n'est plus du capitalisme industriel (qui a encore de quoi faire), mais cela reste en partie au moins une production marchandisée et déterminée par la circulation (ou les flux), pouvant même créer de la valeur par l'optimisation de la distribution constituant un gain de temps de travail global. C'est pour l'instant en tout cas l'explosion d'une publicité omniprésente dans cette guerre de l'information. L'aliénation du travail peut même être renforcée par le travail autonome, de mettre en jeu la subjectivité et la valeur personnelle, renforçant l'intériorisation et la culpabilisation en même temps que la précarité et l'individualisme. On est loin de la fin de l'aliénation mais c'est à ce titre que les critiques de l'aliénation sont pertinentes (il faudra y revenir), à condition de toucher juste et de ne pas se perdre dans une vaine métaphysique ni se tromper de cible.
Que les choses soient bien claires : une critique de la critique ne vaut qu'à renforcer la critique et les chances d'une véritable transformation sociale. Il ne peut être question d'abandonner la critique de l'aliénation et du salariat mais seulement les grandes envolées métaphysiques, ce qui ne veut pas dire se limiter à un réformisme mou mais refuser tout romantisme révolutionnaire au profit d'alternatives concrètes, forcément limitées, qui n'ont pas un caractère d'absolu même si elles changent la vie vraiment. Il n'y a d'aliénation que par rapport au possible. Ni résignation à l'ordre établi, ni vaine utopie. Le défi, c'est de tenir compte des échecs des révolutions précédentes pour réussir une véritable alternative et ne pas reproduire les mêmes erreurs. Au lieu de s'extasier sur la profondeur de notre critique, il vaudrait mieux en éprouver l'insuffisance.
Bien qu'il soit devenu la principale inspiration de ces dérives, c'est pourtant sans doute Guy Debord qui a porté au plus haut cette critique de la critique qui va, bien au-delà de l'insulte, de l'exclusion jusqu'à la dissolution dans l'exigence d'une vérification de ses prétentions dans les faits, prolongeant l'art moderne dans la mise en cause du sujet de l'énonciation et de ses mirages. En effet, de même qu'on ne juge pas un individu sur l'idée qu'il se fait de lui-même, de même la valeur de la critique ne se juge pas à sa grandiloquence mais dans la vie quotidienne et des dispositifs concrets où il faut en rabattre sur nos idéaux et ne pas prétendre à plus qu'on ne peut. C'est tout l'intérêt de la relocalisation de ramener les questions à leur dimension humaine de rapports de face à face, loin de toute métaphysique. Lorsque la critique déraille, se perd en querelles byzantines ou se fige en dogme, elle se déconsidère et nous désarme. Cependant, la critique de la critique n'est pas seulement nécessaire pour des questions d'efficacité mais aussi pour combattre le caractère aliénant et moralisateur de la critique. De fait, il y a trop souvent quelque chose d'élitiste et d'insupportable dans le soi-disant critique de l'aliénation, dénoncé par Debord dans "La véritable scission" sous la figure du pro-situ effectivement lamentable et dont François George est l'exemple type si l'on en croit son témoignage dans "à la rencontre des disparus". Se focaliser sur l'aliénation et se vouloir désaliéné mène inévitablement à mimer l'intériorité et se donner en spectacle, le narcissisme ne s'apprivoise pas si facilement, pas plus que la pensée de groupe. La psychanalyse connaît bien ces difficultés. Il faut dire qu'on est dans le typique "double bind" qui ordonne : sois spontané ! et qui finit par l'injonction du surmoi : jouis ! (Lacan, Encore, p10). De sorte qu'il faut vraiment vouloir ignorer la psychanalyse pour garder le fantasme d'un homme total, d'un sujet qui ne serait plus divisé et d'un désir qui trouverait enfin son objet.
La critique doit se faire humble et concrète, avoir des analyses précises, enquêter sur les faits, coller à la pratique sans renoncer à être radicale, seulement à ses rêves de paradis et de toute-puissance. Il ne s'agit pas de promettre la lune ni une réconciliation finale de tous les coeurs mais revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales sous leur aspect décevant et bien trop prosaïque peuvent changer la vie vraiment et nous permettre de sortir du salariat et de la loi de la valeur, dans une économie ouverte et plurielle à l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain, progrès comparable sous certains aspects à l'abolition de l'esclavage. Ce n'est peut-être pas aussi exaltant que de renverser le cours du temps pour accéder à l'Être suprême mais ce ne serait déjà pas si mal pourtant, en tout cas nécessaire autant que possible, et répondrait point par point aux critiques de la valeur même si cela en change le sens et ne peut se faire en tenant toutes leurs promesses les plus folles. Nous sommes à n'en pas douter du même bord malgré tout, mais il faudrait se concentrer un peu plus sur les alternatives, qui sont entièrement absentes, et notamment sur le fait qu'il n'y a que des alternatives locales à la globalisation marchande, ce qui est certes difficile à avaler mais qu'André Gorz, par ailleurs séduit pas ces critiques de la valeur, avait bien montré dans "Misère du présent, richesse du possible", alternatives locales qui ne se réduisent pas comme on le prétend à une "redistribution" de la production marchande, puisque supposant au contraire une production locale, hors salariat, qui s'y substitue en partie au moins. Tout au contraire d'une prétendue fin du travail, c'est en partant du travail et de la valorisation de ses compétences qu'on peut espérer construire une production alternative, et non à partir des consommations de marchandises ou de la dénonciation des valeurs. En tout cas, la seule valeur de la critique, c'est de transformer le monde vraiment, la question de la vérité reste bien une question pratique.
Le capitalisme et le monde de la marchandise semblent se caractériser par leur évacuation complète de la mort, revendiquant une fin de l'histoire qui serait une histoire sans fin, une culture de paix portée par le commerce ainsi que les promesses publicitaires d'une vie de plaisirs.
Point par point, le réel y fait objection pourtant par l'irruption de la mort tant redoutée, le maître absolu, que ce soit sous la forme de l'effondrement systémique, de la guerre ou du suicide (tellement incompréhensible pour l'homo oeconomicus!).
On n'en a pas fini avec la mort, pas plus qu'avec le réel ni avec l'histoire. Ce n'est pas tant parce que le capitalisme serait mortifère, animé d'une "pulsion de mort" venue on ne sait d'où, mais parce que la mort fait partie de la vie et qu'on se cogne au réel inévitablement. Si le capitalisme monte ainsi invariablement aux extrêmes, c'est tout simplement parce qu'il ne connaît pas de limites et ne rencontre ses limites qu'à mettre en cause notre existence, individuelle ou collective. Si la mort est en jeu, c'est que la vérité n'est pas donnée ni le réel transparent et qu'il ne peut y avoir de changement des règles collectives sans menacer l'existence du collectif comme tel et jusqu'à la vie de chacun, obligé de choisir son camp.
Plusieurs événements d'actualité illustrent assez clairement comment peuvent se conjuguer le capitalisme et la mort, de façons certes bien différenciées mais qui témoignent à chaque fois d'un processus livré à lui-même qui outrepasse ses limites vitales et n'en veut rien savoir jusqu'au verdict mortel. Ainsi, on a vu comme les banquiers n'appellent l'intervention de l'Etat et n'acceptent ses directives qu'à l'article de la mort. Dès qu'elles relèvent la tête, les banques n'ont rien de plus pressé que de se débarrasser de sa tutelle pour revenir à leurs petites affaires et recommencer comme avant. Il faut y voir la preuve qu'on ne peut faire l'économie de la crise, qu'il faut voir la mort de près pour accepter de lâcher du lest. C'est hélas la même chose avec l'écologie, on le sait bien, il faut sentir sa vie menacée pour réagir. Se fier à l'auto-régulation des marchés, c'est comme lâcher le volant de la voiture en s'imaginant que cela pourrait être une bonne façon d'éviter nos erreurs de conduite, alors qu'on nous mène ainsi directement dans le mur ! Cependant, l'accident n'a rien d'accidentel, il est même impossible de s'en passer. En effet, les krachs, les crises deviennent d'autant plus inévitables qu'on s'en croit protégé et que la notion de risque se perd. Plus le système semble solide, plus les risques semblent faibles, plus on risque une crise systémique encore plus forte ! On s'en accommoderait si c'était la fin du système et ne provoquait pas souffrances et morts en série, sinon quelques guerres comme dans la plupart des crises précédentes...
On voit en général dans la guerre une façon de stimuler le capitalisme, ce qu'elle est indiscutablement, mais si le capitalisme a besoin de la guerre, c'est peut-être surtout qu'il faut la menace vitale pour sortir de la crise, c'est-à-dire pour donner à l'Etat les moyens de relancer la machine. C'est ce que suggère en tout cas le fait que l'entrée des Etats-Unis en guerre a permis de multiplier par 10 les sommes injectées dans l'économie au moment du New Deal, ce qui a constitué la véritable sortie de la crise de 1929. C'est aussi le moment où l'on peut augmenter les impôts jusqu'à la confiscation des richesses. L'essentiel, au moment de la reprise en main par l'Etat d'une économie moribonde, c'est sans doute en effet la reconstitution des solidarités sociales, les nouvelles institutions qui en sortent (le nouveau régime de capitalisme régulé), plus que les sommes engagées bien qu'elles soient effectivement déterminantes. La guerre avait une fonction différente dans les sociétés féodales ou militarisées même si l'unité sociale entrait aussi en compte. Dans le stade agricole et terrien, la puissance militaire est un facteur de production, soit comme prédation (ou extension de son domaine), soit comme défense contre la prédation. Dans le capitalisme, elle a une toute autre fonction, fonction double de destruction du capital, permettant d'annuler des dettes irremboursables et de reconstituer le taux de profit, mais elle sert aussi à mettre en place de nouvelles règles, reconstituant la solidarité indispensable au fonctionnement d'un système qui s'était auto-détruit. Elle sert enfin d'accélérateur aux mutations technologiques, la technique étant déterminante et vitale dans la guerre. Tout cela ressemble plus à une révolution sans doute. Pourquoi donc la guerre ? Les révolutions sont assez rares parce que seule la guerre nous met le couteau sous la gorge et nous oblige à agir comme nation, intérêt général supérieur aux intérêts privés alors qu'en temps ordinaire les pressions sont trop fortes des intérêts privés et des divergences idéologiques. Les crises sont le signe que le capitalisme n'est pas auto-régulé, qu'il n'a pas de limite interne ni de gouvernement rationnel, et la guerre est le signe qu'il ne peut trouver de sursaut collectif en lui-même mais seulement dans la menace vitale extérieure, de même qu'il faut le plus souvent être mis en cause dans son existence même pour se révolter et vouloir renverser l'ordre établi. L'écroulement du système ne suffit donc pas, en lui-même, la mort des entreprises, on ne peut éviter la confrontation à la mort individuelle pour reprendre l'histoire et redonner toute sa place à l'Etat, au commun, à notre existence comme société.
Si les crises et la guerre sont des caractéristiques relativement bien connues du capitalisme, même si on faisait mine de l'oublier, il semble qu'il y ait un tout nouveau "mode" de confrontation avec la mort, plus surprenant, au moins pour la théorie économique : le suicide des salariés devant des conditions de travail insupportables ! Ce n'est pas si nouveau que cela pourtant, puisqu'on pourrait remonter jusqu'aux suicides d'esclaves, ou beaucoup plus près de nous à ceux du secteur automobile. C'est un phénomène qu'on peut imputer en grande partie au délitement des luttes collectives (l'individualisation et sa psychologisation culpabilisante), mais cela dit sans doute quand même quelque chose d'essentiel sur les transformations actuelles du travail, à la fois sa dégradation (dans les faits) et sa valorisation (dans les discours). D'abord, ces suicides prennent bien l'allure d'une "mode", même si on peut s'en choquer, c'est-à-dire d'une expression collective, d'un sacrifice qui se veut protestation sociale, qui fait sens pour tous. Les suicidés du travail parlent pour nous. On a beau jeu d'arguer que ce taux de suicides ne serait pas supérieur au taux national mais cela n'empêche pas qu'ils fassent sens. Ils manifestent la limite de notre flexibilité et le besoin de conditions de travail plus humaines, ils manifestent notre liberté, notre dignité, les droits de la subjectivité contre l'utilitarisme, le refus de traiter les hommes en moyens. L'émotion vient des raisons du suicide, telles qu'elles sont exprimées, et du caractère effectivement insoutenable d'un management par le stress qui nous ramène à d'autres temps et qui se révèle contre-productif à la longue. S'ils ne mourraient pas tous, beaucoup en sont tombés malades au moins, beaucoup trop de gâchis et de souffrances ! C'est le management des hommes qui a outrepassé les limites au nom d'un productivisme insensé, et quand il ne reste plus que le suicide pour faire entendre cette profonde vérité, il y en aura toujours à préférer se retirer du jeu plutôt que de collaborer à cette infamie. Non, ces morts ne sont pas réductibles à une désertion ni à une faiblesse individuelle. Ce seraient plutôt des sortes de terroristes, si l'on veut, mais qui retourneraient la violence contre eux-mêmes seulement, car ils portent bien un message collectif qu'ils espèrent faire entendre.
Tout ceci, n'est pas de bonne augure mais nous rappelle qu'on ne vit pas dans le monde enchanté de la marchandise. Kojève ne voyait en Mai68 qu'une mascarade, du fait qu'il n'y avait eu aucun mort ou presque et, certes, cette prétendue révolution a vite tournée court. Les choses sérieuses commencent quand on met sa vie en jeu (encore faut-il que ça vaille le coup). C'est, depuis toujours, le sacrifice de la vie qui donne valeur au sens et à la parole donnée, aussi incroyable cela peut-il paraître aux consommateurs d'aujourd'hui. Le réel existe, y compris la subjectivité humaine et son exigence de reconnaissance sociale, on ne peut l'ignorer trop longtemps : ce qu'on rejette du symbolique revient avec violence dans le réel. Quand on outrepasse les limites, le système s'effondre, la guerre éclate, les salariés se suicident ou se révoltent. Car le suicide n'est pas la seule issue, évidemment, et ne vaut pas preuve (beaucoup de fanatiques se sacrifient pour de mauvaises causes). On peut juste espérer que ce soit seulement le symptôme précurseur d'une mobilisation sociale cruellement absente jusqu'ici. La violence pourrait très bien se retourner alors contre les petits nazillons du néolibéralisme.
La souffrance au travail peut surtout, espérons-le, reconstituer les solidarités collectives et les luttes sociales autour de la revendication d'un "travail décent" et même d'un travail épanouissant, pour la reconnaissance de la citoyenneté au travail et donc, aussi, d'une certaine pluralité. Ainsi, les salariés devraient avoir le droit à l'objection de conscience à la guerre économique, notamment le droit de refuser de faire du commercial, droit de traiter les autres en personnes et non pas en clients ni en moyens pour nos fins. Chasser de France-Télécom, non seulement l'idéologue en chef mais tous les promoteurs de méthodes inhumaines de management serait une victoire importante pour nous tous, réaffirmation de la notion de service public et de l'entreprise comme communauté humaine. Les suicides nous rappellent que l'affaire est sérieuse, il ne peut y avoir de compromis. C'est aussi l'affirmation que les temps ont changé et que cette réduction de l'homme à une marchandise a bien assez duré alors que le travail ne devrait plus être une torture mais la valorisation de nos compétences ("Changer le travail, changer la vie"). Ce qui aurait été inaudible il y a quelques années, fait à nouveau sens et ce qui donne sens à ces gestes de désespoir, ce n'est pas tant une aggravation des conditions de travail que le fait qu'elles ont perdu toute légitimité et sont devenues injustifiables, insoutenables idéologiquement désormais, honteuses enfin !
La "sélection naturelle", éliminant ceux qui outrepassent les limites, est l'échec de la régulation biologique, le darwinisme social, c'est l'échec de l'intelligence collective, mais ce qui est sûr, c'est qu'il faut tenir compte du réel, réel qui se rappelle à nous sinon sous l'aspect le plus sanglant. C'est parce que la vérité n'est pas donnée, en particulier la vérité sur ce que nous sommes, mais qu'elle fait l'enjeu d'affrontements, qu'on peut être amené à y risquer sa vie. Il faut donc s'attendre au pire à cause de notre manque de clairvoyance mais il y aura de nouveau des luttes qui pourront justifier de s'y sacrifier, car, une chose est sûre, la solution viendra de nous et de personne d'autre !
Ce n'est pas dire que la solution soit simple et que, par exemple, l'échec du capitalisme remette le socialisme à l'honneur. C'est même parce que ce n'est pas si simple et qu'il n'y a pas du tout accord sur ce qu'il faudrait faire qu'on en passe inévitablement par les extrêmes pour inventer l'histoire en même temps qu'elle se fait. En tout cas, on ne peut revenir en arrière et faire comme s'il n'y avait pas eu d'expérience historique catastrophique en rêvant simplement de remplacer à nouveau le capitalisme par la bureaucratie. Comme il n'y avait pas de prescience de ce qui allait se passer, il aurait été impossible de se passer de l'expérience du communisme et de ses dérives mais on ne peut faire comme si rien ne s'était passé ! Ce n'est donc pas pour l'Etat socialiste qu'il faudrait se sacrifier mais plutôt pour une société plurielle (écologique), respectant la dignité de l'homme et sa liberté. Ni le communisme ni le capitalisme ne sont la vérité de l'homme, dont la vérité est double. Il y a toujours eu 2 discours s'excluant l'un l'autre : celui de l'intérêt et celui de l'honneur. Il y a toujours eu les commerçants et ceux qui avaient honte de marchander. Impossible de mettre tout le monde à la même enseigne. On peut en tuer autant qu'on veut, il en restera toujours autant ou presque ! Ce n'est pas du tout à la mode et pourtant, admettre cette pluralité pourrait nous éviter bien des tentations totalitaires. Une économie plurielle désarmerait en partie le capitalisme et ses capacités de nuisances... Ce n'est pas le plus probable, hélas. Il faut bien dire cependant qu'on n'en aurait pas fini pour autant avec la mort sous la forme de la guerre, de la résistance ou du suicide qu'on peut juste espérer réduire, tout au plus. Répétons-le, la place singulière de la mort dans le capitalisme vient surtout de son évacuation, de son caractère impensable, incongrue, extérieure, et de la surprise qu'elle introduit dans les calculs un peu béats d'optimisation du bien-être.
Alors qu'on hésite encore entre la consolidation d'un gouvernement mondial et le réarmement général, entre mondialisation et protectionnisme, il se pourrait donc que les choses sérieuses commencent et deviennent plus tragiques, la crise sociale qui s'amorce devant être assez longue et brutale. Fin du spectacle. Rien de certain en ces affaires humaines, bien sûr, sinon qu'on finit toujours par revenir aux réalités et la réalité est celle d'une conjonction inouïe de crises (sociale, écologique, technologique, géopolitique, idéologique). Or, malgré le caractère irréel de cette "drôle de crise" et le si bel été que nous avons eu, ce qui nous attend n'est pas drôle du tout puisqu'on devrait connaître rapidement une aggravation de la crise économique (Immobilier, automobile, etc.) provoquant des licenciements en chaîne, une crise monétaire aboutissant à la dévaluation du dollar et une hyperinflation sans doute après une phase de déflation. Là-dessus la crise énergétique et climatique risque de déstabiliser une économie déjà durement éprouvée par une nouvelle hausse des prix de l'énergie, ce que la récession retarde pour l'instant mais qui est absolument nécessaire et inéluctable. Dans ce contexte les occasions de guerre ne manqueront pas (pétrole, protectionnisme, fanatisation, boucs émissaires, affirmation de puissance). Comment se sortir de toutes ces crises qui s'amoncellent ? Une façon serait peut-être ce que préconise Lester Brown : une économie de guerre pour la production d'éoliennes en masse, guerre contre le réchauffement qui pourrait éviter une nouvelle guerre, contre l'Iran notamment, mais qui donc a les moyens de ce rêve (qui n'est sans doute pas la meilleure solution d'ailleurs), qui a les moyens d'éviter la confrontation par les armes et le déchaînement de la violence ? Un gouvernement mondial ? Même pas, destiné s'il existait vraiment à être renversé comme tout gouvernement, aveuglé à chaque fois par son dogmatisme et sa partialité. Nous serons toujours gouvernés par la nécessité la plus immédiate mais ce n'est pas du bluff, ce n'est pas un jeu de poker menteur, ce sont nos vies qui sont en jeu. S'il n'est pas dans notre pouvoir d'empêcher le pire, il nous reste à en préparer la sortie. Ce qui pourrait se faire dès maintenant au niveau local si nous n'avions besoin, nous aussi, que la situation empire...
