N°66,67 Morts ou Vifs 2008

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Stéphane Léger, série

"D'une manière générale, ce projet a été initié suite à une réflexion sur l'auto-mise-en-spectacle et l'auto-surexposition des corps sur internet via les sites dits "de rencontres" et en parallèle sur un constat et une analyse des images des médias de masse qui ont modélisé mon imaginaire depuis l'enfance. Le projet serait de ne pas rejouer ces figures imposées. Mais peut être d'en rire, parfois avec mélancolie certes, mais surtout de les faire se rencontrer pour en énoncer d'autres potentialités... "


Stéphane Léger, série # 2 / Figure_Mauve, 2007. Impression numérique en encre pigmentaire sur papier Photorag 308 g. Tirage limité de 5 ex. 21x21 cm. Studio Franck Bordas, Paris.


Stéphane Léger, série # 2 / Figure_Verte, 2007. Impression numérique en encre pigmentaire sur papier Photorag 308 g. Tirage limité de 5 ex. 21x21 cm. Studio Franck Bordas, Paris.

Proust cinéaste

Extrait de l'article paru dans la revue papier.

[...] Si ce n’est pas – comme l’écrit Proust – la réalité qui produit l’émotion, s’il faut toujours qu’elle soit réfléchie par une image, on voit le rapport privilégié que le cinéma peut entretenir avec la littérature. C’est cette « image », essentielle au travail de l’écrivain, que le cinéaste cherche à cerner quand il adapte Proust.

Chez l’un et l’autre elle vise un effet. Lecteurs et spectateurs sont passibles d’un même traitement de la réalité, à des niveaux dissemblables, qu’on ne peut ni ne doit hiérarchiser. Les singularités de l’image, chez l’un et l’autre artiste, procèdent d’un style.

Politique des Zombies : l’Amérique de Georges A. Romero

 
Coordonné par Jean-Baptiste Thoret, Ellipses éditions, 2007

Les réalisateurs de « films cultes » ou de « classiques du genre » mettent du temps à acquérir leurs galons d’auteurs. Ils n’ont d’abord droit qu’aux hommages ravis des connaisseurs, des fans et des collectionneurs, qui ne partagent leur enthousiasme qu’entre eux, sous la forme d’un savoir de spécialistes dont l’ésotérisme a bien souvent pour but de cacher la bêtise. De plus, faire des films de « zombies » n’était pas, jusqu’à ill y a peu, le moyen le plus sûr d’attirer l’attention du critique sérieux. Georges A. Romero, malgré et à cause de son cultissime premier film La Nuit des morts-vivants (1969), n’a donc jamais vraiment suscité l’exégèse. Or voici qu’aujourd’hui les zombies se sont blockbusterisés : ils ont envahi les multiplexes et dévoré les colonnes chics des magazines culturels. L’admiration béate de quelques uns pour le père du mort-vivant moderne est désormais largement partagée, même si toujours aussi béate.

En gare de… !

 
Première scène de la pièce disponible ci-dessous en totalité en téléchargement PDF.

I. PRESENTATIONS.

La chef de gare fait les cent pas. L'homme d'affaires est songeur sur son banc.

LA CHEF DE GARE. J'aime cette gare. C'est ma gare. C'est une petite gare. Je suis assise sur le quai, je tourne la tête à droite et je laisse les rails guider mon regard. Il glisse sur le chromé des rails, passe sur un pont et se perd plus loin dans les cheminées des usines. Je tourne la tête à gauche et il s'enfonce dans les pins. Il y a deux voies, deux quais, un aller retour pour deux horizons. Lorsque je sors de la salle d'attente je suis sur le quai 1. A gauche et à droite il y a un banc où je peux m'allonger. En face, sur l'autre quai, il y a un abri en ciment avec un banc. L'abri est abandonné depuis longtemps. Le banc est cassé. Des ordures s'entassent. Des tags recouvrent les murs. Ma gare va être abandonnée !

L'HOMME D'AFFAIRES. Ma voiture est en panne !

LA CHEF DE GARE. Plus de voiture ! Plus de gare ! Plus rien ! Moi je dis toujours: "Le malin il ne faut pas trop… "

L'HOMME D'AFFAIRES. Les petites gares, c'était une autre époque.

LA CHEF DE GARE. Je suis la chef. Je défends ma gare. C'est normal. J'aime mon travail. Ma gare surtout. Vous n'aimez pas votre travail ?

L'HOMME D'AFFAIRES. Je m'incline. C'est vous la chef.

LA CHEF DE GARE. Vous n'aimez pas votre travail ? Vous n'aimez pas votre travail !

L’écriture de soi comme modèle de contestation et d'affirmation de l'individu dans la société marocaine

 

Extrait de l'article paru dans la revue papier.

Dans les sociétés holistes, le sujet ou l’individu n’a pas d’existence réelle en dehors de son groupe. Son identité se voit limitée à celle de sa communauté ou de sa tribu. Ses valeurs sont celles de la collectivité et sa liberté est liée en grande partie à celle de la société.
La personnalité arabo-musulmane, et la personnalité marocaine en particulier, se définit par rapport à la société, au groupe et à la famille. Le statut de la personne est indissociable de la notion d’identité collective1. L’individu doit respecter un pacte social dans le cadre duquel la marge de liberté individuelle est conditionnée à celle de la communauté.
L’individu ou le sujet dépend donc du groupe auquel il est lié par tous ses actes : le respect, le service, voire la soumission. Il assume donc une responsabilité collective puisqu’il est pris en charge par son groupe. Quelle est donc la place qu’occupe l’individu au sein de la société marocaine traditionnelle ?

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