Genre

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Genre et médecine

 Introduction de l'article paru dans la revue papier

"ON CONSIDÈRE souvent que la médecine aurait « offert à l’espèce humaine les premiers outils véritablement libérateurs qui autorisent la dissociation entre sexualité et reproduction », permettant aux femmes de s’émanciper, échappant à leur rôle de reproductrices. Ce phénomène est censé s’accentuer du fait de la féminisation de la médecine.
Au contraire, cette idée courante participe au « paradoxe de la doxa », c’est-à-dire au fait que l’ordre établi se perpétue facilement, et que certaines inégalités devant les soins peuvent souvent apparaître acceptables, voire naturelles. Ainsi, nous verrons comment la médecine et les autres sciences de la nature contribuent non seulement au maintien de la domination masculine, mais ont aussi donné un fondement en apparence naturel à la vision androcentrique, par le biais d’une construction arbitraire du biologique et en particulier du corps masculin et féminin.
Nous examinerons tout d’abord des exemples de ce qui en médecine peut être symptomatique de la domination masculine,
notamment concernant la biologie de la reproduction et les soins faits aux femmes. À l’instar de Françoise Héritier, j’ai choisi d’étudier les articles consacrés à la médecine dans le journal Le Monde entre 1999 et 2004, en plus de certains livres de médecine, pour avoir accès au propos médical, mais aussi à ce qu’il devient lorsqu’il est transmis au grand public. La presse est considérée comme une « source partagée d’informations, de savoirs, de représentations […] aussi digne de foi que celle des observateurs sur le terrain. » Puis, nousanalyserons la féminisation de la profession et tâcherons de savoir si celle-ci peut parvenir à émanciper la médecine du paradigme de la domination masculine. Enfin, nous étudierons la thèse avancée par Thomas Laqueur qui décrit un chan -
gement dans la construction sociale du corps humain avec le passage d’un modèle unisexe à un modèle « des deux sexes ». Nous verrons si Thomas Laqueur considère que l’avancée des connaissances scientifiques peut être considérée comme première dans la transition d’un modèle à l’autre. (...)"

Féminisme et laïcité

 Fragment de l'article paru dans la revue papier

« Si donc le féminisme est une pensée émancipatrice selon laquelle il n´y a pas de différences entre les sexes ni du point de vue ontologique, ni du point de vue moral, ni du point de vue psycho-social, alors la reconnaissance effective de cette affirmation qui, pour l´instant, est aussi bien une conviction mentale qu´un idéal politique, suppose la laïcité. Le féminisme est une plante qui ne peut pousser que dans le terreau de la laïcité. Sans cette condition, il n´y a pas de liberté authentique ni d´égalité entre hommes et femmes. Il peut  y avoir laïcité sans féminisme; mais une société pleinement féministe est impossible sans laïcité. Du point de vue logique, nous pouvions penser la laïcité comme une classe plus large où serait inclue celle du féminisme. Ainsi, par exemple, la République Française se définit comme  État laïque, mais nous ne pourrions néanmoins pas déduire qu´elle constitue pour autant une société  féministe. En paraphrasant Kant, nous pourrions dire que  nous sommes au temps du féminisme mais que nous n´avons pas encore atteint le stade de sociétés pleinement féministes. Le féminisme n´est effectif que lorsque les libertés fleurissent et que l´égalité est un droit pleinement acquis, que l´égalité de tous les citoyens –comme il est indiqué plus haut- comprend l´abolition des distinctions fondées sur le sexe [...] »

Antigenre / multisexe / anti-identité

Début de l'article paru dans la revue papier

« Le genre comme catégorie cognitive, dite scientifique, est aujourd’hui une norme de pensée dans les sciences sociales. Il s’agit d’une prescription intellectuelle et d’une prescription d’intelligibilité. On le retrouve dans tous les domaines et sur tous les champs sociaux : femme et développement, femme et politique, femme et ville, femme et théâtre. Le genre a envahi l’ethnologie, la démographie, la sociologie… La critique de cette catégorie de genre, et de la division de la société en deux, a été maintes fois faites. Le principal argument de cette critique a été le fait que ce recours à la seule fonction reproductive de l’homme et de la femme ne correspondait nullement aux rapports sociaux qu’on observait réellement sur le terrain. Le genre rigidifie et ontologise la dualité sexuelle, biologise le social, au détriment de la multitude sexuelle pratiquée et à inventer.

Le genre a été pensé par certaines, dont Judith Butler (voir Judith Butler contre la guerre des civilisations), moins comme une coupure sur le corps humain que comme une variation infinie de celui-ci. Nous sommes pour ce genre là et contre celui qui sectionne la société en deux moitiés fonctionnelles comme aux temps immémoriaux. D’ailleurs dans ces temps on ne sectionnait même pas, les femmes étaient hors de l’humanité politique et citoyenne. Malgré ses soubresauts révolutionnaires du temps d’Olympe de Gouges, la France est parmi les lanternes rouges du train des femmes vers l’émancipation politique, parce qu’elle subsume tous les genres sous un seul, l’universel, le genre humain. Les femmes sont la moitié du ciel disait le Président Mao pour qui le fait que l’un se divise en deux, et par là en plusieurs, était le ba à ba de la politique. Ici on a commencé à parler de parité quand il a fallu ramener les femmes à la raison, leur signifier que leur libération devait servir à quelque chose, à la politique des hommes bien sûr.

La parité parlons-en : où met-on les transexuelles ? Dans le genre qu’elles se donnent ? Dans la parade à laquelle elles se plient ? Et n’y a t-il pas de transexuels hommes, d’origine femme pour certains, d’origine homme pour d’autre ? Bref des mœurs à brouiller les genres, très minoritaires dira-t-on, mais bien significatives de la possibilité de se transformer apparemment en femme ou en homme, au choix. Tous les jours chacun, chacune prend le genre qui lui convient, celui qu’on lui a assigné par la naissance, mais plus encore celui que lui propose le marché des multiples emplois vers lesquels il ou elle court. [...] »

Sur le féminisme et la théorie Queer : le site http://www.lepeuplequimanque.org/category/textes/feminisme-et-queer

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