La Question Humaine

Fragment de l'article paru dans la revue papier

"Avec La Question humaine, Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval ont réalisé le dernier opus de leur trilogie sur la violence du monde contemporain.
Pour Paria (2000), ils étaient allés au plus près des corps en marge, des « sans domicile fixe » ; ils les avaient fait apparaître, dévoilant avec eux les modalités biopolitiques par lesquelles le pouvoir s’exerce aujourd’hui sur les rebuts de la société libérale. La Blessure (2004) nous associait à la temporalité déréglée des demandeurs d’asile en suspens, et accusait avec force les mesures d’exception mises en place dans les zones d’attente des aéroports français. On sait combien la législation s’est depuis endurcie, le droit d’asile et le regroupement familial figurant parmi les dernières mythologies de la patrie des Droits de l’Homme. L’écoute d’Elisabeth Perceval et le regard de Nicolas Klotz mobilisent le spectateur, l’interpellent depuis sa position subjective face à ces sujets délaissés qu’il côtoie quotidiennement ; leurs films nous sont adressés, mais c’est sans stratégie d’empathie que nos regards sont retenus, entre désir et distance, proximité des corps et séparation par le langage [...]