Esthétique

Image cinématographique et image de la pensée philosophique



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« [...] La rencontre de la philosophie et du cinéma est riche de perspectives, l'engouement pour l'entreprise de Deleuze, les perspectives théoriques qu'elle a fait naître et l'intérêt qu'elle continue à susciter en sont la preuve. Appréhender cette rencontre sous l'angle de l'image de la pensée permet de la resituer dans une ligne particulièrement philosophique et de poser la question de sa place dans l'œuvre deleuzienne.
La question de savoir s'il existe ou non une hiérarchie des disciplines chez Deleuze se pose au terme de cette réflexion. En tant que philosophe, il a affirmé l'autonomie de l'art, de la science et de la philosophie. Pour autant cette autonomie n'exclut aucunement, comme nous avons tenté de le montrer, que des ponts puissent être jetés entre cinéma et philosophie, que le cinéma « ait un rôle à jouer dans la naissance et la formation de cette nouvelle pensée, de cette nouvelle manière de penser. » Une ambiguïté demeure néanmoins au terme Cinéma : si la philosophie est bien posée comme devant faire la théorie - conceptuelle - de cette nouvelle pratique des images et signes qu'est le cinéma, les concepts qu'il suscite peuvent également être créés par les cinéastes eux-mêmes lorsqu'ils évoquent leur pratique : « en parlant ils deviennent autre chose, ils deviennent philosophes ou théoriciens. Ainsi, un double mouvement apparaît à l'occasion de ce détour par le cinéma : la philosophie est remise en centre pour gagner en autonomie, et dans le même temps, par un mouvement centripète, elle va se loger là où on ne l'attendait pas : chez des artistes qui la pratiquent sans le savoir, ou sans l'admettre. »

Fragment de l'article paru dans la revue papier

Autour de la percussion. Gestes et configuration mentale.

Fragments de l'entretien Françoise Rivalland - Anne Timbert, paru dans la revue papier

Anne Timbert : "Plusieurs musiciens (ou musiciennes) me parleront du rapport qu'ils entretiennent avec leur(s) instrument(s), de la manière dont ils travaillent (avec et hors instrument), de ce qu'ils vivent et ressentent en jouant."

(Véronique Valentino)

Françoise Rivalland : "[...] Il n'y a pas un geste qui soit universel. De même, deux gestes d'un chef d'orchestre ne devraient théoriquement jamais produire la même chose. Jamais un geste ne devrait servir deux fois, et c'est la même chose pour nous. Pourquoi ? Un geste musical en soi n'existe pas. Il n'a d'existence que par rapport au son qu'on veut produire, et surtout à l'émotion qu'on veut transmettre à travers ce son. Quand je travaille, je cherche à explorer un maximum de possibilités sur un son afin de pouvoir, au moment du jeu en concert, selon l'état, l'accoustique, selon ce qui se passe avec le public, selon ce que j'ai fait juste avant, avoir le plus de vocabulaire possible sur une même note. Je sais d'ailleurs rarement à l'avance comment je vais jouer, et dispose tout au plus d'une envie très générale de ce que je veux véhiculer. Mon travail consiste donc à me donner le plus de moyens possibles pour y arriver, sans savoir forcément par quels chemins je vais passer. Le choix d'un instant, c'est une multitude de choses : une image qu'on a dans la tête, une référence à un livre, une peinture, une émotion, ou bien la sensation physique ; parfois c'est le doigté à tout prix.

Antis hors champ

Fragments de l'article paru dans la revue papier.

"Créer un « vide qui dure » ou inscrire un moment d'Histoire à la télévision, aussi volontairement, aussi catégoriquement, n'est désormais plus à la portée du premier (ni du dernier) Président de la république venu [...]

Inutile d'occuper la télé, elle n'oppose aucune résistance. Elle monte elle-même la garde : elle réglemente et comptabilise les temps de paroles, ce qui n'empêche pas certains de rester parfaitement inaudibles. Il est inutile désormais qu'elle vienne filmer un meeting politique puisque le candidat fournit lui-même les images, puisqu'il choisit pour elle les meilleurs moments à diffuser [...] 

A quoi bon ritualiser un bon coup sa présence, alors même qu'il [le président] n'existe en somme que par la télévision ? Alors même que chacun de ses gestes, chacune de ses paroles, sont conçus comme un rituel immédiatement télé-diffusable (et recyclable dans tous les médias), et créent une sorte de mythologie à la petite semaine, renouvelable selon les circonstances, suffisante pour incarner la fonction dans l'ici et maintenant du flux télévisuel ? [...]

La mise en scène confirme cette rhétorique. Elle fait de lui l'élu avant même qu'il le soit, celui qui aménage le champ, qui occupe tout le champ. Celui qui par exemple prend en compte avec compassion ceux qui sont contre (il faut bien un peu de contre-champ), qui respecte leur différence, qui reconnaît même la valeur de leur candidate (c'est l'adversaire qu'il s'est choisi), mais qui surtout accueille chaleureusement les convertis et les repentants pour les ajouter à la masse grandissante de ceux qui sont pour, qui sont dans le champ, dans son champ, dans son camp. Il est le champ [...]" 

Quelques illustrations de l'usage de la télévision par le Président de la république

Références, liens, extraits.

19 mai 1981 : les adieux de Valery Giscard d'Estaing 

« Il y a des choses rares à la télé. Un président sortant se laissant filmer en train de sortir, c'est rare. Un plan vide à la télé, c'est rare. Un plan vide et silencieux, c'est encore plus rare. Il y a eu un grand moment mardi soir, un peu après 20 heures, entre l'instant où la grande silhouette giscardienne est sortie du cadre (par le bord gauche, en haut) et celui où retentirent les accents (pompiers) de La Marseillaise... »

Serge Daney, Libération, 21 mai 1981, repris dans Ciné journal 1981-1986, Paris, Ed. Cahiers du cinéma,  1986

In extenso :http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CAB00018244

Recherches sur le livre

« On ne transporte donc plus le livre lui-même, mais des images du livre ; on le dématérialise ; dans certains cas on ne transporte même plus d’objet, on transmet de l’information par l’intermédiaire de câbles ou d’ondes. Si nous n’avions plus de place sur Terre pour mettre nos livres, nous pourrions les concentrer dans les satellites, à qui nous demanderions de nous envoyer l’information qu’ils contiennent.
L’objet livre dont nous avons l’habitude va bientôt devenir un objet archéologique que l’on trouvera dans des musées ou des collections. Ne subsisteront que les plus beaux exemplaires, ceux qui sont un objet de jouissance. Les autres nous les consulterons par l’intermédiaire de terminaux faciles à manier qui permettront de travailler sur le texte tout autrement[...] »

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Beauté et laideur : histoire et anthropologie de la forme humaine.

« Qu’est-ce que la « Beauté », la « Laideur » de la figure humaine, du visage humain, malgré les impossibles énoncés des premières ou dernières heures ? Quelle est la spécificité de ce spectacle, par rapport à celle d’un ciel étoilé ou bien celle de la surface d’un marbre rare ? Ou même par rapport à celui des objets « d’art », toile peinte ou rampe d’escalier ? Voilà la question autour de laquelle nous allons tourner ici. – Il faut préciser que « Beauté » et « Laideur » sont ici entendus comme dans la rue, sur la place publique, avec leurs sens trop évidents et communs de « belle femme », de « sale gueule », etc. ; nous n’étudions pas ici l’usage sophistiqué, paradoxal, et minoritaire, qui trouve « beau » une blessure sanglante, le ventre d’un poisson mort, etc., entre autres objets « sublimes » ! [...] »

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