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Chaosmose, une lecture collective

Extraits de l'article paru dans la revue papier

Ce numéro de Chimères fait suite à une lecture collective du livre de Félix Guattari Chaosmose, écrit en 1992 (Galilée) qui s’est déroulée d’octobre 2011 à mai 2012, à Mains-d’Oeuvres (Saint-Ouen), puis à la Maison Populaire (Montreuil).

Chaosmose est une proposition pour voir et faire les choses autrement, une invitation à la « mise en acte » processuelle d’une pensée transversale. Comment réaliser un numéro de revue comme une expérience qui s’inscrive elle-même dans une processualité créative ? Penser avec Félix Guattari n’est pas « penser sur », ni « penser comme », mais produire des pensée-faire, pensée-dire, pensée-signes: plutôt qu’une analyse textuelle, il s’agissait de solliciter chacun dans ce que cette lecture lui donne à penser ou favorise dans ses pratiques, qu’elles soient politiques ou cliniques, philosophiques ou artistiques. Ainsi au cours de six séances de cette « lecture en acte », le mélange des signes s’est joint au chevauchement des temps et des espaces. Présents ou à distance, cliniciens, philosophes, artistes, psychanalystes, écrivains, sociologue intervenants se sont imbriqués dans une transversalité esthétique associant l’idée, le corps, l’écoute et le mouvement. Se sont côtoyés quelques uns de ceux, amis, analystes, artistes, philosophes, qui ont rencontré l’homme, partagé ses idées et en poursuivent les pistes. Mais aussi ceux plus jeunes, qui expérimentent aujourd’hui, à partir de ses traces, l’hétérogénèse sémiotique de la « chaosmose » et nous font découvrir l’œuvre littéraire, théâtrale et cinématogaphique de Guattari lui-même — œuvre largement méconnue et dont nous présentons ici quelques extraits.

La petite fille et la mort


Extrait de l'article paru dans la revue papier.

QUELQUE CHOSE arrive à la petite fille de trois ans. La mort surgit – celle de sa mère, morte dans un accident de voiture. Ponette, blessée dans l’accident, hospitalisée, porte durant tout le film un morceau de linceul, un plâtre blanc autour de son bras cassé. C’est que la mort est d’abord une force qui brise, qui casse le corps. La mère est « toute cassée », « la poitrine toute cassée », et Ponette porte au bras le signe de la mort, comme une marque de la mort qui est là. Mais la mort casse aussi la pensée, l’entraînant vers d’étranges profondeurs, des obscurités qui sont aussi la chance d’une lumière paradoxale de la pensée. Ce n’est pas Ponette qui meurt, pourtant la mort est ce qui l’a cassée, c’est ce qui lui arrive, l’événement inséparable de sa vie. La mort est rencontrée (accident) et cette rencontre involontaire est celle d’une force que Ponette subit. Doillon filme les signes et effets de la mort dans le corps et l’esprit de l’enfant : ses pleurs, ses regards, sa voix, ses attentes immobiles, ses pensées et paroles sont autant de signes de la mort qui l’a saisie, c’est-à-dire de la force qu’elle subit. La mort arrive comme phénomène qui arrête le vivant, mais aussi comme force qui affecte ceux qui restent en vie. Deleuze écrit que c’est l’organisme qui meurt, pas la vie. Il s’agit bien de cela : la mère meurt, l’enfant subit cette mort comme une force vivante, un affect à travers sa vie, son corps et son esprit. On se demande alors ce que peut être la vie (non pas l’organisme) lorsqu’elle rencontre l’événement de la mort, lorsqu’elle est traversée par la mort comme événement. De ce point de vue, Doillon ne s’intéresse pas à la métaphysique (qu’est-ce que la mort ?), mais à l’éthique, à la vie, au corps et à l’esprit avec la vie.

La joue d'Albertine

« UN INDIVIDU EST UN AGENCEMENT singularisant de traits distinctifs dispersés. Il forme un corps commun à ces traits. Il rapporte à une surface molaire d’inscription un espace moléculaire de sensations, en organise la perception.
Un événement résulte de la rencontre d’au minimum deux individus. Il consiste dans l’agencement singulier de traits distinctifs qu’opère la rencontre, l’intersection entre des espaces de sensations moléculaires dispersées et des surfaces molaires d’inscription, lorsque la redistribution des espaces et des surfaces en fait au moins partiellement disjoncter la configuration finale avec la configuration initiale.
Agencement individuel et agencement événementiel opèrent la traduction de l’imperceptible moléculaire dispersé en perceptible molaire unifié, selon des formes de composition inconnues, en tout cas fort différentes des lois de la représentation, et de la transmission homothétique des rapports, ou échelle, découvertes à la Renaissance [...] »

Fragment de l'article complet (voir PDF)

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