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Politique, psychiatrie, institutions, trois focalisations

Extrait de l'article paru dans la revue papier


La question qui aujourd'hui nous anime est celle de la situation paradoxale dans laquelle tend à nous enfermer une politique. Cette politique nous conduit à devoir tenter de préserver nos dispositifs de soins par une seule voie : celle d'une défense forte des cadres les plus apparents de nos pratiques au détriment de celle de leur précarité nécessaire. Si la question n'est pas nouvelle (1) ce qui est nouveau c’est la qualité et l’importance des forces en confrontation, les échos dans l’opinion. Cette histoire de la psychiatrie, (et encore faudrait-il différencier publique et privée et au sein de cette dernière, celle qui se voulait expérientielle de celle qui se contentait d'être à but lucratif - emploie-t-on toujours cette désignation ?) est écrite et connue dans ses grandes lignes. Il est donc possible de suivre les mouvements, les courants, qui l'animèrent et de les mettre en résonance, quand cela n'est pas déjà fait, avec ce qui se passait dans le monde environnant sur les scènes politiques et notamment en France. Résonance, certes mais aussi production d’effets dans le champ social, et en deçà on peut s’interroger sur ce qui conditionne ces productions, voilà les trois focalisations. 

Première focalisation : résonance de moments d'histoire importants 

1 psychanalyse et psychiatrie publique 

L'exemple le plus souvent rappelé est celui de la rupture de l'unité de fait, à l'œuvre après la libération entre soignants de tous bords impliqués dans la réforme des équipements de soins. Cette unité vole en éclats avec le début de la guerre froide. S’ensuit  la rupture du tripartisme qui gouvernait la France (1947), et la mise à l'écart des professionnels liés au parti communiste très présents dans ce secteur d'activité  La psychanalyse, principalement celle qui cherchait sa voie extra-muros (à savoir en dehors des cabinets) en fit les frais, globalement dénoncée comme participant à l'idéologie bourgeoise et ce de façon argumentée (1949) (2) par certains qui devinrent des sommités de celle-ci quelques années plus tard. La revue Esprit préparait alors un de ces numéros spéciaux, dont elle se fera plus tard une spécialité, sur la psychiatrie. Les psychiatres communistes qui avaient préparé leurs articles les retirèrent d'un sommaire dans lequel ils refusaient désormais de se commettre dénonçant (selon l'expression consacrée) le caractère " petit bourgeois " de la revue.  

2 sociothérapie

Moins connu est l'exemple de ce qui pouvait être rattaché à des expérimentations dans le champ social à partir de la dynamique des groupes. Celles-ci se voyaient dénoncées comme inspirées de la psychosociologie américaine et tombaient sous le coup d'une critique voyant une dissolution de la société globale dans ces groupes primaires. Cette controverse s’est estompée et on oublie à quel point elle fût vive. Bien plus tard les travaux de Goffman seront crédités d'un juste retour à l'institution comme phénomène total, bien que celui-ci s'intéresse essentiellement aux détournements par lesquels les protagonistes déjouent le sens imposé par l'institution totale, (que beaucoup voulurent traduire par institution totalitaire). Rappelons ici que Tosquelles avait apporté à Saint Alban les écrits d'Hermann Simon, psychiatre (hospitalier) allemand qui dans les années 20 avait établi à Gütersloh de façon très précise les potentialités thérapeutiques ou pathologiques d'un établissement. Ceux-ci devant être pris en compte comme un ensemble à traiter avant de pouvoir soigner des malades.  Donc d’abord un coup d'arrêt aux frottements entre psychiatrie et psychanalyse, cette dernière ainsi dénoncée sans ambages comme une idéologie réactionnaire, d'où ce que certains ont appelé une traversée du désert de près d'une quinzaine d'années avant que les frottements ne reprennent. Mais aussi le refus des prolongements sociothérapeutiques chez certains chefs de services engagés à l'extrême gauche au nom du refus d'organiser, de pérenniser une société de fous alors qu'il faut rendre ceux-ci à leur famille à leur métier à leur parti (sic) je cite de mémoire.  Ces deux foyers de divergences se produisaient sur les deux composantes du champ : la relation duelle et le milieu, ainsi dissociées, chacune amputée de l’autre. 

