N°64, Novembre 2007, ANTI

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Entretien avec Philippe Giesberger

Entretien avec Philippe Giesberger, infirmier, dessinateur et peintre (qui a réalisé luvre en couverture et choisi les illustrations du numéro 64)



(Tous droits réservés, illustrations Giesberger, extrait audio: B.O.F. Eraserhead - D. Lynch) )

Chimères : Etant, de ton état, infirmier en psychiatrie (et même cadre), penses-tu, avec tes dessins, faire de la clinique ?

Philippe Giesberger : Est-ce que je fais de la clinique avec mes dessins ? Est-ce que je fais mes dessins avec la clinique pourrait-on aussi demander !

J’y suis ! Pourquoi j’y reste ?

Fragments de l'article paru dans la revue papier

Un groupe de psychanalystes, membres de la « Fédération des Ateliers de Psychanalyse », a tenté, lors des Journées de travail de leur association, de décrire  son fonctionnement,ses limites et ses projets. Cette expérience, tout a fait singulière dans le paysage polémique des Ecoles freudiennes ou Lacaniennes, met radicalement en question les formes de pouvoir et de dogmatisme qui s'y exercent. Les auteurs de cette présentation critique font ici un bilan provisoire du travail collectif d'analyse institutionnelle en cours.
Jean-Claude Polack

A la question « pourquoi j’y suis » peut être faut-il répondre que l’on se reconnaît dans cette forme d’organisation en fédération. Nous avons beaucoup réfléchi à ce mot et à ses conséquences. Cette manière horizontale de fonctionner reflète notre manière de composer avec le pouvoir. Notre projet est conçu dans l’intention qu’aucun d’entre nous ne puisse prendre le pouvoir sur les autres à quelque titre que ce soit. Il appartient à chacun d’entre nous et est idéalement régulé par le partage actif du pluriel de nos discours. Malgré cela, il existerait, au sein de notre association, ce que nous avons appelé une phobie du pouvoir. On ne peut pas éviter pour notre avenir de se poser cette question très embarrassante.
Bien évidemment il n’est pas question de rester sur cette impression négative des choses et peut être faut-il poser une autre question : pourquoi j’y reste ? [...]
Simon Perrot

> Le site de la Fédération des Ateliers de Psychanalyse

Image cinématographique et image de la pensée philosophique



(Tous droits réservés)

« [...] La rencontre de la philosophie et du cinéma est riche de perspectives, l'engouement pour l'entreprise de Deleuze, les perspectives théoriques qu'elle a fait naître et l'intérêt qu'elle continue à susciter en sont la preuve. Appréhender cette rencontre sous l'angle de l'image de la pensée permet de la resituer dans une ligne particulièrement philosophique et de poser la question de sa place dans l'œuvre deleuzienne.
La question de savoir s'il existe ou non une hiérarchie des disciplines chez Deleuze se pose au terme de cette réflexion. En tant que philosophe, il a affirmé l'autonomie de l'art, de la science et de la philosophie. Pour autant cette autonomie n'exclut aucunement, comme nous avons tenté de le montrer, que des ponts puissent être jetés entre cinéma et philosophie, que le cinéma « ait un rôle à jouer dans la naissance et la formation de cette nouvelle pensée, de cette nouvelle manière de penser. » Une ambiguïté demeure néanmoins au terme Cinéma : si la philosophie est bien posée comme devant faire la théorie - conceptuelle - de cette nouvelle pratique des images et signes qu'est le cinéma, les concepts qu'il suscite peuvent également être créés par les cinéastes eux-mêmes lorsqu'ils évoquent leur pratique : « en parlant ils deviennent autre chose, ils deviennent philosophes ou théoriciens. Ainsi, un double mouvement apparaît à l'occasion de ce détour par le cinéma : la philosophie est remise en centre pour gagner en autonomie, et dans le même temps, par un mouvement centripète, elle va se loger là où on ne l'attendait pas : chez des artistes qui la pratiquent sans le savoir, ou sans l'admettre. »

Fragment de l'article paru dans la revue papier

Antifiction

 

Fragment de l'article paru dans la revue papier

« Un jour je prends le train ! Je m’assois sur mon siège et je m’endors ! Et soudain l’autre à côté de moi qui me réveille ! Et qui soudain me parle de Thèbes ! La peste dans la cité ! Les voies coupées ! Le courant coupé ! Le train attaqué ! En effet je vois du bruit ! J’entends du feu ! Des pneus enflammés dégagent une fumée noire ! Personne ne sait combien ils sont dehors ! Bientôt la nuit tombe ! Le wagon est toujours bloqué ! La colère monte ! Les enfants braillent ! Les oreilles cassent ! Les parents crient suffit ! Tous ces cris ! Toutes ces insultes ! Tous ces soupirs ! Tous ces ventres qui gargouillent ! On sort les sandwichs ! Les pshitt en boîte ! Les oranges ! Ah les odeurs ! Les odeurs de moutarde et de fromage ! Le pire c'est l'œuf dur ! Rien qui pue davantage ! On secoue les miettes ! On sort les mots croisés ! On tue le temps ! Dehors on aperçoit quelques brasiers ! C'est quand même pas l'apocalypse ! Pas la fin des abricots ! Et l'autre pomme qui vient me parler de Thèbes ! La peste dans la cité ! Il s’insurge ! Il colère ! Se prend la tête ! Me prend à témoin ! Me dit gnan gnan gnan ! Alors je lui dis gnan gnan gnan ! Alors il me dit gnan gnan gnan ! Alors je lui dis gnan gnan gnan ! Etc. ! Alors je me dis mon Dieu ! Alors je ne dis plus rien ! Alors je me tais et je pleure ! Toujours je pleure ! Je pleure et je me lève et je sors ! Je sors et je descends sur les voies ! Et là tout est allumé ! Tout est en train de flamber ! Alors je me dis : comme c’est beau ! Alors je me dis : comme c’est gai ! Alors je me dis : joie joie joie ! Alors je m’excite ! Alors je m’entends dire répéter réciter citer : non seulement tout est permis ! Non seulement tout reprendre à la base ! Non seulement tout reprendre à la base mais du passé faire table rase ! [...] »

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