« Ces dernières semaines, j’ai terminé les tableaux de cette série commencée en septembre — 70 toiles au total — tout en réfléchissant à ce que signifient pour moi ces peintures où « il n’y a presque rien » pour reprendre l’expression de Fromanger. Je dirais que ce « presque rien » est un « rien-libéré ». Un peu comme ces blancs du langage qui le rythment, l’interrompent, de ces accidents, ces lapsus, ces actes manqués, que j’ai tant de mal à assumer, à oser faire.
Parce que l’expérience de cette peinture — qui penche, me semble-t-il, du côté d’une certaine minimalité — est d’abord à la fois jouissance et douleur : excitation de faire, d’envisager des propositions, puis douleur au fur et à mesure qu’on les réalise car on s’apercoit qu’on est atteint de cécité, qu’on n’a pas grand-chose à dire, qu’on a du mal à regarder, voir, percevoir et concevoir d’une autre manière : avec et sans l’aide de nos bâtonnets et cônes. [...] »
Fragment de l'article complet (voir PDF)
J’avais besoin de votre assistance pour me clarifier les idées. Je me suis aperçu – cela fait d’ailleurs partie de ce que je voudrais aborder ici – que, dans certaines situations, il n’était pas possible de procéder à une telle clarification sans le secours d’un agencement collectif d’énonciation. Sinon, les idées vous tombent des mains !
Depuis déjà pas mal de temps, j’étais à la recherche d’un polygône de sustentation pour circonscrire ce qui traîne dans ma tête. Je ne sais si, à nous tous ici, nous constituerons un tel polygône. On verra bien !
Nous avions commencé de le mettre en place, Mony Elkaim et moi, au cours de discussions antérieures ; seulement c’était de façon épisodique, toujours « à la sauvette », dans les coulisses de congrès et de rencontres, où j’étais amené à discuter ses références systémistes en thérapie familiale. Mais, jusqu’à présent, nous ne nous étions jamais vraiment donné les moyens de raccrocher ces réflexions au travail critique que j’ai mené par ailleurs, avec Gilles Deleuze, sur la théorie et la pratique psychanalytique. Ce que je propose aujourd’hui, après un certain déblayage, une certaine « tabula rasa », c’est de dégager ce qui pourrait encore tenir debout dans les décombres psychanalytiques et qui mériterait d’être repensé à partir d’autres échafaudages théoriques – si possible moins réductionnistes que ceux des freudiens et des lacaniens.
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