Antifiction

 

Fragment de l'article paru dans la revue papier

« Un jour je prends le train ! Je m’assois sur mon siège et je m’endors ! Et soudain l’autre à côté de moi qui me réveille ! Et qui soudain me parle de Thèbes ! La peste dans la cité ! Les voies coupées ! Le courant coupé ! Le train attaqué ! En effet je vois du bruit ! J’entends du feu ! Des pneus enflammés dégagent une fumée noire ! Personne ne sait combien ils sont dehors ! Bientôt la nuit tombe ! Le wagon est toujours bloqué ! La colère monte ! Les enfants braillent ! Les oreilles cassent ! Les parents crient suffit ! Tous ces cris ! Toutes ces insultes ! Tous ces soupirs ! Tous ces ventres qui gargouillent ! On sort les sandwichs ! Les pshitt en boîte ! Les oranges ! Ah les odeurs ! Les odeurs de moutarde et de fromage ! Le pire c'est l'œuf dur ! Rien qui pue davantage ! On secoue les miettes ! On sort les mots croisés ! On tue le temps ! Dehors on aperçoit quelques brasiers ! C'est quand même pas l'apocalypse ! Pas la fin des abricots ! Et l'autre pomme qui vient me parler de Thèbes ! La peste dans la cité ! Il s’insurge ! Il colère ! Se prend la tête ! Me prend à témoin ! Me dit gnan gnan gnan ! Alors je lui dis gnan gnan gnan ! Alors il me dit gnan gnan gnan ! Alors je lui dis gnan gnan gnan ! Etc. ! Alors je me dis mon Dieu ! Alors je ne dis plus rien ! Alors je me tais et je pleure ! Toujours je pleure ! Je pleure et je me lève et je sors ! Je sors et je descends sur les voies ! Et là tout est allumé ! Tout est en train de flamber ! Alors je me dis : comme c’est beau ! Alors je me dis : comme c’est gai ! Alors je me dis : joie joie joie ! Alors je m’excite ! Alors je m’entends dire répéter réciter citer : non seulement tout est permis ! Non seulement tout reprendre à la base ! Non seulement tout reprendre à la base mais du passé faire table rase ! [...] »