Précarité

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Les histoires d’argent « finissent mal en général »

Quelques points de repères autour de la crise financière actuelle

Extrait de l'article paru dans la revue papier.

La crise financière actuelle marque une nouvelle convulsion dans l’histoire du système financier international. L’été 2007 a été ainsi marqué par l’irruption des « subprimes » dans notre univers médiatique.

En premier lieu, un surendettement massif fragilisant les ménages américains dans leurs investissements immobiliers ainsi qu’un défaut de mutualisation du système de crédit : les emprunteurs les plus « risqués » ont eu un accès à des financements particulièrement coûteux octroyés par des institutions spécialisées au-delà de leurs capacités de remboursement.

L’histoire, déjà préoccupante, ne s’arrêta pas là. Les prêts octroyés par les créditeurs se sont trouvés être transformés en de multiples innovations financières, titres dérivés, créés et négociés sur les marchés financiers depuis plusieurs années. Les promesses de rendement élevées ont pu se réaliser tant que les prêts aux ménages américains étaient performants. Mais voilà, la situation financière des ménages s’aggravant, le remboursement des prêts s’est avéré significativement plus difficile, et les défauts de paiement, nombreux, entraînent des pertes de valeurs significatives de ces nouveaux titres.

Par un effet de contamination extraordinaire, les difficultés sociales et financières des ménages américains et leur surendettement se sont retrouvées diffusées au sein des marchés financiers.

Ritournelles de la vie ordinaire ou : comment penser la précarité de la vie ?

Vie précaire,

Judith Butler,

Paris, Editions Amsterdam, 2005

Le récit de soi,

Judith Butler,

Paris, PUF, coll. « Pratiques théoriques », 2007

Vies ordinaires, vies précaires,

Guillaume Le Blanc,

Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 2007

Les Maladies de l’homme normal,

Guillaume Le Blanc,

Bègles, Editions du Passant, 2004, édition augmentée, Paris, Vrin, coll. « Matières Etrangères », 2007

« Le style c’est ainsi la ritournelle de vies ordinaires tremblantes. », G. Le Blanc, Maladies de l’homme normal, p. 167 

Fragment de l'article paru dans la revue papier :

On se souvient de Deleuze évoquant la minorité pauvre des habitants des Pouilles (dont Carmelo Bene fit entendre la folle émeute de Campi Salentina), Deleuze qui rappelle la poursuite de l’informe et de l’informulé chez les damnés de Beckett, pour qui les voix sont des flux qui pilotent les corpuscules linguistiques… On se souvient de Bourdieu arpentant la rue des Jonquilles dans cette Lorraine abandonnée par les maîtres des forges, de misère de position plus que de condition, expérience douloureuse du monde social pour tous ceux qui, comme le contrebassiste de Patrick Süskind, occupent une position obscure à l’intérieur d’un univers prestigieux, Bourdieu qui lance à Grenoble la formule décisive : « La précarité est aujourd’hui partout »… On se souvient de Foucault qui dit le choc mêlé de beauté et d’effroi à la lecture de vies devenues cendres et croisées dans les pages d’un registre d’internement du 18ème siècle, Foucault qui reconnaît à travers les analyses des modes de subjectivation - la vie vécue, pensée, pratiquée comme une épreuve - les modes de constitution du sujet moderne, de l’homme précaire.

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