Deleuze

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Luis de Miranda, Une vie nouvelle est-elle possible ?

LVE Luis de Miranda, Une vie nouvelle est-elle possible ?, Caen, Nous, 2009 

Le point de départ de cet essai est une affirmation de Gilles Deleuze, aussi péremptoire qu’énigmatique, qui parcourt son écriture, tout particulièrement dans Dialogues 1 et dans Mille plateaux 2, où elle structure en profondeur tout le « plateau » 8, consacré à la nature de l’événement : « Individus ou groupes, nous sommes faits de lignes 3. » Une des figures les plus simples de la géométrie est ainsi convoquée pour rendre compte de la complexité labyrinthique et de la singularité des parcours individuels et collectifs. Plus en général, on pourrait affirmer que c’est toute la pensée de Deleuze (seul ou avec Guattari) qui se déploie en renouvelant la perception des figures de la géométrie ou de la géographie (lignes, certes, mais aussi plans, plis, territoires, surfaces, dont il a su éclairer la profondeur insoupçonnée).

Que faire avec Slavoj Zizek ?

 
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voir http://www.fabula.org/actualites/article28338.php

Extrait de l'article paru dans la revue papier

Faut-il faire avec S.Z ? Oui, bien sur.
S.Z.est obstiné, parfois trop retors pour être honnête, souvent ardu, mais jamais ennuyeux. Le cinéma (Hitchcock, Altman, Lynch), l’humour juif (avec ou sans Freud), la politique et la sexualité lui offrent tour à tour l’anecdote ou l’exemple adéquats à son discours. Il parcourt ses domaines de prédilection avec impertinence et gourmandise. Quand il sonde le phylum philosophique les acrobaties, changements de plans et digressions voyagent élégamment dans les siècles et les continents. Son livre récent, Organe sans corps, procède par glissements, dérives, oublis de la question initiale. Le charme opère peut-être là, par le goût du récit et du paradoxe, la spontanéité vivante des associations (presque) libres.
Le « Que faire avec Deleuze ? », s’il n’est pas exprimé comme tel dans le livre, est néanmoins omniprésent. On pourrait craindre que S. Z. ne veuille faire qu’une bouchée du philosophe qu’il admire et tente d’annexer. La toile d’araignée de S.Z n’est pourtant pas celle d’un être vorace, mais plutôt une cartographie de liaisons possibles, où diverses grandes têtes philosophiques pourront s’ordonner autour d’un triangle construit par S.Z avec Hegel, Marx et Lacan. Cet ensemble ternaire est d’ailleurs plus proche d’un « nœud borroméen » que d’une figure trigonométrique transcendantale, tant les singularités de S.Z se heurtent aux schémas imparfaits des penseurs qu’il affectionne.
Du coup, S.Z. semble regretter de n’avoir pas tenté, éventuellement réussi, une alliance avec Deleuze, en supplantant évidemment l’intrus guattarien. C’est un fantasme nucléaire, très proche de la scène primitive, teinté toutefois d’élitisme ; Félix y joue le rôle d’un trublion, venu d’un dehors de la philosophie, de la classe politique et de l’Université.
S.Z, en toute orthodoxie, interprète la mésalliance qui l’irrite. Cela donne à peu près ceci : Deleuze, un jour, est tombé amoureux de Félix et non pas, malheureusement, de Lacan. Félix étant devenu le fils meurtrier de son Père, Deleuze s’est soustrait, avec son comparse, à la nécessaire « castration symbolique », que son oeuvre antérieure ne refusait sans doute pas.

