Cybernétique

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« Natural Born Cyborg »?


Extrait de l'article paru dans la revue papier

"[...] LES MEMBRES DE LA World Transhumanist Association visent explicitement l’optimisation radicale des capacités humaines par l’entremise de divers outils technoscientifiques (existants ou non) : nano-robots, molécules psychoactives, exosquelette, prothèse neuronale, etc. Les promoteurs de ce projet considèrent que modifier profondément l’être humain à l’aide de technologies ne conduit nullement à la dégradation du corps, car l’humain a continuellement entretenu un rapport avec la technologie, tentant depuis toujours, à l’aide d’outils ou de technologies, de repousser les limites de sa biologie. Cela serait, dit-on, dans sa nature : « L’expansion de notre potentiel est justement la principale distinction de notre espèce »(1). À leurs yeux, non seulement l’hybridation entre l’humain et la machine est légitime, voire nécessaire, mais elle est également naturelle. Cette assertion se voit renforcer par l’idée selon laquelle une corrélation existerait entre l’avancement technologique et le progrès humain. De ce point de vue, les avancés technologiques de même que la convergence tant espérée des NBIC (nano-bio-info-cognitivo-technologies) ne peuvent être que fortement encouragées.
Le philosophe Jean-Pierre Dupuy explique qu’une condition de possibilité de la convergence des NBIC réside dans la transversalité du modèle informationnel, soit du transfert de concepts issus des théories de l’information et de la cybernétique des années 1940 à l’ensemble des techno-sciences (2). Aussi, bien qu’il soit difficile de prévoir ce qu’il adviendra de ces recherches, la métaphore informationnelle module déjà notre représentation de l’être humain (3). En réfléchissant sur la spécificité humaine face à ces avancées technoscientifiques, certains penseurs font ressortir les différences entre l’humain et la machine – ce que les deux ne partagent visiblement pas (inconscient, émotion, histoire, etc.) – tandis que d’autres minimisent l’importance de ce qui distingue l’humain de la machine (la corporéité ou la conscience, par exemple). Cela fait dire à Katherine Hayles: « Que l’on résiste ou que l’on accepte le scénario de la convergence, la relation entre les humains et les machines intelligentes exerce une étrange attraction, définissant l’espace au sein duquel les voies narratives peuvent être tracées. Ce qu’il devient difficile d’imaginer, c’est une description de l’être humain qui ne prenne pas la machine intelligente comme point de référence » (4).
La question se pose alors de savoir quel est le « projet philosophique » qui rend théoriquement possible la convergence NBIC (et l’hybridation humain-machine) et qui nourrit, de surcroit, l’idéologie transhumaniste. [...] "

Notes :
1- Kurzweil et Grossman, Fantastic Voyage: Live Long Enough to Live Forever, Rodale, 2005, p. 347.
2- Dupuy, J.-P., Impact du développement futur des nanotechnologies sur l’économie, la  société, la culture et les conditions de la paix mondiale, Conseil général des Mines, 2002.
3- N.K. Hayles, « Computing the Human», Theory, Culture & Society, 22 (1), 131-151, 2005.
4- Ibid, p.132

Pour repenser les systèmes

« Ce qui naît dans une rencontre thérapeutique, c’est un accord culturel entre deux personnes. Il faut que ce qui s’y dit soit plausible et pourtant surprenant. Le fait que les patients aillent mieux ne veut pas dire que notre théorie soit juste. Il n’y a pas de rapport entre les résultats thérapeutiques et la preuve de la justesse d’une théorie, quelle qu’elle soit – trop d’éléments sont en jeu à la fois. Il est clair cependant que nous avons besoin de grilles explicatives, de « cartographies » comme dirait Félix Guattari. Mais ces grilles doivent s’autoriser à être limitées, à ne pas rabattre à leur niveau tout ce qui se passe, et s’accepter surtout comme prétextes d’ouverture. Ce qui compte n’est pas la vérité du sujet ou de je ne sais quel système, mais d’élargir le champ du possible ; ce qui m’intéresse, c’est de savoir comment ouvrir de nouvelles alternatives pour l’autre et pour moi, car nous sommes dans un processus de libération commun. Que sont ces scènes que nous inventons en commun avec nos patients à l’intersection de toute une série de systèmes ou de scènes ? Quel rôle y jouent nos propres singularités ? Comment ouvrir de nouveaux devenirs ? [...] »

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