3 psychopharmacologie

  Mais il est vrai qu'un foyer de convergences va s'imposer : la psychopharmacologie qui diffusa à une vitesse stupéfiante à partir de Sainte Anne. Au sujet de la chlorpromazine, rappelons ce que Deniker et Delay écriront en 1952 après seulement quelques mois d'utilisation : " on constate avec notre méthode, souvent dès la première injection, des effets susceptibles de transformer l'aspect des services de psychiatrie ". Quiconque est familiarisé avec la lourdeur, la lenteur des processus de diffusion dans les dépendances de l'Etat ne peut que s'en étonner encore, plus de cinquante années après. Tout un travail patient d’approches fines, s’engageant profondément dans le quotidien des services, est rendu comme inutile avec l’arrivée du Largactil, on range tout ou presque. 

4 compromis et dissensions

Bref, tout cela est connu, mais lorsque l'on s'enfonce dans une faille historique, seuls quelques îlots minoritaires/ quelques minorités y échappent, et l'on sait à quel point la recherche des fondements de l'acte psychothérapique sans référence à Freud et surtout à la psychanalyse telle qu'elle s'était développée dans l'entre deux guerres, était un exercice de haute acrobatie. La relation au malade sans la problématique du transfert, c'est coton ! et avec ? aussi mais c'est plus complexe, ça suppose des détours et une attention. Relire à ce sujet les " 27 opinions sur la psychothérapie" actes d'un colloque publié en 1961 par les Editions Sociales Françaises (rappelons qu'il s'agit de la maison d'édition du parti communiste français) pour se faire une bonne idée de la distribution des positions sur la question : quels sont les fondements possibles d'un "acte" psychothérapique ? La décantation qui suivit permit de voir s'établir une nouvelle ligne de front distinguant une psychopathologie psychanalytique devenue a peu près consensuelle de la dynamique de la cure relevant d'un autre champ : celui de la pratique de l'analyse. Un savoir était ainsi isolé d'une pratique et la question du transfert laissée de côté. Cette décantation eut ses temps forts, dont le colloque de Sèvres en 1958. La question principale en étant : la participation des infirmiers à la psychothérapie. Ce fut essentiellement un débat entre psychiatres, analystes ou pas, les échanges furent vifs., la question étant moins que consensuelle, d'où sans doute le fameux lapsus des rédacteurs qui en titrèrent la publication : "la participation des infirmiers à la psychiatrie !» . A partir de là revient à l’ordre du jour mais sous la dénomination de secteur, une orientation déjà présente dans l’immédiat après guerre chez les psychiatres les plus engagés, celle d’une psychiatrie communautaire intégrée dans la cité. D’où une découpe qui des années 60 aux années 80 va faire balançoire entre l’hôpital et les équipements légers extra hospitaliers. Et s’il est convenu qu’il y a incompatibilité a priori entre espace psychothérapique et le cadre de l’hôpital, l’extra-hospitalier devrait permettre en revanche au «psychanalyste sans divan » des prises en charges individuelles se rapprochant de la cure-type. Cette solution précautionneuse sera de fait contrebattue lors de prises en charge institutionnelles de patients psychotiques ou états limites, prises en charge bifocales, c’est à dire différenciant la part du soin qualifiée d’institutionnelle, assurée par du personnel infirmier, de la thérapie, assurée elle par des thérapeutes. A charge de veiller à la cure des scissions (3) qui ne manqueront pas de se produire entre ces deux polarités. Plus minoritaires encore, les institutions se réclamant de la psychothérapie institutionnelle, où le refus d’organiser une telle frontière, les vouait à devoir ressaisir les équations transférentielles dans leur diffusion dans l’ensemble de l’institution. 

