Image du corps

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Brice Dellsperger – Body Double : aux frontières du réel


 ET LE SITE DE BRICE DELLSPERGER AVEC DES EXTRAITS DE LA SERIE BODYDOUBLE 

Extraits de l'article paru dans la revue papier

"[...] Pulsions est une source importante d’inspiration pour l’artiste. Plusieurs scènes de ce film ont été retournées. Dans Body Double 15 (2001), l’artiste rejoue la séquence de la filature au musée, séquence qui valut beaucoup de reproches à Brian de Palma puisqu’elle s’inspire directement d’une scène de Sueurs froides d’Hitchcock, film qui interroge à merveille la question du double et du travestissement. Dellsperger y incarne à nouveau Kate Miller, mais avant son meurtre. Déambulant dans un musée, elle succombe au charme d’un inconnu et le suit. Puis se fait suivre par lui. Elle laisse tomber son gant. La scène s’achève au moment où, déçue, elle croit l’inconnu parti. Au-delà de la référence hitchcockienne, le film de Brian de Palma joue dans sa composition même de la référence au double. Cette scène censée se dérouler au Metropolitan Museum à New York (dont on aperçoit les extérieurs dans le film) a été tournée en fait au Philadelphia Museum of Art. Si ce changement de lieu intervient sans doute pour des raisons économiques et pratiques, il n’empêche que le film offre un caractère mensonger dans ses espaces, aisément repérable pour de nombreux spectateurs. Ce saut d’un espace à un autre dans une scène où le lieu est unique marque une césure de l’image en tant que reflet du cinéma comme pure apparence, comme tromperie consubstantielle. Le subterfuge n’est peut-être qu’un détail, mais ce détail était à même de plaire à Dellsperger.

Cette scène reprend les sujets banals de la rencontre amoureuse, de la naissance du désir et du suiveur-suivi jouant habilement avec les attentes du spectateur par le suspens, l’usage de la musique qui mène à une acmé et s’achève par la frustration. Mais la fascination est troublée par le dédoublement de l’acteur à l’écran. Celui qui désire et le désiré forment la même personne et sont du même sexe. L’artiste trouble d’ailleurs la perception des genres masculin/féminin en faisant porter aux personnages le même costume : un tailleur crème. Il nous place face un dédoublement corporel et une fascination érotico-narcissique. Amoureux de ses personnages, l’artiste en clone de lui-même se court après. Troublant, dérangeant, mais aussi très drôle, Dellsperger fait resurgir la figure keatonienne de Playhouse. Personne n’est dupe, pas même lui, de la tromperie qu’il offre au regard. Si l’écran de cinéma est traditionnellement un cadre d’identification à ce qui s’y joue pour le spectateur, l’artiste, lui-aussi spectateur, pousse le vice jusqu’à ce que le spectateur lui-même devienne le héros de la fiction qui lui est destinée. Sous un déguisement qui ne laisse entrevoir que lui, l’artiste incarne donc dans ses fictions la projection mentale d’un spectateur de cinéma dans le film qui lui est donné à voir, notre propre désir inavouable mais constitutif de l’expérience cinématographique : être l’autre, être le héros, se transporter dans son corps et vivre ses aventures. Brice Dellsperger met ainsi en exergue, par une image et des corps en lesquels on ne peut croire, le processus cinématographique lui-même.  [...]"

Mon corps est un champ de bataille (au masculin)

Ouvrage collectif – 89 pages – collection crefad documents – mai 2007- 10 euros,  à commander à : crefad documents – 9 rue sous les Augustins – 63000 Clermont-Ferrand  

"Mon corps est un champ de bataille (au masculin)" est la réponse à l'ouvrage "Mon corps est un champ de bataille" aux Editions ma colère : http://ma.colere.free.fr 

Fragment de l'article "Mon corps est un champ de bataille (au masculin)" paru dans la revue papier