Le fait que la faiblesse actuelle du soleil nous expose aux rayonnements cosmiques me semble ne pas être pris assez en compte, en particulier pour les équipements électroniques mais les risques ont beau être faibles, ils pourraient aller bien au-delà ! A part ça, rien de bien nouveau ce mois-ci même s'il y a comme toujours quelques bons articles mais ni la spécialisation des hémisphères cérébraux, ni le rôle du hasard en biologie ne sont des découvertes. Reste qu'il est amusant de savoir qu'on ne réagirait pas de la même façon à une agression venant de la droite ou de la gauche ! Ce qui semble le plus novateur, le fait que l'antimatière pourrait "antigraviter", est une hypothèse audacieuse mais bien peu probable, alors qu'il y a de plus en plus d'arguments pour la supersymétrie. Par contre, on peut s'inquiéter de la prolifération nucléaire avec des centrales nucléaires flottantes ! Les migrations humaines reconstituées avec la génétique confirment notre histoire qui semble commencer il y a 60 000 ans en Afrique de l'Est mais il n'y a pas que Néandertal qui a disparu devant cette nouvelle espèce, c'est aussi le cas des anciennes populations devant les premiers agriculteurs... Qu'on trouve de l'eau sur Mars et même sur la Lune rend un peu plus probable de nouvelles migrations interplanétaires. Sinon, à peine on parle d'imprimantes capables d'imprimer des livres en 5mn que Google propose l'impression de livres épuisés mais Asus, l'inventeur des Netbooks eeepc, réinvente à la fois l'eBook et le portable. La poudre de verre pourrait démocratiser aussi l'impression 3D. On peut se réjouir enfin que la question du recyclage et de la consommation des appareils numériques commence à être prise en compte, l'arrivée des écrans LED faisant partie des bonnes nouvelles avec les progrès constants du solaire. Les voitures sans conducteurs, qui viennent devant chez vous quand on les appelle, semblent plus problématiques mais des expériences commencent ! On n'est pas tiré d'affaire pour autant car si nous entrons incontestablement dans l'ère de la transition énergétique, la fin de l'ère du pétrole (et du charbon) n'est pas pour demain. Dans l'immédiat ce sera surtout l'ère de l'énergie chère sans que cela ne puisse empêcher de dépasser les 2°C, voire les 4°C, et un emballement climatique. Le plus absurde, c'est qu'on va à la catastrophe alors qu'on aurait les moyens économiques et techniques de l'éviter. Ce qui manque, ce sont les moyens intellectuels, politiques et sociaux. Le maillon faible, c'est le facteur humain, plus précisément notre intelligence collective et notre existence en tant que société.
Pour la Science no 384, Nager dans l'espace-temps
- Dématérialiser les biens de consommation, p20
Dominique BOURG
En vendant l'usage des biens plutôt que les biens eux-mêmes, l'industrie réduirait les quantités de matières et d'énergie utilisées. Une nouvelle ère pour nos modes de consommation ?
Schématiquement, trois façons de dématérialiser la production ont été expérimentées à petite échelle : l'écoconception, l'écologie industrielle et l'économie de fonctionnalité.
L'écoconception vise à limiter l'impact environnemental des produits à chaque étape de leur cycle de vie : fabrication, distribution, utilisation, valorisation ultime. Les produits doivent être conçus pour être économes en matières premières et en énergie, de longue durée de vie, biodégradables ou recyclables, et doivent prendre en compte des normes sanitaires strictes.
La deuxième approche est l'écologie industrielle. Différentes entreprises d'un même site, ou « écoparc », échangent des matériaux et de l'énergie, et chaque maillon de la chaîne y trouve un intérêt.
La troisième façon de dématérialiser la production est l'économie de fonctionnalité : on substitue à la vente d'un bien celle de sa fonction, c'est-à-dire du service rendu.
Ce système suscite une dématérialisation de deux façons. Compte tenu du partage de chaque véhicule par plusieurs adhérents, le nombre de voitures nécessaires pour une même distance parcourue est inférieur à ce qu'il serait si chaque utilisateur était propriétaire de sa voiture. En outre, chaque abonné est incité à n'y recourir qu'en cas de besoin réel.
La vente de l'usage des biens s'applique aussi aux relations d'entreprise à entreprise. Ainsi, depuis 2002, le fabricant de pneumatiques Michelin offre aux entreprises de poids lourds un service de location de pneus, facturé au kilomètre.
La Société Michelin a annoncé que de nouveaux pneus, conçus pour durer plus longtemps, seront commercialisés prochainement, exclusivement au kilomètre. De tels objets coûtent plus cher, et trouvent donc plus difficilement des acquéreurs à l'unité.
Rien de nouveau, mais bon à rappeler...
- Quand le cerveau a perdu sa symétrie, p32
Chez l'homme, chaque hémisphère cérébral accomplit des tâches précises ; cette latéralisation ne serait pas propre à l'être humain et serait apparue il y a 500 millions d'années chez les premiers vertébrés.
Ce qu'on avait pris pour une caractéristique humaine serait en fait presque universellement partagée ! Alors qu'on avait pensé que cette division du travail était causée par le langage, elle éclaire au contraire son apparition à partir de la mastication !
La production des syllabes résulterait d’une évolution du comportement routinier de mastication, contrôlé par la moitié gauche du cerveau depuis le début de l’évolution des mammifères il y a 200 millions d’années.
Nous pensons que l’hémisphère gauche du cerveau des vertébrés contrôlait initialement des comportements bien établis associés à des conditions ordinaires et familières. Au contraire, l’hémisphère droit, le siège de la vigilance émotionnelle, était spécialisé pour détecter les stimulus environnementaux inattendus et réagir de façon pertinente.
Une des conséquences les plus amusantes, c'est qu'on ne réagirait pas de la même façon à ce qui vient de la droite ou de la gauche !
Certains animaux ont tendance à ne manger une proie que si elle est située à leur droite, c'est-à-dire sous contrôle de l'hémisphère gauche.
Conformément à notre hypothèse, les poissons, les amphibiens, les oiseaux et les mammifères présentent tous une réaction d’évitement des prédateurs qui est plus importante lorsqu’ils voient ces derniers dans la partie gauche de leur champ visuel (correspondant à l’hémisphère cérébral droit) plutôt que dans leur champ visuel droit.
Le serpent placé à droite du crapaud n'engendre aucune réaction alors que le serpent placé à gauche le fait fuir.
Même en l’absence de danger, de nombreux vertébrés gardent un œil gauche attentif à un éventuel prédateur.
C'est d'ailleurs pour cela qu'il est nécessaire qu'il y ait quand même des gauchers, pour tromper l'ennemi, bien que la prévalence des droitiers (de l'hémisphère gauche donc) semble presque universelle, surtout pour les animaux sociaux, favorisant la prévisibilité des réactions.
Chez l’homme, ces comportements primitifs d’évitement et de méfiance se sont transformés en un panel d’émotions négatives. Au XIXe siècle, les médecins avaient déjà noté que les patients se plaignaient plus souvent de paralysie des membres du côté gauche que du côté droit lors de crises d’hystérie. Quelques données suggèrent que l’hémisphère droit contrôle les pleurs et les cris de l’homme – par opposition aux vocalises émotionnellement neutres gérées par l’hémisphère gauche. En outre, on a plus de risques d’être déprimé après une lésion de l’hémisphère gauche que de l’hémisphère droit. Et dans les états de dépression chronique, l’hémisphère droit est plus actif que le gauche.
Les premiers vertébrés devaient aussi réagir vite face à d'autres membres de leur propre espèce. Chez les poissons et les oiseaux, l'hémisphère droit leur permet de reconnaître leurs compagnons et il contrôle le comportement social. Chez l'homme, le rôle de l'hémisphère droit dans la perception des visages pourrait provenir de cette capacité des vertébrés à reconnaître d'autres individus de leur espèce.
Chez les êtres humains, l'hémisphère droit traite une scène dans son ensemble, plutôt que de se focaliser sur un nombre limité de détails. Cette capacité lui permet d'analyser des relations spatiales. Les faits mémorisés par l'hémisphère droit tendent à être organisés et rappelés comme des configurations globales. Au contraire, l'hémisphère gauche s'intéresse aux aspects locaux de son environnement.
En général, les hommes ouvrent aussi davantage le côté droit de leur bouche lorsqu’ils parlent (car le côté droit du visage est plus activé par l’hémisphère gauche).
- Une folie mathématique, p86
Jean-Paul DELAHAYE
Qu'on puisse démontrer que (presque) tout est prévisible est inquiétant, et devrait faire douter de certains axiomes qui, sous des dehors innocents, produisent de graves absurdités.
Ce résultat final n’est-il pas dément ? L’axiome du choix permet, sauf de manière négligeable, de prédire une tranche du futur, en n’utilisant qu’une tranche finie du passé et cela même si l’univers n’est qu’une suite totalement désordonnée d’états se succédant sans la moindre règle.
Il est évident que connaître le passé est inutile dans un univers aléatoire sans aucune loi! Pourtant ici c’est utile, et cela permet de connaître presque parfaitement le futur!
Comment survivre – mathématiquement – à cette folie, assimilable à la lecture d’une boule de cristal, qui semble nous dire que d'un point de vue mathématique, la prédiction est toujours possible... et qu’il n’est même pas nécessaire d'identifier des structures intelligibles dans le monde, ni même la moindre régularité dans la succession des états du passé ?
Plusieurs stratégies de défense sont envisageables pour retrouver le sommeil. Nous en présentons une petite liste sans chercher à trancher la question qui semble exiger de délicates précautions et qui, à n'en pas douter, suscitera de nombreux commentaires.
■ Renoncer à l'infini ou au moins à certains de ses usages.
■ Renoncer à la théorie des ensembles ou aux mathématiques.
■ Renoncer seulement à l'axiome du choix.
■ Arguer que les ensembles d'erreurs dans nos paradoxes sont tels, que ces erreurs rendent sans intérêt les prédictions du joueur temporel.
■ Arguer que les états possibles du monde que nous exigeons de modéliser comme élément d'un ensemble fixé ne sont pas réductibles ainsi.
■ Évoquer la relativité générale ou la mécanique quantique.
Ces extraordinaires nouveaux paradoxes montrent que la théorie habituelle des ensembles est un outil général, commode, mais parfois déraisonnable pour représenter le monde et notre situation dans le monde. Il faut se méfier des représentations mathématiques qui utilisent sans retenue l'infini non constructif, dont l'axiome du choix n'est qu'un aspect.
L’axiome du choix dans sa forme la plus simple affirme l’évidence suivante : si un ensemble d’ensembles non vides et deux à deux disjoints est fixé, par exemple E=0,1, 2, 3, ...}, {a, b}, {P Q, R, alors il existe au moins un ensemble C ayant un élément commun avec chaque ensemble de E, ici, par exemple, C = {276, a, R}. L’ensemble C est obtenu en choisissant un élément dans chaque ensemble de E, d’où le nom de l’axiome.
Cette capacité déraisonnable de prédiction mathématique évoque la modélisation financière, dont Ivar Ekeland montre les limites dans un autre article (p19), mais aussi le fait qu'en prévoyant que le temps de demain sera le même que celui d'aujourd'hui on a toujours la plus grande chance d'avoir raison, ce qui n'empêche pas le temps de changer et d'être le changement même...
Il faut rendre hommage ici à Jean-Paul Delahaye dont je ne comprends pas souvent les articles mais qui arrive à nous initier un peu quand même aux questions mathématiques dans leur actualité et leurs enjeux.
La Recherche no 434, Le hasard au coeur de la vie
Ce n'est pas vraiment nouveau pour nous, puisque ce sont les thèses de Jean-Jacques Kupiec qui sont enfin reconnues ici mais s'il est primordial de comprendre que l'ordre biologique est basé sur un désordre sous-jacent, ce qui est beaucoup plus robuste qu'un ordre qui serait dérangé par une infime déviation, il me semble qu'on rate l'essentiel à ne pas voir que cet ordre procède de l'information comme finalité dirigée vers l'extérieur, attracteur canalisant les dynamiques locales en se réglant sur l'effet, sur l'extérieur, sur les sens.
C'est donc assez différent du rapport entre fluctuations quantiques et stabilité macroscopique, même si c'est aussi par effet de masse que la programmation génétique pouvait apparaître mécanique, mais lorsqu'on a pu observer les cellules individuellement, la variabilité est apparue flagrante.
C'est assez différent aussi de la "sélection naturelle" dès lors qu'on est dans un organisme et donc soumis à des régulations, plus près de la sélection artificielle (ce que Jean-Jacques Kupiec appelle l'hétéro-organisation pour l'opposer à l'auto-organisation), et donc finalement extrêmement déterministe malgré l'impression trompeuse d'à peu près.
En fait le hasard joue un rôle à tous les niveaux et notamment dans le fonctionnement du cerveau, ce qui n'empêche pas que la vie soit une création de l'ordre à partir de l'ordre (et non pas de l'ordre à partir du désordre) mais qui lui permet d'être à la fois reproduction et évolution, le hasard jouant un rôle d'exploration et d'ajustement qui est la dynamique de la vie elle-même dans sa confrontation au milieu. On est loin de "la fin du déterminisme en biologie" (p40) !
Par contre, c'est un argument supplémentaire pour la théorie métabolique du cancer, qui serait causé par un déséquilibre des tissus et de la sélection darwinienne plus que par des mutations génétiques, l'inflammation pouvant être le facteur déterminant, mais il y a sans doute plusieurs sortes de cancers dont certains purement génétiques, d'autres à virus...
Sciences et Avenir no 752, Manger sain
- Un centrale nucléaire flottante !, p82
Construire une centrale nucléaire de poche, flottante et capable de vous suivre partout où vous en avez besoin pour distribuer son énergie... Le pari paraît fou ! Il est pourtant en train de se réaliser depuis mai sur les chantiers navals russes de Baltiski Savod, à Saint-Pétersbourg. Baptisée Academic Lomonosov, cette centrale nucléaire, première du genre, se compose d'une barge d'acier de 144 mètres de long et 30 de large, sur laquelle seront installés deux réacteurs compacts à eau pressurisée KLT-40S - des réacteurs sûrs, que l'on trouve d'ordinaire sur les brise-glace et les sous- marins. Les promoteurs du projet aiment à rappeler que l'un de ces réacteurs équipait le Koursk , de sous-marin nucléaire qui sombra en mer de Barents, en août 2000. Une explosion ravagea le bâtiment, mais le réacteur demeura en état de marche. Une fois achevée, l'installation sera remorquée jusqu'à sa destination finale, où elle sera stabilisée sur des pilotis, éventuellement protégée par une digue et branchée au réseau électrique local. Certes, les deux réacteurs ? - d'une puissance électrique de 35 mégawatts chacun - sont 10 à 15 fois moins puissants qu'une centrale nucléaire classique; mais ils seraient suffisants pour alimenter en énergie une ville de 200 000 habitants pendant une durée d'exploitation de quarante ans.
- «L'Etat doit défendre le pluralisme moral»
Entretien avec Ruwen Ogien
La gestation pour autrui, tout comme les relations homosexuelles entre adultes consentants ou l'usage personnel de stupéfiants sont sanctionnés par la loi dans de nombreux pays. Mais où sont les victimes ? Où sont les personnes physiques, concrètes, qui subissent des dommages «contre leur gré» ? On peut se demander aussi : «Où est le crime ?», puisqu'il n'y a pas de victimes.
Comme il protège et défend le pluralisme religieux, l'Etat doit protéger et défendre le pluralisme moral c'est-à-dire le droit de chacun de vivre selon ses convictions morales profondes, dans la mesure où elles ne causent pas de torts aux autres.
Que pensez-vous du bilan des Etats généraux de la bioéthique qui se sont achevés en juillet ?
Ce débat public n'a été ni ouvert ni démocratique. Aucune personnalité étrangère n'a été convoquée, ni aucune des principales personnes concernées (couples infertiles qui ont fait ou voulu faire appel à des mères porteuses par exemple...) Ce qui va rester, c'est un mélange de dogmatisme (un seul modèle familial est possible), de paternalisme (seuls les «experts» en éthique ont la parole) et de chauvinisme (les «Anglo-Saxons» sont des barbares). On ne pouvait faire pire.
Science&Vie no 1105, Antimatière
De quoi est fait l'Univers ? De matière ordinaire et, selon la théorie actuelle, de matière noire et d'énergie noire.....dont nul ne sait rien ! Et s'il s'agissait plutôt d'antimatière ? Car elle permet de réécrire l'histoire du cosmos sans déroger à ses lois et, cette fois, sans nulle zone d'ombre. Reste à vérifier qu'elle antigravite bien...
On est partagé entre l'incrédulité et l'admiration car toute une série de mystères seraient résolus d'un coup : l'absence incompréhensible d'antimatière supposant une violation de parité problématique mais c'est aussi l'improbable inflation, la matière noire et l'énergie noire qui deviendraient inutiles et ceci sans faire intervenir aucune particule exotique, puisque l'antimatière est fabriquée depuis longtemps dans les accélérateurs. Le seul hic, mais il est de taille, c'est de supposer une antigravité assez difficile à concevoir, les atomes d'antimatière étant supposés se repousser, au contraire de la matière qui s'agglutine (on pourrait peut-être faire alors de ce point de vue un parallèle entres bosons et matière, comme entre fermions et antimatière?). Ce n'est pourtant pas si incompatible avec la relativité générale qu'on peut le penser à première vue puisqu'une solution des trous noirs débouchant sur des fontaines blanches suppose cette antigravité en même temps que la matière se transforme en antimatière. De quoi au moins tester le comportement gravitationnel de l'antimatière, ce qui n'avait jamais été fait...
Un résultat de ce mois-ci semble plaider cependant plutôt pour une modification de la loi de Newton car la matière noire semble liée à la matière visible !
« Nous avons découvert une étroite corrélation entre la densité de matière visible et la taille du halo de matière noire. Ces deux quantités sont liées de manière à ce que la force gravitationnelle engendrée par la matière visible soit toujours la même au rayon caractéristique du halo de matière noire »
D’autres astrophysiciens remettent en cause l’existence de la matière noire. Selon eux, Einstein et Newton se sont fourrés le doigt dans l’œil et la gravité est plus importante à l’échelle galactique que ce qu’ils avaient prévu. « Dans ce cas, il serait logique que la force supplémentaire qu'on attribue généralement à la matière noire soit intimement liée à la distribution de matière visible, puisque la matière visible en serait alors l'unique source ».
Sinon, un article (p76) met en cause l'objectif de limitation du réchauffement à 2°C qu'il vaudrait certes mieux réduire à 1.5°C, sauf qu'on ne voit pas comment on arrivera à moins de 2°C et qu'à partir de cette température, comme on passe le maximum depuis la dernière glaciation, on risque un emballement fatal !
L'article (p98) sur l'homme de Florès est intéressant en ce qu'il ne serait pas impossible que ce soit finalement un australopithèque, ou un homo très archaïque, à la frontière entre les deux. Il devait en exister ailleurs et l'on se prend à rêver à la rencontre des hommes avec ces petits hobbits velus !
J'ai été étonné aussi du fait que Philippe Marlière (p154) ne croit pas qu'il puisse y avoir de la vie ailleurs, sa complexité étant trop improbable, ce qui n'est pas la position la plus commune actuellement chez les biologistes, comme Christian de Duve, qui pensent au contraire que la vie est automatique quand les conditions sont remplies. La complexité est cumulative et s'il est impensable qu'un haut niveau de complexité surgisse tel quel (ce que soutiennent pourtant les partisans de l'auto-organisation), il en est tout autrement après le travail de millions d'années (certains pensent qu'il suffit même de beaucoup moins pour arriver à la cellule bactérienne, ce qui n'est pas mon avis les 2 milliards d'années séparant les premières cellules bactériennes des cellules à noyaux donnant la mesure du temps nécessaire qui est effectivement fonction de la complexité et de l'improbabilité).