5 L’antipsychiatrie : irruption ou reproduction élargie ?

Une autre découpe allait apparaître à la suite des voyages de Maud Mannoni en Angleterre où elle s'en fût établir des contacts avec ce qu'elle appelait en privé et affectueusement (je le garantis) " les petits bordels de l'Antipsychiatrie ». On est en 1967, en France on a entendu parler, des communautés thérapeutiques nord américaines qui suscitent plutôt des réserves, de Palo-Alto et de Bateson qui suscitent en revanche un intérêt, néanmoins limité, pour les systèmes.  Mannoni, elle, va apporter la " vraie chose " et cela eut plusieurs effets : pour elle, d'affiner le projet de ce qui verra le jour à Bonneuil, pour d'autres proches d'elle, devoir lire ou relire Sartre, (le Sartre du pratico-inerte) qu'à leur étonnement les " anti psychiatres " travaillant Outre Manche lisaient avec autant de révérence qu'eux-mêmes lisaient Lacan. La vraie chose, donc s'inaugura avec l'organisation en 1967 du Colloque Enfance Aliénée, Psychose et Institution dont la revue Recherches (qui précéda Chimères) a publié les actes dans deux numéros spéciaux, et pour beaucoup la découverte de Laing, Cooper et Berke et l'incroyable sentiment de liberté qu'ils dégageaient, s'engageant sur des passerelles où soignants et combattants Viêt-Cong semblaient se donner la main devant un public enthousiaste. Lacan en grande forme était intervenu, s'attardant et s’entendant avec Cooper et Laing comme larrons en foire. (Roudinesco passe bizarrement cet événement sous silence d’autant qu’il ne pouvait guère passer inaperçu dans un colloque où plus d’une centaine des analysants ou ex-analysants de Lacan ne pouvaient manquer de l’avoir à l’oeil ).  

6 Une voie française.

Ce colloque marque l’ouverture d’une voie française, non pas tant antipsychiatrique, si ce n’est nominalement, qu’alternative qui permettra un formidable appel d’air pour l’analyse et les métiers psy. On n'est pas loin des journées de mai 68 et de la poussée qui entre autres traversa en s’amplifiant le champ médico-social, ce qui ne lui fut pas pardonné par les instances de tutelle qui y virent une rupture avec l’idéologie professionnelle humble et caritative, habituelle, à ce secteur.  Au nombre des effets de cette poussée on observera, comme dans d’autres pays, qu’au nom de la critique des institutions asilaires, une part des moyens dont disposaient les équipements lourds sera affectée à l’extra hospitalier. Un nouveau mot apparaît dans le langage gouvernemental : redéploiements. Bien, tout cela est disponible, souvent déjà mis en forme, plutôt dans des articles, il suffit de les réunir et ce jusqu'aux mouvements récents qui se constituent en réaction à l'érosion des cadres sociaux garants des pratiques, à la question de la mise en danger de la clinique en danger, au tout sécuritaire renforcé de battages médiatiques autour d'incidents, jusqu'au contrôle préfectoral projeté des décisions thérapeutiques relatives au régime de sortie lors des hospitalisations d'office. 

7 Transformations de la psychiatrie ? Quelles analyses ?

Je disais plus haut que cette histoire est connue dans ses grandes lignes, c'est une histoire globalisante.  Au delà du récit, quelle analyse en faire ? Félix Guattari (5) nous avait proposé un outil à quatre dents : -Ce qu'il en est d'un mouvement de transformation des équipements lourds  -Le soutien d'expériences alternatives  -La sensibilisation des partenaires sociaux et de l'opinion, mais on voit aujourd'hui dans quel sens cette dernière dérive ce qui permet d'ajouter couche sur couche en matière de répression, même si l’opinion reste volatile. -Enfin le " point g "  appelons-le comme ça : sans lui le reste ne tient pas et avec lui on peut tenter de faire naître le reste. Il s'agit des méthodes d'analyse de la subjectivité inconsciente, tant au niveau individuel que collectif, telles qu’employées  et oui, c'est essentiel, sauf qu'il faut en créer les bases, et en trouver les formes.  Ces critères valaient alors pour une mise en perspective au niveau des grands ensembles anti psychiatriques, italiens, britanniques, et pour la nébuleuse des expériences françaises où par exemple Laborde fut même qualifiée de communauté thérapeutique. La dysharmonie de ces quatre niveaux d'intervention scellant l'échec des transformations de la psychiatrie pour des raisons spécifiques a chacun de ces pays. [...]

Ligne de conduite ou lignes d’erre ?

