Un exemple d'écosophie des risques industriels

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Fos-sur-Mer (tous droits réservés)

Extrait de l'article paru dans la revue papier 

Le premier type de dispositif sécuritaire est protecteur. Il construit des barrières de tous types qui s’appliquent aux installations comme aux hommes. Il protège les sites industriels de barbelés parfois électrifiés. Il protège les riverains des autoroutes en dressant des murs anti-bruits. Pour les ingénieurs du risque, ce qu’ils nomment « barrières » sont des vannes, des soupapes de sécurité et des capteurs de surveillance placés au sein même des unités de production pour permettre d’enfermer le danger autant que possible dans le périmètre de l’usine. Quand l’accident industriel déborde les limites des installations, les barrières apparaissent pour les hommes : les routes sont coupées par des barrages de police, les autoroutes déviées par les services de l’équipement. Que préconisent les institutions en cas de propagation d’un nuage toxique ? Se confiner, calfeutrer portes et fenêtres, rester à l’intérieur, ne pas téléphoner pour laisser les lignes disponibles à l’organisation des secours, écouter la radio, ne pas aller chercher ses enfants à l’école, attendre la fin de l’alerte. Les barrières sont ainsi le mode de protection d’un dispositif de sécurité qui repose sur des interdits et qui nécessite et légitime l’action d’un pouvoir. Il s’agit de toutes ces sociétés fermées ou d’enfermement, où se manifeste l’expression d’un pouvoir hiérarchique, séparateur et protecteur. Par exemple l’école, la famille, l’usine, l’armée, la prison, et tous leurs rapports de domination maître/élève, chef/subordonné, homme/femme, parent/enfant etc.

La menace qui définit ce type d’organisation, c’est le danger, au sens étymologique du terme. Danger vient de l’ancien français dangier, terme qui signifiait « pouvoir, domination » au XIIe siècle et qui fut vraisemblablement forgé à partir du latin dominus « maître, seigneur ». Être en danger, c’est donc être à la merci d’un pouvoir, d’une force souveraine. À chaque fois que le danger, la dangerosité, sont invoqués, un pouvoir de confinement se manifeste. Comme l’a montré Michel Foucault : sont « dangereux » ceux que l’on veut enfermer, les fous, les criminels, les pervers. Et réciproquement, le pouvoir fabrique le danger en enfermant, puisqu’il n’y a rien de tel que d’aller en prison ou à l’asile pour apprendre à devenir dangereux ou aliéné. Le dispositif agit comme un transformateur des menaces en interdits.

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