Un inventeur souffre d'une sorte d'infirmité productive qui l'empêche de s'ajuster à la pensée des autres et l'oblige à tout faire lui-même (...) Il s'agit d'une quête insatiable, une forme de trouble obsessionnel.
Il est toujours bon de rappeler que les inventeurs, les créatifs, les génies, ne sont pas de gentils garçons bien éduqués mais portent une part de folie, preuves vivantes des bénéfices de la diversité sur la normalisation. Il n'y a pas de méthode pour être créatif car c'est une question de désir plus que d'aptitude et ce n'est pas un désir d'être créatif, mais plutôt une exigence obsessionnelle ainsi qu'un défi de l'autorité souvent. Le résultat peut être délirant ou impraticable mais comme pour l'évolution, il suffit d'un succès sur de nombreux échecs, loi statistique incompatible avec l'évaluation individuelle et la volonté de contrôle !
cosmologie, astronomie, physique quantique
- Des signes de la supersymétrie dans les mésons B ?
Une réaction très étudiée au KEKB, celle de la désintégration d'un méson B en paires de leptons (électron ou muon) et un méson K* excité formé d'un quark étrange (s) et d'un antiquark u.
Plus de 800 millions d’événements avec production de paires de méson B et antiméson B ont déjà été enregistrés et une analyse des produits de désintégrations des mésons B en paires de leptons (électron ou muons) avec un méson K excité, K*, semble échapper aux prédictions du modèle standard lorsque l’on considère une quantité définie comme l’asymétrie avant-arrière.
Les observations de Belle montrent que les réactions avec paires de particules émises selon une droite penchée vers l’avant ou vers l’arrière du faisceau de mésons B initiale ne sont pas les mêmes avec un taux non prédit par le modèle standard mais qui pourrait s’expliquer avec la supersymétrie. C’est encourageant mais le nombre d’événements enregistrés lié spécifiquement à cet effet rarissime est encore trop faible pour que l’on puisse en tirer une preuve convaincante en faveur de la supersymétrie.
- La flêche du temps vient de la perte d'information quantique
Le deuxième principe de la thermodynamique impliquant une flêche du temps serait relié au phénomène de décohérence et de perte d'information (d'un système organisé à un système désordoné) pourtant considéré comme impossible par les physiciens quantiques... Cependant, si les équations quantiques sont réversibles, elles ne laissent aucune trace.
Rien de bien neuf puisque je disais déjà en 2004 :
De même, si le phénomène de "décohérence" qui implique une perte d'information à chaque interaction au niveau quantique peut être considéré comme son fondement physique, on ne peut y réduire l'entropie dont le caractère statistique et macroscopique reste essentiel, témoignant de sa dimension subjective, "anthropique" (tout comme le concept d'information).
- Un monopôle magnétique observé pour la première fois
Pour parvenir à réaliser la prédiction de Dirac, deux équipes indépendantes, qui viennent de publier leurs résultats dans Science, ont utilisé des techniques assez semblables. Toutes deux ont étudié grâce à des flux de neutrons le comportement de matériaux solides artificiels appelés "glace de spin". Dans ces cristaux, des petits aimants individuels (appelés moments magnétiques) se disposent comme les atomes d'hydrogène dans la glace, aux sommets de pyramides à quatre faces. Ces moments peuvent pointer vers le centre du tétraèdre ou vers l'extérieur. Or parmi toutes les configurations possibles certaines peuvent donner naissance à des monopôles. C'est en tous cas ce qu'ont constaté les chercheurs.
L'une des équipes a appliqué un fort champ magnétique extérieur à la glace pour forcer les moments à s'orienter dans un sens, puis a observé le retour à la normal grâce aux neutrons. Elle a alors constaté que le système se remplit de sortes de longues chaînes magnétiques dont les tétraèdres forment les maillons et à l'extrémité desquelles se trouvent isolés les fameux monopôles.
Les glaces de spin pourraient servir de modèles pour comprendre les "vrais" monopôles. Ceux-ci sont aussi activement recherchés dans l'Univers ou dans les accélérateurs de particules car ils pourraient être de bons candidats dans certaines théories d'unification des différentes forces de la nature.
- La première puce quantique à photons a factorisé un nombre
Factoriser un nombre à l’aide d’un ordinateur quantique n’est pas nouveau. Effectuer cette opération à l’aide de photons non plus... Ce qui l’est, c’est de le faire avec un dispositif semblable à des puces électroniques.
O’Brien et ses collègues sont maintenant allés beaucoup plus loin car ce sont des centaines de portes CNOT utilisant des photons qui ont été miniaturisées et occupent maintenant une puce en silicium d’un millimètre de côté. Sur cette dernière se trouvent ainsi plusieurs guides d’ondes pour les photons dont la taille ne dépasse pas le micron. C’est ainsi que 4 photons ont suffi pour obtenir des qubits d’informations et qu’un calcul reproduisant l’algorithme de Shor a pu être réalisé.
- Superposition quantique d'un virus
Ce n'est qu'un projet encore mais la perspective de le faire avec un animal "vivant" (bien qu'inerte) comme les tardigrades est fascinante et l'article de Laurent Sacco est comme toujours intéressant, notamment la comparaison de la décohérence avec un crayon qui tient sur sa pointe, comparaison habituellement destinée à illustrer une brisure de symétrie (on raconte aussi l'histoire de la serviette de table dont le côté est indéterminé avant que le premier convive ne choisisse la sienne à droite ou à gauche, déterminant ainsi le bon côté pour tous).
La simple influence de l’environnement physique macroscopique extérieur à un système quantique provoque le passage d’un objet du monde quantique au monde classique en le perturbant légèrement.
Spontanément, le chat de Schrödinger simultanément mort et vivant bascule dans un seul état à la manière d’un crayon en équilibre sur une pointe fine. Dans cette métaphore, aucun vide suffisamment poussé ne pourrait être réalisé, de sorte qu’il y a toujours un mouvement d’air ou de quelques molécules qui finit par entraîner la chute du crayon.
La théorie de la décohérence devait subir une confirmation spectaculaire avec les travaux de Serge Haroche et ses collègues en 1996. A l’époque ,des atomes de Rydberg avaient été utilisés mais tout récemment, ce sont des photons qui ont permis de montrer que là encore, la théorie de la décohérence était opérationnelle.
Le protocole de l’expérience décrit par les chercheurs est le suivant. On commence par placer des virus dans une cavité sous vide. Ce sont des objets chauds, ce qui veut dire que le temps de décohérence, ou pour reprendre l’image du crayon, le temps pendant lequel celui-ci restera en équilibre, est très très court. Pour voir les effets de superposition des états, il faut donc abaisser la température des virus, qui est liée à leur agitation, très similaire à celle d’un gaz de particules.
Le temps de décohérence peut alors devenir beaucoup plus long. Un autre rayon laser est ensuite utilisé pour mettre le virus dans un état de superposition de deux positions différentes simultanément. On est alors dans une situation identique à celle du chat de Schrödinger, à la fois mort et vivant.
- Première observation d'une molécule au microscope
Ils sont parvenus à s’affranchir des obstacles limitant la résolution que l’on pouvait atteindre avec un microscope à force atomique (AFP pour Atomic Force Microscopy en anglais). Ce microscope est une variante du microscope à effet tunnel inventé par Gerd Binnig et Heinrich Rohrer en 1981.
Mais lorsque la pointe se rapproche trop pour augmenter la résolution, les forces deviennent en principe trop grandes.
Par hasard, Leo Gross et ses collègues se sont aperçus qu’une molécule de monoxyde de carbone (CO) installée à la pointe du microscope permettait de surmonter ces obstacles et d’obtenir un gain de résolution lors de l’observation de molécules. En effet, la molécule de CO est particulièrement stable, bien comprise, et, entre la pointe et les objets atomiques ou moléculaires à étudier, des forces plus faibles apparaissent.
Les chercheurs ont pu tester leur découverte sur une molécule de pentacène (C22H14) formée de la fusion de 5 molécules de benzène et dont la longueur est de 1,4 nanomètre environ. Ils ont observé les atomes d’hydrogène et de carbone individuellement ainsi que l’ensemble de la structure.
Les conditions imposées ne sont cependant pas simples... L'expérience a eu lieu dans l’ultravide à des températures de l’ordre de –268°C et il a fallu observer la molécule pendant 20 heures pour acquérir un volume de données suffisant.
- Un laser grand comme une molécule !
Des chercheurs de l’université de Berkeley, en Californie, ont créé le plus petit laser à semi-conducteurs au monde. Emettant dans le domaine du visible, il est plus petit qu’une protéine !
Ils ont réalisé un nanocâble en sulfure de cadmium, mille fois plus fin qu’un cheveu, qu’ils ont couplé à une surface en argent.
Les deux éléments sont séparés par un isolant dont la taille est de 5 nanomètres seulement et c’est à ce niveau qu’un effet laser produisant de la lumière visible devient réalisable. C’est une performance étonnante car l’isolant est plus petit qu’une protéine et il permet de stocker des ondes lumineuses dans un volume dont la taille est 20 fois inférieure à celle de leur longueur d’onde. L’espoir des chercheurs avec ce nouveau nanolaser est de pouvoir créer des dispositifs pour sonder, manipuler et caractériser plus efficacement des molécules d’ADN et surtout de créer des dispositifs analogues aux circuits électroniques mais basés non plus sur des courants d’électrons mais des faisceaux de photons.
L'atonie actuelle du soleil nous prive de son bouclier et nous expose à beaucoup plus de radiations ce qui n'est pas sans danger pour les satellites, les hommes, les systèmes électroniques, les mémoires numériques... Certes le champ magnétique terrestre nous en protège normalement mais il est lui aussi de plus en plus faible, le rayonnement résiduel devant augmenter en proportion sans doute. Le risque me semble surtout d'une bouffée de rayons gamma. C'est donc une bonne chose que l'expérience de détection des rayons cosmiques qui sera installée le 10 octobre sur la tour Montparnasse :
A chaque détection par cet instrument, un rayon laser sera émis entre le sommet de la Tour Montparnasse et l'Observatoire de Paris.
Voir Futura-Sciences.
Des chercheurs de la Nasa ont observé pour la première fois sur Mars de la glace très pure sous la surface du sol, dans des cratères récemment formés par des impacts de météorites, à mi distance entre le pôle nord et l'équateur de la planète.
La glace mise au jour par l'impact de météorites et observée par la caméra à haute définition du MRO s'est rapidement évaporée car 200 jours après avoir été détectée pour la première fois elle avait complètement disparu.
La glace est une relique d'un climat martien plus humide remontant peut-être seulement à quelques milliers d'années.
On peut voir les clichés sur Techno-Science. Il y aurait aussi une sorte de rosée sur la Lune mais bien moins facilement récupérable.
ClimatClimat, écologie, énergies
- Nouveau rapport d’étape du GIEC
Le « Climate Change Science Compendium 2009 » publié par le GIEC fait le point sur les plus récentes connaissances scientifiques et observations sur le changement climatique. L’augmentation des émissions de CO2 dépasse à l’heure actuelle les scénarios les plus pessimistes que le GIEC avait établies, passant d’une croissance annuelle de 1,1% entre 1990 et 1999 à 3,5% entre 2000 et 2007. Les prévisions sur l’ampleur du réchauffement et de ses conséquences sont toutes revues à la hausse. Les scientifiques s’attendent désormais une élévation de la température moyenne comprise entre 1,4 °C et 4,3°C. Le rapport souligne en particulier le recul généralisé des glaciers, et ses conséquences à terme sur la ressource en eau pour un sixième de la population de la terre ; des sécheresses plus fortes en Australie, Afrique du Nord et au sud de l’Europe ; une élévation du niveau des mers désormais estimée entre 0,5 et 1,4 mètres contre 18 à 64 cm précédemment.
La situation pourrait être pire à cause des dégagements de méthane mais la courbe des températures ne semble pas juste, en tout cas pour l'Europe qui a connu des températures supérieures à celles de maintenant vers 900. De plus, la corrélation devrait faire apparaître un décalage entre CO2 et températures. Il reste beaucoup d'inconnues, dont le ralentissement solaire actuel ainsi que la récession qui pourraient aider s'ils duraient, mais les risques sont démesurés. Le danger de dépasser les 4°C reste en effet bien réel et absolument catastrophique pouvant mener bien au-delà par emballement du climat qui menace dès lors qu'on dépasse les 2°C de l'optimum post-glaciaire !
- L'hypothèse extrême : 4°C en 2060 !
Une nouvelle étude du Met Office du Royaume Uni, réalisée en prenant en compte le niveau d’émission actuel de CO2 - supérieur à celui du scénario le plus pessimiste du GIEC - ainsi que les boucles de rétroactions climatiques, conclut que le réchauffement pourrait atteindre 4°C entre 2060 ou 2070, si rien n’est fait pour réduire rapidement les émissions.
Une température moyenne de 4°C pourrait s’accompagner localement de variations bien plus élevées : le réchauffement en Arctique et en Afrique de l’ouest et du sud pourrait atteindre jusqu’à 10°C.
Les gens vont dire que c’est un scénario extrême, et il s’agit d’un scénario extrême, mais c’est aussi un scénario plausible.
M. Betts a déclaré qu’il « est important de souligner que ce n’est pas un scénario catastrophe. Nous avons le temps d’arrêter cela si nous réduisons rapidement nos émissions de gaz à effet de serre. »
La limitation du réchauffement de la planète à 2°C ne pourra être obtenue qu’avec de nouvelles technologies permettant de capturer les gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
- WWF : Les rétroactions du climat en Arctique
A trois mois du sommet de Copenhague, le WWF publie une compilation de plusieurs études sur le milieu arctique, dont l'analyse est des plus catastrophistes. Le rapport retient les pires scénarios et évoque une élévation de un mètre du niveau des mers à la fin du siècle.
Le réchauffement de la région arctique est plus important que dans le reste de la planète. Cette différence n'est pas un phénomène local mais un paramètre important du réchauffement global de l'atmosphère terrestre. La régression des glaciers du Groenland et de la banquise arctique (deux fois plus rapide que la moyenne mondiale) induit même un cercle vicieux (ce qui qui est connu depuis longtemps) puisque la fonte accélérée des glaces réduit l'albédo (la réflexion de la lumière solaire) et donc augmente le réchauffement du sol ou de la mer qu'elle recouvrait. De plus, le méthane (puissant gaz à effet de serre) et le gaz carbonique (CO2) piégés dans les sols gelés (pergélisols) sont libérés au dégel.
Le rapport annonce en effet une élévation de la surface de l'océan mondial atteignant un mètre en 2100, alors que le Giec, dans son rapport de 2007, s'en tient à une fourchette de 18 à 59 centimètres (le rapport 2001 retenait 9 à 88 centimètres).
- L'orbite planétaire n'explique pas le réchauffement
L'image montre l’évolution de l’inclinaison de l’axe de la Terre depuis 2000 ans : bien qu’au moment du solstice d’été la Terre soit plus loin du Soleil au 20ème siècle qu’il y a 2000 ans, les étés sont plus chauds en Arctique.
Depuis le début de notre ère jusqu’au milieu du 19ème siècle, l’Arctique a connu une longue tendance au refroidissement, avec une baisse de 0.2°C par millénaire. C’était le petit âge de glace, expliqué par une légère modification de l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre qui a réduit l’ensoleillement de l’Arctique pendant l’été. Cette période glaciaire a pris fin vers 1850. Au milieu du 20ème siècle, les températures estivales de l’Arctique étaient 0,7°C plus élevées que ce qu’elles auraient été si la tendance au refroidissement avait continué. Ce ‘gain’ est de 1,4°C à la fin du 20ème siècle.
Pourtant l’inclinaison de l’axe terrestre n’a pas changé et a même persisté au cours du 20ème siècle, soulignent les chercheurs. Une preuve supplémentaire de l’influence des activités humaines sur le climat de l’Arctique et de la grande sensibilité de ce continent aux changements.
Cette analyse passe un peu vite sur le caractère cyclique de certains régimes des vents ainsi que sur des effets retards qui ne sont pas imputables à l'homme mais il n'empêche qu'on devrait plutôt avoir un refroidissement et que le réchauffement est en grande partie dû à l'accumulation année après année de co2 excédentaire.
Voir aussi ContreInfo.
- Les glaces du Groenland face au réchauffement: les leçons du passé
La fonte partielle de l'immense calotte de glace recouvrant le Groenland est désormais un sujet d'inquiétude majeure pour le futur en raison du réchauffement climatique. La fonte en totalité de cette calotte conduirait le niveau des mers à s'élever en moyenne de 7 mètres.
Une équipe de glaciologues danois, canadiens, français et russes vient de reconstituer l'histoire du climat et des altitudes de surface de la calotte groenlandaise au cours de l'Holocène, la période relativement chaude que connaît la planète depuis environ 11 000 ans. Leur étude montre qu'entre - 7 000 et - 10 000 ans, le Groenland a connu une température maximale supérieure d'environ 2°C à la température actuelle. Ces conditions chaudes étaient accompagnées d'une diminution de l'altitude de surface des régions côtières de la calotte de plusieurs centaines de mètres (entre 600 et 200 mètres pour les sites étudiés).
Voir aussi Les eaux chaudes de l’Atlantique accélèrent la fonte des glaciers du Groenland et Les scientifiques « surpris » par l’ampleur de la perte de volume des glaciers côtiers de l’Antarctique.
- Impacts du changement climatique en France
Je n'accorde pas beaucoup de crédit à ces projections qui sont très aléatoires...
La nécessité de ne pas dépasser les 2° oblige à tenter ce qu'ils appellent le plan B, mais qui ne remplace pas la réduction des gaz à effet de serre, en premier lieu en voilant le soleil avec du soufre et des miroirs mais le méthane ira peut-être plus vite que nous...
Voir aussi Géo-ingénierie, le pari faustien (Counter Punch).
- Il suffirait de planter des forêts dans les déserts...
Si une irrigation à grande échelle maintenait de vastes forêts dans le Sahara et dans le désert australien, la température de ces régions chuterait de plusieurs degrés et ces arbres absorberaient presque autant de carbone que l'humanité en produit aujourd'hui.
Sur le papier, l'idée est simple. De l'eau de mer désalinisée dans d'immenses installations serait amenée en grandes quantités vers le Sahara ou au cœur du désert australien pour irriguer les terres et y faire pousser des arbres.
Pour l'irrigation, les chercheurs imaginent d'utiliser des canalisations en plastique, enterrées, pour éviter l'évaporation. Pour les essences à planter, il n'y aurait que l'embarras du choix. Ornstein cite Eucalyptus grandis, le Grand eucalyptus, un arbre pouvant atteindre cinquante mètres de hauteur.
Selon les auteurs de cette étude, les modèles climatiques indiquent que les régions passant du désert à la forêt verraient la température descendre de 4 à 8°C. Cette couverture végétale génèrerait des nuages et l'apport de pluies, entre 700 et 1.200 millimètres par an disent les chercheurs.
D'après leurs estimations, si une grande partie du Sahara et du désert australien était ainsi boisée, les arbres absorberaient huit milliards de tonnes de carbone par an, soit presque autant qu'en rejettent la combustion des combustibles fossiles et la déforestation.
- Le premier système de recaptage du CO2
- La Chine veut négocier sur la base de l’« émission accumulée historique par habitant »
Il faut parvenir à une identité de vue mondiale quant à ce problème et faire en sorte que la répartition du droit à l’émission soit basée sur le principe de l’« émission accumulée historique par habitant » tout en établissant un compte sur le droit d’émission international, en encouragent l’utilisation de divers moyens susceptibles de réduire les émissions carboniques, en l’incorporant dans le compte de calcul de chacun des pays et de promouvoir activement la transaction de répartition du droit à l’émission sous diverses et différentes formes.
