Publié le 4 octobre 1984

04/10/1984 : Félix Guattari : A propos d’un rêve : systruc

par Félix Guattari

Je me disais depuis un certain temps qu’il fallait que j’illustre mes desseins théoriques et je pensais le faire, puisqu’on en avait déjà évoqué les dimensions, sur le thème du rêve. Aussi m’a-t-il semblé intéressant de faire un rêve –un rêve sur commande – très près de la chose elle-même. C’est ce que je voudrais vous livrer aujourd’hui.
C’est un rêve en deux parties, la première étant divisée en deux, et la seconde en quatre. Les deux premières parties de la seconde partie étant relativement symétriques aux deux parties de la première partie. Je donne d’abord le texte du rêve, avec selon la tradition d’usage, certains points dans les développements qui ne seront pas tellement expliqués, parce que, comme d’habitude, cela renvoie à des systèmes assez personnels.
Pour les noms, je vous précise tout de suite que j’ai un fils aîné qui s’appelle B., un deuxième fils qui s’appelle S., et une fille qui s’appelle M.
I. A/ Je suis avec M. et sa mère dans une pièce qui évoque un lieu de ma propre enfance. M. me fait des reproches sur ce que fut mon manque de disponibilité durant son enfance. Dans un premier temps, je l’écoute avec application, estimant que c’est tout à fait positif qu’elle s’exprime ainsi, que cela ne peut que lui faire du bien… Sa mère l’approuve silencieusement.
B/ Je me mets en colère. Je me déclenche délibérément, d’une façon un peu théâtrale, un peu artificielle. Je lui explique que si j’avais procédé autrement, si j’avais été un « bon père de famille », je serais resté un pauvre type et personne n’aurait rien eu à y gagner. Alors là, une coupure dans le rêve, sans doute un début de réveil et on rentre dans la deuxième
partie.