Extrait de l'article paru dans la revue papier

S’il y a quelques raisons de s’intéresser à la réforme en cours du code de la justice pénale des mineurs, ce n’est certes pas pour se plonger dans les raffinements de l’élaboration des lois, dont il n’y a sans doute que les juristes pour savoir se délecter, ni même sur les conséquences que cela peut avoir sur les conditions d’application des dites lois, dont le très actuel débat sur la suppression du juge d’instruction est un exemple. Non, s’il y a quelques raisons de s’intéresser à cette réforme en particulier, c’est qu’elle soulève des questions qui dépassent largement les seuls enjeux juridiques : d’une part, on y voit particulièrement clairement à l’œuvre la régulation stricte de la vie en société dont le droit est devenu l’instrument ; d’autre part, et corrélativement, on voit s’organiser dans ce sillage, la séparation de tous avec tous érigée en principe paradoxal de fonctionnement du tout. En témoigne notamment la situation des patients diagnostiqués psychotiques qui, comparaissant devant une cour pénale, sont jugés plus sévèrement que d’autres prévenus . Non seulement le diagnostic psychiatrique n’entraîne plus (ou de moins en moins) l’irresponsabilité pénale, mais la valeur de la « faute » commise est en quelque sorte redoublée aux yeux des jurés : il leur semble avoir à faire à un criminel qui est de surcroît un être froid, dénué de remord ou d’empathie. Or, le statut des enfants devant la justice est sur le point de s’harmoniser, on va le voir, avec celui des « malades psychiatriques », auxquels on n’attribue un statut d’exception que pour se donner les moyens d’une répression d’autant plus forte.
Il existe en effet un statut juridique spécifique de l’enfant depuis la promulgation de l’ordonnance de 1945 sur l’enfance délinquante. Au sortir de la guerre, le souci était de protéger et préserver les forces vives de la nation en un temps de nécessaire reconstruction, mais également de satisfaire ceux qui s’étaient élevés, particulièrement dans l’entre-deux guerres, contre les maisons de correction assimilées non sans raison à des bagnes pour enfants, où le recours aux travaux forcés était encore couramment pratiqué, et où les mineurs subissaient quotidiennement des dénis de justice. C’est donc dans un contexte nataliste mâtiné de préoccupations humanistes de circonstance que cette ordonnance voit le jour, et tente de faire prévaloir l’éducatif sur le répressif en promouvant un modèle protectionniste de justice reposant sur un juge spécialement chargé du suivi du jeune qualifié de délinquant et sur une juridiction spéciale, le tribunal des enfants ou la cour d’assise des mineurs. Parallèlement, cette ordonnance organise également la prise en charge des enfants jusqu’à leur majorité dans des « centres d’observation et de triage » où doit primer le souci de formation et d’insertion sociale, ce qui amène logiquement la création d’une profession d’éducateurs. La mainmise de l’église et des réseaux de charité sur l’enfance en déroute, en ces temps de relative désorganisation de l’Etat, n’empêche pas de faire dans ces centres des expériences qui vont avoir une influence durable sur l’idée d’éducation, et plus encore de rééducation, en « milieu difficile ».
Le passage d’un Fernand Deligny dans ces lieux, et les traces écrites uniques qu’il en a laissées, permettent ainsi de dessiner l’envers de cette carte juridique. Si la spécificité de l’enfant devant la loi est en quelque sorte portée au crédit de ce dernier, c’est-à-dire si l’acte commis, quel qu’il soit, n’éclipse pas complètement l’existence de l’enfant aux yeux du juge, alors la possibilité existe de constituer ce que Deligny appelait une « présence proche », et que je proposerai de considérer ici comme l’espace minimal pour qu’une clinique soit possible. Mais si la spécificité de son statut est plutôt portée au débit de l’enfant, ce qu’organise la réforme actuelle du code de la justice pénale des mineurs, alors les lignes d’erre, qui proliféraient à la faveur des interstices du quadrillage juridique, s’estompent au profit d’une ligne de conduite qui fait régner en maître la logique du mot d’ordre.

A propos de la pénalisation de la maladie mentale, voir le rapport de 2005 : Les conditions de détention en France, chapitre « Psychiatrie », OIP/La Découverte. On en trouve l’essentiel en ligne : http://www.oip.org/thematiques/psychiatrie/psychiatrie_rapport_2005.html

« L’ENFER ME MENT – Quelle hospitalité pour la folie ? »

Les (nouveaux)  Cahiers pour la folie annoncent leur premier numéro  :

 « L’ENFER ME MENT –
Quelle hospitalité pour la folie ?»