Liu Shijin a indiqué que les émissions carboniques chinoises atteindront leur point culminant entre 2030 et 2040.
- La Chine peut se passer de centrales à charbons grâce à l'éolien
Les Chinois envisagent de produire leur électricité par des grands champs d'éoliennes, concurrentiels par rapport aux centrales nucléaires ou à charbon. Le plus gros obstacle, c'est l'état du réseau qui doit être modernisé. Hélas, la Chine restera "longtemps" encore dépendante du charbon, qui lui fournit aujourd'hui 70% de son énergie !
- La Chine construira la plus grande centrale solaire du monde
Les Chinois ne misent pas seulement sur l'éolien mais aussi sur le solaire, bien que moins compétitif pour l'instant. La question du réseau serait moins cruciale pour un solaire décentralisé mais se pose aussi pour les centrales solaires :
La Chine construira à l'horizon 2019 dans le nord du pays la plus grande station solaire du monde, a annoncé lundi l'agence Sina.
Le site sera érigé en Mongolie intérieure avec l'aide de compagnies américaines. Sa capacité devrait atteindre 2 GW, ce qui est 30 fois plus que les plus puissantes centrales actuelles.
Ce projet s'ajoute à ceux dont nous parlions en juillet. Actuellement, c'est le solaire thermique qui est le plus développé mais la production photovoltaïque décentralisée semble curieusement absente !
- Le Japon projette de construire une centrale solaire spatiale
Objectif: placer vers 2030 un engin en orbite géostationnaire (à 36.000 kilomètres de la Terre), équipé de nombreux panneaux solaires.
Ces éléments photovoltaïques, à l'instar de ceux employés au sol, convertiront l'énergie des rayons du soleil en électricité, avec une capacité annuelle cinq à dix fois supérieure à aire identique.
Ce courant électrique sera à son tour transformé en flux énergétique transmis par faisceau laser ou micro-ondes jusqu'à la Terre où il sera capté par une gigantesque antenne parabolique dédiée, et retransformé en électricité.
Plusieurs étapes sont prévues avant l'entrée en exploitation d'un tel système à partir des années 2030, selon les plans actuels.
D'abord, "un satellite de démonstration destiné à l'expérimentation de la transmission par micro-ondes devrait être placé en orbite basse par la fusée japonaise" dans les toute prochaines années, explique un des responsables du projet à la Jaxa, Tatsuhito Fujita.
Puis, il s'agira de vérifier la faisabilité d'un assemblage robotisé dans l'espace (en co-orbite avec la Station spatiale internationale, ISS) des éléments constitutifs d'une large structure photovoltaïque flexible d'une puissance de 10 mégawatts (MW). Ceci est prévu aux alentours de 2020.
Ensuite, un prototype d'une puissance de 250 MW sera placé en orbite géostationnaire. Il servira à tester l'ensemble du dispositif et à évaluer sa compétitivité sur le plan financier.
Voir aussi Futura-Sciences.
- Vers une période de transition cahotique
La période de transition entre énergies fossiles et renouvelables s’annonce agitée, avertit Michael T. Klare. Faute d’une conversion massive et rapide aux énergies nouvelles - qui paraît aujourd’hui peu vraisemblable - nos sociétés en seront réduites à compter de plus en plus sur des gisements « extrêmes », coûteux à exploiter, difficiles d’accès, certains situés dans des zones dangereuses, d’autres extrêmement polluants, dévastateurs pour l’environnement, et qui feront l’objet pour la plupart d’une compétition internationale acharnée, source de tensions géopolitiques.
- La production pétrolière va commencer à décliner dans les 5 ans
M. Hirsch estime qu’entre 10 et 20 ans seront nécessaires pour effectuer les transformations des infrastructures, équipements, processus et modes de vie qui seront requises avec la raréfaction du pétrole. Après plusieurs années passées à étudier ce dossier, il estime aujourd’hui que nous disposons de moins de cinq ans avant que la production pétrolière mondiale ne commence à décliner, provoquant à coup sûr une récession de grande ampleur.
Voir aussi Le méga champ pétrolier koweitien de Burgan (1,4 mb/j) n’a plus que 10 ans environ à vivre. La production mondiale de brut décline de 6,7% par an. Les problèmes pourraient même commencer dans 2 ou 3 ans (tout dépend de la reprise). C'est malgré tout très lié au prix du pétrole (aux investissements), façon de dire que la consommation d'hydrocarbures est appelée à diminuer et qu'il faut que les prix augmentent. Plus on attend, plus le choc sera brutal. Tout ce qui accélère le passage aux renouvelables est à encourager mais l'augmentation du prix du pétrole est un des éléments qui fait prédire une rechute brutale de l'économie. Signalons aussi la campagne surréaliste des pétroliers américains qui veulent persuader le public que le co2 c'est bon pour les plantes et donc bon pour la planète !
- La production alimentaire devra augmenter de 70% d’ici à 2050
Selon un rapport diffusé aujourd’hui par la FAO, l’agriculture mondiale doit relever des défis de taille : augmenter la production alimentaire de 70% pour nourrir 2,3 milliards de personnes de plus d’ici à 2050, intensifier la lutte contre la pauvreté et la faim, utiliser plus efficacement les ressources naturelles qui s’amenuisent et s’adapter au changement climatique.
La population mondiale, selon les dernières projections des Nations Unies, doit passer de 6,8 milliards à 9,1 milliards en 2050, soit un tiers de bouches de plus à nourrir qu’il n’y en a aujourd’hui.
Le gros de la croissance démographique se produira dans les pays en développement. C’est en Afrique subsaharienne, que le taux de croissance sera le plus fort (+108%, soit 910 millions de personnes).
Bien que l’augmentation de la production alimentaire sera obtenue à 90% de rendements plus élevés et de l’accroissement de l’intensité culturale, les terres arables devront augmenter d’environ 120 millions d’hectares dans les pays en développement, principalement en Afrique subsaharienne et en Amérique latine.
Les terres arables exploitées dans les pays développés diminueront de quelque 50 millions d’hectares, bien que cela pourrait être modifié par la demande sur les biocarburants.
Globalement, les disponibilités de ressources en terre sont suffisantes pour nourrir la future population mondiale. Toutefois, la FAO avertit que dans leur grande partie les terres disponibles ne conviennent que pour un nombre restreint de cultures, pas nécessairement les cultures fortement demandées, et ces terres sont concentrées dans peu de pays.
Biologieévolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie
- Origines de la vie: le point sur les enzymes ancestrales
L’hypothèse la plus populaire sur les origines de la vie, dite "autotrophique", postule que le métabolisme primordial s’est développé sur des surfaces minérales composées de fer et de soufre dans des conditions réductrices. Ainsi, des réactions mettant en jeu des sulfures de fer auraient généré de l'hydrogène, qui se serait combiné avec le dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère pour former des molécules organiques. Lors du développement de la terre, il y a entre 4,6 et 3,5 milliards d’années, l’atmosphère était probablement riche en gaz tels que l’H2, le CO et le CO2, et les océans, très chauds par endroits, étaient relativement riches en ions métalliques tels que le Fe2+ et le Ni2+. Les organismes photosynthétiques n’apparaissant que vers 2,2 milliards d’années, le biotope de l’époque devait prospérer en absence d’oxygène et indépendamment de l’énergie solaire. On pense actuellement que les premiers organismes utilisaient l’H2 comme source d’énergie et le CO2 comme source de carbone.
Certains organismes actuels sont capables de survivre dans ces conditions, essentiellement grâce à l’énergie obtenue à partir des métalloenzymes. Que sait-on aujourd’hui de la structure, de la complexité et du mécanisme d’action de ces enzymes ? Structurée autour de 6 parties, la revue aborde sous différents angles les connaissances sur la structure et la synthèse de ces enzymes:
- Origine de la chlorophylle et de l'hémoglobine à partir du sel
Les chercheurs ont reproduit ces dépôts de sel, ou tout du moins ceux dont on pense qu’ils existaient à cette époque où l’océan lui-même devait être riche en molécules organiques, notamment des acides aminés.
Pour cela, ils ont mélangé de la DL-alanine, des chlorures de sodium, de calcium, et de potassium avec de l’eau puis ils ont évaporé le mélange pour obtenir une croûte blanchâtre. Ensuite, le tout a mijoté à des températures de l’ordre de 350°C dans une atmosphère d’azote et de gaz carbonique. C’est typiquement les conditions auxquelles on doit s’attendre à proximité de flots de laves en environnement marin dans une atmosphère où l’oxygène n’existait pas encore.
De façon surprenante, le composé obtenu, qui aurait dû se sublimer à ces températures, est stable. L’alanine et le calcium forment une liaison relativement forte et les chercheurs ont constaté qu'elle permettait la formation de pyrroles et d’hèmes. Les pyrroles sont particulièrement intéressants car ils sont à la base des réactions conduisant à la formation de la chlorophylle. Quant aux hèmes, ils se retrouvent, comme leur nom le laisse deviner, dans l’hémoglobine.
Une fleur calédonienne a eu la semaine dernière les honneurs de la rubrique Science du New York Times. Endémique à la Nouvelle-Calédonie, Amborella trichopoda n’est même pas rare, nullement menacée, mais elle est vieille, très vieille : 135 millions d’années, ce qui en fait la plante actuelle la plus proche des plantes à fleurs des origines. Un fossile vivant.
- 3 gènes humains issus de l'ADN poubelle
Evidemment on appelle ADN poubelle ce qui ne code pas de protéines, ce qui ne veut pas dire qu'il n'a aucune fonction, soit en produisant des ARN, soit en contrôlant l'expression des protéines mais on croyait qu'il était impossible de se transformer en gène fonctionnel, le niveau de complexité requis empêchant que des mutations au hasard soient viables (mais seulement des modifications de l'expression des gènes et de leur combinatoire) !
Les 3 nouveaux gènes (CLLU1, C22orf45 and DNAH10OS) nous sont en tout cas spécifiques, ne se trouvant dans aucune autre espèce (il y aurait sans doute 15 nouveaux gènes en tout par rapport aux chimpanzés). Le plus probable quand même reste que ce soient d'anciens gènes inactivés qui ont été rendus de nouveau opérationnels ?
- Le plus vieux dinosaure à bec
Oiseau primitif ou dinosaure à plumes? Le statut d’un petit théropode découvert en Chine a été révisé. Suite à la découverte d’un nouveau spécimen fossilisé, mieux conservé, d’Anchiornis huxleyi, des paléontologues chinois affirment qu’il s’agit bien d’un dinosaure du Jurassique et non d’un animal faisant la transition entre dinosaures et oiseaux.
En effet, selon Xing Xu, de l’Académie chinoise des sciences, ce spécimen d’Anchiornis huxleyi est âgé de 155 millions d’années, ce qui fait de lui le plus ancien dinosaure à bec connu à ce jour. Il bat de 5 millions d’années l’Archaeopteryx et de 30 millions d’années le Microraptor, petit dinosaure à plumes.
Une nouvelle espèce de rats géants a été découvert en Nouvelle Guinée dans la jungle de la papouasie. C'est un rat qui non seulement approche le mètre mais qui n'a pas peur des humains...
C'est une équipe de la BBC qui l'a découvert en filmant un documentaire pour l'émission "Lost Land of the Volcano".
- Du nouveau sur la chute de Neandertal
On commence a avoir une assez bonne compréhension des facteurs ayant mené à l'extinction de l'homme de Neandertal. Ces facteurs sont multiples mais comprennent l'hostilité des autres hommes et même le cannibalisme. Ce n'est certes pas la seule raison mais plus fondamentalement des populations plus clairsemées, à la diversité moindre, avec un taux de reproduction inférieur ainsi qu'une alimentation moins diversifiée, entièrement dépendante des grands mammifères, qui seront décimés autant par le climat que par l'homme, et sans doute incapables de se nourrir comme lui des produits de la mer. Si ces causes indirectes ont pesé, la disparition totale semble attribuable à l'agression par les hommes comme on le disait déjà dans l'émergence de l'humanité. Précisons que le cannibalisme des homo sapiens ne se limitait pas à Neandertal mais aussi bien à notre propre espèce ! Une espèce s'efface devant une autre plus adaptable mais plus agressive aussi, ce qui a pu se reproduire, voir ci-après, avec l'arrivée des premiers cultivateurs...
"Surprenants, nos résultats suggèrent que les néandertaliens ont été en contact avec les premiers représentant des hommes modernes ; et ces derniers semblent avoir rapporté des corps de néandertaliens dans leur caverne pour les manger...".
Au final, les chercheuses ont pu établir l'existence des trois sous-groupes dans la population néandertalienne (un occidental, un méditerranéen et un oriental). Elles suggèrent même l'existence d'un quatrième en Asie occidentale. Les petites variations génétiques de ces différents groupes seraient dues à une microévolution induite par l'environnement où chacun des groupes vivait. L'existence d'une telle subdivision génétique, avec peu de migrations entre les sous-groupes, pourrait avoir fragilisé les néandertaliens et favorisé leur extinction lorsque chaque population s'est vue soumise à une concurrence – parfois violente – avec l'Homo sapiens.
- Les anciens européens ont disparus devant les cultivateurs
Apparue il y a un peu plus de 10.000 ans dans l’actuel Moyen-Orient, l’agriculture s’est peu à peu diffusée en Europe centrale, puis vers l’Est et l’Ouest du continent il y a environ 7.500 ans. Deux hypothèses majeures s’opposent sur les origines de cette agriculture : celle d’une diffusion de la culture et celle de l’arrivée de migrants apportant leur savoir-faire avec eux.
D’après Bramanti et ses collègues, il y a peu de similitudes entre l’ADNmt des anciens chasseurs-cueilleurs et celui des premiers cultivateurs. Ces derniers seraient donc des migrants venus en Europe qui ne se sont pas mélangés à la population existante, du moins pas dans un premier temps. Cela conforterait l’hypothèse d’une diffusion de l’agriculture par les migrants venus d’Orient. D’autres études génétiques, comme celle portant sur la domestication du cochon, vont dans ce sens.
D'une certaine façon, il y a eu disparition des chasseurs-cueilleurs comme il y a eu disparition de Néandertal. Le niveau technique serait donc un critère suffisant, sans aucun cannibalisme cette fois sans doute mais des sacrifices humains peut-être ?
- Genographic retrace l'histoire de l'Homme
Cliquer sur l'image pour l'agrandir. Schéma des grandes migrations humaines depuis l'aube de l'humanité, parties d'Afrique de l'est, et obtenu par l'étude des chromosomes Y (lignes bleues) et de l'ADN mitochondrial (en jaune). Selon ce schéma, hormis les chasseurs-cueilleurs d'Afrique australe (les San), toute l'humanité descend d'un même groupe ayant quitté l'est de l'Afrique il y a 60.000 ans, là où ont dû vivre une « Eve africaine » et un « Adam africain ». L'Asie du sud est atteinte il y a environ 50.000 ans. Entre 40.000 et 35.000 ans, des hommes s'aventurent jusqu'en Sibérie... en pleine époque glaciaire. Entre 20.000 et 15.000 ans, Homo sapiens fait son apparition sur le continent américain en profitant d'un passage entre Sibérie et Alaska, permis par la baisse du niveau de la mer.
La trace génétique, expliquent les auteurs, remonte la piste de l'aventure humaine jusqu'à 60.000 ans en arrière, quelque part au nord-est de l'Afrique, là où se trouverait le berceau de l'humanité. Des changements climatiques obligent alors les humains à bouger. Après un climat humide dans ce qui est aujourd'hui le Sahara, la sécheresse rend le centre de l'Afrique peu confortable. Certains sont partis vers l'est et ont traversé la Mer Rouge. D'autres avaient pris la poudre d'escampette bien avant, il y a 100.000 ans, et poussé vers le sud du continent africain. Spencer Wells affirme en avoir retrouvé leur descendance chez les actuels chasseurs-cueilleurs du sud de l'Afrique, que l'on appelle les San (et qui se reconnaissent notamment aux claquements faisant partie des sons de leur langage).
Les migrants, eux, ont peuplé l'Inde puis toute l'Asie. A la faveur d'une baisse du niveau de la mer, ils se sont installés en Indonésie et jusqu'en Australie. D'autres ont poursuivi la route vers l'est, de génération en génération, et ont atteint l'Amérique du nord, tandis que d'autres peuples migraient vers l'ouest et parvenaient en Europe où ils rencontraient un cousin, l'homme de Néandertal.
Paradoxalement, cette étude met en évidence que les Indiens partagent tous l’héritage de deux grands ‘familles’ ancestrales et en même temps que la population est morcelée en groupes qui ont évolué séparément, en se mélangeant peu.
De 40 à 70% du patrimoine génétique des Indiens est un mélange de deux grands groupes. Le premier, originaire du Nord, est apparenté aux Eurasiens (Europe, Asie Centrale, Proche-Orient) ; l’autre, originaire du Sud, n’est relié à aucun autre groupe de population, en Asie ou ailleurs. La part de la lignée nordique est plus importante chez les Indiens qui parlent une langue indo-européenne (hindi, sanskrit, bengali, ourdou, etc..) et dans les castes supérieures, notent les chercheurs.
Les seuls Indiens à ne pas posséder cette lignée sont les habitants des îles Andaman, archipel de l’océan Indien, qui descendent uniquement de l’autre lignée ancestrale.
Sans surprise, on retrouve les populations indiennes autochtones, sans doute apparentés aux sumériens (civilisation d'Harappa), et les indo-européens qui ont envahi l'Inde vers -4000.
- Des spermatozoïdes trop performants !
Normalement dès qu’un spermatozoïde féconde l’œuf cela déclenche des réponses biologiques qui empêchent les autres spermatozoïdes d’entrer en contact avec l’œuf. Ce blocus est nécessaire, car un second spermatozoïde rentrant dans l’œuf causerait sa destruction. Ce phénomène est appelé polyspermie.
Cependant les spermatozoïdes sont devenus tellement efficaces que le temps que ce blocage se mette en place, il n’est pas rare qu’un deuxième gamète mâle arrive jusqu’à l’œuf mettant ainsi fin à la fécondation.
Le corps des femmes, aussi, a développé des défenses contre la polyspermie. «Pour éviter les conséquences fatales de la polyspermie, l’appareil génital féminin a évolué pour devenir un formidable obstacle au sperme», affirme le Dr Hasson. Une toute petite amélioration de l'efficacité du sperme mâle est compensée par une réponse du système reproducteur femelle. «Cela alimente une course aux armements entre les sexes qui induit cette baisse de la fertilité», conclut-il.
Santégénétique, traitements, nutrition, hygiène
- La Chine sort le premier vaccin contre la grippe A
Un vaccin chinois, déjà au point, vient d'être autorisé à la vente dans son pays d'origine. Contrairement aux produits en cours d'étude en Occident, ce vaccin ne nécessite qu'une seule dose.
Panflu.1 serait ainsi le premier vaccin contre H1N1 à dose unique, contrairement à la majorité de ceux produits par les géants occidentaux de l’industrie pharmaceutique, qui, en effet, travaillent sur des vaccins à deux doses.
- Une puce implanté dans le corps pour détecter le virus H1N1
La société Verichip brevète une micropuce implantable dans le corps humain et capable de détecter le virus H1N1 (Seeking Alpha).
- Le premier vaccin contre le Sida qui fait plus de bien que de mal
Rien d'extraordinaire mais c'est encourageant quand même par rapport aux échecs précédents...
- Des nanodiamants pour la thérapie génique
Une nouvelle voie très prometteuse vient d’être trouvée par Dean Ho de la Northwestern University. Avec ses collègues, il avait déjà remarqué que des nanodiamants pouvaient facilement être recouverts de molécules actives qu’ils pouvaient ensuite libérer de façon très efficace dans un organisme. De plus, ces nanodiamants ont une bonne biocompatibilité. Ainsi, lui et ses collègues ont obtenu récemment d’excellents résultats avec des nanodiamants porteurs d’insuline pour accélérer la guérison de brûlures ou de blessures. Les nanodiamants traités peuvent en effet libérer cette hormone au niveau des tissus endommagés de façon contrôlée et idéale pour un maximum d’efficacité. La même conclusion avait été atteinte avec des nanodiamants recouverts de doxorubicine, une substance employée en chimiothérapie contre le cancer.
