Danse

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Vivre dans un monde de textures. Reconnaître la neurodiversité

Extraits de l'article paru dans la revue papier

« Le bonheur fut pour moi l’immédiateté de l’environnement » écrit Tito Mukhopadhyay, autiste et poète. « Sans cesse, les ombres devaient emprunter les couleurs des objets sur lesquels elles tombaient », ajoute ce dernier. « Et elles coloraient tous les objets d’une couleur universelle. Cette couleur est la couleur de l’ombre, qui est une couleur plus sombre sur la couleur empruntée ». Un ombrage coloré : un entrelacement de champs d’expérience émergente qui ne se distingue ni comme un ceci ou un cela, pas encore. Et pourtant, leurs qualités se font écho. Les champs, dans leur immédiateté, s’entreinterpellent et font échange de leurs qualités respectives, composant un champ d’action commun, de cofusion et de contraste changeant : un comouvement, une commotion. Une commotion immédiate produisant qualitativement des textures. Un champ de production s’acheminant, de façon qualitative, vers un processus d’expérience. Ainsi émergée, telle est l’ombre colorée : un devenir qualitatif, comme qualité propre au champ de composition, non plus à ses éléments, mais à l’immédiateté de leur action mutuelle ou co-mouvement.

L’émergence se poursuit. « Je pouvais désormais imaginer comment une ombre pouvait taire l’interaction entre d’autres couleurs si jamais ces dernières tombaient sur le territoire de son silence. » Un hiatus prend forme dans la commotion. « Je pouvais voir les jasmins de la nuit trempés par la rosée matinale, éclairés par les nouveaux rayons du soleil, essayant de créer une histoire à travers l’odeur de leurs pétales. Je pouvais voir l’histoire se répandre dans l’air » (Mukhopadhyay 2008: 21-22). Une qualité neuve, une fragrance, accourt dans le hiatus. Une floraison danse l’attention comme l’événement de cette ingression. Le jasmin recueille le jeu d’ombre et de couleur, transmué en une partie de moiteur et de lumière. Humidité et lumière, en co-mouvement avec une senteur. Le parfum du jasmin, par son interaction avec l’humidité et la lumière, prend le relais de l’ombre colorée et s’impose ainsi comme la qualité prédominante du champ de composition. Ce relais porte le champ au bord de l’expression déterminée. Le champ arrosé de senteur, une histoire tente de prendre forme. Le champ, par l’intromission d’une odeur, appelle à sa pleine considération. Il s’efforce d’être pris en compte. Et la fleur apparaît comme une variable de cette tentative. Mais ce n’est pas en tant qu’objet distinct, ou pris séparément, qu’elle s’applique à la tâche. Par cela seul que le champ de l’expérience immédiate n’est pas composé d’objets. La fleur est la voie relationnelle par laquelle un champ de composition global tend à l’expression.

Traduit par Ronald Rose-Antoinette et Anne Querrien

devenir-animal et formation de meutes


>>>>>>>>>>>>> http://www.leprixdelessence.net/
>>>>>>> images extraites de la vidéo 4 Jaune/yellow, série monochrome animals. Nadia Vadori Gauthier - Le corps collectif

Le devenir n’est pas imaginaire, ni abstrait. Il ne peut pas se concevoir de l’extérieur par succession d’images. Il est affect, désir, multiplicité. Il est le plan de consistance. Il passe par l’expérience directe du mouvement, il suit une ligne dérivative qui déferle, inclut dans son mouvement l’ensemble de la création. Elle crée des continuums d’alliances entre les règnes et les espèces comme autant de plateaux d’intensités.

Le devenir-animal, ce n’est pas devenir-un-animal, ni faire l’animal, ou ressembler à un animal, ni imiter un animal, ou encore croire que l’on est un animal ou se déguiser en animal1. L’animal n’a pas besoin d’être identifié. Ce n’est en aucune façon représenter l’animal. Nul besoin d’ailleurs de savoir de quel animal au juste il s’agit. 

 

Perdre corps.


Illustration : Maxime Berger, A corps perdus, (www.maximeberger.com)
(http://etlonseditquilestbientard.blogspot.com)
A corps perdus
Dans un corps à corps
Et âmes
A cor et à cri.
Accord perdu…
Perdu corps et biens…

Claude Vlérick

Se battre contre des châteaux de sables et construire des moulins à vent.

 Perdre corps. 

Comme perdre pied, je perds corps.

Pour un danseur, cet énoncé ressemble à une mort annoncée. Pourtant j’ai aimé perdre LE corps, ne plus être moi mais ce corps de la danse, ce lieu de métamorphose, ce lieu de vie. Le passage de vie et mort tient donc à peu de chose, juste un article, la disparition du « le » me conduit à disparaître.

Comment ce petit article peut-il se détacher de son corps ?

Que porte-t-il comme sens profond pour conduire à cet écart d’état ?

Qu’est-ce que perdre corps ?

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