Voir également sur MEDIAPART : http://www.mediapart.fr/club/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/130210/les-nouveaux-cahiers-pour-la-folie

Le premier numéro paraîtra en ligne d’ici l’été 2010. Des textes peuvent d’ores et déjà être proposés à l’adresse suivante : Cahiers.folie@yahoo.fr

La mode serait plutôt de croire au paradis. Aux para-dits : aux dits qui se posent de côté et qui s’annoncent légers, quasi- aériens. Qui participent de la langue des esprits, des anges, ou pourquoi pas des bêtes – en tout cas pas de la langue humaine. La mode, il n’est pas nécessaire d’avoir l’ouïe fine pour l’entendre pépier dans les bus et dans le poste T.V. Et cependant plus d’un y échappe. Direction : vers le plus incertain ! Là où ça parle langue humaine, là où ça dévisse autour des mots, là où ça vire – imperceptiblement ou très perceptiblement – de l’usage de la langue à l’expérience de la folie. Plus d’un qui y vient et qui, envers et contre tout, y revient.

Quand avons-nous, pour la première fois, franchi frontière de folie ? Tout dépend, tergiversera-t-on, de qui dit « je » et de ce qui est entendu par « folie ». Billevesées. Tout un chacun a franchi la frontière un nombre incalculable de fois.
- Moi, c’était en rêve. Lors de mon premier stage d’interne, je me suis vu enfermé, soumis de force aux injections, à tambouriner sans réponse contre la porte close.
- Moi, c’était en vrai. Ils m’ont tenue à plusieurs pour m’attacher au lit. Un des infirmiers, croisant mon regard, a quelque peu desserré son étreinte. Je me souviens du supplément d’espace créé par notre échange de regards.
- Moi, c’est chaque fois que je parle. Les loups prêts à bondir, les mots des autres sur mes pauvres mots à les déchiqueter sans merci.
- Moi, c’est chaque fois que j’écris. Enfoncement ininterrompu dans le trou sombre qui s’élargit entre deux mots quelconques.
- Moi, c’est…
- Et moi…

Extrait d’insectes urbains

« J’entendrai donc, par le mot désir, tous les efforts, mouvements, appétits, volitions qui varient avec les divers états d'un même homme, et souvent sont si opposés les uns aux autres que l'homme, tiré en mille sens divers, ne sait plus quelle direction il doit suivre. »
Spinoza, Ethique III, App, D1, explication

Mondes à poils (tous droits réservés)

P’tit lexique simplifié

Ceux qui conservent le hasard : se dit du domaine des grottes rupestres génétiques.

Usine à sucre : se dit d’un lieu producteur, non localisable dans le tissu, assurant à coups de machines la production de sucre alimentaire à l’usage des petits moi, l’esprit récitant assurant sa part de la distribution.

Esprit récitant : se dit de l’esprit, occupant intermittent d’une usine à sucre, en tant qu’il est détaché des affaires du corps.

Petits moi : constellation mobile d’entités multiples qui apparaissent à mesure que certaines idées ou représentations se cristallisent du Dehors vers la Profondeur. Un petit moi est un complexe singulier et autonome - d’idées, images, affects, etc. - à la granulométrie, force d’attraction et profondeur variables dans le temps. Se réunissent en conclave lors du Conseil des moi en fonction des fluctuations du Dehors.

Corps : intégralité des entités précédentes. Grand véhicule, lieu parloir d’où émergent au hasard des frottements des propriétés nouvelles qui n’appartiennent pas aux parties.

Cervelle jacobine : se dit du poste de pilotage de l’exécutif centralisateur des petits moi, lieu de tête des institutions internes (Conseil des moi, Assemblée des organes, etc.)

Assemblée des organes : se dit de la commande du législatif décentralisateur par les différents syndicats cellulaires. N’assure à ce jour qu’un pouvoir de contrôle et de régulation budgétaire et sucrière.

Profondeur : domaine des petits moi, de ceux qui produisent le hasard tout en bas, et lieu de transit de l’esprit récitant. Autrement appelé socius interne.

Moi-même parlant de lui : se dit de l’écran conscient, épiderme externe ou surface d'inscription. Membrane flottante Dehors - Profondeur qui produit des « JE » de synthèse à mesure des frottements du corps sur le Dehors. Associée à l’esprit récitant, co-traite à l’occasion les questions de répartition de la consommation sucrière. Surface également appelée client ou petit véhicule selon la culture des différents petits moi.

SMS des mois : modalité de la consommation sucrière, se dit des différents canaux assurant les transmissions entre la Profondeur des moi et la surface du moi-même parlant de lui.

Dehors : dénomination du monde extérieur par les petits moi. Autrement appelé socius externe.

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