Les chercheurs se sont donc demandés si des nanodiamants pouvaient aussi être recouverts de PEI800 et s'ils pouvaient alors facilement pénétrer dans des cellules.
Non seulement les nanodiamants ont bien pénétré dans les cellules mais l’efficacité s’est révélée 70 fois supérieure à celle du PEI800, tout en conservant une excellente biocompatibilité. Comme la fabrication de ces nanodiamants est facile et peut donc devenir industrielle, les chercheurs placent de grands espoirs dans leur découverte.
- La salive de tique pourrait guérir du cancer
La tique, cet animal peu apprécié des hommes, est connue pour les maladies infectieuses qu'elle transmet et pour les allergies qu'elle provoque. Sa salive a la particularité d'augmenter les phénomènes inflammatoires. On entend d'ailleurs souvent des spécialistes qui déconseillent d'utiliser de l'éther pour la retirer de la peau car la tique, une fois anesthésiée, a la fâcheuse habitude de régurgiter de la salive.
Mais depuis quelques jours, cette salive est plutôt bien vue au brésil: des chercheurs de l'Institut Butantan de Sao Paulo ont découvert que celle-ci contiendrait une photoprotéine capable de guérir plusieurs cancers (cancers du pancréas, du foie, ou de la peau). Baptisée "Facteur X actif", cette protéine serait en effet en mesure de s'attaquer aux cellules cancéreuses tout en épargnant les cellules saines.
Après avoir reproduit artificiellement cette protéine dans des cuves à levure (car jusque là l'extraction se faisait en plaçant une paille sous la tête de l'animal), ils l'ont testée sur des souris atteintes de cancers de la peau. Le résultat obtenu est impressionnant: dans le cas d'un animal traité quotidiennement pendant une durée de 14 jours, la tumeur a arrêté de se développer et s'est même stoppée. Dans le cas d'un animal traité pendant 42 jours consécutifs, la tumeur a totalement disparu. La salive s'est attaquée uniquement aux cellules cancéreuses.
- Un traitement précoce ralentirait le Parkinson
Un médicament habituellement prescrit pour atténuer les symptômes de la maladie de Parkinson ralentit aussi la progression du handicap lié à cette affection neurologique, à condition d'être administré plus tôt.
Il montre que la rasagiline ne se contente pas de lutter contre les symptômes, mais freine aussi leur progression, selon les auteurs qui ont mesuré cette différence à l'aide de tests.
"Il faudrait peut être faire évoluer, à la lumière de ces résultats, les recommandations officielles (européennes et autres) qui incitent actuellement à attendre que les symptômes deviennent suffisamment gênants (raideur, lenteur, tremblement) pour traiter les patients".
Les auteurs eux-mêmes reconnaissent cependant qu’avec la plus forte dose de rasagiline (2 mg au lieu de 1mg), ils n’observent pas cet avantage du traitement précoce…
Voir aussi Techno-Science. La rasagiline est commercialisée sous le nom d'Azilect®. Rappelons qu'il y a aussi les pistes du clioquinol et de l'isradipine (ICAZ®).
- Alzheimer : l'inflammation plus que les plaques responsables (angl.)
Les gènes impliqués dans la prédisposition à la maladie suggèrent que l'inflammation, le cholestérol et l'irrigation sanguine seraient les véritables causes. Le taux de TNF-alpha serait un bon indicateur de la gravité de l'Alzheimer et de sa mortalité. Cela semble rejoindre les bienfaits des anti-inflammatoires ou de l'ICAZ® sur la maladie.
Pour la Science met en cause la préséniline :
Ces travaux détaillent en outre le fonctionnement de la préséniline au sein des synapses : normalement, cette molécule assure la libération d'un important neuromédiateur d'un neurone à l'autre, le glutamate. Il s'ensuit une libération des réserves de calcium intracellulaire dans le neurone cible, ce qui participe à la stabilisation de la synapse et à la « mémorisation » de l'information. La préséniline absente, ce mécanisme est entravé.
Cette découverte montre qu'un défaut de transmission de l'information dans les zones cérébrales de la mémorisation est peut-être la cause de la maladie d'Alzheimer chez certains patients. Une alternative aux pistes les plus fréquemment explorées, mettant en cause des fibrilles entravant le fonctionnement des neurones, et les plaques amyloïdes qui les compriment.
On avance aussi vers un vaccin.
- Cannabis : les causes de l'amnésie
Selon Giovanni Marsicano, l'un des auteurs de l'étude, les expériences réalisées à Barcelone et à Bordeaux ont permis d'identifier dans l'hippocampe à la fois la classe des neurones (utilisant le neuromédiateur nommé GABA) où se manifestent les phénomènes amnésiques dus au cannabis et une molécule (mTOR) qui, activée par les récepteurs cannabinoïdes, perturbe la synthèse des protéines.
- Better world: Legalise drugs (New Scientist)
New Scientist publie une défense de la légalisation des drogues devant l'inefficacité et la contre-productivité même de la prohibition (tout comme pour la prohibition de l'alcool).
"Loin de nous protéger, nous et nos enfants, la guerre aux drogues rend le monde beaucoup plus dangereux".
C'est aussi ce que préconise Ruwen Ogien (voir plus haut) dans son livre "La vie, la mort, l'Etat" où il plaide pour une bioéthique minimaliste acceptant le pluralisme moral, ainsi que le livre de Tom Feiling qui fait grand bruit par sa défense de la légalisation de la cocaïne, La machine à bonbons : comment la cocaïne s’est emparée du monde, où il dénonce les méthodes utilisées dans la lutte anti-drogue, qu’il estime « brutales, corrompues, racistes, inefficaces ». Et accuse les artisans de cette politique, « irrationnelle et hystérique ». Car l’essentiel est là : pour Feiling, la prohibition de la cocaïne est « inapplicable et contre-productive ».
- Choisir le bon anti-dépresseur grâce à l'EEG
Un des problèmes principaux des anti-dépresseurs est de choisir le bon ! Un Electro-EncéphaloGramme pourrait aider...
biotechnologies, énergie, nanotechnologies, robotique, informatique
La nanolithographie permet d'imprimer par pression des motifs plus petits que par lithographie optique mais restait très difficile car il fallait positionner de nombreuses fois un petit tampon alors que vient d'être mis au point un rouleau capable d'imprimer en continu de grandes longueur à la vitesse d'1m par minute réduisant drastiquement les coûts et permettant l'industrialisation.
La résolution de 50 nanomètres par 6 pouces ne serait pas assez bonne pour des circuits intégrés (ce qui paraît étonnant) mais elle pourrait bénéficier aux dispositifs optiques entre autres.
- Une poudre pour cicatriser les circuits électroniques !
Des capsules microscopiques contenant des nanotubes de carbone peuvent rétablir instantanément un contact électrique interrompu par une crique dans le conducteur. Cette réparation presque automatique pourrait être particulièrement utile sur les contacts d'une batterie lithium-ion, où un court-circuit provoque parfois une fâcheuse combustion.
Les capsules sont brisées mécaniquement... en secouant l'appareillage. L'équipe a déterminé que la taille idéale des capsules est comprise entre 280 et 350 nanomètres. Plus petites, elles sont trop solides pour être rompues. Plus grandes, elles sont trop fragiles.
Une fois les nanotubes de carbone libérés, ils viennent d'eux-mêmes s'appliquer sur les extrémités des conducteurs et l'ensemble de cet écheveau forme un fil de fortune qui, comme l'a mesuré l'équipe, rétablit le passage du courant. Avec un tel matériau recouvrant les connecteurs de la batterie d'un ordinateur ou d'un mobile, il suffirait donc, à la vue d'un témoin d'alarme, de secouer vigoureusement l'appareil pour réparer la connexion !
- Des nanotubes doublent l'efficacité du photovoltaïque
C'est principalement en réduisant la dissipation en chaleur, un 2ème électron étant émis quand les cellules photovoltaïques actuelles convertissent l'énergie excédentaire en chaleur.
- Du photovoltaïque sur aluminium
Nanosolar lance une nouvelle gamme de panneaux solaires à base de CIGS (copper, indium, gallium, selenium) imprimés sur des feuilles d'aluminium. Moitier moins efficaces que le silicium, le prix en serait assez inférieur pour compenser largement la perte de performance. La production industrielle commence, en Allemagne.
- Combiner solaire thermique et charbon
L'idée est d'utiliser le solaire thermique (concentrant la chaleur du soleil sur un liquide pour produire de l'électricité avec de la vapeur) pour utiliser moins de charbon dans les centrales électriques au charbon, ce qui s'avérerait très économique.
- Inauguration de la plus grande centrale solaire à collecteurs d'Europe
C'est plutôt une technologie dépassée, en tout cas pas la plus performante et qui avait été abandonné par EDF (centrale Thémis près de Font-Romeu dans les Pyrénées-Orientales), mais il faut faire feu de tout bois !
- Des ballons dans le ciel pour créer de l'énergie
Le projet de Cool Earth Solar, une start-up de la Silicon Valley, ambitionne de créer des « fermes de ballons » flottant à une dizaine de mètres du sol. Gonflés à l'helium, ils seraient recouverts du film CIGS et permettraient de capter le soleil plus largement.
Pour les 9 autres "inventions qui peuvent révolutionner l'écologie", il y a surtout le solaire et l'énergie intelligente mais aussi de fausses solutions comme le fer dans l'océan pour absorber le CO2. On sait que ça ne marche pas !
- Une batterie faite de sel et de cellulose
Des chercheurs suédois ont mis au point une batterie non polluante fonctionnant au sel et à la cellulose. Une batterie qui pourrait dans un proche avenir remplacer les batteries au lithium des capteurs sans fils, des implants médicaux, des étiquettes Rfid par exemple...
Les chercheurs indiquent avoir ainsi atteint une charge électrique de 600 milli-ampères (mA) par centimètre carré. Au total, ces batteries en papier pourraient offrir, selon les auteurs, une charge de 25 à 33 mAh (mA.heure) par gramme, ce qui les rend commercialement intéressantes.
De plus elles se rechargent très vite et ne contiennent pas de matériaux dangereux pour la santé ou l'environnement, comme les métaux lourds des batteries traditionnelles. Elles pourraient constituer des moyens de stockage d'énergie « propres, légers et bon marché », qui pourraient prendre place dans des vêtements ou des emballages, par exemple, mais aussi, ajoutent-ils, « extensibles ».
L'une des possibilités imaginables, en effet, serait la réalisation de batteries de très grandes tailles, pourquoi pas de plusieurs mètres carrés, qui pourraient à faible coût fournir une puissance électrique conséquente.
- Les prototypes Renault de voiture électrique
La Zoé ZE est une petite polyvalente d’un peu plus 4m de long. Dotée d’un moteur de 53 kW (75ch), elle pèse (1400 Kg) et peut atteindre 140 km/h. Son autonomie atteint 160 km.
La TwizyZE transporte deux personnes en tandem dans un habitacle entièrement vitrée. Equipée d’un petit moteur de 15kw, c'est-à-dire l’équivalent de 20ch, la Twizy ZE peut monter jusqu’à 75km/h. Cette performance tient en grande partie d’un poids contenu de 420 Kg, soit 40% de moins qu’une Smart Fortwo de première génération. L’autonomie de cette petite "puce" est de 100 km.
Renault a aussi développé des solutions pour permettre un rechargement plus facile. Chacun des véhicules présentés peuvent être chargé selon trois méthodes différentes: - par recharge classique sur secteur, une charge complète prend alors 6h à 8h - par recharge rapide sur borne haute tension (400V), la voiture est ainsi rechargée en 20 à 30 minutes. - par remplacement de batteries, les voitures sont spécialement conçues pour que l’opération soit effectuée automatiquement en 3 minutes !
- BMW va tester des Mini électriques en 2010 en France
Le constructeur automobile allemand BMW a annoncé jeudi que la France serait le prochain pays retenu pour l'expérimentation, à partir de la mi-2010, de son prototype de Mini E (électrique), à l'occasion d'une présentation de la voiture au ministère français de l'Ecologie.
BMW a construit au total 612 Mini électriques pour mener une campagne d'essais en conditions réelles. Outre l'Allemagne (Munich et Berlin), les voitures sont actuellement testées aux Etats-Unis (Los Angeles et New York) et au Royaume Uni (Londres et Oxford). En France, il s'agira "d'une expérimentation de 40 véhicules".
On voit qu'on n'en est pas au marché de masse...
- Le CyCab, une voiture sans conducteur
Ces nouveaux véhicules alternatifs sont capables d’évoluer « seuls ». Ils représentent un véritable défi technologique relevé par le centre de recherche INRIA de Rocquencourt et les chercheurs de l’équipe IMARA qui travaillent depuis plus de 10 ans sur un prototype : le CyCab. Ce véhicule présente une originalité, il évolue sans pilote. Un ordinateur prend en charge son fonctionnement global. Il analyse les informations qui lui sont transmises par des capteurs et prend des décisions : rouler, s’arrêter, tourner à gauche ou à droite... Ces informations lui parviennent selon trois sources différentes : la perception, la navigation et la communication. Le CyCab voit la route et s’y adapte. Pour cela, il est équipé d’un laser et d’une caméra qui lui permettent de suivre le marquage au sol et d’éviter les moindres obstacles. Afin de connaître sa position en temps réel, le véhicule possède un GPS amélioré d’une grande précision. Par ailleurs, chaque CyCab communique via Internet. Les véhicules peuvent ainsi échanger des informations entre eux pour se suivre à distance réduite, ou bien surfer sur le Web pour glaner des informations en temps réel sur le trafic routier et éviter les embouteillages.
Il y a une animation : on appelle le CyCab par téléphone, il vient devant chez vous et vous emmène à la gare...
- Peugeot équipe en WiFi ses voitures haut de gamme
Cela se présente sous la forme d'un boitier WiFi présent dans l'habitacle, couplé avec une clé USB 3G/3G+. Pour fonctionner, le conducteur ou le passager devra y insérer sa carte SIM.
Cette nouveauté équipera en avant première les nouvelles Peugeot 5008, et sera par la suite déployé dans d'autres véhicules de la marque. Le boitier, en tant qu'accessoire, sera quant à lui commercialisé à partir de 2010.
- Un scooter électrique 3 roues
Autonomie : 50 km (2 heures). Réservé aux entreprises pour l'instant (6000€).
- YikeBike : le vélo électrique du futur ?
Petit et relativement léger (10 kilos), ce vélo électrique (moteur d’1,2 kW) réalisé en fibre de carbone vient de Nouvelle-Zélande. Facilement pliable, il est livré avec sa housse de rangement.
Côté caractéristiques techniques, sa vitesse maximale est de 20 km/h, il est équipé d’une batterie au lithium qui se recharge en 30 mn (et qui peut être rechargée 1000 fois) et qui garantit une autonomie d’une petite dizaine de kilomètres.
Le YikeBike devrait être vendu à partir de 2010 aux alentours de 3400 € !
- Le vélo producteur d'électricité !
Une zone urbaine sans voiture où les citoyens ne se déplaceraient qu'en bus ou en vélo, le principe est déjà amorcé dans plusieurs capitales européennes sauf qu'il est cette fois amélioré avec des vélos "hybrides" dont la particularité est d'emmagasiner l'énergie déployée lors de leur utilisation. Différentes "énergies vertes" complètent le processus pour recharger ces deux-roues qui peuvent aussi faire office de scooter électrique.
- Le meilleur recyclage de l'occasion, c'est les pays pauvres
Beaucoup de ces appareils pourraient trouver une seconde vie dans les pays pauvres alors qu’ils sont mis au rebut au bout de deux à trois ans, ont souligné les responsables de cette étude. Au Pérou, 85% des ordinateurs d’occasion importés ont été remis en service en 2008.
- Bonne nouvelle, les TV LED arrivent déjà !
Le salon de l'IFA qui s'est déroulé en Allemagne a été marqué par l'avalanche de TV à rétroéclairage LED, synonymes de d'écrans ultra fins et de consommation réduite. Avec ce type de téléviseur, la qualité d'image s'améliore également, au même titre que le design qui évolue.
En parallèle à cette vague de TV LED, les constructeurs se sont également lancés dans la fabrication des téléviseurs connectés. En plus d'intégrer du contenu multimédia (recettes de cuisine, jeux, affichage de photos...), les nouveaux téléviseurs sont capables de se connecter à Internet via une interface spécifique sous forme de widgets.
Les widgets permettent aux téléviseurs de bénéficier en temps réel d'information spécifique tel que l'actualité, l'état du trafic, la bourse, de visionner des vidéos sur Youtube...
Non seulement il s'ouvre comme un livre mais il est en couleur et serait moins cher que ses concurrents (autour de 125€) tout en permettant de surfer sur le net et de faire son courrier grâce à l'écran tactile. C'est en fait un nouveau concept de portable après le Netbook eeepc inventé déjà par Asus.
- Le premier appareil photo avec vidéoprojecteur intégré
CoolPix S1000pj de Nikon, le premier appareil photo au monde avec vidéoprojecteur intégré. Sûrement d'avenir. Surtout que des lasers miniatures viennent de sortir, destinés en premier lieu aux picoprojecteurs.
Il suffit effectivement de prendre différentes vues avec une seule webcam pour reconstituer un objet en 3 dimensions.
Au contraire, la méthode proposée par Qi Pan et ses collègues ne nécessite qu’une simple webcam et permet de reconstruire l’objet en temps réel. Le système estime la structure de l’objet grâce au mouvement de la camera ou de l’objet puis calcule la tetraèdralisation de Delaunay. Ce nom barbare correspond à l’extension de la triangulation de Delaunay de la 2D vers la 3D.
Finalement les tétraèdres non valides sont supprimés et la texture de l’objet est appliquée au modèle 3D afin d’obtenir un modèle réaliste. Grâce à ce système simple et bon marché, la reconstruction 3D devient désormais accessible à tous.
- Une imprimante 3D fabrique des objets en verre
Aujourd'hui, Mark Ganter présente un nouveau procédé, nommé Vitraglyphic, utilisant du verre finement pulvérisé et permettant une meilleure précision, une résolution plus grande dirait-on dans le monde de l'impression classique. « Nous avons réalisé, explique-t-il, que si la taille des grains descend en dessous de 20 microns, alors nous pouvons imprimer à peu près n'importe quoi ».
Le principe reste identique, avec une imprimante à jet d'encre projetant un matériau adhésif mais il a fallu déterminer précisément la quantité de liquide à employer. La méthode n'est pas couverte par un brevet. Il suffit de la demander au laboratoire Solheim...
Mark Ganter remarque que le matériau est très proche d'une pâte de verre, déjà connue dans l'Egypte antique, et constituée de poudre de verre amalgamée par un liant puis solidifiée (et vitrifiée) par la cuisson.
L'intérêt, c'est surtout que cela rend l'impression beaucoup moins chère que les résines classiques, et la démocratise donc.
- Google rend possible l'impression de livres épuisés
On avait parlé le mois dernier de l'imprimante ultra rapide d'On Demand Books permettant d'imprimer en 5mn un livre de 300 pages avec sa couverture pour 8€. Google a décidé de rendre possible l'impression par cette imprimante des livres qu'il a numérisés et qui sont tombés dans le domaine public.
Voir aussi techno-Sciences. Par ailleurs, l'administration Obama remet en cause l'accord entre éditeurs et Google Books.
- La sagesse des foules n'est pas fiable
Une petite minorité peut fausser complètement les recommandations des internautes !
Analyse en temps réel de l'humeur des messages sur Twitter...
Une série de vidéos, comme ce robot qui écrit sur la route des messages. Il y a aussi des projections sur des bâtiments, les lumières de bureaux qui dessinent des scènes, etc...
On peut compléter avec Augmenter la ville : pour quoi faire ? et aussi la ville high-tech de demain même s'il n'y a rien de très neuf.
- La vie en 2020 selon Ericsson
L’équipementier a fait appel à de nombreux experts pour construire ces scénarii prospectifs et interactifs sur la mobilité en 2020, comme le raconte Wired.
Là aussi, on peut compléter avec des applications de la réalité augmentée mais rien d'extraordinaire.
