Fiction

Limbe


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Extrait d'un article paru dans la revue papier

[...] Ça se passe comment dans les histoires de mort-vivants ? On les extermine. Il faut dire qu’ils sont méchants. Ce n’est pas de leur faute, les pauvres, mais le fait est qu’ils sont méchants. Alors, c’est un peu dur, mais on est bien obligé de les exterminer. Et puis, ça leur fait du bien, en fin de compte. Ça leur donne la paix de la mort d’où le savant fou – ou autre dictateur sanguinaire – les avait tirés pour assouvir sa soif de toute-puissance. Mais des bébés ? On ne peut pas exterminer des bébés. Et, de toute façon, cela ne s’est pas passé comme ça. D’où viennent-ils tous ces bébés ?

Spectralisation de la puissance

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Le joueur débutant de Stick Chapman et le chat pianiste

Début de l'article paru dans la revue papier

 « Initialement professeur de piano pour chats, je décidai un beau jour et sans crier gare de me mettre à un autre  instrument.

Lassé de revenir à la maison et d'entendre mon chat faire ses gammes, je finis un jour par me raisonner en me disant que l'instrument "Stick Chapman" étant enfermé dans une boîte scellée, le furtif et rusé animal n'y aurait pas accès. C’était une guitare à douze cordes que l’on jouait en frappant délicatement les cordes avec les doigts. Cet instrument était très peu répandu : fabriqué artisanalement quelque part dans les faubourgs de Los Angeles, son fabricant et concepteur, Emmet Chapman, n’avait pas dû en vendre plus de six mille depuis les trente dernières années qu’il avait déposé un brevet [...] »

Antifiction

 

Fragment de l'article paru dans la revue papier

« Un jour je prends le train ! Je m’assois sur mon siège et je m’endors ! Et soudain l’autre à côté de moi qui me réveille ! Et qui soudain me parle de Thèbes ! La peste dans la cité ! Les voies coupées ! Le courant coupé ! Le train attaqué ! En effet je vois du bruit ! J’entends du feu ! Des pneus enflammés dégagent une fumée noire ! Personne ne sait combien ils sont dehors ! Bientôt la nuit tombe ! Le wagon est toujours bloqué ! La colère monte ! Les enfants braillent ! Les oreilles cassent ! Les parents crient suffit ! Tous ces cris ! Toutes ces insultes ! Tous ces soupirs ! Tous ces ventres qui gargouillent ! On sort les sandwichs ! Les pshitt en boîte ! Les oranges ! Ah les odeurs ! Les odeurs de moutarde et de fromage ! Le pire c'est l'œuf dur ! Rien qui pue davantage ! On secoue les miettes ! On sort les mots croisés ! On tue le temps ! Dehors on aperçoit quelques brasiers ! C'est quand même pas l'apocalypse ! Pas la fin des abricots ! Et l'autre pomme qui vient me parler de Thèbes ! La peste dans la cité ! Il s’insurge ! Il colère ! Se prend la tête ! Me prend à témoin ! Me dit gnan gnan gnan ! Alors je lui dis gnan gnan gnan ! Alors il me dit gnan gnan gnan ! Alors je lui dis gnan gnan gnan ! Etc. ! Alors je me dis mon Dieu ! Alors je ne dis plus rien ! Alors je me tais et je pleure ! Toujours je pleure ! Je pleure et je me lève et je sors ! Je sors et je descends sur les voies ! Et là tout est allumé ! Tout est en train de flamber ! Alors je me dis : comme c’est beau ! Alors je me dis : comme c’est gai ! Alors je me dis : joie joie joie ! Alors je m’excite ! Alors je m’entends dire répéter réciter citer : non seulement tout est permis ! Non seulement tout reprendre à la base ! Non seulement tout reprendre à la base mais du passé faire table rase ! [...] »

Anti-mythe / L’humanité encore

Fragment de l'article paru dans la revu papier

« Ça n’a pas toujours été comme ça. Ça n’a pas non plus commencé un jour. Il n’y a pas eu d’aube. Cela a changé sans arrêt. Cela peut encore changer. Cela change. Il y a eu des moments, sans doute, des temps. Mais pas nécessairement dans une continuité où chaque moment induit le suivant. Il peut y avoir des solutions diverses dans des moments qui reviennent.

Là (ou là), quelqu’un s’est mis debout, il regarde autour de lui, il parle, il se sert de ses mains. C’est très commode, les mains libres. Pour prendre les choses, pour en fabriquer. Avec les mains, on peut aussi caresser. Et puis, on peut peindre. A regarder autour de lui, il est parfois saisi par le questionnement du monde qui l’entoure, peuplé d’autres animaux, qui sont encore à quatre pattes, qui ne regardent pas autour d’eux, qui ne peignent pas, qui ne caressent pas. Parfois, le tonnerre l’effraie, ou les vagues immenses sur la mer. Y a-t-il un autre animal à l’origine de ces prodiges ? Un animal plus grand, plus fort ? Peint-il ? Caresse-t-il ? Est-il mauvais, quand il gronde dans le ciel ? Est-il doux, quand il envoie la pluie clémente qui fait germer les graines et le soleil qui réchauffe la terre ? A-t-il le visage d’un animal ? Le cochon, le mouflon, le bison ? Ou bien a-t-il des ailes, comme les oiseaux ? Est-il en colère quand il envoie la foudre ? Y aurait-il quelque chose qui expliquerait ces accidents ? Quelque chose que j’aurais fait et qui n’aurait pas plu ? [...] »

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