Mon corps est un champ de bataille, oh oui, et qu’il soit féminin ou qu’il soit masculin. Le corps féminin ne subit pas la domination du masculin mais l’exercice d’un pouvoir, le pouvoir/plaisir –malsain ? pervers ?- de dominer l’autre, de le commander, de le pétrir, de le stigmatiser ; la jouissance de domination, le désir de domination. Et ce pouvoir s’exerce sur tous les corps, masculin comme féminin, sous des formes différentes qui tendent à se rapprocher. Croire, se faire croire, que le masculin domine le corps féminin, est se tromper d’analyse. Car la domination des corps est une donnée de l’exercice du pouvoir, d’abord pour créer, maintenir, approfondir un ordre social défini, puis pour transformer les corps en consommateurs. L’exercice du pouvoir sur les corps pour un ordre social se cache derrière la domination du corps féminin par le masculin mise en évidence comme un paravent. Paravent efficace qui nécessite cependant la négation de l’intimité, de l’intériorité, de la singularité et du pluralité de l’humain masculin ; nécessite également la complicité de tous, celle du masculin fasciné par la force s’imposant et valorisé par sa primauté apparente sur le féminin, et celle du féminin par l’éducation des petits masculins et l’adhésion à des formes de séduction. En réalité il s’agit d’une domination de TOUS les corps. Un autre ordre social est possible. Un autre ordre social est à inventer. Il requiert la remise en cause de toutes les formes de domination sur tous les corps et l’alliance entre tous ceux (elles) qui résistent et innovent.  

Sommaire

lignes bleues – mon corps me fait « mâle » - mon corps est un chant – miroir, mon beau miroir – arrête ton cinéma – le corps – c’est un mâle qu’il nous faut – mon corps est un champ de bataille – les emmerdeurs – la goutte finale – paysage après la bataille – to be gras or not to be – valse-corps – sois viril ou meurs – les chants de mon corps -

Beauté et laideur : histoire et anthropologie de la forme humaine.

« Qu’est-ce que la « Beauté », la « Laideur » de la figure humaine, du visage humain, malgré les impossibles énoncés des premières ou dernières heures ? Quelle est la spécificité de ce spectacle, par rapport à celle d’un ciel étoilé ou bien celle de la surface d’un marbre rare ? Ou même par rapport à celui des objets « d’art », toile peinte ou rampe d’escalier ? Voilà la question autour de laquelle nous allons tourner ici. – Il faut préciser que « Beauté » et « Laideur » sont ici entendus comme dans la rue, sur la place publique, avec leurs sens trop évidents et communs de « belle femme », de « sale gueule », etc. ; nous n’étudions pas ici l’usage sophistiqué, paradoxal, et minoritaire, qui trouve « beau » une blessure sanglante, le ventre d’un poisson mort, etc., entre autres objets « sublimes » ! [...] »

Fragment de l'article complet (voir PDF)

Le corps, la carte et le monstre

« Élodie « — Voilà, je voudrais te parler de mon bébé. Je t’avais dit d’abord qu’il fallait que je le mette dans une prison de noirs musulmans. (…) Mon enfant, je l’ai eu parce que j’avais mangé des pommes de terre pour couper les testicules aux Allemands. Moi, ça me faisait jouir par mon vagin, et ne je tuais pas d’Allemands mais ça m’a gonflé le ventre. Bon ! Maintenant j’ai accouché parce que mon bébé m’a dit de le circoncire… comme ma croix. Alors quand j’ai été à la selle… l’urine…
—Et alors, qu’est-ce qui s’est passé ?
É — Le bébé est sorti de mes règles et a toujours communiqué avec mon ventre.
—Il est toujours dans le ventre ?
É — Non, plus maintenant.
—Où est-ce qu’il serait passé ?
É — Je ne sais pas. Je ne comprends pas, c’est une autre manière d’accoucher que je ne comprends pas.
—Il communique avec toi en parlant ?
É — Oui, dans mon ventre.
—Et il parle quelle langue ?
É — Le français.
— Et il y a des moments dans la journée où il te parle surtout, non ?
É — Non, il me parle tout le temps [...] »

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L’art et la manière de manger son thérapeute

 Paris, rue du Renard, juillet 1987 – ph. Claude Bourquelot

« Dès la première séance, elle me dit qu’elle ne peut pas se souvenir de mon visage, d’autres s’interposent sans cesse. Elle même ne se reconnaît jamais immédiatement dans les glaces qu’elle croise. Elle est obligée de se recomposer, de se reconstruire. Lorsqu’elle faisait du dessin, elle ne pouvait se représenter elle-même. Et sur les albums de photos, cette ombre qui sort du champ, c’est elle [...] »

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