- StickyBot: un robot gecko qui grimpe aux murs
Vidéo amusante de ce robot en forme de gecko qui grimpe aux murs comme lui (mais seulement sur des surfaces lisses semble-t-il). On peut voir aussi un robot sauteur.
- Le successeur de la navette spatiale
- Sea Orbiter : un laboratoire océanographique flottant
Cet étrange géant de plus de cinquante mètres de hauteur veut devenir une plate-forme permanente d'observation des océans, pour accueillir des scientifiques dedans et dessous.
Au-dessus de l'eau, la coque verticale comporte trois ponts, dont le dernier est élargi. On voit des hommes se promener sur sa partie supérieure. Plus haut, à la base de deux antennes, une vigie permet d'observer l'océan.
Malgré son allure de vaisseau spatial pour une BD japonaise, Sea Orbiter est en effet une plate-forme flottante, qui peut se laisser dériver au gré des courants ou se maintenir à la même position géographique grâce à des moteurs électriques. Cette sorte de bateau vertical est plus haut (51 mètres) que long (10,35 m), pour une largeur de 6,12 mètres. La plus grande partie (sur une hauteur de 31 m) est immergée. L'engin ne dépasse donc de la surface de l'eau que de 20 mètres. Sous l'eau, une plate-forme discoïdale de stabilisation contient les ballasts et les réserves de carburant et d'eau.
La coque comporte huit étages dont cinq se trouvent sous la surface. Une des originalités du projet, qui n'en manque pas, est que les deux niveaux les plus bas sont entièrement pressurisés. Les plongeurs peuvent donc y résider en permanence et aller et venir entre l'extérieur et leur lieu de vie. Au-dessus, l'équipe du projet promet des surfaces transparentes panoramiques pour admirer et étudier le monde sous-marin.
La première mission, prévue en 2012, consistera, comme l'a fait Jacques Piccard il y a quarante ans, en une dérive au fil du Gulf Stream.
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La leçon qu'on devrait en tirer, c'est qu'à l'organisation en partis concurrents ou même en réseaux plus ou moins occultes, il faudrait préférer une organisation en communes et en comités locaux ouverts à tous. Aussi bien pour la démocratisation que pour l'alternative à la globalisation marchande, il faut désormais partir du local. C'est là seulement qu'on peut changer les choses vraiment.
Chaque jour qui passe renforce l'indignation et la colère, témoignant non seulement de l'aggravation de la crise mais tout autant du renversement idéologique déjà effectif avec la perte de crédibilité d'un libéralisme débridé. On peut espérer que la brutalité de la crise réveille un mouvement social désorienté mais il ne faut pas en attendre trop. Plus on voudra mettre la barre haut et plus on deviendra minoritaire. L'extrémisme mène à l'impuissance. Tout au contraire, il faut fédérer le maximum de mécontents et retrouver des solidarités de classe (prolétaires de toute la France unissez-vous !). Est-ce qu'on ira jusqu'à une grève générale reconductible au lieu de quelques promenades de République à la Bastille ? Rien n'est moins sûr, en tout cas ce n'est pas pour tout de suite, même si cela reste un objectif prioritaire et relativement réaliste.
A supposer qu'on y arrive, cela ne sera pas plus que la crise bancaire la fin du capitalisme pour autant, ni quoique ce soit de véritablement révolutionnaire. Si de grandes mobilisations devaient déboucher sur une situation révolutionnaire, ce serait par une dynamique interne plus que par volonté expresse mais ce serait bien étonnant. Rien ne permet de l'espérer, et d'abord parce qu'il n'y a pas de réelle alternative. Tout ce qu'on peut espérer pour l'instant, c'est donc seulement une certaine "moralisation du capitalisme" dont on peut se gausser mais qui dépend d'un rapport de force plutôt (ou du niveau du chômage) et ce ne serait déjà pas si mal si on arrivait à revaloriser les salaires, améliorer conditions de travail et protections sociales, intégrer les "externalités" écologiques et sociales, sortir enfin de la dictature de la rentabilité financière immédiate. Dans la conjoncture actuelle, il faut certainement s'en tenir à un programme minimal le plus consensuel possible au niveau national, ce qui n'empêche pas une plus grande radicalité au niveau local. On pourrait dire : réformisme global, radicalité locale !
Affirmer qu'il ne faut pas trop croire dans une révolution imminente peut paraître d'autant plus scandaleux que c'est non seulement ce dont on rêverait mais qu'il y un réel besoin de changements révolutionnaires tout comme de sortir du capitalisme salarial. Seulement, il ne suffit pas d'écouter ceux qui disent ce qu'on voudrait entendre, ni de prendre ses désirs pour la réalité et d'appeler à une révolution, en croyant qu'il suffit de le vouloir très fort et de le crier bien haut ! Il faudrait d'abord savoir quoi faire d'une telle révolution si elle se produisait, risquant de ne rien donner du tout comme Mai68 et bien d'autres simili-révolutions depuis.
Il y a une difficulté particulière, en effet, à vouloir faire une révolution en régime démocratique car il suffit d'un vote contraire (comme en juin 1968) pour l'arrêter net. Supprimer le vote serait bien sûr le contraire de l'objectif démocratique. Dans ce cadre, que pourrait donc signifier "prendre le pouvoir" ? qui le prendrait et au nom de qui ? d'un parti ? d'un réseau ? C'est au fond la vieille question de l'organisation mais l'opposition du réseau au parti n'est pas la bonne comme on l'a cru un moment. Non, là encore, il n'y a pas le choix, on ne peut construire un mouvement démocratique qu'en partant du local et d'une fédération de communes, la radicalité devant s'inscrire dans une démocratie de face à face et dans la confrontation aux réalités du terrain sans qu'un parti séparé impose sa volonté à tous.
Les révolutionnaires se sont toujours posé la question de l'organisation ou du parti, forme aujourd'hui dépassée, les partis n'étant plus que des machines électorales qui n'assurent même plus la formation des militants. Avec Internet, la mode, c'est les réseaux et l'on voit effectivement se multiplier les groupuscules et réseaux affinitaires. Ce n'est pas la bonne méthode, on le voit bien. La question de l'organisation ne peut se résoudre qu'au niveau local par des assemblées communales. C'est à ce niveau que devraient être rédigés des cahiers de doléances contre le totalitarisme marchand et pour un peu plus de démocratie et de justice, une réduction des inégalités, de meilleures conditions de travail et la protection de notre milieu de vie.
La vie politique locale a l'avantage d'être une démocratie de face à face où il est plus difficile de délirer sur une société utopique et un homme nouveau alors qu'il faut s'accommoder de nos voisins tels qu'ils sont. Les appels à l'insurrection et à la fraternité font comme si tout le monde voulait la même chose et qu'il suffisait d'une volonté inflexible pour soumettre le réel à nos désirs les plus fous et contradictoires. Certes, tant qu'on y est, et quitte à tout changer, autant changer pour une vie parfaite et débarrassée de tous les méchants. Sauf que c'est tout simplement la voie du totalitarisme...
Pas étonnant, donc, que cela ne paraisse pas tellement séduisant et ne trouve aucun débouché politique mais cela ne veut pas dire pour autant que toute alternative serait forcément totalitaire. La condition, c'est de reconnaître la division démocratique et la pluralité des opinions, des pratiques et des aspirations légitimes comme les divisions de classes et les conflits sociaux. Cependant, en face de ceux qui visent une perfection imaginaire et des révélations métaphysiques, la vérité, c'est que ce qu'on peut proposer de possible, même si cela changerait la vie vraiment, ça ne tient pas le coup et paraît juste une petite amélioration à la marge, avec même des côtés négatifs, pensez donc, ce qui est impensable pour les bonnes et pures intentions révolutionnaires ! Pourtant, on ne va pas supprimer les sales capitalistes, ni enfermer tous les électeurs de droite, ni former des brigades de rééducation. C'est avec les gens tels qu'ils sont qu'il faudra construire une autre façon d'être ensemble, de produire et répartir les richesses, où chacun devra être libre de ses choix. Car s'il faut se révolter, c'est pour être plus libres et solidaires, pas pour perdre nos libertés au profit d'un pouvoir prétendu populaire et devoir se conformer aux nouvelles valeurs dominantes.
S'il faut donc bien se rassembler, ce n'est pas par affinités mais par lieux. C'est le fondement même de la démocratie, les "dèmes" étant des découpages géographiques sensés réduire la prédominance des liens familiaux, regroupement des citoyens sans distinctions, dans la diversité des opinions et des appartenances. Il ne faut pas faire preuve de trop d'angélisme. Dire que c'est une condition nécessaire, n'est pas prétendre que ce soit une condition suffisante pour autant, comme si tout devait s'arranger du coup miraculeusement ! La naissance de la philosophie est très liée à la démocratie (tout comme les sciences) mais on a tort de s'offusquer des critiques des philosophes contre une démagogie qui la menace effectivement, ce qui n'est pas la condamner mais admettre qu'il faut partir du fait que la démocratie ça ne marche pas, c'est compliqué, aussi bien la démocratie représentative que la démocratie "directe", encore plus une hypothétique "démocratie cognitive". C'est un processus infini. Il faut toujours et encore "démocratiser" (le savoir, la parole, le pouvoir, les ressources) mais il n'y a pas de politique pure, dénuée d'arrières pensées, d'intérêts, d'ambitions, de stratégies d'alliances, de rapports de forces, de rivalités, etc., toutes choses qu'on expérimente déjà au niveau local.
Insister sur la démocratie municipale ne signifie pas qu'il faudrait abandonner le terrain idéologique et national. Cela ne veut pas dire qu'il serait inutile de s'organiser en réseaux au niveau national, pour favoriser les échanges intellectuels au moins, mais savoir que l'essentiel sera d'en donner une traduction locale avec nos concitoyens. Ce n'est pas non plus prétendre que ce serait la seule urgence du moment. Il y a différentes temporalités (cycle, mutations, limites planétaires) et dans l'état actuel d'égarement, on a vu qu'il vaut sans doute mieux se concentrer sur la régulation de la finance et le rééquilibrage du rapport capital/travail, en poussant à de meilleures conditions de travail et de meilleures protections sociales. Sans être révolutionnaire, cela permet au moins de reprendre les luttes et d'en éprouver les limites. A plus long terme, ce sont des alternatives locales qu'il faudra construire et fédérer mais il faudra du temps pour dégager des perspectives claires partagées par une partie significative de la population.
Il ne s'agit pas de prétendre qu'il ne serait pas souhaitable qu'il y ait un soulèvement général, mais qu'il devra s'appuyer sur la démocratie locale pour aller au-delà du réformisme sans devoir sombrer dans l'autoritarisme. Ce serait en tout cas une façon de résoudre la crise de la gauche, avec l'impossible question des alliances d'appareils, en constituant des comités locaux (ou comités de quartier) et une dynamique qui part de la base, non pas seulement pour initier un mouvement global mais une véritable transformation locale, de nouveaux rapports entre nous et commencer à construire un monde nouveau inscrit dans le territoire.
Le capitalisme ne s'est pas effondré, la finance est repartie au quart de tour mais le chômage n'a pas fini de monter et le système restera en panne longtemps encore, tant que les pays les plus peuplés ne tireront pas une croissance mondiale qui ne peut plus reposer sur le crédit américain. En attendant, les effets en chaîne de la faillite du modèle de financiarisation néolibérale continueront à se faire sentir de façon implacable dans les années qui viennent. Une des leçons de la crise (en 1929 déjà), sous l'apparence d'une transmission instantanée à la Terre entière, c'est l'inertie considérable de l'économie mondiale (fonction de la taille), inertie renforcée cette fois par les mesures gouvernementales relativement appropriées ainsi que par les protections sociales qui ne font sans doute que retarder la destruction des emplois et la restructuration de la production sur un modèle plus soutenable. A court terme, une rechute rapide semble inévitable, au moins du dollar, provoquant une récession probablement pire que la précédente, sans signifier pour autant un effondrement total du système en tant que tel, habitué de ces épisodes dramatiques et dont il finit par sortir au bout d'un temps plus ou moins long, au prix de guerres souvent, de profondes restructurations toujours. En tout cas, malgré les signes contradictoires de reprise et de détresse sociale, ni le grand soir, ni le retour de la croissance ne sont pour demain, on pourrait en avoir pour 10 ans ou plus, c'est dans ce contexte qu'il faut penser notre présent et préparer la sortie de crise, même si des accélérations de l'histoire sont toujours possibles.
Si le schéma de la crise est assez classique, on peut la caractériser comme la première véritable crise planétaire et, à coup sûr, la première de l'ère du numérique. Une nouvelle guerre mondiale n'a certes rien d'impossible dans cette ambiance de réarmement général et il faut souhaiter un peu plus de protectionnisme raisonné mais on ne retournera pas à des économies fermées ni à l'affrontement de systèmes car, s'il y a bien un acquis sur lequel on ne reviendra pas, selon toute vraisemblance, c'est sur la mondialisation des réseaux, des images et donc des marchandises. Si "un autre monde est possible" malgré tout, c'est dans ce contexte d'unification planétaire, au moins des communications, même si le processus est, certes, loin d'être achevé.
S'il n'y a plus qu'un seul monde, cela voudrait-il dire qu'il n'y aurait plus qu'un seul système comme on peut le craindre légitimement devant la contamination de toutes les activités par la logique marchande et l'extension infinie des marchés ? Non, bien sûr, ce serait nier l'existence d'une économie familiale et d'une économie publique, au moins. Le néolibéralisme a bien tenté de nier cette pluralité au nom d'un totalitarisme du marché mais son échec et son inhumanité sont désormais patents. Il y a donc bien possibilité d'une pluralité de systèmes, simplement ils ne vont plus se différencier en blocs territoriaux, ni selon les pays comme on changeait de religion en changeant de prince, mais seront obligés de cohabiter sur le même territoire. Il s'agit de voir comment.
D'abord, il faut souligner qu'une singularité de notre situation historique, c'est l'absence de toute alternative depuis l'effondrement (complet cette fois) du communisme. Il y a bien l'islamisme pour certains pays comme résistance à la modernisation mais l'expérience iranienne annonce déjà son déclin. Or, les révolutions ne s'improvisent pas et ne trouvent pas spontanément et comme par miracle les solutions aux problèmes qui n'ont pas été résolus jusqu'ici. Le mythe imbécile de l'auto-organisation se cogne rapidement au réel. Ainsi, la désorientation de Chavez est totale dans la tentative de construire un socialisme du XXIème siècle, cherchant sincèrement des pistes mais se heurtant aux dures réalités et à l'absence de propositions praticables. Pour réussir, les révolutions doivent être préparées par tout un travail intellectuel préalable (Rousseau ou Marx), ce qui pour l'instant manque cruellement. On n'est peut-être pas à la fin de l'histoire mais cela y ressemble furieusement par certains côtés au moins, de l'unification planétaire à la pensée unique dont l'incidence est massive (au moins dans les mass média) depuis la fin de la division planétaire. Seulement, cela ne peut être la victoire totale d'un camp contre l'autre, comme si le capitalisme était la vérité complète et définitive de l'homme, mais plutôt l'intériorisation de la pluralité des systèmes, la transformation d'une division extérieure en division intérieure.
Il n'y a aucune chance qu'on se débarrasse du capitalisme au niveau mondial, encore moins qu'on le remplace par un tout autre système de production qui ne soit pas basé sur le profit. Les projets certes ne manquent pas : de moralisation du capitalisme, de limitation de la spéculation (taxe Tobin, le retour!) ou de nationalisation les banques, d'un nouveau partage entre travail et capital, voire d'une bonne dose de protectionnisme. Rien là qui nous fasse sortir de la logique marchande, juste un nouveau régime d'accumulation certes un peu plus juste et se rapprochant de celui des 30 glorieuses, mais c'est loin d'être la fin du capitalisme ! On peut dire la même chose du capitalisme vert ou du capitalisme cognitif, constituant indéniablement un progrès sans sortir en quoi que ce soit d'une production régie par le profit, pas plus que vouloir diminuer temps de travail et consommation changerait quoi que ce soit au fonctionnement du système.
D'autres, plus révolutionnaires, prétendent prendre possession de l'appareil productif mais sans compter que l'expérience historique n'en a pas été concluante, c'est le moins qu'on puisse dire, ils ne veulent pas tant changer le système ni les entreprises que les conserver en substituant simplement des décisions démocratiques ou bureaucratiques aux décisions purement économiques. C'est la critique que faisait André Gorz aux régimes communistes d'être une simple perpétuation du rapport salarial et de l'organisation industrielle, justifiant d'en faire un simple capitalisme d'Etat même si cela change quand même fondamentalement ce "capitalisme" qui n'est plus dépendant du marché financier et ne produit pas de chômage ni de surconsommation (la publicité étant remplacée par la propagande). De ce point de vue, les tentatives de démocratiser l'entreprise, outre qu'elles sont périlleuses, ne changent pas non plus fondamentalement le rapport salarial et il est illusoire d'assimiler une entreprise, où chacun vaut par ses compétences ou sa production, avec une démocratie où chaque voix en vaut une autre. Les ONG ne sont d'ailleurs pas tellement différentes des entreprises commerciales dans leur organisation hiérarchique. A chaque fois, on reste peu ou prou dans le même système salarial.
La fin du capitalisme n'est donc pas en vue et plutôt son extension mondiale mais cela ne veut pas dire qu'il n'y aurait aucune alternative ni une pluralité de capitalismes. D'abord, ce n'est pas parce qu'on ne reviendra pas à des économies fermées et complètement étatisées qu'il n'y a aucune place pour une dose de protectionnisme ainsi qu'une économie administrée indispensable dans certains domaines. De nombreux services publics doivent pouvoir échapper à la rentabilité immédiate et l'économie de la gratuité est appelée à se développer à l'ère du numérique. La question qu'il faut se poser, c'est si, dans cette pluralité de systèmes, il y a possibilité de nouveaux rapports de production, exigés d'ailleurs par les nouvelles forces productives immatérielles, s'il y a possibilité d'un système de production alternatif au capitalisme salarial. En effet, ce n'est pas le lieu d'y revenir, mais le capitalisme comme système de production se caractérise par la subordination salariale et la mesure du salaire par le temps de travail plutôt que par le produit, permettant au capital de s'approprier les gains de productivité. Dès lors, la sortie du capitalisme, c'est essentiellement la sortie du salariat, que ce soit pour devenir fonctionnaires ou travailleurs autonomes. On doit à André Gorz d'avoir remis à l'endroit la perspective révolutionnaire qui n'est pas d'imposer un pouvoir ni un travail à tous mais de libérer l'autonomie de chacun et donc, en premier lieu, de changer le travail pour changer la vie, passer du travail forcé au travail choisi et du salariat au travail autonome (grâce à un revenu garanti et des coopératives municipales). Il s'agit de prendre la question du côté de la production plus que de la consommation, du travail plus que de l'entreprise, du désir plus que des besoins, de l'autonomie plus que de la contrainte, et ne pas juste passer brutalement de l'individu au collectif.
S'il y a une alternative au capitalisme, c'est le travail autonome, exigé par l'économie cognitive tout comme par les services, mais c'est aussi la relocalisation de l'économie plus que le protectionnisme national. Notons, qu'aussi bien une alternative globale semble hors de portée, aussi bien des alternatives locales sont possibles dès maintenant grâce à des monnaies locales notamment, perspective qui peut paraître dérisoire mais qui est bien plus révolutionnaire que de vouloir s'emparer de l'ancien système de production même si on ne renverse pas l'ordre établi d'un seul coup d'un seul, oeuvre de longue haleine mais plus durable et qui change la vie vraiment ! Il n'y a pas simplement une richesse à saisir, car cette richesse, c'est nous ! Ce sera toujours "notre" travail, qui n'est pas toujours si facile à valoriser à hauteur de son mérite. Il faut trouver des procédures plus efficaces que le marché du travail pour allouer les compétences disponibles. Il faut expérimenter, ce n'est pas gagné d'avance mais on pourrait s'y mettre sans attendre, montrer au moins que c'est possible.
