Entretien

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Entretien avec Nell Painter

Voir aussi :http://www.nellpainter.com/

Extrait de l'entretien paru dans la revue papier

New Russia, Elisabethtown, Vendredi 20 août 2010, Nell Painter

Professeur émérite d'Histoire américaine, à l'Université de Princeton

Auteur de The History of White People, publié en mars 2010 aux USA 

(...)

6. Une part centrale de votre ouvrage est consacrée à cette figure d'Emerson, et vous insistez sur un point paradoxal : son anti-esclavagisme, pour lequel il est connu, n'est pas du tout corrélatif d'un anti-racisme.  

Pour Emerson, l'esclavage est un crime contre la civilisation, c’est-à- dire, contre la civilisation des hommes blancs. Emerson ne s'intéressait guere aux Noirs : pour lui, les classes laborieuses (noires en particulier) font partie de ce qu'il appelle "le guano". Il écrit dans son Journal en 1851 :

The absence of moral feeling in the whiteman is the very calamity I deplore. (…) The captivity of a thousand negroes is nothing to me. 

Sur la théorie des moments. Explorer le possible

Extraits de l'article paru dans la revue papier

Entretien de Sandrine Deulceux avec Rémi Hess

"(...) Remi Hess : H. Lefebvre (1901-1991) explique dans La somme et le reste (1959), publié après son exclusion du Parti, qu’il a hésité trente ans avant de publier sa théorie des moments, car il craignait qu’on ne le taxe d’idéalisme, à l’intérieur du Parti communiste. Lefebvre a toujours été marxiste, mais être philosophe marxiste, à l’intérieur du Parti, n’était pas sans poser quelques problèmes, car le Parti estimait que c’était au comité central de définir la pensée du Parti… Or, Lefebvre voulait, tout en étant militant, rester un philosophe quand il faisait de la philosophie, et réclamait donc une autonomie, un espace, un moment philosophique, sur lequel les politiques n’avaient pas à intervenir… Une lutte oppositionnelle sur cette question opposa très tôt Lefebvre aux dogmatiques, à l’intérieur du Parti, et il supportait mal de devoir se censurer. Car, avant même sa lecture de Hegel et Marx, cette théorie des moments lui tenait particulièrement à cœur dès 1923, année où il écrit une Philosophie de la conscience qui n’est toujours pas publiée.

Sandrine Deulceux : Ainsi, son vécu du Parti a-t-il toujours été une tension sur la possibilité de vivre son moment philosophique ?

Remi Hess : Oui. Et cela nous concerne, dans la mesure où beaucoup d’institutions se comportent aujourd’hui vis-à-vis des personnes comme le Parti de cette époque : les dogmatiques sont partout, et l’on exige une adhésion totale à l’organisation. On trouve cela déjà dans le Que faire ? de Lénine, en 1902, et il y a comme une parenté de cette posture avec celles de Taylor, au même moment, en ce qui concerne l’entreprise. Il faut s’aliéner à l’organisation. Lénine a besoin de « révolutionnaires professionnels », comme l’école d’aujourd’hui veut former des professionnels de la pédagogie, et avoir des élèves surimpliqués : on se lève à 6 h en campagne, prendre le bus de ramassage scolaire pour aller au collège, on rentre à 18 h avec des devoirs à faire. Une bonne partie de la société semble enthousiaste du « tout-école ». On est ainsi sûr que son enfant est bien encadré ! Dans les institutions totales, la personne est invitée à y travailler, s’y marier, y prendre ses loisirs, etc. Or, H. Lefebvre montre que l’homme de l’organisation est un être aliéné.

La crise à l'épreuve de l'utopie

 
(Tous droits réservés)

Extrait de l'entretien avec René Scherer paru dans la revue papier

Jean claude Polack - Toute ton œuvre philosophique, et particulièrement tes livres récents, témoignent d’une fidélité indéfectible aux grands thèmes de l’anarchisme et de l’utopie.Ils disent aussi la place essentielle que tu accordes au désir et à la sexualité dans l’histoire et l’économie des sociétés capitalistes. J’aimerais que tu nous parles de l’actualité de ces quatre termes aujourd’hui, dans ces temps de crise de la mondialisation.
Parce que tu vois en Fourier le penseur d’un monde différent, alternatif, plus juste, plus apte à s’émanciper des différents modes d’aliénation, je suis tenté de te demander comment on pourrait aujourd’hui, - au delà d’une résistance passive, donner consistance à ce fameux « rêve générale » apparu sur les banderoles des récentes manifestations.

René Scherer - Tu me soumets de bien grandes questions, et je ne sais si je vais pouvoir y répondre. Je les retournerai plutôt vers moi-même en me demandant ce que je pense et fais exactement.
Je ne me pose pas du tout en homme politique, pas tellement en philosophe ; de préférence en enseignant, en professeur ayant à éclaircir certaines questions devant des étudiants, selon les circonstances. Donc pas tellement avec la prétention de faire un système, mais d’introduire des liaisons, du systématique. En suivant la distinction très juste, à mon sens, que faisait Barthes à propos de Fourier. Il y a en lui du systématique, certainement du systématique, puisqu’il relie tout à tout, mais ça ne forme pas un système, comme celui de Hegel, par exemple. Je serais heureux de pouvoir en dire autant de ce que j’ai écrit. Il n’y a pas de système, mais du systématique, du moins en intention. Des thèmes. Ceux que tu mentionnes : utopie, anarchisme, désir, - j’ajouterais hospitalité, enfance, forment un noyau, un centre à la fois attractif et rayonnant. Une constellation comme disait Benjamin. C’est ça, mon systématique, qui peut, je crois, servir à penser, au besoin, la mondialisation.

Entretien avec Félix Guattari à la télévision grecque

Introduction de Ben Matsas

 Extrait de l'article paru dans la revue papier

 (...) Qu’est-ce que la philosophie?
F. GUATTARI : C’est un genre. De même qu’il y a un genre littéraire, un genre théâtral, des genres esthétiques, des genres politiques, c’est un genre, qui travaille avec la puissance de l’infini, porté par ces objets particuliers que sont les concepts.

De l’ami
F. G. : L’ami, c’est celui qui se tourne vers l’autre. Et qui constitue l’autre. Pas forcément dans un rapport d’identification, parce que l’amitié est parallèle à un rapport agonique. Mais qui, dans ce rapport singulier à l’autre, déploie un certain univers. Dans la complicité amicale, il y a toujours un troisième terme qui est le monde que l’on est en train de tisser, que l’on est en train de travailler. Et l’amitié socratique, ce n’est pas quelque chose qui se résout dans une identification homosexuelle. Dans une incorporation de l’autre. C’est quelque chose qui est là pour tendre un filet qui dépasse complètement les rapports interpersonnels et qui donne une certaine consistance à un certain type d’objets qui sont les objets conceptuels.

G. VELTSOS: En ce sens-là vous êtes ami avec Deleuze parce que vous créez ensemble un monde ?

F. G. : C’est ça. Mais comme je le disais dans une interview, je suis ami avec Deleuze mais je ne suis pas copain. Je ne sais pas comment l’on pourrait traduire ça. Parce que, par exemple, avec Deleuze on s’est toujours vouvoyé, on a toujours gardé une grande proximité et une grande distance amicale. Comme si l’on en avait besoin, précisément, pour maintenir la consistance de notre tapisserie commune. (...)

LES VIDEOS EN 9 PARTIES

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