Dionysos anté-Œdipe

Début de l'article paru dans la revue papier

« Le désir n’a pas pour objet des personnes ou des choses,
mais des milieux tout entiers qu’il parcourt,
des vibrations et flux de toute nature qu’il épouse.

Gilles Deleuze et Félix Guattari,
L’Anti-Œdipe

On peut considérer L’Anti-Œdipe comme un livre négatif, au sens hégélien du terme. Ce serait cependant s’arrêter trop pesamment sur la formulation même de son titre, qui voulait avant tout claquer tel un mot d’ordre, ameuter comme un slogan, porter une revendication en ces temps insurrectionnels. Car derrière la négation de l’Œdipe, il faut entendre la force affirmative que sa destitution libère. Au-delà du carcan de la structure, il faut capter l’élan cosmique qui anime les machines de désir, sous le système de représentation saisir le principe dionysiaque qui mobilise le processus traversant capitalisme et schizophrénie. Derrière l’appel à l’extinction du signifiant, nous sommes alors conviés à mettre en lumière la pensée résolument nietzschéenne qui irrigue tout le livre, et que chacune de ses pages scande et agence. Ainsi, depuis cet omniprésent devenir traversant les flux et les schizes, résonne avec force l’invitation à énoncer Dionysos avant Œdipe [...] »

D'autres articles sur l’Anti-Œdipe sont disponibles sur le blog : L’Anti-Œdipe en question, notamment sur la relation à Nietzsche.