La relocalisation est à la base de toute alternative à la globalisation marchande mais cette relocalisation ne peut prétendre à l'autarcie et n'est donc pas coupée du marché mondial avec lequel elle doit composer. Cela suppose bien une pluralité de système sur un même territoire. Ainsi, le territoire ne s'identifie plus à un système unique, ce que les dirigeants révolutionnaires d'Amérique du sud ont compris : ils ne sont pas coupés du marché extérieur (notamment du marché du pétrole ou du gaz) sans laisser faire pour autant les marchés à l'intérieur mais en faisant cohabiter entreprises publiques, commerciales et coopératives. Evidemment, dire qu'une économie plurielle avec un système de production alternatif est possible ne signifie aucunement que ce soit chose facile : ni de construire une alternative ni de soutenir la concurrence marchande. C'est pour cela notamment qu'il faut que les coopératives soient "municipales", c'est-à-dire socialisées, communisées.
On peut déplorer de ne pas vivre dans une utopie totalitaire débarrassée complètement du capitalisme marchand mais, en fait, c'est ce qui facilite grandement les choses. En effet, il faut y insister, l'alternative a beau être locale, définie donc par un territoire, elle n'est pas du tout exclusive et ne nécessite aucune fermeture à l'extérieur et aux marchés, seulement des monnaies locales. La diversité des systèmes se matérialise par la diversité des monnaies puisque les monnaies locales ne remplacent pas l'Euro mais s'en distinguent par leur validité territoriale et leur caractère fondant ne permettant aucune capitalisation. Bien sûr ce n'est pas la seule manifestation d'une différence qu'on retrouve au niveau des institutions entre société anonyme et coopérative municipale par exemple, définissant des systèmes de production bien différenciés (rien à voir avec un quelconque réformisme améliorant le capitalisme). Cela n'empêche pas les influences réciproques, l'autonomie de ces différents systèmes restant forcément relative. Ainsi, la convertibilité de monnaie locale en euros ne doit pas être trop facile mais on ne peut l'éviter complètement, au moins sur un marché parallèle, avec une perte plus ou moins grande pour en décourager la généralisation. On pourrait craindre en effet qu'à ouvrir les vannes on soit vite inondé et que les deux systèmes n'en fassent rapidement plus qu'un mais on peut organiser une certaine imperméabilité entre monnaies et systèmes, comme on peut revenir à l'esprit de service public dans l'administration.
Les interactions entre les entreprises commerciales et les travailleurs autonomes ou les associations n'auront rien d'exceptionnel, un grand nombre de fonctions étant désormais externalisées par les entreprises. Le travail autonome ne se confond pas avec le travail informel ni avec l'économie non monétaire, ni même avec le "tiers secteur". Ce serait plutôt le "quaternaire" selon Roger Sue, sauf qu'il y a du quaternaire dans les 3 autres secteurs comme il y a du salariat partout et aucune séparation entre secteurs sous cet aspect. C'est en tout cas dans la production qu'il y a interaction entre différents systèmes de même que les services publics travaillent avec les entreprises, dans une sorte de division du travail où chaque secteur doit assurer sa part.
L'urgence, c'est de construire des alternatives locales sans attendre un changement global improbable mais, une fois admis une pluralité des systèmes et que ce n'est pas la fin du capitalisme encore, on peut admettre que s'il n'est pas mort, le capitalisme sort quand même bien affecté des bouleversements actuels qui ne se réduisent pas à la crise financière puisque s'y ajoute au moins la crise écologique et l'économie numérique qui attaque ses bases aussi bien sur la valeur d'échange (la mesure de la valeur), le salariat (la mesure du travail ou sa subordination), la concurrence (coopération des savoirs), les droits de propriété (gratuité numérique) mais on peut penser aussi qu'il n'y a aucune perspective de croissance dans une économie de l'information qui est toujours saturée, à l'opposé d'une économie de la rareté. Cela ne concerne pas tous les domaines cependant et laisse donc une place au capitalisme industriel au moins ou pour les grandes infrastructures, à côté du secteur public, des ONG, des travailleurs autonomes et des coopératives municipales. Dans le domaine immatériel on a d'ailleurs une autre forme de capitalisme basée d'un côté sur le capital-risque et de l'autre sur un quasi-monopole qui s'accapare tous les profits. Cela n'empêche pas que la coopération des savoirs et la gratuité numérique imposent un tout autre modèle, celui des logiciels libres et du bien commun même s'ils peuvent servir de ressource aux sociétés commerciales. Il y a aussi les marques qui investissent surtout dans la communication pour augmenter leurs prix, augmenter la part immatérielle des marchandises matérielles. On le voit, le capitalisme lui-même devient pluriel, obligé pour survivre de diversifier ses business models. Il n'a pas perdu son dynamisme mais se trouve quand même exclu de certains terrains, limité dans son extension et il devra être mieux régulé, libérant la place pour une autre économie relocalisée et tournée vers le développement humain dont l'économie marchande pourrait d'ailleurs tirer profit en passant de l'exploitation salariale à la valorisation des compétences.
Même réduit à la portion congrue, reste à savoir si ce "capitalisme cognitif" ne reste pas trop spéculatif, nous entraînant d'une bulle à l'autre et d'un krach à une crise encore pire. La crise de la valeur n'affecte pas seulement la finance. Le marketing et le prix psychologique ou la rente pétrolière ponctionnent inutilement des ressources. Reste à savoir enfin si le capitalisme reste possible dans un monde unifié avec un gouvernement mondial en constitution. Il n'est pas question de prétendre que le capitalisme serait immortel et comme une seconde nature. Simplement, dans l'état actuel de la planète, il vaut mieux se persuader qu'on n'en a pas fini avec le capitalisme sans renoncer pour autant à sortir de la société salariale, ni à relocaliser l'économie.
Certes, ce n'est pas le grand soir et l'on peut trouver que ce n'est pas assez révolutionnaire même si cela l'est beaucoup plus que toutes les gesticulations et les prétentions d'en finir avec le capitalisme et le règne de la marchandise. On voudrait qu'il suffise de prendre le pouvoir ou de se débarrasser de quelques malfaisants mais ce n'est pas si simple. S'il ne s'agit pas de recréer une division géographique entre les peuples mais une division entre différents systèmes sur le même territoire, la difficulté de penser dans le cadre de cette économie plurielle vient en grande partie de la difficulté d'abandonner les visions totalitaires et unifiantes, inévitables quand on rêve à une société idéale, au profit d'une pluralité des modes de vie et de production. Si la crise doit durer plus de 10 ans, il ne serait pas trop tôt de s'y mettre dès maintenant, puisque la relocalisation y sera d'autant plus positive et qu'elle est par définition à portée de main, occasion de montrer au moins la viabilité d'une économie ou d'une société plurielle et déjouer les tentations totalitaires avant que les tensions ne s'exacerbent. Ce n'est pas vouloir retarder un soulèvement révolutionnaire que rien n'annonce mais qui reste indispensable pour réaffirmer nos solidarités sociales et changer les institutions. C'est vouloir éviter son échec et qu'il nous mène au pire pour finir comme toujours en césarisme autoritaire. La mauvaise nouvelle qu'on n'en a pas fini avec le capitalisme doit être équilibré par la bonne nouvelle que les alternatives locales peuvent commencer immédiatement. Le temps qu'il nous reste ne doit pas être du temps perdu.
Ce qui caractérise vraiment notre présent et qu'il faudrait retenir de ces moments de crise, c'est la confusion des esprits, à quel point des discours contradictoires s'affrontent sans qu'on puisse être certain de quel côté va pencher la balance. Pour les uns, la crise est déjà finie et c'est reparti pour un tour, pour d'autres c'est la fin de tout. Les économistes, qui n'en finissent pas de retourner leur veste, avouent y perdre leur latin quand ils ne font pas que répéter machinalement leurs certitudes dogmatiques comme pour s'en persuader eux-mêmes.
On est bien loin de la pensée unique et du consensus habituel qui veut nous faire croire à la sagesse des experts dont les limites sont devenues patentes, cette sagesse se limitant la plupart du temps à répéter ce que les autres disent. Il est vrai que dans le train train ordinaire des affaires, c'est-à-dire quand il ne se passe rien, les choses sont assez facilement prévisibles. C'est une autre paire de manche quand il faut intégrer des contraintes qui pour être bien réelles, ne sont pas toutes économiques. Il y a tellement de niveaux d'analyses pertinents, bien que sur des temporalités différentes, entre rétablissement financier, retour de la croissance, tensions sur les matières premières, mouvements sociaux, phénomènes générationnels, évolutions techniques, équilibres géopolitiques, menaces climatiques...
Dans cet égarement général et la confusion des langues, impossible de se comprendre. Dès lors, il paraît non seulement bien présomptueux de prétendre avoir raison au milieu de mille opinions contraires mais c'est devenu tout simplement inaudible dans ce brouhaha, toutes les idées étant démonétisées du fait de leur inflation. C'est justement de cela qu'il faut témoigner, des limites de notre rationalité, de l'absence de garant de la vérité qui permet à n'importe qui de dire n'importe quoi. Mieux, toutes les conneries possibles doivent être soutenues systématiquement, une à une. Tout ce qui peut être dit doit être dit !
Que tout cela serve de leçon au moins à ceux qui surestiment l'esprit humain et notre intelligence collective alors que nous sommes des animaux dogmatiques et qu'on ne connaît le réel qu'à se cogner dessus. Ce ne sont pas seulement les économistes au service de l'ordre établi qui sont confrontés à leur ignorance mais tout autant les pensées alternatives qui voudraient le renverser. Le préalable serait de faire le constat de notre rationalité limitée et d'une confusion des esprit à laquelle personne n'échappe.
C'est pourtant cette limitation qu'oublient les économistes qui voudraient éviter ce genre de crise en supprimant les bulles spéculatives et en revenant à une lucidité économique qui n'est hélas pas du tout évidente. Sans compter le fait que les institutions privilégient les théories qui les arrangent, la réalité n'est pas transparente et il n'y a pas d'arbitre suprême pouvant dire quand il y a bulle ou non. L'inénarrable Robert Solow qui ne voyait pas les gains de productivité de l'informatique (contrairement à Greenspan), disait qu'il était impossible de dire qu'il y avait une bulle internet, juste avant le krach, sous prétexte qu'il faudrait étudier chaque entreprise une à une par rapport à sa valorisation ! Il y a quand même des indicateurs généraux et on peut calmer "l'exubérance irrationnelle des marchés" mais il ne faut pas croire qu'il est si facile de connaître une valeur "réelle" car, un peu comme en physique quantique, cette valeur n'existe pas tant qu'elle n'est pas réalisée. Il n'y a pas de valeur entièrement objective (ni la valeur travail, ni l'émergie ou quantité en énergie). La seule chose qu'on peut faire, c'est de fixer des normes, des règles et des limites rigides, comme pour la BCE, ce qui est à la fois stupide et intenable à long terme quand toutes les données changent. Sinon, vous aurez toujours l'éternel débat entre trop ou pas assez d'Etat ou de marché, le marché étant coupable pour les uns quand c'est l'interventionnisme étatique pour les autres, impossible de s'accorder sur une chose ou son contraire, comment décider sinon par des rapports de force ? Plus profondément, on ne peut lutter contre les bulles dés lors que ce sont des phénomènes sociaux, de l'ordre de la mode ou des mouvements de foule, phénomènes irrésistibles entraînant tout le monde, éliminant même ceux qui ne participent pas à la folie du moment, aucune barrière ne peut y résister. La vérité, qui reste si problématique, pèse de bien peu de poids contre l'intérêt qu'y trouve la classe dominante, du moins à court terme, car à plus long terme il faut inévitablement revenir au réel !
On peut illustrer le fait que notre période permet de dire absolument n'importe quoi, sans avoir à respecter aucune logique, par cette affirmation comique d'un prétendu expert : "L’activité économique repart et les patrons en profitent pour licencier" (le même qui félicite les américains de n'être pas des bêtes sauvages comme les français qui ne se laissent pas faire !). Ceci dit, quand je prétends que la cause de la crise c'est le retour de l'inflation et que c'est pour cela qu'on entre dans une phase de déflation, cela paraît aussi farfelu, inutile d'insister et de vouloir se faire comprendre. Le fait est qu'on a besoin d'avoir une pensée dialectique dans les moments de crise où les positions se retournent mais cela ne justifie en rien n'importe quelle théorie contradictoire. Il est d'ailleurs tout aussi certain qu'il ne peut s'agir de mettre toute l'économie passée à la poubelle, tout comme on avait pu croire qu'on pourrait se passer de Marx après la chute de l'URSS, ses livres ayant disparu des librairies. La difficulté, c'est qu'on ne peut rejeter complètement ni Marx, ni Keynes, etc., ni même tout Hayek ou tout Friedman qui n'ont pas dit que des conneries même s'ils se trompaient sur l'essentiel. Il s'agit moins de tout réinventer depuis le commencement du monde que d'y apporter des corrections et de compléter les siècles passés, tenir le pas gagné. Encore faudrait-il savoir comment ?
En effet, se persuader qu'il faut un point de vue critique, ne rend pas toutes les critiques équivalentes et justes. Dire qu'on nous ment est vrai mais cela ne suffit pas à rendre vraie n'importe quelle accusation de mensonge ou théorie farfelue. C'est de croire qu'un notaire était forcément coupable qui a mené la Gauche Prolétarienne à la dissolution. Ici, la négation de la négation ne produit aucun positif selon le principe logique "ex falsus, quod libet" car du faux on peut déduire aussi bien le faux que le vrai. Prendre le contrepied de l'erreur ne mène pas à la vérité comme si l'une était l'envers de l'autre point à point, ce serait trop facile, de même que ce serait trop bien si la réalité était transparente et que seul un pouvoir malveillant nous la dissimulait à notre insu, voile qu'il suffirait de déchirer, sommeil dogmatique dont on n'aurait qu'à s'éveiller !
Ainsi, on ne peut nier qu'on ne peut plus faire confiance à personne et, la société du Spectacle étant celle de la dissimulation, pas étonnant qu'on s'imagine des complots partout. Effectivement, les théories du complot fleurissent actuellement de plus belle, défendues de façon agressive par ceux qui ne veulent plus être pris pour des cons mais ont besoin d'explications simples et de boucs émissaires (et certes les banquiers sont méprisables mais c'est une classe qu'il faut renverser). Ce qu'il y a de bien avec le complot, c'est que cela permet d'unifier complètement le pouvoir, de le personnifier et de le doter de possibilités de manipulations infinies, jusqu'à se rendre invisible : la preuve du complot, c'est qu'il est nié voire moqué. Pour certains le réchauffement climatique aussi est une sorte de complot qui regrouperait tous les gouvernements, les écologistes et les scientifiques. On ne peut imaginer plus vaste complot comparable malgré tout aux pandémies grippales qui compromettraient cette fois les gouvernements de toute la Terre avec l'OMS, les laboratoires pharmaceutiques et les médecins... Le simple fait de prendre en considération quelques risques de catastrophe peut être assimilé à une tentative de nous effrayer et de gouverner par la peur. Evidemment, gouverner par la peur, les gouvernements l'ont toujours fait et ce n'est pas qu'il n'y aurait pas de complots, pas de manipulations, c'est plutôt qu'il y a multitude de complots concurrents ! Il y a surtout des oligarchies qui se réunissent plus ou moins ouvertement et dont il faut dénoncer la domination et l'idéologie qui n'a rien de secrète. L'erreur de ces théories du complot n'est pas seulement de tout unifier sous un pouvoir souterrain, c'est une erreur sur la causalité qui ne tient pas aux hommes mais aux processus matériels, au système de production. C'est surtout l'illusion que le système serait à peu près parfait s'il n'était perverti par quelques méchants ! Erreur du même type que de croire qu'en éliminant les violents des banlieues on éliminerait la violence. Qu'on ne s'avise pas cependant de contredire ces théories du complot : on est aussitôt traité de naïf, de collabo, de traître ![1]
S'il ne suffit pas de couper quelques têtes, il ne suffit pas non plus de dénoncer les autres discours pour avoir raison. On s'envoie donc des épithètes identiques d'un côté comme de l'autre, de rester prisonnier de la propagande officielle et d'idéologies dépassées. Il faut certes une rupture avec le passé, encore faudrait-il savoir laquelle : avec la raison, l'imaginaire, la transformation personnelle, l'individualisme, l'avoir, le quantitatif, le progrès, la technique, l'industrie, le capitalisme, la finance, le néolibéralisme, le libre échange, l'argent, le marché, la marchandise, la consommation, la croissance, le productivisme, le salariat, la division du travail, les inégalités, la propriété, la mondialisation ? J'ai dû en oublier mais ces différentes "ruptures" ne sont pas du tout équivalentes et les positions se distribuent tout au long de ce spectre en groupes éclatés qui se combattent entre eux avec plus ou moins de virulence mais sans aucun espoir de toutes façons d'aboutir à une véritable alternative. On reste dans les belles paroles et la confusion des discours. Il faudrait savoir où mettre le curseur et pouvoir s'accorder sur ce qu'il faut faire mais notre réalité est celle de la dispersion et de la désorientation générale, sans autorité légitime pour trancher entre toutes ces options. C'est ce qui témoigne du fait que cette crise constitue un tournant de civilisation sans doute, mais on ne voit pas comment cela pourrait se régler sinon les armes à la main !
Si j'avais voulu dénoncer les dérives idéalistes dans "La bulle spéculative", ce n'est même plus la question devant la confusion régnante où toutes les positions sont dissoutes. C'est de cela qu'il faut prendre conscience d'abord. Notre première réalité est celle d'un pluralisme exacerbé qui ne laisse aucune chance à l'action collective et qu'on a d'autant moins de chances de pouvoir dépasser que "nous n’avons aucune communication à l’être" (Montaigne). C'est là notre débilité originaire qu'il faudrait prendre en compte et qui suffit à réfuter toutes les belles utopies sorties de cerveaux exaltés, toute belle constitution ou appel aux experts qui se heurtent à cette diversité des opinions sinon à la folie des hommes, au simple fait que la vérité n'est pas donnée d'avance mais laissée à notre libre appréciation malgré l'étendue de notre ignorance. Il y a un dualisme à rétablir entre nos représentations et le réel, l'enjeu actuel étant bien la reconnaissance que malgré toutes nos belles théories, il y a un réel, des contraintes, des limites, de l'imprévisible...
Aucune chance de supprimer ce pluralisme des représentations, il faut partir de là et ne pas entretenir l'illusion que, cette fois, le réel se dévoilerait entièrement à nous dans la réconciliation des coeurs. Pour construire une alternative, il faudrait pouvoir s'entendre pourtant, avoir un projet collectif réaliste (au niveau local notamment), malgré toutes nos différences et dans le respect de ce pluralisme (par des coordinations nationales ou des assemblées locales sans doute). Comment les recompositions vont-elles pouvoir se faire dans ce capharnaüm ? Notre situation n'est pas brillante. Il n'y a aucune issue en vue et cela même est un événement car, inutile de s'effrayer de la puissance de l'ordre établi ou de quelques complots quand nous n'avons rien à y opposer et que leur force est toute dans notre faiblesse. C'est l'absence d'alternative qui leur permet de dormir tranquille, mais pas de faire autant n'importe quoi qu'ils s'imaginent malgré tout. La réalité va nous forcer la main, le réel se rappeler à nous brutalement.
Notes[1] Même si cela ne remet pas en cause une confusion des esprits bien réelle, il se peut que cette analyse des théories du complot rate l'essentiel qui n'est peut-être pas le fait qu'elles soient fausses. Ce qui m'a fait penser cela, c'est un article sur le livre "La Grande Peur de 1789", de Georges Lefebvre, montrant le rôle de la théorie du complot dans la Révolution. Bien que fausse, elle exprimait une anticipation de l'abolition des privilèges à la fois inéluctable et impossible sans réaction de la noblesse, elle favorisait aussi l'unité par l'opposition entre eux et nous. Ce serait plus qu'un symptôme, un accélérateur de l'histoire, forme de panique qui est la seule façon dont les krachs reviennent à la réalité après des bulles spéculatives basées sur une fausse confiance. Dans la théorie du complot, le mécanisme psychologique de base est la projection sur l'autre (mécanisme qu'on retrouve dans le racisme ou le bouc émissaire, si ce n'est dans la jalousie maladive) : sachant ce que je pense (supprimer la noblesse ou les banquiers) j'en déduis ce que devrait penser l'autre (comploter pour m'anéantir et garder leur pouvoir). Ce qui importe c'est le contenu qui s'élabore dans cette projection, le positif du négatif. (note du 06/09/09)
Questions d'Yvan Brunet
Bombe climatique, sursaut démocratique, solitude, précarité, écriture...