N’ayant pas les compétences pour m’engager avec un auteur aussi polémique dans un débat de spécialiste, au risque de l’apnée, je me propose de rester près de la surface de son écrit, aux apparences formelles de son raisonnement dialectique.
(…Une courte parenthèse me paraît ici nécessaire. En suivant sans doute l’organisation du Qu’est ce que la philosophie ?. S .Z consacre une partie de son livre à la Science, une autre à l’Art. Le cinéma semble être son terrain de duel préféré. Il s’y intéresse comme à la littérature, en clinicien et interprète, aux prises avec des narrations et des situations du corps et de l’esprit. Hitchcock, le plus freudien des cinéastes, a forcément sa préférence ; question de pédagogie.
Ses interprétations se lisent avec plaisir. Mais le projet de Deleuze ne se compare en rien aux analyses de S .Z,. L ’image, avec ses avatars d’espace et de temps, est l’objet démultiplié d’une œuvre philosophique qui tente d’en formaliser la grammaire et, plus encore, le mode de pensée.)

Dionysos anté-Œdipe

Début de l'article paru dans la revue papier

« Le désir n’a pas pour objet des personnes ou des choses,
mais des milieux tout entiers qu’il parcourt,
des vibrations et flux de toute nature qu’il épouse.

Gilles Deleuze et Félix Guattari,
L’Anti-Œdipe

On peut considérer L’Anti-Œdipe comme un livre négatif, au sens hégélien du terme. Ce serait cependant s’arrêter trop pesamment sur la formulation même de son titre, qui voulait avant tout claquer tel un mot d’ordre, ameuter comme un slogan, porter une revendication en ces temps insurrectionnels. Car derrière la négation de l’Œdipe, il faut entendre la force affirmative que sa destitution libère. Au-delà du carcan de la structure, il faut capter l’élan cosmique qui anime les machines de désir, sous le système de représentation saisir le principe dionysiaque qui mobilise le processus traversant capitalisme et schizophrénie. Derrière l’appel à l’extinction du signifiant, nous sommes alors conviés à mettre en lumière la pensée résolument nietzschéenne qui irrigue tout le livre, et que chacune de ses pages scande et agence. Ainsi, depuis cet omniprésent devenir traversant les flux et les schizes, résonne avec force l’invitation à énoncer Dionysos avant Œdipe [...] »

D'autres articles sur l’Anti-Œdipe sont disponibles sur le blog : L’Anti-Œdipe en question, notamment sur la relation à Nietzsche.

Image cinématographique et image de la pensée philosophique



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« [...] La rencontre de la philosophie et du cinéma est riche de perspectives, l'engouement pour l'entreprise de Deleuze, les perspectives théoriques qu'elle a fait naître et l'intérêt qu'elle continue à susciter en sont la preuve. Appréhender cette rencontre sous l'angle de l'image de la pensée permet de la resituer dans une ligne particulièrement philosophique et de poser la question de sa place dans l'œuvre deleuzienne.
La question de savoir s'il existe ou non une hiérarchie des disciplines chez Deleuze se pose au terme de cette réflexion. En tant que philosophe, il a affirmé l'autonomie de l'art, de la science et de la philosophie. Pour autant cette autonomie n'exclut aucunement, comme nous avons tenté de le montrer, que des ponts puissent être jetés entre cinéma et philosophie, que le cinéma « ait un rôle à jouer dans la naissance et la formation de cette nouvelle pensée, de cette nouvelle manière de penser. » Une ambiguïté demeure néanmoins au terme Cinéma : si la philosophie est bien posée comme devant faire la théorie - conceptuelle - de cette nouvelle pratique des images et signes qu'est le cinéma, les concepts qu'il suscite peuvent également être créés par les cinéastes eux-mêmes lorsqu'ils évoquent leur pratique : « en parlant ils deviennent autre chose, ils deviennent philosophes ou théoriciens. Ainsi, un double mouvement apparaît à l'occasion de ce détour par le cinéma : la philosophie est remise en centre pour gagner en autonomie, et dans le même temps, par un mouvement centripète, elle va se loger là où on ne l'attendait pas : chez des artistes qui la pratiquent sans le savoir, ou sans l'admettre. »

Fragment de l'article paru dans la revue papier

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