Art processuel

warning: Creating default object from empty value in /var/www/vhosts/revue-chimeres.fr/httpdocs/drupal_chimeres/modules/taxonomy/taxonomy.module on line 1387.

Chaoscaccia

Extrait de l'article paru dans la revue papier

Pascale Criton. Une idée diagrammatique.
"Pourquoi écrire une partition ?
Penser des forces, me disais-je, créer les conditions pour une dramaturgie d’intensités, penser le diagramme qui permettra d’effectuer l’événement, plutôt que le résultat à escompter, fixe.

Déjà, dans Plis, un cycle de pièces pour différents instruments – dont Plis pour violoncelle, la notation des gestes ne visait plus des notes, mais les modalités d’un processus gestuel.

Partir de Plis, de l’imbrication de mouvements instables passant de l’impulsion à des fragments mécaniques, de forces et de régimes d’énergies différents, tantôt venus de l’intérieur (impulsion), tantôt de l’extérieur (type affectation du vent sur les branches d’un arbre). Ou encore les inflexions d’une force quasi élastique qui se déplie et se réenroule sans cesse, s’étirant, se creusant, s’abandonnant au fil de figures fragiles, drôles, entretenues artificiellement comme des petites machines plus ou moins détraquées, coincées, ou soudainement autonomes. Cette fois, l’attention se porterait encore davantage sur le mouvement, les vitesses, l’instabilité : chaoscaccia.

Force est de reconnaître qu’en substituant à l’accord habituel du violoncelle (en quinte), un accord microtonal produisant des intervalles très rapprochés, si l’instrument demeure un violoncelle avec sa couleur et sa résonance fondamentale, les techniques d’archet qui lui sont caractéristiques, le résultat sonore, lui, n’a plus rien à voir avec ce qu’on peut en attendre. Il est impossible de faire entendre quoique ce soit de reconnaissable du répertoire du violoncelle !

Deborah Walker. Chaoscello.
Instable, continuel.
Voyage du geste instrumental.
D’un coté à l’autre du chevalet, d’un bord à l’autre de la caisse, des
états divers coexistent .
Leur énergie avance, toujours en rupture.
Motifs sans résolutions, sans finales, car on est arrachés de l’un
à l’autre.
L’archet rebondit, glisse, saute, s’éloigne, revient en vocalisant,
parlando.
Le discours se casse dans les bords de la caisse , à plusieurs
reprises.
Pas d’anticipation !
Tout changement est un accident.
L’énergie continuelle avance, incessante, sans jamais toucher le
sol.
Je tends l’oreille au son que le geste produit, sans produire un
geste en vue d’un son.
C’est l’écoute qui provoque une réaction.
De nouvelles entités sonores apparaissent.
Elles s’étendent, elles occupent tout l’espace, puis elles chutent
dans les bords.

(Suite dans la revue papier)

Trajectoires vocales… des effets de voix


"[...] Ce texte s'adresse à tous ces enfants, à tous ces êtres pris dans la stupeur de la langue, les musiciens, les poètes, les écrivains, à tous ceux qui sont saisis par le son, le flux des sons,
A tous ceux qui sont sensibles aux flux des sons dans la précarité de l'instant, où les sons guettent les mots, à tous ceux qui se démettent de la signification fétichiste, à tous ceux qui ne dissocient pas contenu et expression."

" [...] Produire de la voix, c'est produire une éraflure sur le bruit du monde ; en quête de sons,  d'images, elle fait surgir des images-sons. Elle devance, précède et fomente le langage, le pétrit, venant s'incarner dans un corps sonore qui ne se voit pas. "

" [...] Mouvante, errante, intense, constituée de vitesses et de lenteurs, elle nous fait sauter dans l'inconnu venant attester qu'il n'y a pas de savoir définitif, pas de raison raisonnante."

" [...] La voix expose, s'expose et expose le sujet à l'indétermination, dans le lieu où le désir est pris dans l'informulé, dans le désir qui oublie, qui s'oublie, qui est toujours là,... mais on ne pense pas que c'est le désir."

Mille et un morceaux

« Ces dernières semaines, j’ai terminé les tableaux de cette série commencée en septembre — 70 toiles au total — tout en réfléchissant à ce que signifient pour moi ces peintures où « il n’y a presque rien » pour reprendre l’expression de Fromanger. Je dirais que ce « presque rien » est un « rien-libéré ». Un peu comme ces blancs du langage qui le rythment, l’interrompent, de ces accidents, ces lapsus, ces actes manqués, que j’ai tant de mal à assumer, à oser faire.
Parce que l’expérience de cette peinture — qui penche, me semble-t-il, du côté d’une certaine minimalité — est d’abord à la fois jouissance et douleur : excitation de faire, d’envisager des propositions, puis douleur au fur et à mesure qu’on les réalise car on s’apercoit qu’on est atteint de cécité, qu’on n’a pas grand-chose à dire, qu’on a du mal à regarder, voir, percevoir et concevoir d’une autre manière : avec et sans l’aide de nos bâtonnets et cônes. [...] »

Fragment de l'article complet (voir PDF)

Syndiquer le contenu