1) Et vous, qu'est ce que vous pensez du fait qu'il est déjà trop tard que les carottes sont cuites et que la messe est dite ? Pour nous au moins. Puis pour la bombe climatique, le sursaut démocratique improbable, la réalisation de la philosophie aux abonnés absents, la fermeture paranoïaque de tous ces chemins qui ne mènent nulle part...
"Toute ma vie, je n'ai vu que des temps troublés, d'extrêmes déchirements dans la société, et d'immenses destruction" (Debord. Panégyrique)
"Celui qui lira attentivement ce livre verra qu’il ne donne aucune sorte d’assurances sur la victoire de la révolution, ni sur la durée de ses opérations, ni sur les âpres voies qu’elle aura à parcourir, et moins encore sur sa capacité, parfois vantée à la légère, d’apporter à chacun le parfait bonheur. Moins que tout autre, ma conception, qui est historique et stratégique, ne peut considérer que la vie devrait être, pour cette seule raison que cela nous serait agréable, une idylle sans peine et sans mal; ni donc que la malfaisance de quelques possédants et chefs crée seule le malheur du plus grand nombre. Chacun est le fils de ses oeuvres, et comme la passivité fait son lit, elle se couche. Le plus grand résultat de la décomposition catastrophique de la société de classes, c’est que, pour la première fois dans l’histoire, le vieux problème de savoir si les hommes, dans leur masse, aiment réellement la liberté, se trouve dépassé : car maintenant ils vont être contraints de l’aimer". (Debord. Préface à la 4ème édition italienne de la société du spectacle, p39)
Il a toujours été trop tard. Notre fin tragique ne fait pas de mystère, c'est notre destin de mortels. Cela fait maintenant plus de dix ans que je suis un survivant, grâce aux miracles de médecines plus ou moins naturelles, et que je considère mes écrits comme posthumes (ce qui me permet toutes les libertés) ! Cela peut durer encore pas mal de temps comme ça, à mon grand étonnement. Notre réalité est un rêve en ceci qu'elle est destinée à sombrer dans le néant. Notre existence est strictement limitée à notre présent dans le sentiment de son absence (dans l'instant de l'action, de la décision, de la rencontre) ainsi qu'à nos difficiles relations sociales, de sorte qu'il ne faut pas vouloir voir trop loin, même si les phénomènes climatiques nous y obligent par leur temporalité.
Est-ce à dire que la messe est dite et que la fin de l'histoire se conclurait par notre défaite entière ? Je ne le crois pas du tout, au plus noir de la nuit c'est l'aurore qui s'annonce déjà et ne déçoit jamais nos attentes. Ce monde qui court à sa perte, c'est notre monde, formé par l'histoire des hommes et de leurs révoltes, ce n'est pas une réalité étrangère à notre essence. La raison finit toujours par s'imposer même si elle doit passer par le pire et que le temps de l'histoire est trop long pour nos vies impatientes. Il y a bien peu d'occasions dans la vie de participer à l'histoire en train de se faire, la fenêtre est étroite et ne se reproduit pas souvent pour chacun d'entre nous. Il est donc fort possible que, pour nous du moins, "les carottes sont cuites" ; tout dépend jusqu'où nous irons. Il n'est pas du tout exclu qu'on affronte des temps régressifs, rien ne serait moins étonnant, ce qui ne veut pas dire que nos ennemis ne seront pas finalement écrasés par leurs propres fautes envers l'esprit. La défaite ne doit pas nous décourager, petit bonhomme se relève toujours ! Même à être si vaincus, nous appartenons à l'avenir, nous participons à l'aventure humaine en donnant forme à l'humanité future, nous lui transmettons non seulement nos gènes mais bien plus nos formulations et nos idéaux. C'est même la difficulté de la tâche et l'incertitude de l'avenir qui donnent tout son prix à notre existence et la rend si décisive.
Pour la bombe climatique, c'est bien possible qu'il soit trop tard mais on ne peut dire qu'à ce jour la chose soit entendue. Pour un certain nombre, le réchauffement n'est qu'une bonne blague, une manipulation des gouvernements et rien de plus qu'un petit événement naturel auquel on s'adaptera sans grand mal. Hélas, les risques sont démesurés même s'il ne sont pas encore tout-à-fait certains. Ce n'est pas le moment de paniquer pourtant mais d'approfondir nos connaissances. Il est certain que les mesures prises jusqu'ici sont très insuffisantes et que, même si on arrêtait tout, le réchauffement atteindra des seuils intolérables. On ne peut dire cependant que les Etats ne s'en préoccupent pas malgré tous les sceptiques. La perspective du Peak Oil et l'augmentation des prix du pétrole jouent en faveur d'un basculement assez rapide vers les énergies renouvelables. La géoingénierie va sans doute passer des délires fous à quelques solutions possibles comme les brumisateurs (ci-dessous). Il n'est pas sûr que tout soit foutu, ce n'est vraiment pas le moment de baisser les bras. Quand la bombe atomique est arrivée, la crainte était encore plus justifiée d'une fin prochaine, or cette menace est toujours bien présente, comme la menace climatique ou une catastrophe cosmique toujours possible qui nous balaierait d'un coup. Nous sommes toujours là, et c'est ce temps qu'il nous reste qu'il nous faut prendre en charge.
Pour le sursaut démocratique, je suis plus optimiste car il ne faut pas surestimer l'esprit démocratique des temps passés. Nos sociétés sont tout de même assez démocratiques, formées par plusieurs révolutions et luttes sociales même si ce parlementaro-capitalisme tourne à la ploutocratie conformément à la loi d'airain de l'oligarchie, cela fait partie des cycles de la vie politique. On est déjà passé par là plus d'une fois. La démocratie s'imposera parce qu'elle est affaire de vérité et de parole. Il ne faut pas non plus surestimer notre propre capacité démocratique. Notre tâche est même de partir de ce constat qu'il ne suffit pas d'une démocratie formelle (ni prétendue "directe") pour démocratiser la société. C'est un long et difficile processus, une construction sociale. Plutôt que de se lamenter d'un sursaut démocratique idéalisé, qui finira par se produire (Peuple surgit de nulle part et qui retourne à son absence), il vaudrait mieux approfondir les limites de ces moments de fusion sociale pourtant si enthousiasmants. Comme la liberté, la démocratie sera toujours à reconquérir. Cela fait partie de notre condition.
Il ne faut pas se leurrer, la philosophie se réalise même si c'est tout le contraire d'un progrès en ligne droite. Il y a bien progrès sur les masses incultes, et les technologies de l'information participent à cette réalisation de la philosophie même si, ce qu'elles mettent à jour en premier lieu, c'est la masse de bêtise qui fait partie aussi de notre condition humaine et de notre rationalité limitée. Il y a toujours un négatif à tout positif mais toute négation étant partielle, cela ne supprime pas le positif à le relativiser. Bien sûr, on n'en est pas encore à intégrer la dialectique dans les discours de masse comme les marxistes avaient voulu le faire en dégradant la dialectique à une mécanique dogmatique. Il ne suffit pas de dire la vérité pour qu'elle s'impose à tous, la réalisation de la philosophie n'a rien à voir avec le règne de Dieu sur la Terre et une révélation définitive. Là aussi il faut du temps, et le passage aux extrêmes, mais il faut tenir le pas gagné.
Il y a certes une conjonction de crises, des menaces qui s'amoncellent, un système devenu fou (ce pourquoi il s'écroule) mais il suffit de songer à 1941 pour se dire qu'on est malgré tout en meilleure posture. De toutes façons il n'y a pas de vie qui ne soit éphémère et qui ne doit traverser mille épreuves, affronter orages, tempêtes, ouragans. Il semble qu'on soit fait pour tester nos limites et s'engager dans toutes les impasses possibles pour constater qu'elles sont véritablement sans issue : ce qu'on appelle tester par essais-erreurs, en aveugle donc car il n'y a pas de garant de la vérité. Le savoir n'est pas donné à l'avance et doit être construit pas à pas dans l'expérience du réel et la confrontation des discours.
2) N'est ce pas à devenir fou et de penser du mal de tout le monde ?
Oui, le monde nous rend fou (la folie fait partie de notre condition humaine), ou plutôt ce sont les autres qui nous rendent fous et nous font du mal (bien sûr nous aussi, on les rend fous!). Je pense effectivement du mal de tout le monde, mais de moi aussi avec mon sale caractère. C'est quand même ce qui me fait préférer la solitude ayant du mal à supporter les mauvaises relations sociales. Ce n'est pas généralisable et je ne cherche pas à convaincre quiconque de faire comme moi, mais cela explique mes réticences aux utopies communautaires (dont j'encourage l'expérience malgré tout) et il est un fait qu'on ne part pas d'une harmonie sociale ni d'un accord des désirs. Il y a de la friction, du malentendu, de l'incommunication, du ressentiment, des rivalités, de l'agressivité, de la haine. Cela n'empêche pas les moments de grâce, la chaleur animale, le bonheur d'être ensemble quelquefois, mais pas de quoi idéaliser les autres, pas plus que soi-même, dans une surenchère impossible à tenir. On n'est pas brillant mais ça n'empêche pas les bons côtés touchants, la générosité qui peut aller jusqu'au sacrifice, la tendresse qui nous apprivoise, les luttes qui nous rassemblent, le rire qui nous libère. Un seul être peut les sauver tous par son excellence qui habite en chacun, n'attendant qu'à pouvoir s'exprimer. Là encore il vaut mieux partir du négatif, de la haine du monde, pour retrouver ce qui reste de lumineux en nous, ce reste d'humanité qui ne laisse pas de nous émouvoir, car cette humanité est notre humanité, comme ce monde est notre monde.
Vous serez une partie de la saveur du fruit, ce fruit gorgé de surprenante tendresse, l’humanité. (Patricia Guenot)
3) Je pensais à votre vie d'ermite, comment faite vous pour tenir la distance et supporter cette terrible mais parfois aussi très enthousiasmante solitude du coureur de fond ?
Comme tout le monde, j'ai du mal à tenir le coup. Je suis toujours au bord du gouffre et j'ai besoin d'ivresses pour ne pas sombrer mais c'est l'écriture qui me tient et m'absorbe, exercice solitaire. Je veux régulièrement arrêter d'écrire, croyant n'avoir plus rien à dire et puis il y a toujours quelque sujet où je trouve à redire devant les fausses évidences qu'on nous assène (étonné que d'autres ne les réfutent pas aussitôt). Au bout d'un certain temps je n'ai d'ailleurs même plus tellement eu besoin de me motiver, la relance venant de l'extérieur, de quelques lecteurs assidus, parfois de textes anciens qui me portent sur leur lancée. D'une certaine façon, la vie et l'écriture sont beaucoup moins risquées désormais, je n'ai plus qu'à suivre la voie tracée, mais il faut dire aussi que je n'ose plus être tout-à-fait aussi sincère à mesure que je gagne en audience. L'avantage de la vie d'ermite, et de rester confidentiel malgré tout, c'est de n'avoir pas à négocier mes critiques et pouvoir dire ce que je pense en toute franchise, privilège inouï, je le vois bien ! Comment l'écriture peut prendre toute une vie ? C'est pour moi surtout de pouvoir se corriger et d'accueillir avec joie des idées nouvelles, des déplacements, des changements de perspective. C'est surtout que mes écrits sont beaucoup plus intelligents que moi ! On ne pense vraiment que lorsqu'on écrit. De plus, avec l'âge et la santé déclinante, il n'y a pas grand chose d'autre que je puisse faire de toutes façons mais lorsque je n'ai plus rien à écrire et que je crois que je vais me la couler douce quelque temps, c'est rapidement la panique !
4) A faire la manche sur internet , êtes vous plus un nomade ou un pirate ?
Non, je ne me sens pas nomade du tout et j'ai détesté cette vogue imbécile du nomadisme au moment de l'explosion des transports internationaux et de la mondialisation (Deleuze avec Attali!). Je regrette même de m'être exilé dans une région dont je ne partage pas les coutumes et à laquelle je reste étranger, l'enracinement a du bon même s'il ne faut pas y rester enfermé mais surtout il faut réhabiter notre territoire et ne pas se contenter de le traverser (dévaster). Pirate, oui, je le suis un peu certainement et sur plusieurs plans, ne me gênant pas pour prendre mes aises avec tous les pouvoirs et bousculer la loi, notamment en utilisant toutes les ressources accessibles et en pratiquant la gratuité dans les faits, mais ce n'est pas ce qui me rapporte ! Je ne vole pas le bien d'autrui comme les vrais pirates (copier n'est pas voler). J'ai plutôt été un mendiant de l'esprit (un peu moins aujourd'hui) dans ce que cela peut avoir d'insupportable, voire de méprisable. En être réduit à faire la manche sur internet n'a rien de glorieux, c'est juste la condition actuelle des intello-précaires, un peu comme les artistes des temps passés devant passer souvent par l'humiliation pour vivre. Ma situation est d'autant plus précaire que je n'ai aucune légitimité en quoi que ce soit et ne me situe dans aucune orthodoxie, aucune coterie, aucune institution. Il y a eu des moments très dur où il faut certes en rabattre sur l'orgueil narcissique. Expérience commune qui me garde du côté des démunis. Je bois le calice jusqu'à la lie mais j'essaie d'être en cohérence avec les positions que je prends à la fois sur la gratuité numérique et la revendication d'un revenu garanti, sans le secours aucun d'une publicité que j'abhorre et qui a tout envahi. Même si cela me rend dépendant de n'importe qui, cela manifeste du moins que je dépends effectivement entièrement des autres et me donne une raison toute autre que ma propre paranoïa pour continuer à écrire sinon à vivre...
5) Au coeur de la lecture semble-t-il explosive que Malabou fait de Hegel, le concept de plasticité, sculpture de soi ou deuil du deuil (si choisir c'est renoncer), entre à quel moment dans vos écritures ?
J'aime bien Malabou ou Žižek car ce sont des hégéliens et je me retrouve dans leurs références mais je me sens quand même assez loin d'eux, notamment politiquement, me contentant de souligner quelques convergences car le fait d'être hégélien oblige à tenir compte d'un certain nombre de réalités, en particulier du négatif. J'ai insisté sur les limites de la plasticité humaine avant que Catherine Malabou ne l'étudie dans l'accident ou la vieillesse. L'idée d'une sculpture de soi m'est étrangère et plutôt imbécile, je crois qu'on est sculpté par les autres, ce pourquoi il faut une certaine souplesse et une bonne dose de résistance. Chacun va son chemin et il n'est pas évident de savoir ce qu'un auteur vous apporte mais sa lecture me permet surtout de savoir que je ne suis pas le dernier hégélien au monde, tout le monde se faisant un devoir aujourd'hui de se déclarer anti-hégélien, notamment depuis Foucault (qui en est revenu sur la fin) ou Deleuze (entre autres). La déroute du marxisme a aussi entraîné la dialectique hégélienne dans sa chute, d'autant plus que personne ne la comprend. Heureusement les temps révolutionnaires la font revenir par force !
6) S'il n'y a pas de penser sans image, quelle est l'image de votre penser ?
Je ne sais pas répondre à cette question, sinon que je ne suis pas un homme de l'image et que pourtant je trouve très intéressant de trouver des images pour illustrer chaque texte (ou chaque paragraphe pour Le monde de l'information ou Misère de la morale par exemple). L'image fixe les idées (ainsi le brumisateur plus haut), un schéma vaut parfois mieux qu'un long discours, avec le risque malgré tout de figer les choses en privilégiant une interprétation, de perdre la subtilité et les résonances du sens.
7) L'écriture chose étrange et ancienne, dont on n'a pas encore finit de faire le procès (internet), n'est-elle pas une question philosophique, à savoir comment sont écrits les livres de philosophie ? Avec Deleuze on avait un concept de rhyzome comme vectorisation de la pensée et l'écriture devient elle même rhyzomatique, chez Jean Zin ça ce passe comment?
J'ai un peu répondu plus haut. L'écriture pour moi, ce n'est pas tant l'expression ou la trace que la correction, la reconfiguration, la vérification, l'enrichissement mais un texte se termine quand il forme une totalité bien que je tiens pour impossible de tout totaliser dans une somme définitive, préférant procéder par interventions ciblées. Mon plaisir de l'écriture c'est de ne pas savoir ce que ça va donner, ce sont les surprises de l'écriture et le travail du texte (qui peut durer une semaine, quelque fois plus). Le talent disait Brel, c'est l'insatisfaction. Le premier brouillon est souvent pénible et décevant, avec l'impression de ne pas y arriver. Le plaisir éprouvé ensuite est d'améliorer l'état initial en dégageant une ligne claire d'une question embrouillée. J'aurais plutôt la vision d'un puzzle ou d'un Lego permettant d'emboîter et de réagencer des assertions éparses jusqu'à obtenir comme par miracle une nouvelle cohérence. Concrètement, au début il y a donc l'indignation, le sentiment de devoir répondre (quand ce n'est pas une demande expresse). Ensuite, je commence souvent par une liste, puis les bouts de phrases qui me viennent et se bousculent avant de tout remettre en cause et recomposer en testant les objections, souvent entrecoupé de lectures apportant de nouveaux éclairages et quelques citations que j'affectionne (j'aime écrire avec les mots des autres, plus ou moins détournés). Le plus difficile est d'arriver à une lecture linéaire de questions enchevêtrées et sans trop de répétitions. Dans le travail du style, changer de mot ou d'adjectif fait entrevoir à quel point la pensée peut basculer dans des perspectives toute autres qu'envisagées au départ, mais aussi l'impossibilité de communiquer la complexité infinie de chaque problème et ses facettes multiples. Il faut se fier à l'inspiration, sans se laisser entraîner aux effets de style (qui permettent de soutenir n'importe quelle ânerie avec grandiloquence) mais si je n'ai pas du tout une conception anarchique de l'écriture, qui tend plutôt à une rigueur extrême en opposition à toute pente naturelle ou expression spontanée, je me retrouve sec et sans mot ou presque lorsque je ne me suis pas assez échauffé la cervelle ! Pas sûr que l'inspiration ait été suffisante cette fois-ci, ni que j'ai pris tout le temps qu'il faut, mais je pourrais bien sûr écrire tout un texte (comme celui sur Gilgamesh), sinon un livre même, sur l'écriture...
Malgré les vacances, il y a quelques nouvelles bien intéressantes, les sciences gardant toute leur capacité d'émerveillement. Ainsi l'hypothèse que l'espace ne serait pas homogène pourrait permettre de se passer de la mystérieuse "énergie sombre" supposée accélérer l'expansion de l'univers. La possibilité de devenir invisible est toujours aussi fascinante et ne paraît plus hors d'atteinte même si on en est encore loin. On pourrait du moins s'en servir déjà paraît-il pour se protéger des séismes, entre autres. La théorie holographique gagne encore des points bien qu'elle dépasse l'entendement. L'étude des différences génétiques avec les chimpanzés confirme qu'elles concernent surtout la taille du cerveau, l'articulation du langage, la dextérité de la main mais aussi la digestion de l'amidon... Le café et la nicotine permettraient de se protéger partiellement de l'Alzheimer mais la nicotine favorise la prolifération des cancers. Une des nouvelles les plus étonnantes, c'est qu'il y aurait des différences génétiques entre les cellules du sang et celles des autres tissus, relativisant les tests génétiques sanguins. Sinon les progrès continuent dans le solaire aussi bien pour les cellules photovoltaïques à colorant (sans silicium) que pour le solaire thermique ou la production de carburant à partir du CO2. Les industriels pensent que la technologie est mûre pour la production de masse. On annonce même l'arrivée des