Capitalisme

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Ritournelles de temps

(Tous droits réservés)

Extrait de l'article paru dans la revue papier

"La bioesthétique spatiotemporelle des ritournelles nous permet donc de penser le temps dans les ritournelles capitalistiques comme uniformisation (cadence), mais aussi extrême étanchéité des biotopes sociaux : le caractère social de la sensibilité, où le temps n’est pas une forme a priori en général, mais travaillée par des ritournelles d’appropriation, permet d’entrer en philosophie politique non sous l’angle des grandes structures (historiques) et des formes de modèles sociaux (fractures entre sociétés industrialisée et sociétés dites primitives) mais en pensant l’écologie des ces modes d’habitations par lesquels nous tricotons de l’espace et du temps, non abstraitement, mais dans les marques, les bâtis et les sentiers, les parures et les tatouages, les cris et les claquements de bec, toutes ces bulles composant par interférence, sans être mesurées sur un rythme unitaire."

(Suite dans la revue papier)

Spasme Désir Panique


Temps / Travail de Johan van der Keuken (1999).

Extraits de l'article paru dans la revue papier

Félix nous a dit : « écoutez, les prochaines années vont être miasmiques et brumeuses », et c’est exactement ce qui s’est passé. Mais là, vingt ans après, les miasmes et les brumes ne sont pas en train de s’évanouir, au contraire, j’ai l’impression que les miasmes sont plus miasmiques et les brumes plus épaisses, plus vénéneuses que jamais. C’est quoi, le spasme ? Je dirais que le spasme est une accélération maximale de l’organisme, une espèce de mise en vibration désespérée, douloureuse, qui mobilise l’organisme en relation avec un environnement qui est l’environnement de l’exploitation cognitive, mentale, nerveuse – qui est l’accélération produite par les nouvelles technologies dans leur mariage avec le capitalisme. Les nouvelles technologies en elles-mêmes sont un facteur de libération. Félix a toujours parlé des effets machiniques comme d’effets à interroger, à libérer, comme des effets potentiellement libérateurs, sauf quand ils rencontrent, s’entrecroisent, s’entremêlent avec un effet d’exploitation, un effet d’assujettissement ayant pour finalité l’augmentation continuelle de la productivité et de l’exploitation. Voilà le spasme : le spasme est l’effet d’une pénétration violente de l’exploitation capitaliste à l’intérieur des technologies de l’information — qui sont en fait des technologies de la cognition, de l’intelligence, de la sensibilité. C’est la sensibilité qui est en cause, c’est elle qui vient subir cet effet d’accélération, cet effet spasmique. Qu’est-ce qu’on fait quand on se trouve dans une situation spasmique ?

Du multiple dans les sociétés de communication


(Tous droits réservés)

Extrait de l'article paru dans la revue papier

"[...] Pour comprendre le régime de l’hypermobilité qui caractérise de plus en plus les circuits du capital, nous pouvons parler, à partir de Deleuze, d’un capitalisme à « rotation rapide ».  Les systèmes fermés des disciplines opéraient – et opèrent encore, puisque l’on ne passe pas une fois pour toutes à un autre régime – avec le mécanisme le plus simple d’exploitation, qui consiste à investir un minimum dans la production et les salaires et à obtenir le maximum de bénéfices. Le capitalisme actuel en fait autant, mais la notion de « bénéfice » s’est sophistiquée. L’entreprise moderne et dynamique a ses atouts pour obtenir un retour rapide. Par exemple, comme le montre Sennett, une entreprise peut se désorganiser totalement en tant qu’institution afin de devenir attractive pour les investisseurs et valoriser ses titres dans le marché de capitaux . Sennett utilise l’expression de « capital impatient », empruntée à Bennett Harrisson, pour décrire cette recherche de résultats à court terme. Il remarque que les entreprises telles que Sunbeam et Enron sont devenues « corrompues » ou « dysfonctionnelles » en essayant de se faire une « beauté institutionnelle » pour la présenter aux nouveaux investisseurs. Les employés sont durement atteints par le désordre et, du point de vue institutionnel, cette orientation fait des ravages – mais le gain immédiat, dans cette logique, compense les désastres. Dans ce type de capitalisme, la capacité à innover génère des dividendes. Cette forme de gestion de l’entreprise moderne semble dangereusement se propager au-delà et contamine les administrations publiques en général ainsi que, dans une certaine mesure, les universités. Cette croyance au renouveau comme valeur en soi est un attribut de l’entreprise qui se généralise et marque la nouvelle situation stratégique dans laquelle le pouvoir s’exerce à travers le changement.

Dissémination des réseaux

La nouvelle forme de matérialisation de la richesse dans le capital financier – impatient, lisse/strié, flexible – a besoin des circuits multiples pour sa comptabilité. Dans le domaine de l’art et de la connaissance surgissent de nouveaux impératifs apportés par le régime des réseaux, surtout sous la figure de l’interaction .

La crise des « subprimes » est une crise de la gouvernementalité

Les Mardis de Chimères, le 17 décembre 2008

La crise des « subprimes » est une crise de la gouvernementalité, et non une incapacité à réguler la monnaie

Par Maurizio Lazzarato (Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurizio_Lazzarato)

(Sur Multitudes : Puissances de la variation, Interview avec Maurizio Lazzarato : http://seminaire.samizdat.net/Puissances-de-la-variation.html)

Jean-Claude Polack : Maurizio a travaillé sur la pensée de Tarde et la conception de la valeur. La question de l’économie à partir de la psychologie.
La valeur est le résultat d’une conjonction entre l’invention, l’association, et la répétition. Pour aborder la crise aujourd’hui : la monnaie qui est capable d’anticiper, prévoir et ordonner nos conduites.

M. Lazzarato : On laisse à penser que la crise actuelle est seulement une incapacité à réguler la monnaie et qu’il suffirait d’introduire une régulation pour résoudre la crise. Moi, je pense que la crise est quelque chose de plus profond : c’est une crise de la gouvernementalité dans le sens où en parle Foucault : la gouvernementalité, c’est la façon de gouverner le comportement et les conduites des différents acteurs économiques et sociaux.

Les histoires d’argent « finissent mal en général »

Quelques points de repères autour de la crise financière actuelle

Extrait de l'article paru dans la revue papier.

La crise financière actuelle marque une nouvelle convulsion dans l’histoire du système financier international. L’été 2007 a été ainsi marqué par l’irruption des « subprimes » dans notre univers médiatique.

En premier lieu, un surendettement massif fragilisant les ménages américains dans leurs investissements immobiliers ainsi qu’un défaut de mutualisation du système de crédit : les emprunteurs les plus « risqués » ont eu un accès à des financements particulièrement coûteux octroyés par des institutions spécialisées au-delà de leurs capacités de remboursement.

L’histoire, déjà préoccupante, ne s’arrêta pas là. Les prêts octroyés par les créditeurs se sont trouvés être transformés en de multiples innovations financières, titres dérivés, créés et négociés sur les marchés financiers depuis plusieurs années. Les promesses de rendement élevées ont pu se réaliser tant que les prêts aux ménages américains étaient performants. Mais voilà, la situation financière des ménages s’aggravant, le remboursement des prêts s’est avéré significativement plus difficile, et les défauts de paiement, nombreux, entraînent des pertes de valeurs significatives de ces nouveaux titres.

Par un effet de contamination extraordinaire, les difficultés sociales et financières des ménages américains et leur surendettement se sont retrouvées diffusées au sein des marchés financiers.

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