Emmanuel Dreux

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Politique des Zombies : l’Amérique de Georges A. Romero

 
Coordonné par Jean-Baptiste Thoret, Ellipses éditions, 2007

Les réalisateurs de « films cultes » ou de « classiques du genre » mettent du temps à acquérir leurs galons d’auteurs. Ils n’ont d’abord droit qu’aux hommages ravis des connaisseurs, des fans et des collectionneurs, qui ne partagent leur enthousiasme qu’entre eux, sous la forme d’un savoir de spécialistes dont l’ésotérisme a bien souvent pour but de cacher la bêtise. De plus, faire des films de « zombies » n’était pas, jusqu’à ill y a peu, le moyen le plus sûr d’attirer l’attention du critique sérieux. Georges A. Romero, malgré et à cause de son cultissime premier film La Nuit des morts-vivants (1969), n’a donc jamais vraiment suscité l’exégèse. Or voici qu’aujourd’hui les zombies se sont blockbusterisés : ils ont envahi les multiplexes et dévoré les colonnes chics des magazines culturels. L’admiration béate de quelques uns pour le père du mort-vivant moderne est désormais largement partagée, même si toujours aussi béate.

Antis hors champ

Fragments de l'article paru dans la revue papier.

"Créer un « vide qui dure » ou inscrire un moment d'Histoire à la télévision, aussi volontairement, aussi catégoriquement, n'est désormais plus à la portée du premier (ni du dernier) Président de la république venu [...]

Inutile d'occuper la télé, elle n'oppose aucune résistance. Elle monte elle-même la garde : elle réglemente et comptabilise les temps de paroles, ce qui n'empêche pas certains de rester parfaitement inaudibles. Il est inutile désormais qu'elle vienne filmer un meeting politique puisque le candidat fournit lui-même les images, puisqu'il choisit pour elle les meilleurs moments à diffuser [...] 

A quoi bon ritualiser un bon coup sa présence, alors même qu'il [le président] n'existe en somme que par la télévision ? Alors même que chacun de ses gestes, chacune de ses paroles, sont conçus comme un rituel immédiatement télé-diffusable (et recyclable dans tous les médias), et créent une sorte de mythologie à la petite semaine, renouvelable selon les circonstances, suffisante pour incarner la fonction dans l'ici et maintenant du flux télévisuel ? [...]

La mise en scène confirme cette rhétorique. Elle fait de lui l'élu avant même qu'il le soit, celui qui aménage le champ, qui occupe tout le champ. Celui qui par exemple prend en compte avec compassion ceux qui sont contre (il faut bien un peu de contre-champ), qui respecte leur différence, qui reconnaît même la valeur de leur candidate (c'est l'adversaire qu'il s'est choisi), mais qui surtout accueille chaleureusement les convertis et les repentants pour les ajouter à la masse grandissante de ceux qui sont pour, qui sont dans le champ, dans son champ, dans son camp. Il est le champ [...]" 

Quelques illustrations de l'usage de la télévision par le Président de la république

Références, liens, extraits.

19 mai 1981 : les adieux de Valery Giscard d'Estaing 

« Il y a des choses rares à la télé. Un président sortant se laissant filmer en train de sortir, c'est rare. Un plan vide à la télé, c'est rare. Un plan vide et silencieux, c'est encore plus rare. Il y a eu un grand moment mardi soir, un peu après 20 heures, entre l'instant où la grande silhouette giscardienne est sortie du cadre (par le bord gauche, en haut) et celui où retentirent les accents (pompiers) de La Marseillaise... »

Serge Daney, Libération, 21 mai 1981, repris dans Ciné journal 1981-1986, Paris, Ed. Cahiers du cinéma,  1986

In extenso :http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CAB00018244

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