Prendre le parti de la chair !

Fragments de l'article paru dans la revue papier

 « En prenant le parti de la chair nous voulons devenir hybrides. Devenir hybride  exige d’abandonner la posture critique convenue selon laquelle les objets et la technique serait des dispositifs  aliénants [...]

[...] l’hybridité fonde la relation sociale sur la tolérance et le métissage. En incorporant, jusque dans la matière biologique, la part de l’autre, le sujet devient mixte : le corps n’est pas un adversaire à combattre mais une matière altérée par l’interaction environnementale. Plutôt que de devenir un autre, les autres deviennent une partie de moi en modifiant le fonctionnement et la subjectivité du corps. L’hybride reste mélangée et hétérogène : il parvient à l’unité par le brassage actif de ses propriétés [...]



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Se reconnaître comme hybridé et hybridant exige une mobilité identitaire, un mouvement permanent, un auto-nomadisme, cette autre part du soi maintenue sous le boisseau du refoulé, du tabou, de l’interdit. La délimitation intérieure de ses frontières interdit d’apercevoir et de vivre l’hybridité par peur d’une déstabilisation identitaire : le déséquilibre, interprété comme schizophrénique par la tradition psychiatrique, de l’hybridité précipite chacun dans un autre «  je est un autre » sans parvenir à contenir l’un par l’autre. L’unité hybride est dynamique, elle développe une mobilité de l’être par l’action, le mouvement et la performance.
La peur de l’hybride vient de la construction mono-identitaire du sujet occidental. In-dividu, il n’accepte aucune division qui serait la preuve pathologique d’une faiblesse, d’un défaut ou d’un manque à être. L’être doit s’identifier à une structure et tout manque renverrait à un dédoublement insupportable [...] »