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Chimères n°96 - Devenir-étranger.e.s

Les textes réunis dans ce numéro de Chimères cherchent à parler une langue transfrontalière – à parler à/de l’étranger.e, sans le ou la ranger dans les segmentations catégorielles et phénomènes de « racisations » auxquels elles et ils sont confrontées. Il s’agit, en tâtonnant à travers disciplines, de fausser compagnie à l’ordre symbolique. Afin d’appréhender des ritournelles contemporaines de l’étranger, des angles très différents sont proposés : exercices de clinique autoscopique, immersions en terrains proches et lointains, regards politiques mais aussi analyses de textes philosophiques et littéraires, partitions poétiques où résonne le bruit des pelleteuses érigeant les geôles pour exilé.e.s sans droit de cité. Les auteur.e.s repensent les limitrophies en tant que zones franches, zones de porosité, hotspots, lignes de faille et d’interstices, traversant les frontières – celles des mondes, des langues, des îles, mais aussi des sexes et du temps. Ils/elles reviennent, pour en dénoncer l’arbitraire, sur ce qui dé-partage celles et ceux qui pensaient habiter le même territoire ; sur le passé, au moment où l’adolescence ne passe pas, striée de multiples références pour tenter de les balayer, d’en inventer d’autres, de devenir étranger.e à ce qui s’acharne à les faire autres ; sur les doubles appartenances qui tentent d’en finir avec les oppositions binaires dans l’ordre de la citoyenneté, de la race ou du sexe. Des imaginaires multiples de l’étranger.e y sont déployés sous l’impulsion de consciences imaginantes habitées par le néant, d’inconscients troués, d’intellects machiniques.

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